mercredi 5 mai 2021

lundi 3 mai 2021

Emotions saines et en mouvement.


Il n'y a rien à craindre des émotions, surtout pas dans le milieu spirituel. Il faut juste faire attention au fait qu'elles restent en mouvement et s'expriment avec une intensité respectant la fluctuation autour du juste milieu. (Fabrice Jordan)

Magnifique démonstration du Dalai Lama.
Voir le début de la vidéo...


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Les 7 dates les plus propices du mois de mai


Dans les affaires comme dans la vie, le timing est primordial, mais il n'existe pas de moment idéal pour tout. 


Le timing a-t-il joué un rôle dans votre vie et votre degré de réussite ? J'ai vu un mauvais timing ruiner les meilleurs plans et détruire des carrières réussies. J'ai également observé qu'un bon timing peut faire progresser rapidement la carrière d'une personne, même si elle n'est qu'un employé moyen, ou, s'il s'agit d'un chef d'entreprise, lui permettre de connaître un succès fulgurant même si son produit n'est qu'à moitié au point. 

Ce que je veux dire, c'est que... si vous vous organisez, que vous faites preuve de diligence raisonnable et que vous prenez les bonnes mesures, le fait de choisir le bon moment vous permettra de réussir, même si vous faites beaucoup d'erreurs. 

Dans l'étude du Feng Shui, de l'astrologie chinoise et du Qi Men Dun Jia, le temps est un élément essentiel de la manière dont ces systèmes sont utilisés et nous affectent. L'une des pratiques les plus populaires, même jusqu'à présent, est la sélection de dates propices pour effectuer des activités importantes. 

J'ai choisi 7 des meilleures dates en mai 2021. Tout ce que vous avez à faire est de planifier quelque chose pour ces dates, assurez-vous de ne pas les laisser se perdre. 

1. Date : 8 mai 2021 - Dragon de feu (Bing Chen丙辰)

Meilleure(s) heure(s) : 3:00 - 4:59 PM, 5:00 - 6:59 PM

Sur les 60 piliers de Jia Zi, Bing Chen est l'un des 10 jours de l'esprit. Il est dit que les personnes nées ce jour-là ont un sens accru de l'intelligence et de la sagesse. Profitez de ce jour pour faire votre introspection ; repensez à vos expériences passées et considérez les bonnes et les mauvaises choses comme des leçons à tirer.

2. Date : 14 Mai 2021 - Chien d'eau (Ren Xu壬戌)

Meilleure(s) heure(s) : 9:00 - 10:59 AM

Ren Xu est l'un des 4 piliers que l'on appelle la vertu du jour. Cette étoile est associée à la force intérieure, à la bienveillance et à une protection supérieure. La meilleure utilisation de cette étoile est de transformer les mauvais événements en bons événements. Changez votre perspective et essayez de voir les choses du point de vue de l'autre partie. À partir de là, formulez de nouvelles stratégies pour aller de l'avant.

3. Date : 16 Mai 2021 - Rat des Bois (Jia Zi甲子)

Meilleure(s) heure(s) : 1:00 - 2:59 AM

En plus d'être le premier des 60 piliers, Jia Zi est également connu sous le nom de Dieu Noble qui progresse. C'est une indication de richesse en croissance rapide, d'indépendance et de détermination inébranlable. La meilleure façon d'utiliser cette journée est d'abord d'éliminer tout le bruit. Rendez tout superflu, sauf vos objectifs principaux. Une fois que vous aurez déplacé les plus gros rochers, les plus petits seront un jeu d'enfant. 

4. Date : 17 mai 2021 - Bœuf de bois (Yi Chou乙丑)


Meilleure(s) heure(s) : 5:00 - 6:59 AM, 3:00 - 4:59 PM

Yi Chou est l'un des rares piliers qui sont considérés comme le Dieu d'or noble. Cette étoile est liée aux aspects du talent, de l'intelligence et de la proéminence. Il ne peut montrer ses effets positifs que lorsqu'un Feu fort est présent, ce qui rend ce mois idéal. Pour devenir une personne importante, vous devez commencer à faire des choses importantes. Utilisez ce jour pour planifier de telles activités.

