jeudi 7 avril 2022

Echo du dragon

 "Lorsque l'esprit vert immortel s'approche et communique avec moi, il y a un écho lointain"

Le Classique de la Cour Jaune


Ici, le classique parle de la phase où l'on passe du stade II au stade III de l'absorption méditative, juste entre le monde onirique et des visions et l'apparition de la lumière.

Dans cet interstice, qui peut être court ou long, on perçoit le "murmure des organes" et plus seulement celui du cœur. Ici l'esprit vert immortel réfère au Dragon d'Azur, l'animal mythique du Foie.

L'écho lointain fait référence aux messages que l'on reçoit dans cet état, mais que l'on ne décrypte pas immédiatement. Il faudra des jours, semaines ou mois pour que le message se transforme soudain en qqch de significatif et tangible, sur différents plans.

Fabrice Jordan

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mercredi 6 avril 2022

Lumière de forêt noire

 "Commande et utilise tous les esprits, et tu ouvriras les portes de la vie

Ordonne le Yin et le Yang, et tu verras apparaître la lumière comme un tapis et une forêt d'étoiles" 

Classique de la Cour Jaune

Quelques remarques personnelles:


1) On voit très bien ici à l'œuvre les deux aspects de la spiritualité : son aspect Yin, qui laisse advenir et contemple, et son aspect Yang qui agit, commande et ordonne (met en ordre).

Viser une spiritualité Yin uniquement est l'équivalent d'une castration spirituelle personnelle. Nous portons tous en nous, hommes ou femmes, ces deux polarités. L'alchimie provient de la fécondation de ces deux principes et non de leur séparation. 

En d'autres termes : pas de pasteurisation spirituelle.

2) L'univers est conçu pour produire de la lumière, et ceci de plus en plus efficacement, grâce à la création de la complexité. Voir à ce sujet le dernier livre de David Elbaz, "La plus belle ruse de la lumière".

La troisième étape de la profondeur méditative nous fait "voir" cette lumière. Mais celle-ci se manifeste sous des formes étonnantes, parfois même "noire". La forêt d'étoiles en parle de manière poétique.

Fabrice Jordan

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lundi 4 avril 2022

Bizarre - Weird


"Dans les anciennes traditions, ceux qui agissaient en tant qu'aînés étaient considérés comme ayant un pied dans la vie quotidienne et un autre dans l'autre monde. Les anciens servaient de pont entre le monde visible et les royaumes invisibles de l'esprit et de l'âme. Une personne en contact avec l'autre monde se distingue parce que quelque chose de normalement invisible peut être vu à travers elle.

Le vieux mot pour dire qu'on a un pied dans chaque monde est 'bizarre'. Le sens originel de bizarre impliquait à la fois le sort et le destin. Pour devenir suffisamment bizarre pour être sage, une personne doit apprendre à s'adapter à la manière étrange dont elle est façonnée dans le monde et orientée vers lui.

Une vieille idée suggère que ceux qui cherchent un aîné devraient chercher quelqu'un d'assez bizarre pour être sage. En effet, tout comme il ne peut y avoir de sagesse générale, il n'y a pas d'aînés "normaux". La normalité renvoie aux "normes" que la société utilise pour réglementer les gens, alors qu'un destin éveillé implique toujours des connexions avec l'étrange et la distorsion de la vie.

Ceux qui veulent devenir vraiment sages doivent devenir assez bizarres pour être en contact avec les choses intemporelles et assez anormaux pour suivre les conseils de l'invisible. Les aînés sont censés être bizarres, pas simplement "bizarres", mais étranges et inhabituels de manière significative.

Les aînés sont censés être plus en contact avec l'autre monde, mais pas déconnectés des luttes de ce monde. Les aînés ont un pied fermement ancré dans le sol de la survie et un autre dans le domaine de la grande imagination. Cette double posture sert à aider la communauté vivante et même à aider l'espèce à survivre."

Michael Meade, "Fate and Destiny : Les deux accords de l'âme" 

Image : Johfra Bosschart / source : F. Jordan

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dimanche 3 avril 2022

Le "je" du corps

 «Le "je" dans les premiers stades de son déve­loppement implique seulement celui qui réside dans le corps. Tout le monde considère le corps comme une entité séparée, et cela seul produit des conflits. Si l'on pouvait penser en termes de "nous", il n'y aurait pas de conflit venant de "mien" et "tien". C'est pourquoi la première chose que l'on enseigne à un petit enfant lorsqu'il arrive à la maison de son guru est la suivante : "Tu n'es pas une entité isolée. Tu ne peux pas vivre seul ; ce n'est qu'en vivant ensemble avec tous les autres qu'on trouve force et joie."

Maintenant ce sens du "moi, ensemble avec les autres", ce sens du "nous" doit se développer et prendre la place du petit "moi". Pas "moi", mais "nous", de façon que l'intellect de chacun puisse apprendre à observer et à comprendre ce "nous" ; de façon à ce que chacun apprenne à développer en lui-même le sentiment, non de "son" propre intérêt mais de "notre" intérêt, que c'est dans "notre" intérêt que réside "mon" propre intérêt. C'est cela en vérité la signification de la Gâyatrî, c'est de s'extraire des liens de l'intérêt personnel mesquin et de s'immerger dans la vastitude (expanse) du "nous". Ce "nous" qui englobe tout et contient l'univers entier.»

