dimanche 6 janvier 2013

Changer soi-même avec Frère Jean

« Tu es venu ici non pour changer le monde, m’enseignait le père Séraphim, mais pour te changer toi-même. Ton problème, ce n’est pas le frère qui commet une injustice, mais la réaction que cette injustice produit en toi. » 

Un jour où je priais dans la chaleur écrasante à l’ombre d’un arbre, mon attention fixée sur une feuille, j’ai été distrait par la feuille d’à côté, si différente de la première. Et, soudain, j’ai pris conscience que j’étais le seul homme au monde à avoir mon visage.
J’ai couru le dire au père Séraphim. Il m’a répliqué que j’étais encore bien loin de la vérité : non seulement j’étais le seul homme au monde à avoir ce visage, mais également depuis le début des temps et jusqu’à la fin des temps ! 


J’ai vraiment compris ce jour-là que l’homme uniformise, là où Dieu personnalise. 



Frère Jean (Gérard Gascuel)






Le mirage du futur avec Daniel Morin

"Chers amis,
Je vous informe que mon deuxième livre, "Maintenant ou jamais-Le mirage du futur", 
et qui fait suite à "Eclats de silence", paraitra dès le 18 janvier prochain en librairie, aux éditions Accarias, l'Originel
Il est également possible de le commander sur les sites d'achat en ligne ...
Je vous remercie par avance de votre amitié et de votre soutien pour diffuser largement autour de vous l'information de cette parution prochaine.

En vous souhaitant à tous une année remplie de paix,
Bien amicalement,
Daniel "
Et juste pour le plaisir de le revoir et de l'entendre... :

samedi 5 janvier 2013

Un tapis qui nous entraine dans un jardin phytospirituel

Ce tapis dit de Cracovie est une pure merveille, un éclat d'Islam. Je vous en ai découpé quelques morceaux de poésie sur lesquels vous pouvez vous reposer parmi les fleurs...



vendredi 4 janvier 2013

2013, un chemin phytospirituel ?

Phytospiritualité souhaite en 2013 vous faire découvrir 
d'autres parties de son univers spirituel, 
situé entre Ciel et Terre.
Merci à vous de venir en ce jardin partagé
pour y voir croître notre nature.


jeudi 3 janvier 2013

André Comte-Sponville, un philosophe qui pratique la méditation zazen


Depuis combien de temps méditez-vous ?
Six ou sept ans. J'ai commencé au centre Dürckheim, à Mirmande, dans la Drôme, chez mon ami Jacques Castermane. Il m'invitait régulièrement à donner des conférences de philosophie. Mais son "coeur de métier", c'est la méditation assise, silencieuse et sans objet — dans la tradition du zazen, comme on dit en japonais (ce qui signifie simplement le zen assis), mais quelque peu occidentalisée. A force d'entendre Jacques en parler, j'ai eu envie d'essayer.

Pratiquez-vous chaque jour ? Et où ?
La question du lieu commande, pour moi, celle du rythme. A Paris, je manque de temps et d'espace, sans doute aussi de disponibilité, de calme, de solitude... Bref. j'ai pris l'habitude de ne méditer que dans ma résidence secondaire, en Normandie. J'y passe quatre ou cinq mois par an et, là-bas, je fais zazen tous les matins. Dans l'enthousiasme du néophyte, j'avais commencé par des séances de 25 minutes, une durée idéale. Mais cela fait 25 minutes de moins consacrées à l'écriture, aux heures pour moi les plus efficaces, les plus rares, celles du début de matinée. J'ai sensiblement réduit : mon minuteur est fixé à 12 minutes 30.

Que vous a apporté la méditation ?
C'est difficile à dire. Le plus précieux est la méditation elle-même. Tant qu'on en attend quelque chose d'autre (la sérénité, la santé, la sagesse, l'illumination...), on est à côté de la plaque : on n'est plus dans l'attention mais dans l'attente. Méditer, c'est d'abord s'offrir quelques minutes de présent pur et donc d'éternité, puisque le présent ne cesse jamais d'être présent. Cela, que la philosophie m'avait aidé à comprendre (c'est le thème de mon livre 'L'Etre-temps', écrit bien avant mon premier zazen), la méditation l'a rendu plus vivant, plus incarné. Elle m'a aussi rendu plus sensible au corps que je suis (et non au corps que j'ai), à sa posture. à sa respiration, à ses sensations... Méditer, c'est faire en soi une espèce de vide qui ne serait rempli, dans les meilleurs moments, que par le corps et le monde. Spirituellement, cela fait du bien. Physiquement aussi : je
n'ai plus que très rarement mal au dos.