5. Date : 20 Mai 2021 - Dragon de la Terre (Wu Chen 戊辰)

Meilleure(s) heure(s) : 5:00 - 6:59 PM

Wu Chen est un autre pilier de la vertu du jour. Bien qu'il soit dans l'étoile qui transforme le mauvais en bon, la lecture est légèrement différente à cause de la tige et de la branche. Les événements négatifs dans notre vie sont seulement aussi mauvais que la façon dont nous les percevons. Si vous voulez changer le monde, la façon la plus rapide et la plus facile de le faire est de le regarder différemment. Utilisez l'énergie de ce jour pour accomplir cela.

6. Date : 25 Mai 2021 - Coq d'eau (Gui You 癸酉)

Meilleure(s) heure(s) : 3:00 - 4:59 AM, 11:00 - 12:59 PM

Aujourd'hui forme la combinaison de trois harmonies avec le mois et l'année. La structure métallique est associée aux traits d'un type de leader sérieux et réaliste. Si vous avez retardé certaines décisions difficiles, ou s'il y a une conversation difficile que vous avez balayée sous le tapis, profitez d'aujourd'hui pour être ce jour-là. Les bons leaders sont là pour prendre de bonnes décisions, pas pour rendre les gens heureux tout le temps. 

7. Date : 27 Mai 2021 - Cochon de Bois (Yi Hai乙亥)

Meilleure(s) heure(s) : 7:00 - 8:59 AM, 7:00 - 8:59 PM

Le Si-Hai est considéré comme le Clash le moins problématique du BaZi et le pilier Yi Hai est associé à l'apprentissage. Bien que nous considérions souvent le Clash comme douloureux et désirable, il fait partie de la vie et constitue l'essence même de la croissance. Si vous avez voulu abandonner une mauvaise habitude ou abandonner certains choix de vie, aujourd'hui est un bon jour pour mettre le pied à l'étrier.

Un bon sens du timing est l'intelligence. Un bon sens du timing, c'est l'intuition. L'homme sage trouve un équilibre parfait entre les deux pour naviguer dans la vie. 

Joey Yap 

P.S. Le timing est important, mais nous ne devrions pas être paralysés simplement parce que le timing n'est pas parfait. Être et rester productif doit être votre priorité absolue, quelle que soit la situation.

(traduit par Fabrice Jordan)

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Bon mois de mai !

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samedi 1 mai 2021

Danser avec l’incertitude

 Tiré du mooc sur la transition intérieure de l'université Colobris

Un texte écrit par Michel Maxime Egger ; une invitation à nous laisser porter par le Vivant, la joie et l'incertitude...

Danser avec l’incertitude


À l’aube de cette nouvelle année, j’ai envie de nous offrir un texte découvert depuis peu, dont je sais qu’il va me servir de viatique et de boussole pour les mois à venir. Car tout indique qu’il nous faudra continuer à naviguer entre vents et marées, surfer sur et entre les vagues, traverser la mauvaise tempête qui secoue la planète depuis des mois.
Ce cadeau est un poème de Fernando Pessoa, tiré de son Livre de l’intranquillité :

« De tout, il restera trois choses :
La certitude que tout était en train de commencer,
la certitude qu’il fallait continuer,
la certitude que cela serait interrompu avant que d’être terminé.
Faire de l’interruption, un nouveau chemin,
faire de la chute, un pas de danse,
faire de la peur, un escalier,
du rêve, un pont,
de la recherche... une rencontre. »


