vendredi 7 janvier 2022

Simplicité

 


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"Rendez les choses aussi simples que possible, mais pas plus simples."

Albert Einstein

Dessin de Mark Addison Kershaw

jeudi 6 janvier 2022

Etre là


 "Pour être là, pour être écume à ce rivage

Rivage à cet endroit, soleil à ce matin

Cet ordre ou ce néant, racine ou vague ou pierre

Ou cette ortie encore au bas du mur, ce mur

Pour être ce qu’ils sont - rencontre, état, présence

Et signe avec l’espace et preuve avec le temps

Il faut que je m’arrête et que je les rassemble

Et que d’abord je sois et que je sois présent"


Claude Sernet 1902-1968  Les pas recomptés

Peinture : James MacKeown


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mercredi 5 janvier 2022

Une vie spirituelle

Le célèbre moine publie ses mémoires, Carnets d'un moine errant (Allary éditions). Il nous explique la nature profonde de sa spiritualité et le sens qu'elle a donné à sa vie.

Écrit par Pierre Morel (source Femme actuelle)


Écrire ses mémoires n’est-il pas en contradiction avec les préceptes du bouddhisme qui prônent la modestie et la lutte contre l’ego ?

Ce dont je voulais témoigner, c’est tout ce que j’ai vécu en orient auprès de mes maîtres. Je n’aurais jamais pu écrire des mémoires pour me raconter. J’ai voulu partager cette incroyable expérience de vivre en leur présence, d’écouter leurs enseignements, montrer qui ils étaient et ce que ça représente par rapport à nos critères occidentaux, aux gens qu’on admire habituellement, hommes d’État, millionnaires ou chanteurs. Mes maîtres peuvent-ils produire une autre source d’inspiration, et la partager peut-il avoir une utilité ? C’est mon espoir.

Il est frappant de constater combien ils sont drôles, blagueurs... à mille lieues de l’image qu’on se fait du moine, un peu solennelle.

Les Tibétains, en général, sont des gens très joyeux. Quand on demandait au dalaï-lama pourquoi il riait tout le temps, il disait qu’il contemplait le monde ordinaire, du gain, de la perte, de la renommée comme des jeux d’enfants. Ça le fait rire, parce que ce sont des choses un peu dérisoires par rapport au fait de devenir un meilleur être humain, de se mettre au service des autres, de remédier à la souffrance. Dans les textes tibétains, on utilise le mot « enfant » pour désigner ceux qui sont pris uniquement par les préoccupations mondaines. Rire n’empêche pas la gravité et la profondeur par rapport à ce qui mérite qu’on s’y consacre.

Vous dites être vraiment venu à la vie à 21 ans en rencontrant votre maître Kangyour Rinpoché. Étiez-vous déjà en recherche de spiritualité ?

Je m’intéressais beaucoup à la spiritualité de façon livresque. Le déclic, ça a été de trouver une tradition vivante. Avec une pratique vieille de 2000 ans. Cela a été au-delà de mes espérances, mais j’ai bien mûri ma décision de m’installer dans l’Himalaya. J’ai fait sept voyages avant de décider. On ne peut pas faire confiance à n’importe qui, n’importe quand, il existe de faux maîtres.

Qu’est-ce que vous avez découvert là-bas ? En quoi cette expérience a changé votre existence ?

C’est un chemin pour remédier aux causes de la souffrance, éliminer les poisons mentaux, l’animosité, l’obsession, l’arrogance, la jalousie, le manque de discernement. J’ai aussi approfondi mes connaissances, comblé le fossé entre les apparences et la réalité. Si on tente d’atteindre l’état d’Éveil, l’état de Bouddha, c’est pour pouvoir mieux aider les êtres à sortir de la souffrance. Je suis encore bien loin du but mais chaque étape vaut son pesant d’or et les progrès accomplis nous aident à mieux aider les autres.

Où pensez-vous vous situer par rapport à votre maître, que vous décrivez comme un homme d’une bonté et d’une bienveillance extraordinaires ?

Je me considère toujours comme un disciple. L’esprit du débutant est une attitude extrêmement salutaire. Je mesure tout ce que je dois à mes maîtres pour avoir donné du sens à ma vie, c’est déjà un progrès. Je mesure aussi que le chemin est long, mais ce n’est pas tellement la longueur du chemin qui est un problème. L’essentiel est d’être dans la bonne direction. Il ne faut pas faire preuve d’impatience, il faut être persévérant.

En tant que photographe, vous estimez aussi avoir un rôle de témoin ?

Oui, pour ce qui est des portraits de mes maîtres et des photos qui montrent la vie spirituelle. L’autre aspect de la photo, c’est de susciter l’émerveillement. Il y a beaucoup de photographes qui montrent la guerre, les famines. Ils sont nécessaires mais on finit par crouler sous l’horreur. Ce n’est pas cela qui fait la totalité de la nature humaine. Ce que j’appelle la banalité du bien, c’est que la majeure partie de l’humanité se comporte décemment. Je veux montrer la part de beauté de la nature humaine et celle du monde sauvage, pour susciter l’émerveillement vis-à-vis de notre monde.

