jeudi 14 mai 2020

Témoignage d'une expérience

J'ai fait la connaissance de Céline il y a quelques mois sur internet dans une rencontre consacrée à l'enseignement de la Vision Sans Tête de Douglas Harding.
Voici son témoignage que je trouve très beau et très encourageant.
Merci Céline !
José Le Roy

Céline : José, lors de la dernière rencontre sur internet, tu nous as invité à t'adresser par mail des témoignages d'éveil. J'ai trouvé cette idée vraiment super, d'autant plus que j'aime beaucoup écrire. Ce témoignage relate ma toute première et significative expérience d'éveil. Elle a véritablement marqué ma vie. 

La nature de ce que je suis véritablement m’apparut pour la première fois un jour de Février 2012. Un moment que certainement je n’oublierai jamais tant il marqua un tournant dans ma vie.
A cette époque, je travaillais depuis six ans à Paris dans une multinationale du secteur de l’énergie. Ingénieure de formation, je ne parvenais pas à m’épanouir pleinement dans ce contexte très particulier des grandes entreprises. Trop sensible, trop créative, trop perfectionniste, trop rebelle…je ressentais beaucoup de frustrations. Pourtant, mon travail m’intéressait et mon implication mentale et émotionnelle était très importante. Trop importante, sans aucun doute ! L’envie de bien faire, d’être appréciée et de rendre service m’animait intensément. Le surinvestissement nourrit un temps ce désir, jusqu’à ce jour d’Octobre 2011 où tout bascula. Après avoir fait plusieurs malaises, je me retrouvai le soir aux urgences. Les médecins écartèrent le dysfonctionnement cardiaque. Selon eux, je faisais un burnout.
S’ensuivirent alors quatre longs mois d’arrêt de travail et un épuisement physique et psychique indescriptible. Je n’avais rien vu venir. C’était pourtant la conséquence logique d’un manque d’équilibre et de présence. Je passais la plupart des journées à dormir afin de recouvrer des forces. Jour après jour, je m’enfonçais plus profondément dans la souffrance. En effet, une grande douleur psychique envahissait mon esprit. Des angoisses inexpliquées me paralysaient dès lors que je sortais dans la rue ou que je prenais les transports en commun. Bien plus que la peur de la mort, c’était la sensation d’être aspirée dans le néant qui déclenchaient des sueurs nocturnes. Je ne parvenais plus à contrôler quoi que ce soit de mon état physique et psychique. Pourquoi une telle détresse ? J’avais pourtant toujours été très joyeuse et optimiste et j’étais globalement comblée dans ma vie. Je ne comprenais pas ce qu’il m’arrivait. Je présentais des troubles cognitifs importants, ne nécessitant certes pas une hospitalisation, mais provoquant de grandes difficultés de concentration et de raisonnement. J’aurais tellement aimé pleurer, crier, mais cela aussi m’était impossible. La fatigue me comprimait tellement le cerveau que même la mémoire du passé me faisait défaut. Je vivais comme un robot. Dormir, manger, faire ma toilette, sortir mon chien….Qu’était-il advenu de ce cerveau bouillonnant d’idées, de réflexions, de pensées créatives ? Tous les repères intérieurs que j’avais construit depuis mon enfance s’effondraient un à un. Y compris la sensation d’être vivante. C’était le noir absolu. Je ne connaissais pas la méditation, je n’avais jamais fait de thérapie et donc je ne pouvais m’aider de pratiques pour apaiser cette souffrance. Et puis de toute façon, j’étais bien trop fatiguée.
Un matin de Février 2012, en prenant la douche, j’eu la sensation effroyable d’être morte. Mon corps était bien là mais mon esprit était anéanti. Il m’était impossible d’utiliser le raisonnement pour me rassurer sur le fait que j’étais bien vivante car je n’arrivais plus à penser ! Un puissant instinct de survie se manifesta alors. Je ne pouvais ainsi me perdre dans les ténèbres. Où était-donc passée la lumière ?
Quelque chose se produisit.
Je regardai en moi à la recherche d’un signe, d’une preuve de vie. Tout était mort dans mon esprit, mais comment savais-je que tout était mort ? Qui percevait cela ? Ce n’était pas le mental puisque tout concept avait momentanément disparu. De toutes mes forces, je me concentrai pour observer à l’intérieur de moi.
C’est ainsi que je perçu, comme une évidence, une présence brillante, au-delà même de la conscience qui était en cet instant terriblement voilée par cette souffrance psychique. Je me reconnaissais en elle. J’étais cette présence ! C’était comme un point lumineux au fond du trou noir. Sans le vouloir, j’étais descendue dans les profondeurs de l’Être, là où tout est à la fois lumière et obscurité, calme et tempête, vacarme et silence, mort et vie….
J’étais en réalité vivante, intensément vivante. Il ne s’agissait pas de la vie du corps ou de l’esprit mais de la grande Vie. Celle qui transcende tout, celle qui contient tout.
Grâce à l’aide d’un psychiatre et grâce au soutien aimant de mes proches, je remontais peu à peu la pente. Mais je n’étais désormais plus la même. Je me souviens avoir dit à ma maman quelques jours après cette stupéfiante découverte : « Maman, j’ai l’impression d’être revenue de l’au-delà. Je vois quelque chose, je vois une autre dimension, je vois Dieu ! ». Les angoisses étaient encore là, en surface, mais la connaissance de cette présence permanente et imperturbable m’apportait force et paix profondes.
À la suite de cette expérience émergea une intense et vibrante quête spirituelle. Cette quête de l’Absolu m’a conduite jusqu’à ce jour vers de magnifiques découvertes et rencontres. La peur du néant a laissé place à une joie et à une curiosité enfantines recherchant sans cesse de nouveaux trésors dans les profondeurs de l’Être !

