mercredi 6 septembre 2023
mardi 5 septembre 2023
A l'air libre...
"J'ai trouvé, mon amour, le nom le plus secret et le plus clair pour dire ce qu'est ta vie dedans ma vie : l'air. Tu es l'air qui ne me fait jamais défaut, cet air si nécessaire à la pensée et au rire, cet air qui rafraîchit mon cœur et fait de ma solitude une place battue par tous les vents."
L'éloignement du monde
"Le monde n'est si meurtrier que parce qu'il est aux mains de gens qui ont commencé par se tuer eux-mêmes, par étrangler en eux toute confiance instinctive, toute liberté donnée de soi à soi. Je suis toujours étonné de voir le peu de liberté que chacun s'autorise, cette manière de coller sa respiration à la vitre des conventions, et la buée que cela donne, l'empêchement de vivre, d'aimer."
La plus que vive
Christian Bobin
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lundi 4 septembre 2023
Transformation silencieuse.
On ne peut pas imposer la liberté, ni la sécurité, on ne peut rien imposer. Votre attitude seulement va permettre à votre environnement de se questionner profondément. Dès lors commence une profonde transformation. Faire face aux faits, à ce qui est fonctionnel, cela s'apparente davantage à une attitude spirituelle; laisser la vie se révéler, non pas en sélectionnant selon sa préférence, son vouloir, ou son attente, mais en restant totalement disponible à chaque instant.
Le spirituel s'est s'immerger dans l'évidence de l'instant sans vouloir le manipuler ou l'utiliser. Etre disponible. A ce moment-là cette attitude de disponibilité va libérer la situation. Vous allez vous rendre compte que la situation se réfère toujours à votre écoute, à votre silence. D'un point de vue spirituel, il n'y a pas de conflit possible et rien à résoudre. Il y a uniquement acceptation, célébration de l'évidence.
Le sacre du dragon vert : Pour la joie de ne rien être - Eric Baret
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dimanche 3 septembre 2023
Colette et l'impermanence heureuse
un interview sur "L'impermanence heureuse" où il est question de Prajnanpad, d'Alzheimer et de Théâtre.
samedi 2 septembre 2023
Du côté de l'instructeur par Gilles Farcet
Au lieu de quoi, il s’est d’abord littéralement épuisé les neuf premières années de son activité d’enseignant au Bost. Après la période intermédiaire de Font d’Isère, ashram plus grand mais de dimension encore restreinte, il prit sur lui à soixante dix ans de fonder un grand lieu pour y accueillir beaucoup plus de personnes, tout en pouvant, notamment par le recours à des collaborateurs élèves de longue date, dont j’ai fait partie, continuer à proposer une forme de « travail » suivi à celles et ceux qui le demandaient.
vendredi 1 septembre 2023
Un appétit sauvage...
Je vous propose de changer d'alimentation en cette rentrée. C'est intéressant pour la santé et la nature...
jeudi 31 août 2023
De l'ordinaire à l'extraordinaire
De l’ordinaire « corps que l’on a » à l’extraordinaire «
corps que l’on est ».
« L’exercice du matin, Zazen, n’est qu’un modèle pour vivre
sa vie quotidienne d’une autre manière. Grâce à l’attitude méditative, nous
passons de la rencontre de l’ordinaire avec la rencontre de l’extraordinaire.
Nous ne sommes pas assis, une heure chaque matin, pour trouver un silence ou,
comme beaucoup l’espèrent, acquérir des facultés supérieures.
Il s’agit de se préparer à un état d’être dans lequel vous
préservez le contact avec l’essentiel. Pas seulement dans un exercice de
méditation mais dans toute action ». K.G. Durckheim
Que signifient ces termes « ordinaire » et « extraordinaire » ?
L’ordinaire, c’est notre manière habituelle de voir les choses, de tout vivre sur le plan de la pensée, du raisonnement et de l’efficacité existentielle. N’importe alors que le bon fonctionnement du corps, qui se doit d’être maintenu en bonne santé, à notre service et à notre disposition comme le serait un outil performant.