Ce qui paraît paradoxal dans le bouddhisme, c’est l’isolement dû à la méditation et le lien avec les autres. Comment l’expliquer ?

C’est très mal compris. Il y a une image que j’aime beaucoup, c’est celle du cerf blessé qui se cache dans la forêt pour panser ses blessures avant de partir gambader avec les autres. Nos blessures sont l’ignorance, le renfermement sur soi-même, l’égoïsme. Avant de faire quelque chose pour les autres, il faut se transformer soi-même. Le but de la solitude n’est ni de fuir la société, ni d’être indifférent, c’est un temps de mûrissement et de formation pour mieux se mettre au service des autres. La méditation sert à se débarrasser de l’ego.

Vous avez publié Le Moine et le Philosophe avec votre père Jean-François Revel. Son succès a fait de vous un personnage médiatique. Comment concilier ce statut avec celui de moine bouddhiste ?

La première leçon est que cette célébrité est très artificielle. Vous passez dans cette étrange lucarne qu’est la télé et, soudain, les gens vous parlent dans la rue. Longtemps, je venais de mon Himalaya en étant inconnu. Puis les livres se sont enchaînés, les projets humanitaires. Je me demande parfois si j’ai bien fait. On me dit que je suis très médiatisé, le moine le plus célèbre de France… C’est un peu l’overdose, je vous assure. En même temps, ça me permet de partager des idées.

Faites-vous du prosélytisme pour le bouddhisme ?

Ah, non ! Je serais même honteux d’en faire. Je ne décourage pas les gens mais je ne les encourage pas. Si on me demande de trouver quelqu’un pour l’initier au bouddhisme, je donne quelques conseils…

Peu de gens sont capables de donner une définition précise du bouddhisme. Est-ce une religion au sens propre ?

C’est un vieux débat. Les philosophes disent que c’est une religion et les religieux que c’est une philosophie. C’est quelque chose qui permet de faire le pont entre les deux. C’est une philosophie profonde, complexe, que j’ai passé des années à étudier. Ce n’est pas une religion théiste, le bouddhisme réfute la notion de créateur et de cause première. Mais il y a une forme de transcendance. C’est en tout cas une spiritualité. Est-ce qu’on peut dire que c’est une religion ? Il y a des rituels de groupe, des méditations guidées très développées qui durent toute une journée. Il existe aussi un bouddhisme populaire où les gens n’ont pas forcément approfondi les textes philosophiques. Il y a plusieurs niveaux.

Qu’est-ce que vous diriez à quelqu’un qui voudrait devenir bouddhiste ?

Réfléchissez bien. Prenez votre temps, regardez les textes pour ne pas vous mettre entre les mains de n’importe qui. Surtout, pas de précipitation. Comme on dit au Tibet, frottez le caillou pour voir si c’est de l’or.

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mardi 4 janvier 2022

Laisser des cailloux sur le chemin



 « La véritable mesure du développement spirituel tient à la capacité d’un individu à gérer ses émotions destructrices, comme la jalousie et la colère, - pas à l’obtention d’états inhabituels par la méditation, ni à l’exhibition de prouesses physiques. »

Daniel Goleman

(source : Fabrice Jordan)




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Méditation astrale féline

 



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lundi 3 janvier 2022

Prêt à cueillir


 La santé ? La réussite ? Le bonheur ? L'amour ?

Rien de ce que nous nous souhaitons par nos bons vœux n'est acquis ni assuré. Pourtant, à nous de faire comme si cela était en notre pouvoir, non pour croire que nous avons ce pouvoir, mais pour être prêt à cueillir sur l'arbre des jours ces fruits.

Comme le jardinier qui n'est ni le champ ni l'arbre, mais qui aide pourtant la nature dans son travail de développement et de recyclage, soyons là pour cultiver au  mieux les fruits que nous voudrions récolter. 

Point d'attentisme en cela, mais un curieux mélange d'action et de patience, d'écoute et de parole.  Il ne convient pas ni de rester sans rien faire, ni de s'agiter sans cesse. Ni discours, ni gesticulation, mais une  présence, à soi, aux autres, une forme d'attention qui refuse de voir  passer les jours sans y prendre garde. Comme s'il s'agissait à la fois d'être extérieur aux événements, mais intérieur à leur écoulement.

Qu'au terme de l'année, nous puissions avoir le sentiment d'avoir été là, réellement présent plutôt que distrait ou négligeant face au temps qui continue quoi qu'il se passe d'être ce courant qui soit nous porte, soit nous emporte.

