dimanche 7 juin 2020

Spontanéité de l’instant


Se laisser ressentir que tout ce qui survient est absolument sans problème.
Et si cela n’est pas ressenti comme tel, simplement laisser la porte ouverte à cela,
Dire oui à la possibilité que cela puisse être ainsi.
Car penser est absolument sans problème,
Éprouver de la peur est absolument sans problème,
Se faire du souci pour un proche est absolument sans problème,
Se sentir « envahi » par une énergie forte de colère est absolument sans problème,
Pleurer de joie est absolument sans problème,
Être amoureux de la vie est absolument sans problème…..
Tout ce qui survient est absolument sans problème car rien n’est personnel. Personne n’en est l’auteur.
Lorsque ceci est reconnu, tout peut se détendre, c’est un véritable cadeau.
La recherche de « sens », de mieux-être s’évanouit,
Les jugements et résistances se dissolvent d’eux-mêmes, la dualité s’estompe et s’efface.
Tout survient, simplement.
Rien n’a changé dans le monde, c’est la perception que l’on en a qui s’est transformée. 
C’est la libération, la « magie » de la vision.
Je suis cela en qui tout survient, simplement. Gratitude.
Marion
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samedi 6 juin 2020

Le monde a peur...



Le monde extérieur est neutre, mais si le monde extérieur est neutre , à quoi bon agir ?

Ce n'est pas l'extérieur qu'il faut changer mais la cause intérieure. Il ne s'agit pas d'agir sur l'effet, c'est-à-dire la projection mais sur la cause : notre propre incompréhension : " Ce n'est pas les autres qu'il vous faut changer mais vous-même."... " C'est vrai, vous créez votre propre monde. Si la peur est en vous, vous aurez peur de tout ce qui est à l'extérieur. Le monde extérieur est votre propre projection ! Quand vous êtes libre de la peur intérieure,vous êtes libre de la peur au dehors..."
Svâmi Prajnanpad, Manque et Plénitude

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vendredi 5 juin 2020

Au cœur du changement...



S'il n'y a pas un petit changement, plus un petit changement, plus un autre petit changement, il n'y aura jamais pour finir une grande transformation. Or, dans ce domaine, attention moyenne, c'est-à­-dire celle qui sert à l'existence courante, plus attention moyenne, plus attention moyenne, c'est rien puis rien puis encore rien. Nous avons à exercer un effort actif pour recevoir, comprendre, assimi­ler; alors la vérité prend racine en nous et nourrit ce personnage particulier du disciple, seul « cen­tre de gravité permanent » dans notre existence.


Par l'effort conscient une petite graine va devenir un arbre immense. Car ce que nous appelons habituellement conscience n'est pas une conscience digne de ce nom. La conscience apparaît avec le degré supérieur de l'attention, quand les trois fonctions y participent, tête, coeur et corps. C'est sans aucun doute un élément de croissance intellectuelle que de lire avec beaucoup d'attention des idées nouvelles, difficiles, surprenantes peut-être, mais vous concentrer dans cet effort intellectuel actif n'est pas encore suffisant. Il faut que le corps participe avec une certaine sensation, une manière d'être là, un abandon à la respiration. Il est évident que vous ne pouvez pas passer l'existence dans une posture rigide et hiératique dite « de méditation ». Il faudra bien apprendre à vivre un relâchement du corps, une tranquillité de la respiration, un contrôle sur les différentes tensions sans que cela se voie du dehors. Et enfin la vivante attention du coeur donne leur sens aux deux autres. A cet égard vous constatez que vous êtes très démunis. La plupart du temps ce sentiment, cette intelligence du coeur, vous fait défaut parce que vous êtes sous l'emprise d'une coloration émotion­nelle qui influence vos pensées et vous empêche de voir la réalité telle qu'elle est. Et ce qui vous est possible face à vos états intérieurs, au prix de cette intense vigilance, c'est d'abord de voir et reconnaître, le « See and recognize » de Swâmiji. Celui-ci ne s'accomplira pas tout seul, s'il n'y a personne pour voir et personne pour reconnaître. Vous apparaissez et pour un moment vous êtes : je vois et je reconnais, je me désengage par le non-conflit et l'acceptation, je me rapproche de la cons­cience témoin. Et qu'est-ce que je vois, au niveau physique, émotionnel, mental et le plus souvent les trois ensemble? Des formes que je peux nommer. Ceux qui connaissent tant soit peu la doctrine hindoue se souviennent – mais avec quelle qualité d'attention? – de nama et rupa, le nom et la forme.

