mercredi 20 mars 2019

Terre à terre



Ne pas oublier l'importance des racines !




"A gauche un terrain sain qui stocke le CO2 en quantité, qui agit comme éponge en cas de pluies, qui ne nécessite pas d’engrais ni de pesticides. À droite un terrain classique à soigner: dur comme pierre, le CO2 ne peut s’y maintenir, en cas de pluie le ruissellement provoque inondation et destructions, nécessite de grandes quantités d’engrais et de pesticides pour maintenir en vie la plante malade. " 

 *******

mardi 19 mars 2019

Obligation de conscience pour se comprendre


"Ce qui pousse chaque être à retrouver le sens de sa propre existence, est un besoin essentiel. Lorsque nous détournons cette aspiration de son intention d'origine, nous passons notre temps à gratifier des besoins sur le plan physique, des envies sur le plan émotionnel et des volontés sur le plan mental. Le processus de gratification sur ces plans-là se révèle, à l'expérience, toujours habité par la peur et la souffrance. Pourquoi ? Parce qu'il y a toujours l'envie, le désir ou la volonté à satisfaire et, en même temps, le besoin de combler un manque incessant. 
A travers l'obligation de conscience vécue quotidiennement nous restons par contre en contact avec le besoin fondamental de notre être qui est de se comprendre soi-même."



Un rendez-vous pour les amis d'Yvan Amar




Commémoration Yvan Amar 15 - 18 Juin 2019

Publié le par lesamisdelami

Photo extraite de l'album de  Sylvia Reichenbach
---Plus de renseignements

*************

lundi 18 mars 2019

La foi d'écrire avec Christian Bobin


Claude Clorennec retranscrit dans ce documentaire l’extrême délicatesse de l’écrivain Christian Bobin. Fils d’un père dessinateur à l’usine Schneider du Creusot et d’une mère calqueuse, son œuvre puise dans les souvenirs de son enfance, marquée par la solitude et l’atmosphère des hauts fourneaux. Les bruits des vélos des ouvriers à la sortie de l’usine, le rythme des marteaux pilons, nourrissent l’imaginaire de Christian Bobin, qui porte sur le travail un regard distancié. « Ivrognes de l’efficacité », les hommes justifient leur existence par le travail et demeurent prisonniers des apparences, niant leur pudeur, leur sensibilité.  

Christian Bobin écrit pour cette « majorité taciturne qui mange sa vie en silence, qui traverse sa vie sur la pointe des pieds ».



*******

dimanche 17 mars 2019

Aux sources de l'amour avec Philippe Mac Leod

Écrivain et poète, chroniqueur dans La Vie depuis bien des années, Philippe Mac Leod est décédé le 25 février. Nous lui rendons hommage en publiant ce texte inédit.







CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS
© Jean-Pierre Denis - Après les obsèques de Philippe Mac Leod, le 1er mars, plusieurs de ses amis et lecteurs se sont retrouvés dans les Côtes-d'Armor
Par une indéfinissable magie la lumière me retient sur le seuil. Il y a pourtant, à cette heure, encore tant à faire à l'intérieur de la maison : la vaisselle, par exemple, un brin de ménage dans les toiles d'araignée surprises par le soleil radieux. Malgré sa douceur, ce quelque chose d'indéfinissable à entendre et à comprendre s'impose d'une manière si impérieuse. Comment y résister ? Déjà le dos de la chaise vide m'interpellait de son silence cuivré, à table, mais ne mangeant ni ne parlant, buvant en chaque instant toute la lumière du monde, par petites gorgées, mais longues, longues et profondes.
La lumière n'a pas d'âge, comme l'instant toujours neuf, comme le silence qui s'installe en moi dès que le cœur se détache de la chaîne des préoccupations : le silence, le beau silence roulé dans un mince reflet qui brille sur le bois de la table débarrassée ; le silence, lorsque la lumière s'entortille dans la rigole d'un brin d'herbe à la fenêtre, étale sur le grain grossier de la pierre un glacis de porcelaine ou colle sur la vitre un grand miroir aux eaux lisses et mobiles.
Où que l'on se trouve, et à l'heure exacte où l'instant nous trouve, voici qu'apparaît la frêle chapelle d'un sanctuaire itinérant, avec son jour de vitrail, ses miroitements, ses ombres frêles et ses clartés d'un mystère tout proche. La lumière libère les sources de l'amour, en tout lieu ouvrant de petites failles, de tremblants interstices, longues fissures dans la pierre de nos inerties. C'est un appel à la vie, la vraie, au seul réel qui soit et ne se révèle que dans le détachement, l'attention enfin libre de toute attente.
Ainsi les anges sans doute se posent-ils parmi nous, sans bruit, par milliers, sur le bord d'un meuble, dans un chausson qui traîne, parmi les fleurs sur les dalles de la terrasse. Leurs ailes déploient la lumière. Le silence garde le chatoiement de leur passage discret comme le tremblement d'un souffle. Ils ne s'attardent pas, jamais, ne connaissant pas l'insistance, mais laissent ouverte après leur départ la brèche, le mince interstice à travers lequel on voit l'abîme de douceur qui fait la profondeur des choses.
Ils poussent des portes, ils plantent des échelles, ils plongent des regards émerveillés en nous invitant à descendre le long de la corde « entretissée » de l'or du jour et du fil ténu d'un chant d'oiseau plus solide que le temps qui passe. On hésite à les suivre, confortablement assis dans un fauteuil. On guette cependant, on veille. On est peut-être un de ces anges, le temps d'un silence, dans la grande lumière, le monde un moment suspendu, aussi léger que le rayon dans les branches, le reflet d'un nuage embrasé à la surface de l'eau en contrebas, froide et pure encore de tout savoir. De même, à la surface des yeux, il n'est plus rien à retenir. Il s'agit seulement de s'ouvrir à cet instant de la révélation que certifie la paix de son sceau inimitable. On ne trouve plus la place pour une pensée, la trop encombrante mémoire, et si revient la complainte du chagrin, le monde tout entier se referme et me laisse au dehors.
L'amour toujours plus léger, plus transparent, m'invite à l'ascèse de l'instant, laissant tout sur le seuil, la plainte et la rengaine, pour entrer nu comme la lumière dans cette plénitude d'un moment d'être véritable. Oh ! Lave-moi, douce lumière ! Loin au fond de la chair encore sombre et nouée par endroits. Purifie-moi aux sources de l'instant, qui fait le seul présent de Dieu et la couleur si fragile de l'amour.
***** 