Difficile de ne pas penser à l’écophilosophe Joanna Macy. Dans ce temps proprement apocalyptique – au sens non pas de fin du monde, mais étymologique de dévoilement – où l’humanité est à la croisée des chemins, elle nous invite à apprendre à « danser avec l’incertitude ».
Danser, oui. Mais comment ? À partir de quel point d’ancrage ? Dans quel axe ? Avec quelle énergie ? Si c’est l’ego qui mène le bal, avec son obsession du faire, son besoin de contrôle et de sécurité extérieure, sa volonté de pouvoir, son horizontalité sans autre horizon que lui-même et le monde dans sa matérialité, nous n’irons pas très loin. Et nous ne tiendrons pas longtemps debout dans la tourmente…
Et si, pour danser avec l’incertitude, nous nous laissions être dansés. Non pas ballottés en tous sens par les événements, mais soulevés et (em)portés par le souffle du Vivant. Dans une belle verticalité entre la Terre et le Ciel, dans une ouverture à ce que l’Orient chrétien appelle les énergies divines : la grâce de l’Esprit qui habite et anime toute la création, agit en nous et à travers nous à partir du moment où nous nous y rendons présents et transparents.
Le point d’appui, alors, ce n’est pas seulement le sol – dont on sait à quel point il peut se dérober sous nos pieds – mais le cœur-esprit, le centre le plus central de notre être, qui nous connecte à la Source et nous appelle à devenir des êtres reliés. « Va dans ton propre fond, et là, agis ! Car toutes les œuvres que tu fais là, elles vivent ! », disait Maître Eckhart. Elles vivent, parce qu’elles sont manifestation de la conscience, de l’amour et de la joie.
Les effondrements en cours et à venir, dont la pandémie n’est qu’un symptôme, m’invitent à ce travail dans la profondeur, à revenir chaque jour et chaque instant à ce lieu du cœur. Car il est le creuset alchimique où tout, par le feu de l’Esprit, peut être transfiguré : la tristesse en joie, le ressentiment en compassion, la colère en courage, la peur en confiance, la mort en renaissance, l’impuissance en espérance.
La clé pour entrer dans cette danse du Vivant, c’est le désir, son ardeur qui engendre le premier pas, puis le suivant… Dans la conscience que, pour paraphraser Maurice Bellet, malgré toutes les incertitudes de demain, « il n’y a d’assurance qu’en avant ». Car si le futur est ce qui sera à partir de ce qui est, l’à-venir est ce qui sera à partir de ce qui adviendra. Et cela, on ne peut le prédire, car il est de l’ordre de l’émergence, donc de l’inattendu, de l’inconnu, de l’inespéré toujours possible, du non-encore advenu de l’histoire. Le fruit de la synergie entre notre liberté et la grâce du divin.
Aujourd’hui, je commence…

Michel Maxime Egger
Sociologue, écothéologien, auteur d’ouvrages sur l’écospiritualité et l’écopsychologie, responsable du Laboratoire de transition intérieure (Pain pour le prochain et Action de Carême)

Publié dans le webzine « Debout en 2021 : Vœux d’intervenants de l’Université A Ciel Ouvert »

jeudi 29 avril 2021

mercredi 28 avril 2021

L'égo avec Christophe Massin



« Ce qui ébranle l’ego, c’est de le démasquer sur le vif plutôt que de vouloir le changer. » Christophe Massin.

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mardi 27 avril 2021

Métamorphose par le geste

 


"Chacun de nous en changeant son vécu, en métamorphosant le rapport qu'il entretient avec les choses, avec les êtres, en vivant un grand amour, ou simplement en arrosant son pot d'azalée, en caressant la tête d'un enfant, en faisant mille gestes d'amour, sauve le monde sans le savoir".
Jorge Louis BORGES

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lundi 26 avril 2021

Lecture spirituelle

 

Jean-Marc Mantel, "La Pratique spirituelle – De l’effort et du non-effort", éditions Accarias-L’Originel, 2021, 303 pages, 21 euros.