C’est ce que K.G. Durckheim appelle le corps que l’on a, qui
« se réfère à la santé, au rendement et au bon fonctionnement existentiel. »
Le corps, vu comme une simple machine, forcément inférieur à
l’esprit, est alors au service des lois du mental humain et ne sert qu’une
vision rationnelle du monde :
« Si je pratique Zazen régulièrement, il doit se passer ceci
… je dois respirer de cette manière … dans 6 mois, j’aurai dépassé cette difficulté
… dans 2 ans je serais plus calme…»
« Moi, je pense qu’il est bon de m’améliorer, de maitriser
mes pensées, mes émotions, mon sommeil, ma santé … pour une meilleure
efficacité dans mon travail, mes relations, ma vie profane et spirituelle.»
Une manière « ordinaire » de pratiquer la méditation serait
de rester dans cette vision du corps objet, et de ne voir l’exercice sur le
chemin qu’en termes de buts à atteindre, de contrôle, ou d’amélioration des
performances.
Pratiquant ainsi, je ne cherche qu’à faire entrer l’exercice
dans mon entendement, sans remettre en cause la conscience ordinaire ; je me
maintiens sous la dépendance du moi existentiel (petit moi, moi profane, moi
fixateur … autres noms pour désigner cette conscience égocentrée), ce qui m’empêche
de goûter le contact avec l’Essence, l’Être, ma vraie nature, que je suis
depuis toujours.
L’exercice n’est alors qu’un moyen de prolonger ma vision
des choses dans une attitude considérée comme spirituelle, mais ne fait
qu’affirmer la mainmise du mental, de l’égo sur ma pratique.
« Le moi devient fatal à l’homme qui s’identifie
définitivement et exclusivement avec ses positions, et en particulier avec sa
conception de la réalité : l’homme est alors arrêté sur un certain échelon de
la connaissance … La détresse spirituelle de l’homme vient de ce que, à une certaine
étape de son développement, son être véritable est obnubilé par sa conscience
objective… Essayons d’avoir le courage d’oublier toutes nos théories pour
prendre au sérieux ce que nous vivons, ce que nous sentons, dans l’instant.»
K.G. Durckheim
Alors, comment retrouver, entrainer, préserver ce lien à
l’essentiel et rencontrer cet extraordinaire dont parle Durckheim ?
En remettant en cause cette manière de tout aborder, de tout
vivre, sous la seule vision de la conscience ordinaire qui fait de tout ce
qu’elle rencontre un objet. Retrouver ce lien à l’essentiel, c’est avant tout
passer de cette vision du « corps que l’on a », au geste vivant du « corps que
l’on est ».
Le corps n’est pas quelque chose, mais exprime un geste de la vie.
Le corps est la forme par laquelle se révèle, s’épanouit le
geste vivant que nous sommes.
Le corps est la forme par laquelle notre sentiment
d’appartenance à la Vie donne sens à notre existence.
Le « corps que l’on est » sert les lois du vivant et n’est
plus cet objet aux ordres du mental.
Ce flux de transformation incessant que sont les lois du vivant (interdépendance, changement, différence, impermanence …) redeviennent conscientes lorsque nous retrouvons le contact avec notre centre vital, appelé Hara dans la pratique traditionnelle japonaise des exercices sur la voie du Zen.
Une attitude centrée en Hara nous libère d’une position
corporelle focalisée exclusivement dans le haut du corps : attitude souvent
crispée, tendue, liée au volontarisme, aux trois prisons du mental : toujours
plus d’avoir, plus de savoir, plus de pouvoir.
Retrouver, développer Hara, c’est le retour à un centre de
gravité naturel, centré dans le bassin, le bas ventre, qui nourrit une forme
plus juste, une tenue plus juste, une respiration plus juste ; une manière
d’être plus juste et plus simple, parce que naturelle, en lien avec les lois du
vivant, tout comme le bébé l’est par nature.
Pour retrouver ce lien à « l’océan de vie » que nous sommes,
il est nécessaire de se mettre en chemin en pratiquant, en reprenant un
exercice spirituel non mental qui nous réoriente vers la conscience sensorielle
du corps vivant.