Camille Pissarro - Vue de la fenêtre de l'artiste


José : Et comment s'articule la Vision sans tête dans ta découverte?

Céline : Voici ce que la Vision Sans Tête et plus largement la non-dualité m'a apporté...
L’année dernière, j’ai pratiqué durant plusieurs semaines une méditation consistant à retourner l’attention vers Ce qui perçoit et à répondre à la question : Qui suis-je ?
Un jour, tandis que je déjeunais, je regardais par la fenêtre de mon salon et il y eu un déclic. Pour la première fois, il n’y avait plus de distance ni de séparation entre l’observateur et l’observé. Les fleurs, les arbres, la montagne, la table, la fenêtre, l’assiette, la main….tout apparaissait au sein d’un espace illimité, neutre et pur. J’étais cet espace qui accueillait et j’étais tout ce qu'il contenait. Tout était incroyablement vivant, vibrant, y compris le vide entourant chaque chose. Je me voyais dans ce vide. J’étais ce vide. La conscience n’était plus enfermée dans la tête. Elle se déployait bien au-delà. Une joie intense m’envahit…..je fusionnais avec l’absolu.
Lorsque j’ai découvert début Mars la Vision Sans Tête grâce à tes vidéos José, il y a eu un basculement immédiat. C’est comme si cette découverte s’ancrait définitivement. J’ai pratiqué les divers exercices que tu présentais dans tes vidéos. Et je me suis aperçue que je n’avais plus de tête ! Ma tête avait disparu l’année dernière lorsqu’il y avait eu ce retournement de l’attention. A la place, il y avait cet espace à la fois vide et plein.
Je n’ai jamais été aussi présente à la vie, aussi amoureuse de la vie. Tout ce qui apparaît au sein de la conscience est vu comme étant Soi. La présence n’est que complétude, accueil. Il n’y a plus de dualité. C’est pourquoi, même les ombres les plus inconscientes, les souffrances les plus profondes, les émotions les plus refoulées apparaissent au grand jour. La délivrance se fait ainsi.
Au-delà de l’éveil, ce qui m’enchante véritablement est d’incarner le plus possible l’amour, l’harmonie, la sagesse au quotidien. Car selon moi, c’est ce qu’il y a de plus important !"
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source : blog de José Le Roy

mardi 12 mai 2020

Union certaine !