Après avoir feuilleté ce livre des éditions Accarias-L’Originel, je dois bien reconnaître qu'il ne m'a plus quitté...
Presque entièrement constitué de questions-réponses à propos d’une pratique spirituelle qui prend ici la forme d’une écoute en profondeur, ce livre m’a retenue d’abord par la concision des réponses apportées. Jean-Marc Mantel, psychiatre de formation, y témoigne d’une permanence de la conscience-témoin : depuis cette source, les réponses semblent jaillir sans effort, précisément, dans une brièveté radicale qui n’exclut jamais la profondeur. Si bien qu’on peut ouvrir cet ouvrage à n’importe quelle page : nous y trouverons toujours au moins une question et sa réponse, souvent plusieurs, en connexion directe avec nos propres questionnements d’êtres engagés sur une voie spirituelle, quelle qu’elle soit.
De plus, le langage employé par cet instructeur est tout à fait limpide, et cette clarté ne trompe pas ; elle révèle l’authenticité d’une réponse ancrée dans l’expérience vécue : « Il est en effet important de persévérer dans l’écoute et l’accueil des perceptions, jusqu’à ce que les résistances à la plénitude de l’accueil disparaissent complètement. Les perceptions circulent alors, de manière fluide, dans la conscience qui les contient. » Certaines formules, telle ou telle métaphore, sont même de nature à nous éclairer d'une lumière vive et sans appel. Ainsi, le "Soi" est-il comparé à un "ogre" qui tôt ou tard dévorera le moi...

Ce livre est divisé en 26 chapitres. Ceux-ci sont regroupés dans trois grandes parties thématiques, qui suivent une progression logique : « Quel chemin suivre pour se libérer du mirage du moi ? », « La pratique de l’écoute révèle ce que je ne suis pas » et « La pratique de l’écoute révèle ce que je suis ». De la libération du mirage du moi à la révélation du Je suis, il y a l’espace d'une méthode précise, proche de l’Advaïta-Vedanta et de certains courants du bouddhisme comme le Dzogchen. Pour autant, Jean-Marc Mantel n’invite à rejeter aucune approche, fût-elle psychologique, en insistant sur le fait qu’une thérapie ou qu’un maître spirituel surgissent sur le chemin lorsque le patient ou le disciple y est prêt.
En guise de conclusion, nous trouvons 36 citations, brèves elles aussi, comme celle-ci, qui porte sur la nature d’une attitude souvent mal comprise, l’acceptation : « L’acceptation n’est pas le fruit d’un effort. Elle n’est pas un résultat. Elle est ce qu’elle est, lorsque le refus n’est pas. »
Un tel ouvrage s’adresse aussi bien à des personnes qui découvriraient le chemin spirituel qu’à des chercheurs de longue date. Il aborde tous les aspects essentiels de la pratique : la purification du cœur, l’écoute du corps physique, la distinction entre les différents corps qui nous composent, la grande question de la (non) liberté, le travail sur les pensées et notamment celui qui concerne la « pensée-racine » : la « pensée moi »… Même pour les lecteurs qui ont l’habitude de ce type d’enseignement, la lecture reste constamment prenante et source de redécouverte fondamentale : "La vigilance n'est pas le fruit d'un effort. Elle est la nature de la conscience, qui ne dort pas. Le mental peut s'assoupir. Mais la conscience ne s'assoupit pas, n'étant pas un état, mais le connaisseur de tous les états." La brièveté et le tranchant (sans rien d’abrupt, cependant) des réponses empêchent en effet le mental de vagabonder et recentrent, encore et toujours, sur l’essentiel – c’est-à-dire ce qui perçoit, à l’arrière-plan : « L’écoute est guérisseuse. Elle objective les souffrances, sans les nourrir. La souffrance est une réaction. Ce qui est conscient de la souffrance est en dehors de la souffrance. »
On l’aura compris : je recommande vivement cette lecture !
Sabine Dewulf