Comment avez-vous intégré cette pratique à vos réflexions ?
La méditation a rendu plus concrets des thèmes qui étaient déjà les miens : l'idée que seul le présent existe qu'il n'y a pas d'autre esprit que le corps vivant, pas d'autre réalité que le monde, d'autre éternité que le devenir, d'autre liberté que la nécessité en acte...
Mais d'autres philosophes en tireront d'autres leçons. La méditation n'est pas une doctrine, et c'est tant mieux. Méditer et philosopher sont deux pratiques a peu près opposées. La philosophie est une pratique intellectuelle, conceptuelle ; la méditation, une pratique corporelle, physique. La philosophie cherche la vérité, la méditation ne cherche rien : elle observe, contemple. La philosophie est une réflexion (quand on cherche) ou une argumentation (quand on croit avoir trouvé) ; la méditation est une attention, une ouverture. La philosophie est un combat ; la méditation, une paix. La philosophie est un travail ; la méditation - c'est son paradoxe - est à la fois un exercice et un repos. Bref, philosopher et méditer sont deux activités différentes qu'il est d'ailleurs impossible de pratiquer en même temps. C'est pourquoi elles se complètent si bien.

Et quelle est la différence entre méditation et prière ?
La encore, ce sont deux activités très différentes. La prière au sens traditionnel, se fait avec des mots, s'adresse à quelqu'un (celui qu'on prie) dont on espère quelque chose. La méditation ne s'adresse à personne, n'espère rien. Vous connaissez la belle formule de Simone Weil : "L'attention absolument pure est prière." Cela ne me paraît pas toujours vrai des prières traditionnelles, mais conviendrait à la méditation. pour l'athée que je suis, c'est la "seule prière" qui vaille : celle qui ne demande rien à personne.


André Comte-Sponville
(source : Clés)

mercredi 2 janvier 2013

Opinion d'un pèlerin par Arnaud Desjardins



"J'ai fini par voir, auprès de certains sages - maîtres hindous, tibétains  et même musulmans - qu'il y a une sagesse et une voie qui mène à cette sagesse."


"Mais ce qui peut vraiment satisfaire ce besoin, ce pressentiment qu'il existe en nous une perfection, c'est cela qui était déjà connu autrefois dans les différents enseignements et les différentes traditions et, qui a, au contraire, été perdu aujourd'hui. Donc tout homme a bien en lui une impression confuse du but final bien que je dise qu'il ne puisse absolument pas se le représenter; il y aspire parce que tout homme refuse cette condition limitée soumise à la souffrance, au doute et essaie maladroitement, de s'en échapper. Et en même temps ce but final est au départ très loin parce que très proche... Il existe déjà si vous voulez, mais nous en sommes séparés par toutes sortes d'émotions, de conceptions, d'idées, de certitudes, de peur, de désir, d'avidités, qui sont stockés en nous ou dans notre inconscient; et on a l'impression que c'est inépuisable, comme les fameuses écuries d'Augias. Et pourtant c'est possible de percer à travers tout ça, de se dépouiller, de se dénuder et d'atteindre cette vérité unique, universelle et éternelle au plus profond de nous."

Arnaud Desjardins

mardi 1 janvier 2013

2013... une année tranchante...

Que peut signifier cette année 2013 qui s’ouvre à nous ?

Le nombre 13 est considéré comme bénéfique ou maléfique selon les traditions et les civilisations. En fait, on peut considérer qu’il est les deux à la fois : il tranche comme la faux les épis inutiles du passé et il permet de semer de nouvelles graines… 2012 signait la fin d’un monde, 2013 ouvre un chapitre radicalement nouveau.

Pourquoi n’en profiterions pas pour modifier quelques habitudes bien ancrées ? Armons-nous de la faux d’or de notre discernement pour trancher dans le vif, couper les têtes que nous nous acharnons à poser sur nos épaules alors qu’un grand espace transparent, accueillant, s’y ouvre en réalité à chaque instant tel une page blanche, toute vibrante de possibles ! 

Faisons aussi valser sur le sol les têtes-fantômes parentales qui hantent encore notre présent ! Laissons la colonne vertébrale de notre squelette, notre structure intime, devenir un bel épi céleste, tourné vers l’avenir et vers la puissance de l’Esprit !