" Dans le courant de la méditation,

Avec le temps ne subsiste aucune différence
Entre la conscience et
Celui qui est conscient.
Le penseur et la pensée sont également
Le jeu de l'esprit.
La scission entre celui qui perçoit et ce qui est perçu,
Entre le sujet et l'objet, disparaît.
Auteur et acte
Ne sont plus différents -
Tout se passe dans l'étendue de la conscience.

L'esprit est conscient de lui-même
Et repose dans son état naturel,
Sans celui qui voit et ce qui est vu.
C'est la non-vue;
C'est la conscience naturelle.
L'esprit est conscient,
Mais le sujet n'est plus présent.
Cela devient vraiment conscient -
Une parfaite certitude. "
Guendune Rinpoché🧡🙏🧡

Les observances du déconfinement


INTRA MUROS  - 10 mai

Cette période de déconfinement qui s’annonce promet d’être une belle opportunité d’exercice, peut être encore davantage que celle du confinement. D’accord, être confiné pose tout un tas de défis, bien différents qui plus est selon la situation dans laquelle on se trouve en matière d’habitat, de famille - ou de compagnie- de ressources, tant culturelles que financières. Cependant, comme toutes les situations de retrait, le confinement a son confort bien particulier. C’est un peu comme la règle de silence lorsqu’on fait une retraite en un lieu à vocation spirituelle. Le difficile, au départ, c’est de s’arrêter de parler. Le pli une fois pris, le silence comporte un aspect confortable. Il y a beaucoup moins de risques de malentendus, de disputes, ou tout simplement de proférer des bêtises quand on n’ouvre pas la bouche.
Le silence peut être un ingrédient essentiel d’une vraie retraite mais la vocation même d’une retraite, c’est d’être ponctuelle, temporaire, une parenthèse pour explorer d’autres zones de soi avant de replonger dans le bain de la vie relationnelle. Quand on redescend de sa montagne, quand on quitte son ermitage pour s’aventurer sur la place du marché, là commencent les choses sérieuses.
Il va nous falloir nous situer constamment entre deux écueils : d’un côté la peur, la rétractation, l’obsession sécuritaire , la frilosité relationnelle … De l’autre l’irresponsabilité, l’imprudence, l’inconscience, la prise de risques inutile , dommageable pour soi comme pour autrui.
Et, comme si souvent, le positionnement juste sera simple, très simple, simple n’étant pas synonyme de facile. Il va s’agir de vivre, de s’ouvrir, d’émerger de la coquille en laquelle la situation nous a fait bon an mal an rentrer ; renouer avec les relations autres que virtuelles ou restreintes au seul champ de notre intimité immédiate ; rétablir un commerce avec d’autres paysages, lieux, espaces , se réhabituer à des situations hors d’une sphère circonscrite. Il va falloir oser, ouvrir intérieurement les bras (on pourra même, tiens, pourquoi pas, faire le beau geste de les ouvrir tout grand , les bras, et que l’autre le fasse aussi, sans pour autant se toucher ). Il va être crucial de s’aventurer au dehors, résolument, sans bouclier intime. Et, dans le même temps, il va être vital de se montrer responsable et donc en pratique, de s’astreindre aux fameux gestes barrière sur lesquels repose pour l’essentiel la réussite de ce déconfinement dont on veut éviter qu’il tourne à la déconfiture… Sortir sans bouclier, mais affublé d’un masque ; ouvrir grand les bras mais ne pas se toucher ; réinvestir résolument les relations mais à distance de sécurité extérieure. Plus que jamais il va s’agir de distinguer le dedans du dehors, de ne pas confondre la distance mesurée en mètre avec celle du cœur, voir les yeux qui sourient au dessus du masque…
Quantité d’exercices spirituels reposent sur des observances , une série de gestes au départ peu naturels et pourtant répétés heure après heure, jour après jour. La vie d’un monastère , chrétien ou zen, est faite de ces observances conçues comme l’incarnation d’un rappel continu. Pour celles et ceux d’entre nous qui aspirent à une quotidien transfiguré par la voie, se pourrait il que le virus, la fameuse nécessité de « vivre avec lui » désormais et tant qu’il le faudra, s’avère être un puissant rappel à soi et au Plus Grand, un constant point d’appui pour ne pas oublier ? Se pourrait il que le virus vienne à notre secours pour transformer l’existence dite profane en déclinaison du sacré, le « monde" en monastère ? C’est en tout cas le défi et l’opportunité que je perçois en ce temps qui s’ouvre. Comme cela va être réveillant et vertical de partager un repas avec quelques amis (moins de dix n’est ce pas) en respectant toutes les précautions. Se pourrait il que cela nous aide à découvrir la différence entre convivialité et emportement, communication et communion, partage et mélange ?