C’est le sens de tous les exercices pratiqués, repris,
répétés chaque jour sur la Voie de l’action qu’est le zen : la chance de
découvrir une action libérée des contraintes égocentrées imposées au « corps
que l’on a ».
« Le corps que l’on est » n’est pas quelque chose à obtenir,
maintenir, mais un geste qui nous relie au flux incessant de la vie « dans son
perpétuel mouvement de régénération et dans sa poussée de transformation
créatrice.» K.G.D
La pleine attention au corps en acte, au Geste, est ce lien
sacré à l’extraordinaire.
Les citations sont extraites de “L’expérience de la transcendance” et de “Pratique de la Voie intérieure – le quotidien comme exercice” de Karlfried Graf Durckheim
(Joël participe à l’animation des Retraites avec Jacques Castermane du 15 au 19 novembre et du 7 au 10 décembre.)
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mercredi 30 août 2023
Rentrée bien ordonnée commence par soi-même
Après avoir désencombré, la clé du succès réside dans l’installation d’aménagements pertinents et l’adoption de nouveaux réflexes. Coach en rangement et en organisation, Élodie Boulard, alias Fée du tri, décrit dans ses formations les étapes pour fluidifier son quotidien.
« J’ai trié des maisons de 300 m2 quasiment vides et des appartements de 80 m2 envahis par le bazar, qui m’ont demandé un temps fou », nous prévient Élodie Boulard, vêtue d’une longue robe fluide aux motifs géométriques. Debout devant un grand écran, cette professionnelle de l’organisation, au surnom de Fée du tri sur Internet, assure à Paris une formation pour devenir home organiser.
Installées autour d’une table, sur des fauteuils ou dans un canapé, 12 femmes prennent des notes avec application. Des persiennes mi-closes préservent de la chaleur estivale la salle de réunion parquetée aux murs blancs et aux plafonds décorés de moulures. « Comprendre les causes du bazar permet non pas de les modifier, mais de proposer un cadre adéquat à vos clients, explique-t-elle. Le but est d’être pleinement bien chez soi. Il existe un désordre rampant que l’on ne voit pas, car on entasse rapidement quand il y a du monde, ou avant de partir en vacances. Mais votre cerveau, lui, sait que la cave est à ranger depuis 10 ans ! » Et que les placards croulent si on les ouvre, et que l’on ne peut plus mettre un pied dans le grenier…
Différentes causes du désordre
Dynamique, elle énumère 10 profils enclins à se laisser déborder : le collectionneur, le passionné qui change de projets tous les deux jours – « il s’inscrit au yoga et achète toute la panoplie, mais abandonne et opte pour la poterie, laissant traîner le matériel qui le culpabilise à chaque fois qu’il passe devant… Il ne termine rien et transforme rapidement une maison en capharnaüm ! » –, le sentimental pour lequel chaque objet est rattaché à une personne ou une histoire, dont il ne saurait se séparer, le perfectionniste qui procrastine, craignant de n’avoir pas le temps de tout faire parfaitement, l’angoissé qui achète « au cas où » et garde « au cas où »… Des sourires entendus se dessinent. « On l’est tous plus ou moins ! », rassure la professionnelle.
Inutile de vouloir adopter une meilleure organisation sans passer au préalable par la case désencombrement. « Je rêve de susciter une prise de conscience, afin d’enclencher la dynamique nécessaire pour trier, jeter, organiser… Et ainsi, changer de vie, retrouver sa liberté au quotidien et ses priorités. » Par où commencer pour repartir du bon pied ? « Le dressing n’est pas si compliqué à faire et génère le déclic », précise la professionnelle.
Un à un, elle présente chaque effet à sa cliente et demande si celle-ci souhaite le garder. Son mantra : « S’il y a un doute, cela ne fait pas de doute : il doit sortir ! » Mais elle tâche au préalable de faire verbaliser le problème : il est neuf et je ne l’ai jamais mis, c’est du 38 et je fais maintenant du 40, il est bien mais je transpire dedans, il a coûté cher, c’est un cadeau de mon mari… « Autant de fausses excuses qui ne justifient pas de le garder ! » Après avoir ainsi passé chaque pièce au peigne fin, « c’est en moyenne 60 % de la maison qui s’en va ». Et autant de place de gagner, d’un point de vue spatial comme mental.