 Carte du tarot d’A. Jodorowski

Pour nous encourager, voici quelques glorieux personnages qui occupaient la treizième place :
Le vénérable Zeus, roi des douze Olympiens.

Ulysse, le treizième de son groupe…

Le soleil au zénith des anciens Mexicains, roi de 12 étoiles…

 Et enfin le treizième siège de la Table ronde, réservé au meilleur des chevaliers, 
celui qui trouvera le Graal !

Bonne quête !





Lever de rideau pour 2013...


lundi 31 décembre 2012

De Noël à l'épiphanie... par Michel Serres

Le mot manifestation est emprunté à la langue latine dans la chrétienté. Le premier à l'employer est Saint Augustin dans La Cité de Dieu. Le sens en est révélation, apparition, en parlant du Christ.
Plus tard le mot prend le sens d'expression publique d'un sentiment ou d'une opinion.
Au XIXe siècle, il est employé dans le sens moderne de rassemblement ayant pour but de rendre publiques des revendications. Puis, manifestation est employé pour désigner un spectacle, une exposition, une célébration.

Michel Serres nous emmène vers l'Epiphanie, 
du secret à la lumière,
 en passant par la porte de la manifestation : (2 min.)

(source : extrait du sens de l'info, sur France Info)

dimanche 30 décembre 2012

Serviteur inutile par Olga Lossky


Chaque jour, en remontant la rue, je le croise. Toujours debout à la même place, entre un platane et un parcmètre. Le même survêtement délavé, le même pull aux mailles fatiguées, quelle que soit la couleur du ciel. On pourrait croire qu’il guette l’autobus ou qu’il surveille le ballet des voitures. Mais il reste muré dans son silence, le regard lointain, indifférent à l’agitation environnante. Il semble qu’il n’attende plus rien de cette vie, lui qui n’a visiblement ni table où s’accouder, ni toit sous lequel s’étendre. Il a atteint le dépouillement de toute chose, qui est peut-être un état de grande sagesse, peut-être simple hébétude. Il ne cherche même plus à s’activer, à faire mine d’avoir un emploi du temps pour donner le change. Sur cette limite extrême où il marche tel un funambule, on sent le néant proche ; il contemple la vacuité vertigineuse d’une vie réduite aux sensations de l’instant, mais il est possible qu’il ait aussi trouvé là une plénitude de sens. 


Dans nos agendas saturés d’activités que nous impose une existence faite de loyer à payer, de réseau social et d’ambitions professionnelles, aucun créneau disponible pour une telle rencontre avec le vide. Et pourtant, quand surgit sur la route l’imprévu d’une maladie, d’un deuil, d’un événement non programmé – heureux ou tragique – tout peut soudain voler en éclat. Malgré le cadre rassurant de nos habitudes, c’est alors comme si plus aucune perspective ne s’ouvrait face à nous. Nous parcourons d’un œil creux la liste des obligations qui composent notre vie, sans y trouver du sens. Nous pourrions aussi bien être cet homme debout au milieu de la chaussée, qui passe sa journée à ne rien attendre.

C’est alors que peut se produire une rencontre avec le Tout-Autre. Dans ce qui nous semble une descente aux enfers intérieure, nous découvrons, au milieu du vide qui nous habite, une Présence. Présence à laquelle le tourbillon de nos activités nous avait rendus aveugles. Présence si humble que rien sinon la solitude forcée où nous nous trouvons permet d’en discerner les contours. Présence si grande et si éclatante qu’elle est de taille à emplir le néant qui menaçait de nous engloutir. À nous de savoir alors dire oui à cette rencontre, d’y voir du sens. Notre vie pourra ainsi reprendre forme, sans doute pas celle que nous programmions, mais qui sera faite d’un abandon confiant à la plénitude de l’instant vécu sous le regard de Dieu, sans souci de l’incertitude de l’avenir.