Gilles Farcet
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lundi 11 mai 2020

Amour déconfiné

INTRA MUROS - L'amour est toujours confiné
8 mai

Attendre d’être aimé est une impasse spirituelle, un total cul de sac ontologique. 
 L’unique issue est d’aimer, encore et encore, envers et contre tout, malgré tout, désespérément, d’aimer quand on est comme aux abois lorsque l’amour ne nous gratifie pas. Le véritable amour est une voie à sens unique. L’amour digne de ce nom est toujours confiné, confiné en lui même, par lui même pour lui même sans apport extérieur. Et si l’on est aimé en retour, parfois, souvent, tant mieux, mais là n’est pas la question. L'amour est un dedans sans dehors. 

L’antidote au poison du non amour, lequel non amour n’est que l’amour s’éprouvant à tort où à raison bafoué, l’antidote est l’amour. Le miracle est l’amour, l’amour obstiné, l’amour à cœur perdu, l’amour têtu, l’amour obtus dans son amour, l’amour sans discussion. 
Tous les mystiques l’ont dit et répété, ils n’ont jamais eu essentiellement rien d’autre à dire. Le hic, c’est qu’ils ont beau l’avoir dit, il s’agit de le réaliser, de l’incorporer. Et ça, c’est une autre paire de manches.

Gilles Farcet
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dimanche 10 mai 2020

Le cœur nu...


"Imaginons que nous sommes assis par terre, nus, touchant le sol de nos fesses nues. Puisque nous ne portons ni foulard ni chapeau, nous sommes également exposés au ciel. Nous sommes pris en sandwich entre le ciel et la terre : un homme nu ou une femme nue, assis entre ciel et terre.

La terre reste toujours la terre. La terre laisse quiconque s'asseoir sur elle et jamais elle ne cède. Elle ne fait jamais faux bond ; on ne tombe pas de la terre pour aller se perdre dans l'espace intersidéral. De même, le ciel reste toujours le ciel ; il reste toujours le ciel au-dessus de nous. Qu'il neige, qu'il pleuve ou qu'il fasse beau, le jour comme la nuit, le ciel est toujours là. En ce sens, nous savons que le ciel et la terre sont dignes de confiance.
En photo, deux grands guerriers et amis réunis sur une scène : 
Allen Ginsberg le poète de la beat generation, 
et Chögyam Trungpa le maître de méditation.