Optimiser son quotidien
En un clic, Élodie passe à une nouvelle page sur son écran, qui présente les causes structurelles du désordre, à commencer par un rangement peu pertinent – éloigné, incongru, etc. Et d’illustrer : « L’appareil à raclette utilisé trois fois par an, mieux vaut l’envoyer au garage. Tout ce qui sert au quotidien doit être accessible : rien de plus pénible que de devoir dégager cette grande poêle posée sous quatre casseroles. »
Deuxième problème : les objets « sans domicile fixe » : « Votre mission consiste à leur trouver une maison ! Le bazar vient souvent du fait que chaque objet ne possède pas une place attitrée. Comme il en change souvent, on ne sait jamais où il est, et on perd du temps à le chercher.
Quand il ne faut pas carrément le racheter, dans l’urgence, faute d’avoir remis la main dessus à temps. Le bazar est aussi imputable à une organisation trop complexe : « Plus de 2 gestes pour ranger un objet et c’est un risque d’échec », prévient Élodie Boulard. Ce qui explique pourquoi tant de chaussures traînent dans l’entrée, au lieu d’être rangées dans le placard, portes fermées…
Revisiter son mode de vie
Pour éviter l’effet rebond, différentes règles sont à observer : un objet rentre, un autre sort ; remettre en place sitôt après usage ; réparer ce qui est cassé. « Prévoyez dans l’entrée un “action bag” où vous centralisez tout ce qui doit sortir : le pull oublié par la copine, la paire de chaussures à emporter chez le cordonnier, l’objet défectueux à déposer chez Darty, etc. Si vous laissez quelque chose de cassé dans un tiroir, il y restera des mois, croyez-moi ! » Sans conteste.
Et si l’on veut vendre ? Élodie Boulard esquisse une moue : « Le gain me semble dérisoire par rapport au temps passé pour photographier, écrire l’annonce, répondre aux questions, préparer le colis, imprimer le bon, aller au point relais, etc. Je conseille plutôt de donner à des associations ou au Relais. Apporter 40 sacs de vêtements, comme l’a déjà fait une cliente, produit un électrochoc quant à sa consommation et aide à en changer radicalement… »
Source : magazine La Vie
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mardi 29 août 2023
Chemin vers la bonne humeur
Faites ce que vous sentez, dit Swamiji. Prendre le temps de sentir ce que l'on sent et regarder ce ressenti avec bienveillance, quel qu'il soit, est le début de la sagesse.
Swamiji parle beaucoup de joie : "Toute action qui ne procure pas de joie ou un sentiment de bien-être est dangereuse." Si on devait appliquer ce critère avec rigueur, on ne ferait pas grand-chose de ses journées, ici en Occident. Et pourtant, si je dois faire quelque chose, pourquoi le ferais-je sans plaisir ? Oui, pourquoi? Si je n'arrive pas à tenir la joie dans ma main, je dois au moins aller vers la bonne humeur.
Pour aller vers la bonne humeur, il est indispensable de chasser sans pitié la moindre contrariété. La contrariété appelle le sentiment de séparation. Je refuse ce qui arrive, je m'en sépare et je me sépare du courant de la vie. Qu'est-ce que je vais gagner ? Un état de Robinson sur une ile déserte, un état de confusion qui me fait croire que moins je vois ce qui se passe plus je m'en protège. C'est juste l'inverse qui est vrai. Si je vois clairement, je peux faire un tri dans ce qui arrive, garder ce qui me plaît et me nourrir et jeter le reste.
Chaque matin, la priorité consiste à retrouver sa bonne humeur si on l'a perdue, à la renforcer si elle se montre capricieuse ou hésitante. Ce faisant, on est obligé de se poser des questions, on est obligé de voir et d'accepter un peu plus les choses comme elles sont, ce qui permet d'entrouvrir la porte au bonheur, et à la joie qui l'accompagne.