Swami Prajnanpad

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vendredi 1 avril 2022

Utilité de l'homme ?


Je pensais à cela. Nous sommes sur terre sans l'avoir apparemment choisi. Et chaque espèce n'a pas plus le droit d'y vivre qu'une autre. L'homme a transformé les espèces en espèce sonnante et trébuchante. D'où la chute en cours...


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Habiter avec soi-même

 HABITER AVEC SOI MÊME (extrait de La Réalité est un Concept à Géométrie Variable, Editions L'Originel- Charles Antoni)


Il habitait avec lui-même et cette cohabitation était pour l’essentiel heureuse, en dépit d’éphémères tensions encore susceptibles de survenir, comme une averse passagère dans un ciel dégagé.

Il avait appris à habiter avec lui-même.

Mais combien de ses semblables connaissaient-ils cette joie de demeurer en bonne intelligence avec soi ?

Plus il rencontrait, écoutait, accueillait, être humain après être humain, plus il était saisi de cette absence, de cette étrangeté à eux-mêmes dont beaucoup agonisaient à petit feu.

Tant et tant ne faisaient pour ainsi dire que se croiser eux-mêmes sans se rencontrer. Tels des colocataires indifférents les uns aux autres ou, l’image est sans doute encore plus exacte, tels ces copropriétaires des immeubles d’aujourd’hui qui, quoique sous le même toit, vivent dans des intérieurs séparés et ne font que furtivement se frôler dans les escaliers, tant d’êtres humains ne savaient pas grand-chose d’eux-mêmes et de la multitude dont ils étaient peuplés. Ils s’ignoraient, étrangers à leur personne hormis cette image brandie en étendard avec laquelle ils avançaient au dehors et à laquelle ils tenaient tant. Gare à quiconque aurait l’impudence de l’écorner, ou de simplement mettre en doute sa substance.

En matière de relation à soi-même et, par extension, au monde, le simple bon sens faisait souvent cruellement défaut. Les uns et les autres nourrissaient sans vergogne les illusions les plus flagrantes, les prétentions les plus extravagantes. Ivres d’opinions sur eux-mêmes, les autres, et le monde, ils allaient titubant en se proclamant lucides, tel l’ivrogne protestant partout de sa sobriété supérieure. Cela s’avérait hélas souvent encore plus vrai de celles et ceux qui s’étaient construits une identité qualifiée de « spirituelle » d’autant plus brandie qu’elle visait à compenser un narcissisme en miettes.

Quelques-uns, cependant, étouffaient en leur carapace. Quelques-uns ne voulaient pas des recettes et panacées qui pullulaient. Quelques-uns aspiraient à tant bien que mal travailler en vue d’accéder davantage à eux-mêmes, pressentant que soi-même est la porte de ce Plus Grand dont tout procède.

Ceux-là étaient ses amis et de ceux-là il était l’ami. Il ne les avait pas choisis. Il s’inclinait devant ce destin qui les liait. Ensemble, ils ne formaient surtout pas une quelconque « élite » ; juste une congrégation d’humains de réelle bonne volonté ayant uni leurs forces pour faire de leur mieux, ensemble.

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jeudi 31 mars 2022

Arbres en conscience

 "Penser comme un arbre,

c'est, au sein d'une forêt silencieuse,

être à l'écoute de la Terre et de ses murmures,

goûter aux premier rayons du soleil,

rester droit après la tempête

pouvoir changer ses branches en gardant ses racines,

écouter les histoires du vent sans forcément y participer

et se mettre à l'abri.

Mais penser comme un arbre,

c'est surtout, loin des idées pieuses,

garder la tête dans les nuages

et vouloir toujours aller vers la Lumière ..."

Jordan Ray.


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mercredi 30 mars 2022

Secret passage


 "Entre le clair de lune et le feuillage,

Entre la quiétude et l'allée d'arbres,

Entre la nuit qui tombe et la brise,

Passe un secret.

Mon âme le suit au passage."


Fernando Pessoa 1888-1935 / Fragments d'un voyage immobile

photographie: ©Henri Prestes from The velvet Kingdom wonderful misty and foggy landscape


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Peut on aimer ceux qui nous ont fait du mal ?



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mardi 29 mars 2022

Responsabilité


 "Prendre la responsabilité de sa vie : voilà la preuve qu’une personne est devenue pleinement adulte . Il n’y a rien ni personne à blâmer, ni ses origines ni ses ancêtres ni ses parents ni le sort ! Prendre la responsabilité de sa vie, c’est dire oui. Oui à ce que je suis, oui à ce que j’ai vécu, oui à ce qui vient ! Ce serait tellement plus confortable de pouvoir trouver des excuses, de blâmer quelqu’un d’autre ! Parfois, cela semblerait plus normal , car d’autres ont reçu plus et mieux. Pourquoi n’ai-je pas eu les mêmes chances ? Cette question reste ouverte. À première vue, rien n’est équitable dans la vie. Il se peut que la question à se poser soit autre : que puis-je réaliser avec ce que j’ai reçu ? Quelle attitude, quelle manière de vivre puis-je adopter pour transformer les obstacles sur ma route en tremplins pour m’élever ? Être capable et désireux de prendre la responsabilité de sa vie, c’est ce qui fait la grande dignité de l’aventure humaine !"

Rosette Poletti et Barbara Dobbs

Art ; Bernard Buffet