La logique de la bonté fondamentale est analogue. Lorsque nous parlons de la bonté fondamentale, nous ne voulons pas dire qu'il faille prendre position pour le bien et rejeter le mal. La bonté fondamentale est bonne parce qu'elle est inconditionnelle, parce qu'elle est primordiale. Elle est toujours déjà là, de la même façon que le ciel et la terre sont toujours déjà là. On ne rejette pas l'atmosphère. On ne rejette pas le soleil et la lune, les nuages et le ciel. On les accepte. On accepte le fait que le ciel est bleu ; on accepte les paysages et la mer. On accepte les autoroutes, les immeubles et les villes. La bonté fondamentale est à ce point fondamentale, à ce point inconditionnelle. Ce n'est pas un parti pris pour ou contre, de la même façon que la lumière du soleil n'est ni pour ou contre quoi que ce soit.
Les quatre saisons se succèdent libres des exigences des gens, sans que personne n'ait besoin de voter pour elles. La peur et l'espoir ne peuvent changer le cours des saisons. Il y a le jour ; il y a la nuit. La nuit il fait noir et le jour il fait clair, sans qu'il soit besoin d'ouvrir et de fermer un commutateur. Il y a une loi et un ordre naturels qui nous permettent de survivre et qui sont fondamentalement bons ; ils sont bons parce qu'ils sont là, parce qu'ils fonctionnent, parce qu'ils sont efficaces.

Lorsqu'on est assis dans la posture de méditation, on est exactement l'homme nu ou la femme nue que nous avons décrits plus haut, assis entre ciel et terre. Affaissés, nous essayons de cacher notre cœur, de le protéger en voûtant le dos. Par contre, dans la posture de méditation, assis droits mais détendus, notre cœur est à nu. Tout notre être est exposé, en premier lieu à nous-mêmes, mais aussi aux autres. C'est pourquoi lorsque nous nous exerçons à rester assis dans le calme et à suivre notre souffle à mesure qu'il sort et qu'il se dissout, nous établissons un contact avec notre cœur. En nous laissant tout simplement être tels que nous sommes, nous commençons à éprouver une réelle sympathie envers nous-mêmes.

Quand nous éveillons ainsi notre cœur nous découvrons avec surprise qu'il est vide. Nous constatons que nous regardons l'espace. Que sommes-nous, qui sommes-nous, où est notre cœur ? Si nous regardons vraiment, nous ne verrons rien de tangible ni de solide. Bien sûr, il se peut que nous trouvions quelque chose de très solide si nous en voulons à quelqu'un ou si nous vivons un amour possessif. Mais ce n'est pas là un cœur éveillé. Si nous cherchons le cœur éveillé, si nous creusons dans notre poitrine pour le trouver, nous n'y découvrirons rien d'autre qu'une sensation de tendresse.

Habituellement, être courageux veut dire ne pas avoir peur, ou alors retourner les coups que l'on reçoit. Mais ici nous ne parlons pas du courage des bagarres de ruelle. Le véritable courage est le produit de la tendresse. Il survient lorsque nous laissons le monde effleurer notre cœur, notre cœur si beau et si nu. Nous sommes disposés à nous ouvrir, sans résistance ni timidité, et à faire face au monde. Nous sommes disposés à partager notre cœur avec les autres."

Chögyam Trungpa
(Shambhala, la voie sacrée du guerrier)

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vendredi 8 mai 2020

Humilité aquatique


L'humilité nous ouvre les portes d'un état d'esprit simple tout en fermant l'accès aux problèmes compliqués de l'égo.

Je souhaite revenir à ce sujet sur le fameux dicton grec « connais-toi toi-même ». Cette phrase fait corréler la connaissance de soi à la connaissance de tout ce qui est extérieur à soi. Il ne s’agit donc pas de partir à la rencontre de sa seule personne. Le savoir que l’on acquiert sur elle nous permet d’aller vers l’autre dans la paix avec soi et de ce fait avec les autres, avec « le reste ».

Je perçois ainsi toute la beauté et la dimension de ce message de la mer. J’ai l’humilité de sentir que je suis seulement une femme parmi les rochers, les arbres, les fleurs, les animaux, les humains, le soleil, la lune, les étoiles, la mer, la terre, le vent, les volcans, la galaxie...

L’humilité, c’est l’accueil de soi, c’est accueillir l’amour en soi. Elle nous montre, comme Vénus me l’a appris, que nous sommes tous issus de la même terre en même temps qu’elle nous oblige à sonder les profondeurs qui touchent à une inimitié enfouie jusqu’à notre subconscient.