Extrait de "L'impermanence heureuse" de Colette Roumanoff - comment j'ai transformé ma vie avec la philosophie de Prajnanpad.
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lundi 28 août 2023
Pratiquer les vertus communes, pour une vie simple
« Nous venons d’une tradition où les vertus sont abstraites et subsistantes par elles-mêmes. Il faut les assumer, les appliquer. Moi, j’ai repris un petit passage d’Aristote, où il explique qu’il n’y a pas que les grandes vertus héroïques, mais aussi les vertus quotidiennes. Au sens littéral, il faut faire avec, chacun de nous avec ses propres limites. Nous sommes dans une société qui essaye aujourd’hui de franchir à tout prix les limites de la personne : le culte qu’on a pour l’intelligence artificielle est une espèce de soif de dépasser le constat des limites humaines.
Pour ma part, je reste en deçà. Avant de faire quoi que ce soit et pour bien habiter avec nous-mêmes, il faut connaître et accepter nos limites. Cela est plus facile et fructueux que d’essayer de les dépasser, vainement, du reste. Il ne s’agit pas d’une fainéantise spirituelle. Les vertus ne sont pas un alibi pour se pardonner constamment, mais une ascèse pour mieux exercer notre conscience. Reconnaître ses limites, c’est aussi le moyen le plus direct pour assurer un rôle effectif à la liberté d’autrui. Dans mes livres les Vertus communes et la Vie simple, j’ai illustré des dispositions d’attention aux autres réellement à notre portée, que nous pouvons pratiquer dans l’ordinaire de nos vies.
Nous plongeons dans le malaise de la complexité et nous risquons d’être paralysés par les choix à effectuer si nous ne nous exerçons pas. Il faut donc faire le pari de la confiance envers autrui. Elle peut être déçue, mais si l’on est trop prudent et que l’on cherche toujours à détecter le comportement d’autrui, c’est la paralysie. La défiance est stérile. Il est difficile de pouvoir vivre sans faire constamment des actes de confiance simples – c’est ce sur quoi se base notre civilisation. Lorsque nous sortons dans la rue, nous ne passons pas notre temps à tout vérifier et anticiper. Pratiquer la confiance c’est aussi croire à la société. »
Carlo Ossola
---------------- source: magazine La Vie
dimanche 27 août 2023
Accueil du miroir
Lors de la méditation... j'ai repris la comparaison classique de notre esprit et du miroir. Nous ne pouvons jamais voir la surface d'un miroir. La surface d'un miroir est toujours recouverte d'un reflet.
Le reflet n'est pas la surface du miroir. La surface du miroir est par elle-même, par essence, vide et ne contient aucune image, aucune forme, aucune couleur. La nature du miroir est de refléter.
De par le fait que la surface du miroir n'a aucune caractéristiques, aucune formes et aucune couleurs, elle est capable de refléter toutes les formes et les couleurs qui se présentent à elle. A chaque instant la surface du miroir reflète quelque chose de différent, l'analyse fine nous montre que ce n'est identique à aucun moment.
Le miroir ne choisit à aucun moment ce qu'il reflète, il accueille tout avec la même équanimité. Bien qu'il soit capable de tout refléter, le miroir ne garde aucune trace de ce qu'il a reflété.
L'image qui est reflétée dans le miroir est vide de toute existence en elle-même, c'est la raison pour laquelle elle ne peut laisser aucune trace. Notre esprit a des caractéristiques très semblable au miroir, sans être un miroir, car notre esprit n'est pas une chose.
Nous ne pouvons pas voir notre esprit directement, mais seulement au travers de tout ce dont il est conscient. Ce dont l'esprit est conscient, toutes les perceptions (les cinq sens et les perceptions mentales), ne sont pas l'esprit, l'esprit est ce qui perçoit les perceptions. L'esprit est par essence vide de tout et ne contient rien. Et perce qu'il ne contient rien, il peut tout accueillir.