Texte de 4e de couverture :
"L'enseignement de Jean-Marc Mantel invite continuellement le questionneur à tourner son regard du monde perçu vers ce qui le perçoit. Il invite à négliger la pensée objet et à habiter la conscience-témoin. Vient alors naturellement la question du "comment faire ?". Comment habiter la non-pensée qui ne connaît pas la souffrance ? Ce livre enseigne un chemin du "comment faire".
La pratique spirituelle présentée ici est une pratique de l'écoute silencieuse de ce qui se manifeste en nous. Pour le personnage identifié à son histoire, la pratique est un chemin qui amène à un glissement d’identification. C'est un abandon de l’identification au monde objectivable et instable (pensées, émotions, sensations que l’on croit être soi), au profit de l'identité réelle et stable d’être l’ultime sujet qui écoute le monde changeant.
Cette "pratique" requiert-elle beaucoup d'efforts pour éviter l'éparpillement mental ? L'effort est-il contre-productif pour le lâcher-prise ? Faut-il accepter tout ce qui se manifeste en soi ? Toutes ces questions trouveront des réponses limpides et imagées.
Par sa précision et sa clarté, cet enseignement a la qualité des enseignements des grands maîtres spirituels, qu'il prolonge, la modernité en plus. Il ne peut pas manquer d'illuminer ses lecteurs."

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dimanche 25 avril 2021

Nous sommes des vivants qui parlent

 méditer sur ce qui fait l'essentiel de notre humanité : écouter et recevoir une parole.

Nous ne savons jamais de qui viendra la parole qui fécondera notre vie, et qui nous sauvera, à l'heure de l'épreuve. Abraham le savait, lui qui, au pied du chêne de Mamré, a fait hospitalité aux anges, écoutant cette annonce surprenante d'un enfant à venir, gardant respectueusement leur parole.

À sa suite, j'aime ouvrir ma maison, et mes oreilles. Suivre la tradition africaine de la maison ouverte qui demande que, dans chaque village de la savane, le gîte et le couvert soient offerts à l'étranger de passage, en échange de sa parole. Une manière de partager la connaissance et la sagesse de tout chemin de vie.


La plus belle maison ouverte est, selon moi, notre maison commune. Dès que le printemps revient, je gagne le parc où j'ai l'habitude de me promener, pour écouter ce chant de la terre. Je m'y assois, pieds nus dans l'herbe, dos contre le cerisier du Japon que j'ai adopté comme banc de méditation. J'aime tant voir cet arbre se donner à la lumière, en se mettant en feuilles et en fleurs.

Il me fait contempler la tendresse virginale du vert de ses feuilles, comme la pudeur du rose de ses fleurs. La sève qui monte à ses branches est comme une larme qui monte à ses yeux, une parole qui monte à ses lèvres.

J'écoute par toute ma peau

Au pied de cet arbre, je me fais toute écoute. J'écoute, attentive, ce verger de cerisiers en fleurs, y voyant plus qu'une maison ouverte et commune : un jardin de la Parole. Le vent souffle légèrement, les oiseaux chantent et se font entendre autour de moi, dans le plein silence des voix humaines.


Je me revêts de la douceur de cette enveloppe sonore, comme pour m'y purifier de la cacophonie de la ville. Pas de bruits chaotiques, mais des filets d'eau, chantants et mélodieux, devenant rivières et fleuves, se jetant dans la mer de mon oreille, résonnant dans l'abysse de mes profondeurs.

Quand j'écoute ainsi, je n'écoute pas que de mes deux oreilles, mais par toute ma peau. Au jardin d'Éden, il est dit qu'Adam et Ève étaient, comme deux nouveau-nés, tout de peau. Tympan sonore au creux de leurs oreilles, cette peau était comme un tambour. Par lui, ils entraient en résonance, et en intimité profonde, avec toutes les formes de vie, dans l'univers visible et invisible.