Ces quelques jours passés seule en compagnie de l’océan m’ont fait sentir en osmose avec la mer au plus profond de mon être. M’y abandonner dans l’amour, m’y abdiquer et oser l’accepter dans l’humilité absolue.

Je dirais enfin que l'humilité dont me parlait la mer, c’est aimer la vérité plus que soi-même et retrouver la joie !

Les heures passent et soudain, mon aisance dans l’eau est totale. Mon chemin croise alors celui d’une méduse, cette petite créature qui se propulse dans les mers en suivant la direction des courants. La manière dont elle s’abandonne aux forces de l’océan est l’exemple même de la grâce. Elle nous apprend à nous laisser transporter, à nous laisser guider par les puissances naturelles.

Dans l’eau, ma sensibilité change, je capte avec une aisance incroyable les messages que m’adressent les êtres, les choses qui m’entourent.

Dialogue Avec Un Dauphin - Une Relation Extraordinaire Au-Delà De L'espèce 
par Frédérique Pichard

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jeudi 7 mai 2020

Connaissance émotionnelle...



Dans le conflit, il n’y a aucune connaissance possible de l’émotion. On peut être réputé pour ses accès de désespoir ou pour ses colères, et mourir sans avoir la moindre connaissance réelle de ce qu’est l’émotion. On arrive simplement dans l’impasse de ce conflit qui s’exprime en français dans les tournures grammaticales bien courantes où nous distinguons « je » et « moi ». « Je ne me comprends pas moi-même, comment est-ce que j’ai pu faire une chose comme ça. » Ou « Je ne sais pas ce qui m’a pris. » Toutes les phrases où vous employez « je » et « me » sont l’expression d’une division qui vous abuse parce que vous pouvez confondre ce « je » du langage courant avec le témoin, avec le véritable « je », et « me » ou « moi » avec l’ego. Et en fait ce n’est pas cela. Dans ce cas-là « je » signifie une moitié de l’ego que vous avez privilégiée et « me », « moi », ou « ni » signifie l’autre moitié de l’ego que vous condamnez. Cela n’a rien à voir avec la connaissance sans dualité. La vigilance, la conscience, l’œil qui est « la lampe du corps », ce regard qui éclaire nos ténèbres intérieures, n’a aucune forme particulière. Par conséquent, il n’est pas un autre que ce qui est vu. Mais quand vous dites : « je me » – ce qui est un vocabulaire courant – vous vous emprisonnez. « Je », c’est tout ce que vous estimez bien ou bon en vous, tout ce qu’on vous a appris à trouver bien, et « me », c’est tout ce que vous avez appris à condamner. Cela n’a rien à voir avec la vérité de vous-même ! À partir de l’enfance, éventuellement même à partir de samskaras de vies antérieures qui se révéleront à un moment ou à un autre de votre sadhana, vous avez, comme les psychologues l’ont si bien confirmé, créé en vous un personnage fait d’imitation ou d’imitation négative de ceux qui ont compté dans votre vie faible et dépendante de petit enfant, c’est-à-dire le père, la mère, un onde proche, une tante, les grands-parents, la maîtresse d’école, un maître que vous avez soit aimé soit haï dans vos études primaires. Et cela se poursuit : onze ans, douze ans, quinze ans. Vous continuez à vous diviser en deux : ce que vous aimez et ce que vous n’aimez pas, ce que vous considérez comme bien et ce que vous considérez comme mal – au mépris total de votre vérité complexe mais bien présente. Finalement se crée une image de vous...