La nature de l'esprit est d'être animé et connaissant. Au sein de l'esprit apparaissent toutes les perceptions, ce surgissement est l'aspect animé de l'esprit. Le fait d'en prendre connaissance est l'aspect connaissant et auto connaissant de l'esprit.
Tout ce qui apparaît dans l'esprit à chaque instant est nouveau et n'a jamais eu lieu à un autre moment que maintenant. Notre esprit ne choisit pas ses perceptions, elles surviennent, elles émergent, elles surgissent sans aucun chois de notre part. Notre esprit est par nature totalement équanime.
La conscience ne garde aucune trace de ce qui a surgi dans l'instant précédent, si ce n'est une nouvelle pensée qui surgit et fait suite à la précédente. Mais c'est une nouvelle pensée, ce n'est pas une trace. Chaque pensée est vide d'existence autonome et ne peut être saisie, elle n'est qu'un flux, un mouvement de l'esprit. Sachons laisser le flux de la vie nous traverser sans chercher à le saisir. Sachons être rempli de gratitude que tout cela puisse survenir afin que nous puissions réaliser notre véritable nature.
Philippe Fabri
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samedi 26 août 2023
Contournement spirituel
JOHN WELWOOD ET LE "CONTOURNEMENT SPIRITUEL" (SPIRITUAL BYPASSING). Extraits d'un article à propos d'un écueil dans lesquels peuvent tomber de nombreux chercheurs et pratiquants spirituels à différents moments de leur cheminement, notamment dans les voies non-duelles qui mettent plus l'accent sur l'absolu et l'impersonnalité
Une interview avec John Welwood par Tina Fossella
*Très bon article (mais très mauvaise traduction) à propos d'une tendance et d'un écueil dans lesquels peuvent tomber de nombreux chercheurs et pratiquants spirituels à différents moments de leur cheminement.
TF: Vous avez introduit le terme «contourner spirituellement" il y a 30 ans maintenant. Pour ceux qui ne connaissent pas le concept, pourriez-vous définir et expliquer ce que c'est ?
JW: Le contournement spirituel est un terme que j'ai inventé pour décrire un processus que j'ai vu se passer dans la communauté bouddhiste où j'étais, et aussi en moi. Bien que la plupart d'entre nous ont sincèrement essayé de travailler sur nous-mêmes, j'ai remarqué une tendance généralisée à utiliser les idées et les pratiques spirituelles pour contourner ou éviter d'affronter les problèmes non résolus émotionnels, les blessures psychologiques et les tâches inachevées de développement. Lorsque nous sommes dans le contournement spirituel, nous utilisons souvent l'objectif de l'éveil ou la libération pour rationaliser ce que j'appelle la transcendance prématurée: en essayant de s'élever au-dessus du côté brut et désordonné de notre humanité avant d'avoir confronté ceux-ci et fait la paix avec eux. Et puis nous avons tendance à utiliser la vérité absolue pour dénigrer ou de rejeter les besoins relatifs humaines, les sentiments, les problèmes psychologiques, difficultés relationnelles, et les déficits de développement. Je vois cela comme un "risque professionnel" de la voie spirituelle, car cette fausse spiritualité implique un déni de notre situation actuelle karmique.
TF: Quel genre de danger fait ça represente ?
JW: Essayer d'aller au-delà de nos problèmes psychologiques et émotionnels par les contourner est dangereux. Il met en place une rupture délétère entre le Bouddha et l'humain en nous. Et cela conduit à un cadre conceptuel, type unilatéral de la spiritualité où l'un des pôles de la vie est élevé, au détriment de son contraire: la vérité absolue est favorisée par rapport à la vérité relative, l'impersonnel par rapport au personnel, le vide par rapport à la forme, la transcendance par rapport aux besoins développementaux, et le détachement par rapport aux émotions. On pourrait, par exemple, essayer de pratiquer le non attachement en rejetant son besoin d'amour, mais cela refoule le besoin souterrain, de sorte qu'il devient souvent inconsciemment agi de manières subtiles et peut être nuisible à la place (...)