Tydé (Thierry Desbonnets)

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dimanche 2 janvier 2022

D'autres lois que celles des hommes

Les jardins de Joy - Caroline Jégouic

 

Etty Hillesum :

Je vais de temps en temps rendre visite aux mouettes, dont les évolutions dans les grands ciels nuageux suggèrent l'existence de lois, de lois éternelles d'un ordre différent de celles que nous produisons, nous autres hommes.

Oeuvre : Caroline Jégouic

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samedi 1 janvier 2022

Masque humain

 

"Chaque matin je me réveille et je mets mon petit masque humain" 


(source : blog de José Le Roy)


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2022 vous offre les clefs du juste milieu.

 


Nous voici donc au seuil de janvier 2022. Je souhaite - je lance cet  humble vœu dans l'immense univers - que cette nouvelle année nous donne la possibilité d'œuvrer, mieux encore, du mieux que nous le pouvons, pour ces trois valeurs qui fondent notre démocratie, sacrées à mes yeux. 

Puissions-nous agir en Liberté. Non pas contre celle des autres, ni contre ce que l'on pense être le bien commun, mais simplement en prenant conscience davantage encore du fait que notre espace intérieur est déjà libéré de toute limite, ici et maintenant. 

Puissions-nous regarder les autres avec l'œil toujours neuf de l'Égalité : inutile de nous comparer à qui que ce soit, chacun est unique et merveilleux, exactement tel qu'il est ! 

Puissions-nous nourrir notre Fraternité : celle qui nous rappelle que nous n'existons pas de manière autonome, que nous sommes les petites perles du grand collier universel, et qui nous invite à aimer mieux, toujours mieux, sur la planète qui nous héberge. À aimer l'autre et à aimer suffisamment notre condition humaine pour chercher à la préserver au-delà de notre propre existence, pour les générations futures. 

Le nom de janvier vient de Janus, le dieu romain des Portes de l'année (les deux solstices). Que sa bienveillance vous accompagne pour chacune des portes que vous choisirez d'ouvrir en 2022 ! 

Du fond du cœur, meilleurs voeux à chacune, à chacun de vous. 💙

Sabine

Source de l'image : Marie Dewulf et L'Oracle alphamythique - Sabine Dewulf et Antoine Charlet.

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vendredi 31 décembre 2021

Qu'elle soit pour vous joyeuse et chaleureuse !

 


Un rituel psychomagique pour recevoir la nouvelle année 2022

 par Alejandro Jodorowsky


Dès que les douze cloches sonnent annonçant la mort de 2021 et la naissance de 2022, concentre-toi bien et imagine que tu as entre les mains un ballon blanc que tu as soufflé avec ton espoir, imaginant qu'il est l'âme de ta planète, la Terre, ta Sainte Mère.

Caresse ce ballon avec le plus d'amour possible, avec tendresse, affection, remerciements, admiration et respect infini. Ressens sa douleur actuelle, sa maladie. Glissez vos mains sur sa surface blanche, commençant à la nettoyer de toutes les scories qui la recouvrent.

Débarrasse là de la pollution de ses eaux, de son sol, de son paradis. Élimine les accumulations d'armes, les politiciens corrompus, les dictateurs égolâtres, les banquiers malhonnêtes, les marchands empoisonneurs, certaines religions transformées en sectes caduques, les artistes prostitués, les multinationales vampires, les trafiquants bandits, les milliardaires avares accumulant de l'argent abstrait... Bref, supprimez tout ce que vous trouvez fou ou faux.

Nettoyez avec vos paumes amoureuses la faim, les racismes, les guerres pour le pétrole, le gaz, les minéraux... Éliminez la misogynie implantée par des mâles pervers, équilibrez la place de la femme dans la société...

Lorsque vous sentez que vous avez nettoyé la sphère-âme de la Terre, commencez à lui donner fertilité, paix, amour sublime, jusqu'à ce que vous sentiez que vous avez entre les mains un éden...

Danse avec cette sphère resplendissante que tu sens battre comme un cœur puis ouvre une fenêtre et envoie-la à l'extérieur pour qu'elle s'élève et rejoigne toutes les autres sphères que des gens conscients comme toi ont jetées vers ce rêve appelé « la réalité ».

Alexandre Jodorowski

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Cette vidéo de l’artiste suisse Cee-Roo résume "brillamment" l’année 2021(source Ouest-France)

jeudi 30 décembre 2021

Citation de Desmond Tutu


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Gouttes de lumière


quelques minutes de lumière du jour en plus

mais

la pluie l’a toute bue

et

puisqu’il faut que je sois 

là où je suis

je prends entre la glotte et l’épiglotte

la petite toux sèche et très méchante

de la chambre voisine

la fais monter descendre

et remonter encore

jusqu’à ce qu’elle arrive un jour à pleurer 


Joëlle Abed

Jardin de pluie - maison - décembre 2021 - à Luciano pour notre livre


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