 Comprenez bien qu’il n’y a pas que l’expression pleine et entière des émotions qui permet de s’en libérer. Ne vous laissez pas induire en erreur par les bienfaits de l’expression. D’autant plus que toutes sortes de thérapies modernes sont centrées sur la possibilité d’exprimer les émotions réprimées, à commencer par la plus célèbre : la thérapie primale du docteur Janov, ou les différentes « thérapies par le cri » dont vous avez peut-être plus ou moins entendu parler. C’est vrai que la répression n’est pas un chemin ; c’est vrai que l’expression pleine et entière des émotions libère momentanément ; et, si cette expression pleine et entière des émotions est accomplie consciemment, sans conflit, et insérée dans l’ensemble d’un chemin de compréhension, cette libération momentanée peut devenir un jour définitive. Mais qu’allez-vous faire des émotions que vous ne pouvez pas exprimer à travers la thérapie primale ou les différentes thérapies par le cri – ou les lyings de Swâmiji ? 
Vous manquez le point le plus important de la sadhana : dans l’existence, de minute en minute et de jour en jour, vivre consciemment les émotions – et contrôler. Je suis en colère – sans aucun doute ; il n’est pas question de créer un clivage à l’intérieur de moi, de penser que je ne devrais pas être en colère ; mais il n’est pas question non plus, dans les conditions et circonstances présentes, d’exprimer cette colère. Ce serait ne plus tenir compte des autres éléments de cette situation – ne plus tenir compte des autres humains (effrayer mes enfants, blesser quelqu’un moralement) ni des autres aspects de moi-même et, par exemple, me faire un tort qui alourdira encore mon karma. Je vous promets, et c’est à vous de le vérifier et de le vivre, que, si vous le voulez vraiment, vous pourrez être ému tout en contrôlant.

Arnaud Desjardins
Au-delà du moi 
À la recherche du soi II

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mercredi 6 mai 2020

Accueil des sensations


José Le Roy nous présente ici des exercices de vision sans tête, inspirés de ceux de Douglas Harding. Ce n'est pas à comprendre, c'est à incorporer !


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mardi 5 mai 2020

lundi 4 mai 2020

Examen de conscience


La pandémie ne nous a rien appris de nouveau que nous ne savions déjà sur les dangers liés à la négligence écologique, à l'avidité de la finance, à une mondialisation tournée vers les plaisirs et les profits. Juste que tout cela ne pouvait plus durer ! Il faut à présent une convergence des luttes (pour détourner une formule syndicale) entre l'individuel, le collectif et le politique. Agir d'abord à mon niveau personnel, c'est-à-dire moins consommer, moins voyager et augmenter encore par mes paroles, mes écrits et mes gestes la quantité de bienveillance et d'entraide présentes dans ce monde. 
Mes deux grandes voies de ressourcement intérieur, la méditation et la psychologie positive, sont de nature à nous aider dans l'après-crise. La première en nous offrant apaisement et discernement pour nous engager dans ce que j'appelle « l'action juste », calme et déterminée, car les vociférations et les gesticulations ne mènent à rien. La seconde en nous rappelant que le goût de la vie est une source puissante pour agir sur la durée. Claudel écrivait : « Le bonheur n'est pas le but mais le moyen de la vie », sa quête est un de nos grands carburants pour l'action ! Ce que nous vivons est à la fois inquiétant et passionnant, et nous avons reçu de nombreuses leçons de cette crise : allons-nous nous montrer bons élèves ?
Christophe André
(source : La Vie)