La voie et ses pièges
Arnaud Desjardins

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jeudi 4 juin 2020

Quand l'idéal nous piège



Pour « guérir » d’un idéal excessif, le meilleur moyen n'est même pas de l’atteindre. Comme le disait Oscar Wilde : « Il y a deux drames dans la vie d'un homme : ne pas arriver à obtenir ce qu'il souhaite. Et y arriver. » Se dégager de l'emprise de ses idéaux n’est pas chose facile, notamment parce qu’ils jouent parfois un rôle compensatoire à une blessure enfantine de l’estime de soi : le sentiment de ne pas avoir été respecté par son père va être, par exemple, à l’origine de l’acharnement au travail et à la réussite de tel homme d’affaires. La prise de conscience de nos idéaux, parfois masqués à nos propres yeux, est souvent la première démarche qui nous permettra de les assouplir : c’est le but de nombreuses psychothérapies.


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source : L'Estime de soi
Christophe André et François Lelord
S'aimer pour mieux vivre avec les autres

mercredi 3 juin 2020

Reliure intérieure


"Quand le regard n'est plus tourné vers le dehors,
mais vers le dedans,
on contemple le mystère :
la conscience, l'âme.
C'est cela, voir l'Immense !
Et si l'on demande :
"Qu'y a-t-il donc de spécial
dans cette vision ?"
La réponse est que l'on atteint alors
et d'un seul coup la satisfaction de tous les désirs !
Tous les êtres
désirent les plaisirs des sens.
Or la Révélation dit
que ces plaisirs ne sont que
des reliques du plaisir de l'Immense."

Vidyâranya, 
L'Illumination de la science du clan de la perdrix, 22-24

mardi 2 juin 2020

Avers et revers


Agir ou Non agir ?
Aujourd'hui, on voit de nombreuses publications prôner le Non agir (Wu Wei) comme s'il s'agissait d'un idéal, ou d'un état supérieur.
Pourtant, comme le Yin et le Yang, citer le non agir indépendamment de l'agir n'a pas plus de sens que de vouloir s'emparer d'un seul pôle d'un aimant ou de vouloir parler d'une inspiration sans référence à l'expiration.
La pensée chinoise est cyclique. Elle ne conçoit un extrême qu'en rapport avec son exact opposé, qui constitue la condition de sa renaissance. Sans expiration, pas d'inspiration. Sans systole, pas de diastole.
Nous sommes des êtres vivants, incarnés. Tant que ce sera le cas, nous devons apprendre à danser entre agir et non agir. C'est le juste dosage des deux qui est source de toute créativité. Et quand nous créons, nous sommes heureux.
Alors fuck le non agir par l'agir, et vice-versa. Leur accouplement engendre le toujours nouveau, et l'émerveillement qui va avec.
Fabrice Jordan


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dimanche 31 mai 2020

Un voyage sur place





"Une nouvelle version des "Puissances de dix".
J'ai vu et partagé ce petit film des centaines de fois. 
Il nous donne une idée claire de notre vraie place dans l'univers, à mi chemin entre l'infiniment grand et l'infiniment petit. Il nous montre que nous ne sommes humains que dans une certaine perspective, à une certaine distance et que nous sommes évidement aussi cellulaire et planétaire, infini, dans les deux directions. Notre véritable nature est infinie."
Alain 

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samedi 30 mai 2020

Quand faites-vous votre exercice?



