Ceux qui font la paix
Il y a 1 jour
Tout l'été, nous les avons accueillis... Ils et elles s'appellent Léopold, Noémi, Mélissa ou Jean-Marc... Ils sont enseignants ou à la retraite ; elles sont médecins ou femmes au foyer... Ils ont fini leurs études depuis plus longtemps qu'ils n'ont envie de compter, ou bien attendent avec impatience leur première année de fac ; elles s'engagent tout juste dans la vie dite « active » ou bien s'émerveillent devant leur premier petit-fils... Ils et elles viennent par curiosité, par hasard ou par conviction mais, pour tous, passer quelques jours avec nous, partager notre quotidien tant dans son silence que dans ses activités n'est pas toujours chose facile.
Dès l'entrée, un petit panneau demande d'éteindre les téléphones portables : une retraite, c'est un moment de coupure. Il s'agit d'entrer dans un autre temps, non plus celui du loisir ou du travail, mais celui de la contemplation et de la présence. Il faut pour cela accepter de mettre un peu d'écart, même avec les plus proches, pour se retrouver seul en soi-même - difficile à croire au début, mais c'est exactement là où, au final, nous retrouverons tous les autres. 
...j’étais un cadre d’entreprise qui menait sa vie tambour battant en faisant du 8h-21h. Puis un gros problème de santé en 2000 a cassé cet élan : j’ai failli mourir et j’ai dû être hospitalisé longtemps. Quelques mois avant, j’avais découvert la tradition hésychaste, celle des Pères du désert, et trois mots forts résonnaient à mon oreille alors que j’étais sur mon lit d’hôpital : « Assieds-toi, tais-toi, calme-toi. » Exactement ce que je n’étais pas. C’est à partir de là que j’ai fait de la pleine conscience sans le savoir. Ensuite, j’ai découvert un ouvrage de Jon Kabat-Zinn, le pionnier de la pleine conscience aux États-Unis. J’ai pu mettre des concepts sur ce que j’avais lu chez les Pères du désert et sur ce que je vivais personnellement...