Se laissant toucher et caresser par le vivant, ils pouvaient nommer l'essence de toutes les créatures. Chantres et poètes, ils fructifiaient le don de la parole qu'ils avaient reçu : celui de la parole « essentielle ».

Des vivants qui parlent


Je sais, moi qui prends la parole dans des livres, et qui donne la parole dans des ateliers, que ce don de la parole « essentielle », fondée sur une communion avec le vivant, est ce qui est le plus blessé en nous. Le serpent s'est glissé entre les herbes, et il a détourné notre peau et nos oreilles du chant de la terre.

Il a capturé notre attention pour nous faire vivre sous l'emprise de ses ondes, où toute parole professée se trouve, bien souvent, déformée et critiquée. Où toute parole professée se trouve blasphémée. Une vraie attaque virale et un ravage plus grand que la pandémie que nous traversons.

Pourtant, ce don de la parole « essentielle » est notre vocation à tous. Nous sommes appelés à être « des vivants qui parlent », à extraire un élixir de vie de tous les événements de notre chemin, à faire sur eux la lumière en laissant monter à nos lèvres une parole personnelle de sagesse.

Les disciples le savaient, eux qui avaient ouvert l'oreille de leur cœur à la voix du Bon Pasteur : « Seigneur, vers qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle. » Si le serpent a mordu, le Christ a restauré le don premier fait à Adam : celui de la parole de vie, celui de la parole qui féconde et qui guérit.

Charlotte Jousseaume est écrivaine. Elle anime des ateliers d'écriture et a publié Le silence est ma joie (Albin Michel), Quatuor mystique et Et le miroir brûla (Cerf).


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samedi 24 avril 2021

Le foie, organe du printemps en médecine chinoise

 

Le foie est traditionnellement associé au bois et au printemps, notamment en médecine chinoise ; cet organe est en effet le seul à repousser et ses activités sont essentielles dans le processus de renaissance saisonnière, comme l'explique Liliane Papin, spécialiste en médecine taoïste.