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dimanche 3 mai 2020

Ignorance de la Vie


Tiré d'un article intéressant de Mediapart
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NOUS NE MANQUONS DE RIEN
La pandémie révèle la fragilité et la fausseté de notre société. Nous pouvons continuer de répondre à cette « agression » comme d’habitude, en renforçant notre refoulement et nos mensonges, en partant en guerre pour faire disparaître ce qui nous dérange, en nous empiffrant toujours plus vite et toujours plus intensément pour chercher l’objet externe qui enfin nous comblera et nous coupera des émotions que provoque notre désarroi profond. Ou bien en profiter pour ouvrir les yeux, déboucher nos oreilles et écouter.
Que se passe-t-il alors ? A vous de me le dire…
Il semble que lorsque l’on se réouvre à la vie qui nous entoure et dont nous sommes, lorsque l’on retrouve cette union simple avec le vivant, une joie simple d’être vivant émerge. Nous voyons et sentons les choses différemment, avec un autre goût. Nous retrouvons la saveur de vivre. C’est une fête des sens et une joie profonde. Dans la vie, par notre réintégration à la nature comme élément vivant parmi les autres, nous retrouvons nos racines. Nous nous sentons entiers, complets. Ce que nous cherchions désespérément à l’extérieur de nous, était depuis toujours en nous et tout autour de nous. Nous découvrons que nous sommes déjà entiers et que nous l’avons toujours été. Faites l’expérience, peu à peu, et vous sentirez. Expérience du souffle, de la présence. Les mots peuvent sans doute paraître mièvres, mais l’expérience ne l’est pas. A toutes les époques, dans toutes les régions du monde et toutes les cultures, des personnes ont cherché à retranscrire cette expérience (Râmana Mahârshi, Rabindranâth Tagore, Osho, Jiddu Krishnamurti, Tchouang Tseu, Lao Tseu, Thich Nhat Hahn, Saint François d’Assise, Sainte Thérèse de Lisieux, Rûmi, Ostad Elahi, Rashi, Martin Buber, Arnaud Desjardins, Armelle Six, Daniel Morin, Jean Bouchart d’Orval, Jeff Foster, Richard Moss…).
La peur peut alors se réveiller. Ce simple plaisir est-il encore durablement possible ? Mes enfants pourront-ils encore profiter de cette simple joie de vivre ? Il n’est jamais trop tard pour s’interroger sur le monde qu’on laisse à ses enfants… pour s’interroger sur ses responsabilités. Ce sera toujours possible d’être plein de la joie d’être vivant, mais dans quel environnement ? Que pouvons-nous faire ? Que pouvons-nous répondre au Covid-19 (qui est lui aussi un virus vivant qui cherche à se reproduire et à se perpétuer) ?

CE QUI SE JOUE N'EST PAS LA VICTOIRE SUR UN VIRUS MAIS BIEN LA COMPRÉHENSION DE NOTRE RÔLE DANS LES DRAMES QUI S'ANNONCENT
Voici quelques modestes et rapides pistes. Ce qui se joue n’est pas la victoire sur un virus mais bien la compréhension de notre responsabilité et de notre rôle dans les drames qui s’annoncent. Si nous ne pouvons pas contrôler la nature et les humains, il nous reste une marge d’action immédiate et majeure : le contrôle de nos créatures et de nos chimères. Le contrôle du monde parallèle. La fin du cheminement consistant peut-être à ne plus avoir besoin de contrôler quoi que ce soit. Ce cheminement a sans doute deux volets : une introspection individuelle et le discernement de perspectives pertinentes puis le passage à l’action dans la société.
L’introspection individuelle est le premier et principal contrôle dont nous disposons, celui qui nous permet de construire et de déconstruire à notre gré nos croyances et notre vision du monde, nos dénis et nos peurs, nos pulsions et nos sentiments de manque. La première chose à faire semble sans doute de nous éveiller au monde vivant qui nous entoure et nous habite et de discerner au milieu des carcans idéologiques, dogmatiques, culturels collectifs et au milieu de nos croyances individuelles celles qui sont encore pertinentes et que nous voulons conserver et celles limitantes ou opacifiantes que nous devons modifier ou dont il nous semble important de nous émanciper. Le réenracinement dans le monde de la vie va de toute façon changer notre manière d’appréhender le monde, la vie et les êtres vivants.
Au niveau social, ce qui dépend de nous est beaucoup plus délicat. Cela ne doit pas nous freiner ni nous empêcher de chercher à apporter notre pierre à l’édifice et jouer notre rôle de colibri.

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samedi 2 mai 2020

Libre constat


« L’émotion ne nous empêche pas d’être tranquille.
Au contraire, elle nous amène à la tranquillité.
La tension du corps permet la prise de conscience de la détente véritable.
Dans cette détente, la tension apparaît et nous révèle la détente. 
Elle nous permet de constater ce qui est libre en nous.»

Eric Baret

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