Graf Dürckheim, évoquant sa relation avec Kenran Umeji Roshi (son maître zen et maître de Kyudo), nous fait part d’un épisode de son séjour au Japon (1937-1947) qui devrait attirer l’attention de toute personne pratiquant un exercice qui a ses racines en Orient ou en Extrême Orient :
Umeji Roshi — « Alors Dürckheim, quand faites-vous votre exercice ? »
Graf Dürckheim — « Cher maître, je pratique une demi-heure chaque matin. »
Umeji Roshi — « Dans ce cas, vous n’avez encore rien compris; un homme en chemin vers sa vraie nature pratique toute la journée. »
Et Graf Dürckheim ajoute : « Si à cette question j’avais répondu que je fais l’exercice toute la journée, Umeji Roshi m’aurait certainement dit « Vous semblez n’avoir encore rien compris; un homme en chemin ne se contente pas de pratiquer toute la journée, il pratique aussi une demie heure chaque matin ! ».

Il m’arrive d’entendre une remarque très compréhensible : « Je sais ce qu’est pratiquer un exercice une demi-heure chaque jour mais je ne vois pas comment pratiquer zazen, le taï-chi ou le tir à l’arc toute la journée ? »

Il est important, tout d’abord, de décrire en quoi consiste cet exercice auquel nous consacrons, quotidiennement, une demi-heure de notre temps. Quel qu’il soit, l’exercice n’a pas pour but une performance extérieure mais la transformation intérieure de l’homme qui l’accomplit. Quel que soit l’exercice, il n’a qu’un but : l’éveil de l’homme à sa vraie nature d’être humain. Graf Dürckheim parle de l’accouchement de l’être, du soi véritable. L’exercice sur le chemin n’est donc pas une simple technique d’appropriation extérieure. Le but de la pratique de l’aïkido ou du karatedo n’est pas de gagner un combat; ce qui, possiblement, peut être un des effets de la pratique. Le but de la pratique de zazen n’est pas de vaincre l’insomnie; ce qui, possiblement, peut être un effet de la pratique. Le but du tir à l’arc n’est pas la percée du centre de la cible par la flèche que vous décochez; ce qui, possiblement, peut être un effet de la pratique.

Quant au maître, qui ne cesse de pratiquer la technique qu’il enseigne, il donne à ce que nous appelons le corps, la place qui devrait être la sienne tout au long de notre existence. Quelle est cette place ? « La PREMIÈRE ! ».
Le centre de l’exercice est donc la perception que l’homme a de lui-même — EN TANT que corps— (et pas DE son corps). Se glisser dans la connaissance de cette évidence : « Corps je suis », nécessite une relation au corps autre que l’approche intellectuelle, rationnelle. Et voilà un obstacle majeur pour beaucoup d’occidentaux qui s’intéressent aux exercices orientaux : le mental (mind) est mis entre parenthèses. L’exercice nous met ou nous remet en contact avec l’usage de la conscience sensitive. Est mis entre parenthèse l’usage de la conscience DE, la conscience de quelque chose; par exemple : la conscience du corps, la conscience de la respiration. Lorsqu’on pratique un exercice, La conscience objectivante (qui jette-hors), doit laisser place à la conscience sensitive, la conscience SANS de.

La pratique de zazen, comme aussi la pratique du tir à l’arc, du yoga, implique l’usage de la conscience SANS de, grâce à laquelle nous découvrons, de manière de plus en plus subtile, notre vécu intérieur. Rien d’extraordinaire. Tous, avant même la naissance physiologique, avons commencé notre approche du réel grâce à l’usage de la conscience sensitive.