JW: Il est facile d'utiliser la vérité de la vacuité de cette façon unilatérale: «Les pensées et les sentiments sont vides, un simple jeu des apparences samsariques, afin de leur payer aucune attention. Voir leur nature vide, et il suffit de couper avec eux sur le vif. "Dans le domaine de la pratique spirituelle, cela pourrait être des conseils utiles. Mais dans des situations de la vie de ces mêmes mots pourraient aussi être utilisés pour supprimer ou nier sentiments ou préoccupations qui ont besoin de notre attention. J'ai vu cela se produire sur un certain nombre d'occasions.
TF: Qu’est-ce qui vous intéresse le plus dans le contournement spirituel ces jours-ci ?
JW : Je suis intéressé à savoir comment ça joue dans les relations, où le contournement spirituel souvent sème la pire des ravages. Si vous étiez un yogi dans une grotte faisant années de retraite en solo, votre blessure psychologique pourrait rester cachée parce que votre attention serait entièrement focalisée sur votre pratique spirituelle, dans un environnement qui ne risque pas de secouer vos blessures relationnelles. C'est dans les relations que nos problèmes psychologiques non résolus ont tendance à se manifester plus intensément. C'est parce que les blessures psychologiques sont toujours relationnel- ils forment dans et à travers nos relations avec nos premiers gardiens (...)
TF: Et comment est-ce pertinent pour la façon dont nous pratiquons le dharma ?
JW: à l’origine beaucoup d'entre nous, et je m'inclus là - se tournent vers le dharma, au moins en partie, comme une façon d'essayer de surmonter la douleur de nos blessures psychologiques et relationnelles. Pourtant, nous sommes souvent dans le déni ou inconsciente sur la nature ou la largeur de cette blessure. Nous savons seulement que quelque chose n'est pas juste et nous voulons être libres de la souffrance.
TF: Nous pouvons tourner vers le dharma d'un endroit blessé que nous ne sommes même pas au courant ?
JW: Oui. Nous nous dirigeons vers le dharma pour se sentir mieux, mais peut-être sans le vouloir nous abusons la pratique spirituelle comme un substitut pour faire face à nos problèmes psychologiques.
TF: Alors, comment nos blessures psychologiques affectent notre pratique spirituelle?
JW: (...) Bien que nous pouvons pratiquer avec diligence, notre pratique spirituelle peut être utilisé dans le service de déni et de défense. Et quand la pratique spirituelle est utilisé pour contourner nos problèmes humains de la vie réelle, il devient compartimenté dans une zone séparée de notre vie, et reste non intégré à notre fonctionnement global.
(...)
JW : . Si le bouddhisme cherche à prendre pleinement racine dans la psyché occidentale, à mon avis, il doit devenir plus informé sur la dynamique de la psyché occidentale, qui est assez différente de la psyché asiatique. Nous avons besoin d'une perspective plus large qui peut reconnaître et comprendre deux pistes différentes de développement humain - que nous pourrions appeler de grandir et s'éveiller , la guérison et l'éveil, ou de devenir un véritable être humain d'une part et d'aller au-delà de la personne d'autre part. Nous ne sommes pas juste des humains apprennent à devenir des bouddhas, mais aussi bouddhas s'éveillant sous une forme humaine, apprenant à devenir pleinement humain. Et ces deux pistes de développement peuvent s'enrichir mutuellement. Bien que le fruit de la pratique du dharma soit l'éveil, le fruit de devenir une personne complètement développée est la capacité à s'engager dans le «je-tu» relationnel avec les autres. Cela signifie risquer d'être entièrement ouvert et transparent avec les autres, tout en reconnaissant et en prenant un intérêt dans ce qu'ils vivent et comment ils sont différents de soi. Cette capacité d'expression ouverte et profonde syntonie est rare dans ce monde. Il est particulièrement difficile si vous êtes blessé sur le plan relationnel.