Philippe Mac Leod 
1954 Naissance à Port-Lyautey, au Maroc.
2016 S'installe près de la chapelle de Goz-Iliz dans les Côtes-d'Armor.
2019 Supplique du vivant et Variations sur le silence (Ad Solem).
25 février Décès.
******

samedi 16 mars 2019

La distinction entre méditation et contemplation


Dans le Dzogchen "méditation" et "contemplation" ont des significations bien distinctes.
La pratique du Dzogchen est en soi la pratique de la contemplation dans laquelle on demeure en cet état non duel d'auto-libération, qui est au-delà des limites du niveau conceptuel de l'activité mentale, et qui cependant inclut aussi le fonctionnement de ce qu'on appelle l'esprit "ordinaire" ou la pensée rationnelle. 
Bien que les pensées puissent survenir dans la contemplation, on n'est pas conditionné par elles et, laissées telles quelles, elles se libèrent d'elles-mêmes. Dans la contemplation, l'esprit ne s'implique dans aucun effort mental ; il n'y a rien à faire ou à ne pas faire. Ce qui est est, tel quel, parfait en soi. Par contre, ce que l'on entend par "méditation" dans les enseignements Dzogchen, c'est l'une ou l'autre des très nombreuses pratiques qui impliquent de travailler avec l'esprit afin de permettre au pratiquant d'entrer dans l'état de contemplation. 
Ces pratiques peuvent inclure les différents types de fixation du regard qui amènent à un état de calme, de même que les différents types de visualisation, etc. Ainsi, dans ce que l'on appelle méditation, on travaille avec l'esprit, mais la contemplation est au-delà de ce travail.

Extrait de "Dzogchen et Tantra" Namkhaï Norbu Rimpoché

****

vendredi 15 mars 2019

Matins de tendre Espérance avec Lise

Lise fait vibrer dans son recueil l’éclat du Poème qui est devenue sa boussole depuis l'accident de santé dont elle est ressortie plus vivante et poreuse à la beauté des choses et des être.
Photo


  

 

Matins de tendre espérance

​(110 pages, 15 euros)

 


Il est un Chant qui nous traverse.
Lorsque de toutes parts la vie nous appelle par notre nom, vient personnellement nous dire de lui répondre avec une force égale sans autre souci que la Joie du don en ayant le courage d'être soi, que pouvons nous répondre sinon " oui". 


Je croyais en la beauté du jour comme une chose acquise qui ne tremble pas et la lumière se fit sombre pour me rencontrer dans l’interstice.
Au plus fort de la tourmente est né un prénom de plume veillant mot à mot dans la forêt du langage « ce qui ne meurt jamais »


Perdue entre hier et demain, étrangement paisible de la seule force de son pas, l’onde enveloppe cet être si fragile qui tremble de tout son feuillage à la brise de la vie, l'éprouve jusqu'au plus profond de sa ramure et sait que cela suffit au bonheur du Jour, ce vent frais des matins de tendre espérance qu'un enfant tient dans la paume de ses mains, au creux d'un sourire.