« Nous sommes des serviteurs inutiles ; nous avons fait ce que nous devions faire » (Luc 17, 10). Voilà quelle peut être la clef de notre attitude face à la vie : accomplir avec sérieux notre tâche, nos obligations sans nous départir de la pensée que rien n’est indispensable, rien sinon ce face-à-face silencieux au plus profond de nous-mêmes. Chef d’entreprise ou sans-abri, garçon de café ou retraité, nous sommes des serviteurs inutiles, que nous soyons fourmis industrieuses ou cigales dépassées par la cadence trépidante de la société qui nous environne. Qu’il demeure seulement en notre cœur la certitude de cette Présence aimante, transcendante, par laquelle tout devient signifiant et qui donne à chaque seconde de vie, même la plus humble et la moins productive, son véritable contour. Nous ne sommes faits ni pour l’affairement excessif, ni pour le renoncement désabusé à toute forme d’activité ; nous sommes faits pour ce dialogue d’amour incessant mené au plus caché de nous-mêmes avec Celui qui constitue la racine de notre être et qui, de serviteurs inutiles, nous transforme en amis intimes de Dieu.


Issue d’une lignée de théologiens orthodoxes, Olga Lossky, 32 ans, est écrivaine et éditrice. Elle a rédigé la biographie de la théologienne Élisabeth Behr-Sigel. Ses romans Requiem pour un clou et la Révolution des cierges (Gallimard) ont été traduits en plusieurs langues.
(source : La Vie)

samedi 29 décembre 2012

Histoire de l'encens...spirituelle et médicinale

L'encens est produit à partir de la résine d'un groupe d'arbres appartenant au genre Boswellia, notamment Boswellia sacra, de la famille des Burséracées. Seul l'arbre mâle, haut de trois mètres à maturité, produit la précieuse résine, mais il faut attendre une bonne dizaine d'années pour qu'il fournisse un produit de qualité.

Phytospiritualité, pour votre fidélité, vous encense pour le dernier week-end de l'année, 
avant que l'année 2013 ne soit baptisée :




vendredi 28 décembre 2012

L'espérance au coeur de nos prisons...


Les larmes coulent beaucoup en prison, laissant l’administration pénitentiaire démunie. Car la source des larmes, inatteignable à la vue, est cachée, nul ne peut la saisir. 

Ces larmes qui sourdent de la fêlure que l’homme est à lui-même, sont donc une échappée qui ouvre sur une profondeur, sur un mystère qu’aucun savoir ne peut saisir. 

Elles nous rappellent que l’homme est plus grand que lui-même, plus grand que ses actes, plus grand que sa vie. Voilà pourquoi, au cœur du pire, il y a encore l’espérance.

Soeur Anne Lécu
Médecin en prison, elle est confrontée chaque jour à la souffrance physique et existentielle. 

Conseils pour accueillir les larmes :

1 Mettez-vous en présence de Dieu
Chaque jour, prenez un temps gratuit, de silence, pour Dieu. Soyez simplement là, sans rien faire, sans pas trop penser, en silence, comme un ami avec son ami. Et si vous tremblez de ne pas savoir quoi lui dire, murmurez un verset de psaume, ou une parole biblique, répétez-la sans vous y agripper.

2 Apprenez la lucidité
Lisez la Bible, tout spécialement l’Ancien Testament, et découvrez-y avec quel réalisme la vie des hommes y est contée. Au travers des histoires d’amour, de violence, de pouvoir, d’idolâtrie et de bonté, lisez-y votre vie, telle qu’elle demeure, et apprenez, à travers elle, à voir la réalité en face.

3 Éveillez-vous
Cultivez le goût du beau, de tout ce qui réjouit les sens : écoutez de la belle musique, lisez de la poésie, préparez avec soin le repas afin que votre vie soit hospitalière, accueillante. 

4 Faites preuve de sobriété
Fuyez ce qui anesthésie le regard et le cœur, et fuyez spécialement l’accusation mutuelle, y compris dans les petits détails du quotidien. Usez de sobriété envers les techniques qui ont envahi nos existences, et envers ces « divertissements » qui provoquent l’absence de présence à soi-même, aux autres et à ce qu’on fait.

5 Recevez les larmes comme un don
Ne recherchez pas les larmes, mais ne les fuyez pas non plus. Si elles vous viennent, accueillez-les comme un secret. L’expression « don des larmes », dont parle la spiritualité monastique, suggère qu’elles sont un cadeau à recevoir, venu de cette source intérieure sur laquelle on ne peut mettre la main. Un cadeau qui jaillit de ce fond de l’être que certains nomment la « trace de Dieu ». Laisser déborder ses larmes a quelque chose à voir avec la transcendance. Ce n’est pas seulement un signe de déploration. Les larmes sont aussi un réveil, car seuls les vivants pleurent. Qui pleure a le cœur brûlant.