En bref, le dharma est trop souvent utilisée comme un moyen de nier notre côté humain. Mais si nous détenons une perspective qui englobe les deux voies de développement, nous n'utiliserons pas la vérité absolue pour minimiser la vérité relative. Au lieu du logique ‘soit/soit’, « Vos sentiments sont de nature vides, alors juste abandonnez-les », nous pourrons prendre une approche ‘et/et’: "Les sentiments sont de nature vides, et parfois nous devons faire très attention à eux. « À la lumière de la vérité absolue, les besoins personnels sont inconsistant comme un mirage, et se fixer sur eux cause de grandes souffrances.'' Oui, et en même temps, si un besoin relatif se pose, simplement manœuvrer de côté peut causer d'autres problèmes. En termes de vérité relative, être clair avec soi-même où on en est et ce dont on a besoin est un des principes les plus importants de la communication saine dans les relations. Le grand paradoxe d'être simultanément humain et Bouddha est que nous sommes à la fois dépendant et indépendant. Une partie de nous est totalement dépendant d’autres personnes pour tout, de la nourriture et des vêtements à l'amour, la connectivité, et de l'inspiration et de nous aider dans notre développement. Bien que notre nature de Bouddha ne soit pas dépendante - qui est de nature de la vérité absolue - notre incarnation humaine est interdépendante – donc de la nature de la vérité relative. Bien sûr, dans le sens le plus large, les vérités absolue et relative sont complètement imbriqués et leur séparation ne peut être maintenu : plus nous nous rendons compte de l'ouverture absolue de ce que nous sommes, le plus profondément nous arrivons à reconnaître notre interdépendance par rapport à tous les êtres.''
John Welwood (docteur en philosophie et psychothérapeute à San Francisco. Il a suivi la voie du bouddhisme tibétain et d'autres traditions orientales pendant plus de trente ans)
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vendredi 25 août 2023
Et la lumière fut
A la manière de Jean Klein ci-dessous pour décrire un changement d'état, Arnaud Desjardins utilisait l'image d'une lampe dont le cordon d'alimentation était trop éloigné de la prise, jusqu'au moment où en se rapprochant, la lumière pouvait alors apparaître.
Question.---Cette approche vers le Soi se fait-elle par paliers ou est-elle abrupte ?
R.--- Le pas d'un monde conditionné dans un monde non qualifié est abrupt. Il n'y a pas de pont, mais la démarche jusqu'à ce pont se fait par paliers.
La progression est en spirale. Il y a d'abord accumulation, augmentation d'énergie, précipitation vers un point culminant, véritable éclatement, épanouissement, effet en force de courte durée ou effet étalé en largeur, puis descente, ralentissement, avec déperdition d'énergie, jusqu'à arrêt, repos, formation d'énergie nouvelle et redépart. Dans cette observation, il faudrait surtout porter son attention sur le moment du repos lors de la formation d'énergie souvent accompagnée de fatigue et de dépression. Ceci amène l'individu immédiatement à compenser ce vide aux dépens de l'énergie qui a besoin de se reformer. Ainsi, il empêche le départ en flèche, limite la montée et, de ce fait, abrège la période, ce qui affecte le mouvement ascensionnel tout entier.
Chaque faculté mise en jeu crée un rappel sur tous les plans, que ce soit dans un sens positif ou négatif. Il faut être très lucide pour percevoir le rythme de ces invitations. Du point de vue de l'élimination, il ne faut pas succomber à leur tentation, et du point positif, il ne faut pas manquer à leur sollicitation. Si dans les deux sens, on les respecte, dans le premier cas les rappels s'espacent de plus en plus et, dans le deuxième cas, ils deviennent de plus en plus rapprochés.
Plusieurs fois dans la journée, prenez distance vis à vis de vous-même, de vos émotions, de vos pensées. Recommencez-le le lendemain, etc. jusqu'à ce que vous sentiez le réveil du rappel. Cette désidentification par laquelle vous cessez de ressasser vos mécanismes habituels, de vous remémorer vos échecs et vos succès, vous économise une force considérable. C'est celle-ci qui va servir à votre éveil, vous aidant à distinguer entre le Réel et le non-Réel.
Jean Klein, "L'homme et la connaissance ", tradition, liberté, entretiens, 1965
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