Extrait :

Le matin 

Vois tu ce tourbillon 
Qui jamais ne se pose 
Et toujours nous reprend, 

Semblable au papillon 
Aux pétales de roses 
S'éparpillant au vent, 

Dont le cœur est si dense 
Et le feu si ardent 
Qu'on pourrait se brûler, 

S'il n'y avait ce Don 
Qui toujours recommence 
Sans jamais continuer. 

Le matin est venu 
Sur la pointe des pieds 
Et a tout embrasé

Lise

--------------

 

jeudi 14 mars 2019

Réelle présence



Par Philippe Mac Leod, écrivain. Il a publié plusieurs livres et recueils de poésie, dont Variations sur le silence, chez Ad Solem, et l'Évangile de la rencontre. Jésus et la Samaritaine, chez Artège.

  • Partager par Facebook
  • Partager sur Twitter
  • Envoyer par email
  • Version imprimable
Des mains du célébrant, au-dessus de nos fronts l'hostie s'élève comme un visage indescriptible, trop loin pour en discerner les traits, un astre blanc surgissant d'un horizon invisible, un corps tellement agrandi que se sont perdus les membres et la silhouette, une chair devenue très mince et presque transparente, à travers laquelle il n'y a plus désormais que la présence à chercher.
Jésus ne disparaît qu'à nos enlacements. Et pour mieux se glisser entre nos attentes, pour vivre en nous et nous transformer en lui. Sans la terre que je lui offre en m'approchant, où elle pourra disparaître, l'hostie n'est rien encore, elle demeure seule. Il lui faut mourir à nouveau pour me féconder, disparaître dans une explosion silencieuse et me pénétrer comme un nuage de clarté qui voudrait dissoudre les dernières ténèbres.
À travers elle, le Christ nous invite à un dépouillement, en dissociant d'abord sa réalité terrestre de toute forme humaine, de l'individualité trop restrictive, pour une sorte de visibilité translucide, puis en disparaissant une seconde fois dans notre propre corps, en descendant au fond de nous pour nous y entraîner à sa suite.
Il me semble entendre le Ressuscité nous renvoyer à ce qu'il exigeait de ses disciples, comme de Marie-Madeleine noyée dans les larmes d'un jardin désert : « Ne me cherchez plus au bout de vos doigts, renoncez à mes contours. Je vous attends dorénavant un peu plus loin, chaque fois plus loin à mesure que vous progresserez vers moi. C'est un nouveau pas dans ma connaissance que je voudrais vous voir franchir par cette présence nouvelle, omniprésente et intérieure à vous-mêmes. »
L'eucharistie nous engage à devenir à notre tour ce signe visible d'une réalité invisible qui nous dépasse mais nous traverse de part en part. L'eucharistie inverse radicalement notre relation à Dieu : désormais nous en avons la charge, nous le recevons. Il n'est plus extérieur à nous-mêmes, comme un sujet bien distinct, dans un échange ordonné : nous l'incarnons, nous lui donnons corps, visage et parole. L'idole n'est réellement détruite qu'à ce stade-là.
Chaque fois que je communie, c'est aussi pour que tous les hommes que je rencontrerai puissent communier à la présence qui m'aura transformé au contact de ce mystère qui les attend encore au fond d'eux-mêmes. Dans le repas eucharistique, il est essentiel de souligner cette assimilation spirituelle de tout notre être au Christ universel. Le prêtre nous le dit tout en élevant l'hostie avant de la déposer au creux de nos mains : « Le corps du Christ. » Ce n'est donc pas Jésus qui est enfermé là : c'est son corps, ce corps qui nous demande le nôtre. Sa mémoire vivante qui nous demande notre présent.
Une retraitante insomniaque, désemparée en trouvant dans l'oratoire la veilleuse du Saint-Sacrement éteinte, n'a pas pu, n'a pas su prier, sans comprendre de l'intérieur qu'elle-même se devait d'être, par sa prière, par sa présence, cette petite flamme dans le silence de la nuit.
Il manque à beaucoup de personnes, pourtant animées d'une réelle soif de spiritualité, ce bon sens du coeur, dans la liberté joyeuse de l'Esprit. À la présence réelle, il n'est sans doute pas de meilleure réponse que la réalité de notre propre présence.


Antenne empathique



"L’empathie c’est, à la vitesse de l’éclair, sentir ce que l’autre sent et savoir qu’on ne se trompe pas, comme si le cœur bondissait de la poitrine pour se loger dans la poitrine de l’autre. C’est une antenne en nous qui nous fait toucher le vivant : feuille d’arbre ou humain. Ce n’est pas par le toucher qu’on sent le mieux mais par le cœur. Ce ne sont pas les botanistes qui connaissent le mieux les fleurs, ni les psychologues qui comprennent le mieux les âmes, c’est le cœur. Le cœur est un instrument d’optique plus puissant que la Nasa… "


Extraits de « Lumière du monde » de Christian Bobin

***********

mercredi 13 mars 2019

La joie avec Frédéric Lenoir




3 possibilités de toucher la joie 
proposées par Frédéric Lenoir
 (7 min.)