Ce retour à la conscience qui est au commencement, à l’origine de notre existence est tellement simple qu’elle paraît bien compliquée. Dans la tradition orientale de l’exercice, c’est dans la relation concrète au Maître de l’exercice que cette approche inhabituelle du réel se prépare. En voici un exemple : je tire à l’arc depuis trois ans. Après avoir observé ma manière de tirer le Maître Sagino me dit, « Allez-vous encore essayer longtemps d’ouvrir l’arc en utilisant vos muscles ? Jack San, ouvrez-vous ! Oui, ouvrez-vous et l’arc sera entrainé par ce geste d’ouverture de tout vous-même ! ». Après quoi, le Maître a tiré une flèche et j’ai vu, enfin vu, ce que signifie l’injonction : « Ne tirez pas, laissez cela tirer ».
Les débuts du déconfinement ?* En attendant de se voir, de se revoir, il est un exercice que vous pouvez apprendre et reprendre : « N’inspirez pas; laissez cela inspirer lorsque vous respirez ! » Le Maître de cet exercice est la vie elle-même. Dürckheim parle du Maître intérieur. Que signifie « Faire l’exercice toute la journée ? »
Très simple ! Profiter des activités de la vie quotidienne, qu’il me faut FAIRE, pour me sentir en contact avec les actions INFAISABLES qu’il m’a été donné de découvrir et de prendre au sérieux à l’occasion de l’exercice particulier : la tenue corporelle (la verticalité intérieure), la forme corporelle (ni crispé ni avachi). Et je vous propose un exercice contrariant pour l’EGO de la plupart de nos contemporains : « Faire tout ce que vous faites un petit peu plus lentement ! ». Tout ? Oui, ranger la vaisselle, marcher d’un bureau à un autre, s’habiller, éplucher les carottes, écrire une lettre… et Graf Dückheim ajoute : se raser ou se maquiller !

Ah ! J’allais oublier un exercice qui n’est pas un exercice mais une rupture avec ce qui est, inconsciemment, notre manière d’être habituelle : « Détendez-vous dans les épaules » ! Ne cherchez pas à détendre quelque chose : les épaules; ça ne sert à rien. Détendez-vous, en tant que personne qui est tendue dans les épaules et qui, par cette manière d’être en tant que corps (Leib), révèle un manque de confiance en soi. Se dé-tendre dans les épaules est un geste de confiance de l’homme entier.

Jacques Castermane

* Dès que possible (et en tenant compte de l’évolution des données gouvernementales sur le déconfinement), nous vous adresserons le programme annonçant la reprise des activités au Centre.

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jeudi 28 mai 2020

Dans la chaleur de l’amour du soleil



"Le mental peut seulement deviner un avenir. Soyez disposé à ne pas savoir, à trébucher parfois, à vous incliner devant l’inconnu. Cessez de penser votre chemin dans la vie, de toujours essayer de le travailler avant de le vivre. La vie est faite pour être vécue, pas pour être analysée à mort. Ressentez-le – ressentez toutes les énergies qui veulent être ressenties, des énergies qui attendent depuis très longtemps votre attention et votre étreinte chaleureuse. Laissez tout de la vie bouger en vous, la joie autant que la peine, l’ennui autant que le bonheur absolu. Laissez les questions demeurer un moment, n’essayez pas de les annihiler par des réponses prématurées. Les questions sont vos amis intimes, les réponses sont des étrangers, à présent. Dans la chaleur de l’amour du soleil, les fleurs s’épanouissent au moment idéal, et pas un moment plus tôt. Laissez la chaleur de la conscience illuminer ces parts de vous-même qui luttent pour la vie. Voyez la parfaite chorégraphie. Maintenant."

Jeff Foster


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mercredi 27 mai 2020

Reliure intérieure


"Quand le regard n'est plus tourné vers le dehors,
mais vers le dedans,
on contemple le mystère :
la conscience, l'âme.
C'est cela, voir l'Immense !
Et si l'on demande :
"Qu'y a-t-il donc de spécial
dans cette vision ?"
La réponse est que l'on atteint alors
et d'un seul coup la satisfaction de tous les désirs !
Tous les êtres
désirent les plaisirs des sens.
Or la Révélation dit
que ces plaisirs ne sont que
des reliques du plaisir de l'Immense."

Vidyâranya, 
L'Illumination de la science du clan de la perdrix, 22-24

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