Toutes les cultures du monde associent intuitivement le printemps à une forme de nettoyage interne ou externe. La médecine chinoise associe le foie (et son organe associé, la vésicule biliaire) au bois, à l’arbre et au printemps. Car c’est notre foie qui, comme l’arbre, est en première ligne pour filtrer toxines et polluants atmosphériques et faire le grand nettoyage de notre environnement interne. La médecine chinoise nous invite d’ailleurs à creuser cette image de l’arbre intérieur.
La saison du renouvellement
Comme la végétation au printemps, toutes nos cellules se régénèrent régulièrement. Les globules rouges connaissent leur printemps tous les 10 jours ! Notre foie, quant à lui, est le seul organe interne à bénéficier de ce renouvellement et à repousser, comme les plantes, quand on le coupe (on peut en retirer jusqu’à 75 % et il repoussera en quelques mois).
Prendre soin de son foie au printemps, de notre « arbre interne », est le meilleur garant d’un bon « coup de jeunesse » et du renouvellement de nos cellules. La science a recensé plus de 600 fonctions du foie et en découvre toujours de nouvelles. Il joue ainsi un rôle essentiel dans la jeunesse de nos articulations en irriguant leur « bois » pour garder la souplesse. Comme l’arbre procure ombre et fraîcheur, notre arbre intérieur nous protège de la sécheresse physique et émotionnelle qui contribue au vieillissement prématuré, de la peau par exemple.
L’énergie dans la lumière
On a longtemps cru que les êtres humains ne dépendaient que de leur système digestif et que seules les plantes se nourrissaient de lumière. Nous savons aujourd’hui que tel n’est pas le cas. La médecine chinoise nous dit que « le foie ouvre aux yeux ». C’est l’organe de photosynthèse par excellence. Elle associe également au foie la couleur verte qui est, bien sûr, celle de la chlorophylle.
Les signes du dérèglement
Notre foie est sans doute, comme la forêt, l’organe qui souffre le plus de nos excès. C’est à lui que revient de gérer pesticides, produits chimiques, colorants alimentaires, alimentation industrielle, pollution atmosphérique, repas pris sur le pouce. Parmi les problèmes liés à ses dysfonctionnements, les soucis digestifs restent les mieux connus. Gastrites, gastro-entérites (ces nouveaux mots pour nos anciennes « crises de foie ») font partie des symptômes connus.
On connaît moins bien l’association du foie aux migraines et maux de tête, tout particulièrement derrière les yeux ou aux tempes, ou aux yeux secs et douloureux. La santé de nos ongles et de nos cheveux est également un bon indicateur de la santé de notre « bois » et de sa fibre. Des ongles cassants, striés ou gris, représentent un « bois malade ». Des cheveux ternes et cassants représentent une fibre abîmée et un foie anémié, mal nourri en sève et en sang. Pour le thérapeute en médecine chinoise, des insomnies ou des réveils nocturnes entre 1 heure et 3 heures du matin sont associés à un dérèglement du foie.
L’arthrite et l’arthrose enfin, signes d’un excès d’acidité dans notre alimentation et mode de vie, bénéficieront toujours d’un bon nettoyage du foie.
L’équilibre émotionnel
En médecine chinoise on considère que le foie atteint directement l’esprit. Il n’est qu’à voir l’effet de l’excès d’alcool sur la coordination, le langage ou la mémoire pour se convaincre de la relation directe entre celui-ci et nos fonctions cérébrales.
Les montagnes russes émotionnelles sont un des premiers signes d’un foie stagnant et en déséquilibre. La médecine chinoise lui associe en particulier les déséquilibres de colère, d’impatience et de frustration, ces « montées » incontrôlées d’énergie chaotique.
L’énergie créatrice et spirituelle
Le printemps est une bonne saison pour la prise de résolutions et les changements, choisir un nouveau rêve en écoutant ses « muses » intérieures. Son énergie est celle des débuts, de l’Est (la direction associée au foie), des idées et de l’inspiration. Les changements que nous décidons au printemps sont soutenus par l’élan de toute la nature !
Les taoïstes nous disent que le foie est « le siège de l’âme ». Le courage spirituel de regarder les choses en face, de faire face à l’adversité, de voir au-delà des apparences, autant de qualités spirituelles rattachées au foie, de même que la méditation, la prière et la spiritualité sont des composantes de sa santé.


Se mettre au vert
L’expression « se mettre au vert » doit être prise littéralement… Au printemps, traditionnellement, les réserves de l’hiver étaient épuisées et les légumes de printemps n’avaient pas encore poussé. Ce rythme nous invite à manger léger ou jeûner pour soutenir le processus de régénération du foie.
Commencez par une alimentation légère et végétalienne (légumes verts feuillus, en salade, passés rapidement à la vapeur, en soupe ou en jus, cresson, ortie et pissenlit). Ajoutez quelques gouttes de citron pour « guider » les aliments vers le foie. Les aliments alliés du foie sont aussi les carottes, artichauts, radis noir, pissenlit, ortie, cresson, menthe, aloe vera et pousses germées, ainsi que tout ce qui hydrate le corps : huile de sésame, d’olive et de noix ou de noisette.
Adopter un jeûne d’une journée par semaine, en ne prenant que des liquides ou que des pommes.
Se mettre au vert, c’est profiter des arbres, des parcs, des oiseaux, de la nature. C’est aussi jardiner. Les plantes nous rappellent la puissance de la lumière, le miracle de la photosynthèse et le travail de notre arbre intérieur !
Enfin, pratiquez la danse, le qi gong, le chant, le repos, la contemplation… Cette saison est associée à la joie, à la beauté et aux arts.

Liliane Papin, formée en philosophie taoïste, enseigne la diététique et la médecine chinoise à l’association les Temps du corps.
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