« Existe-t-il une expérience plus désirable que celle de la joie ? 
Plus intense et plus profonde que le plaisir, plus concrète que le bonheur, la joie est la manifestation de notre puissance vitale. La joie ne se décrète pas, mais peut-on l’apprivoiser ? La provoquer ? La cultiver ? J’aimerais proposer ici une voie d’accomplissement de soi fondée sur la puissance de la joie. Une voie de libération et d’amour, aux antipodes du bonheur factice proposé par notre culture narcissique et consumériste, mais différente aussi des sagesses qui visent à l’ataraxie, c’est-à-dire à l’absence de souffrance et de trouble. Pour ma part, je préfère une sagesse de la joie, qui assume toutes les peines de l’existence. Qui les embrasse pour mieux les transfigurer. Sur les pas de Tchouang-tseu, de Jésus, de Spinoza et de Nietzsche, une sagesse fondée sur la puissance du désir et sur un consentement à la vie, à toute la vie… … Pour trouver ou retrouver la joie parfaite, qui n’est autre que la joie de vivre. » FL

**********

mardi 12 mars 2019

Contemplation et écrans...

Passez-vous beaucoup de temps en contemplation avant de faire votre photo ?
Oui (rires). Je ne suis pas pressé ! Pendant un an, je n’ai pas fait plus de 100 m à droite ou à gauche. Une vallée avec des brumes, des paysans, des oiseaux, des insectes et un monastère qui sort de la brume parfois le matin… La nuit, je prends les étoiles, la lune sur la vallée. Henri Cartier-Bresson que j’ai connu dit : « On ne prend pas des photos, ce sont elles qui vous prennent ». Il y a des moments où l’image vous saute à la figure. Sinon la photo ne sera pas bonne.
Comment fait-on pour pratiquer la contemplation ?
Il faut entraîner notre esprit qui est à l’origine de grandes souffrances. La dépression est due à des ruminations excessives. Les gens ne voient pas qu’ils sont esclaves de leurs propres pensées. La liberté intérieure est fondamentale. Sous l’emprise de la haine, de la jalousie, de l’arrogance, vos actions seront teintées de ces poisons, au détriment des autres.
Comment fait-on ?
L’exercice physique fait du bien, 20 minutes 5 fois par semaine. Et 20 minutes d’exercice de l’esprit. Cela augmente la capacité d’être attentif aux autres. Selon l’OMS (Organisation mondiale de la santé), 40 % des maladies ont des origines mentales. Il faut faire l’effort.
Avec toutes vos activités, arrivez-vous à vous astreindre à cette discipline ?
J’essaie. Je suis une journée à Paris, je vous vois et cela laisse des traces. Mais sinon, je suis dans mes montagnes au Népal ou avec ma maman de 95 ans à la campagne.

Vous utilisez beaucoup le portable ?
Ici, je joue le jeu avec mais dans mon ermitage, j’ai peu de réseau et pas d’internet. Je ne suis jamais allé sur mes comptes Facebook et Instagram, la vie est trop précieuse. Les réseaux sociaux ne font qu’augmenter le narcissisme en nous… Le « moi, moi, moi » du matin au soir rend la vie misérable car on dépend trop du regard des autres.
Faut-il faire attention à la multiplication des écrans ?
Je suis allé à Times Square à New York avec un ami moine et au milieu de tous ces écrans, il s’est écrié : « Ils sont en train de voler mon esprit » ! C’est exactement cela. Cette société de consommation vous impose d’acheter, désirer des choses dont nous n’avons pas besoin. La pollution du bruit est énorme aussi. Dans mon ermitage, j’entends un crépitement de feu de l’autre côté de la vallée, ou la pluie arriver. Ici pour appeler quelqu’un de l’autre côté de la rue, il faut hurler. On ne se rend pas compte de cette pollution.
La rumeur dit que vous ne vous êtes pas mis en colère depuis des années…
La vraie colère, quand la moutarde monte au nez. La dernière fois, j’étais au Bhoutan avec mon premier ordinateur. Les moines ne savaient pas ce que c’était, l’un d’entre eux a versé de la farine d’orge grillé dans le clavier. J’avais mis toutes mes économies. Je lui ai dit « Tu trouves ça drôle ? » et il m’a répondu « Tu vois que tu te mets en colère » (rires). C’était il y a 30 ans.

source : Le Parisien

-------------------------