vendredi 7 septembre 2018

La fidélité à l'exercice appelé zazen!



Je ne pratique pas zazen,depuis cinquante ans, afin de vaincre l’insomnie. La fidélité à l’exercice me remet en contact avec un symptôme de l’état de santé fondamental de l’être humain, le silence intérieur ; lorsqu’on a pour point d’appui dans l’existence le silence intérieur, on ne souffre pas ou plus d’insomnie.

Je ne pratique pas zazen afin d’assumer le stress dans mon milieu familial ou professionnel. La fidélité à l’exercice ouvre sur ce que le maître zen désigne comme étant la vraie nature de l’être humain, domaine du calme intérieur. Lorsque, dans le quotidien, on a pour point d’appui le calme intérieur on peut embrasser la plupart des situations qui se présentent sans se stresser. Et si - parce que être humain nous sommes - il nous arrive de rechuter dans l’agitation, l’impatience, l’irritabilité, la fidélité à l’exercice permet de retrouver sans tarder la sérénité momentanément perdue.


Je ne pratique pas zazen afin d’être plus performant, plus efficient. La fidélité à l’exercice libère l’homme qui, face à l’action qu’il doit entreprendre, est soucieux, anxieux, parce que animé par le désir de réussir à tout prix auquel s’associe la crainte d’échouer. La fidélité à l’exercice m’apprend à faire bien ce que j’ai à faire avec le sentiment d’avoir infiniment de temps intérieurement en le faisant.


Dans le domaine thérapeutique on distingue la médecine étiologique, qui a pour but de trouver et de soigner les causes d’une maladie et la médecine symptomatique qui a pour but, autant que possible, d’éliminer les manifestations diagnostiquées d’une maladie, qu’elle soit physique, psychique ou psycho-somatique.


Depuis plus de vingt-cinq siècles, la méditation appelée zazen a sa place dans les différentes médecines étiologiques proposées en Orient et en Extrême-Orient.
Siddharta Gautama, considéré comme étant le fondateur de la méditation appelée zazen au Japon, est interpellé par ce qu’il envisage être la maladie propre à l’être humain: l’angoisse et les états qui l’accompagnent; parmi lesquels cet état d’être soucieux, l’inquiétude latente, la peur souterraine dont souffrent tant de nos contemporains. Les symptômes majeurs qui dénoncent ce mal-être étant l’agitation intérieure, la nervosité, l’insomnie, le stress, la dépression, le burn-out.


La cause de cette maladie ? Pour le Bouddha, comme pour la lignée des maîtres zen, la cause est la distance que l’homme prend avec sa vraie nature, l’inné que chacun est. Lorsqu’il s’identifie à l’ego - Moi, je crois que je suis ce que je pense que je suis - l’homme vit séparé de sa vraie nature d’être humain.
Zazen n’est autre que l’exercice de la dés-ego-centration.

Je trouve dommage et dommageable que la méditation ancestrale (zazen), qui s’attaque à la cause de l’angoisse, semble aujourd’hui destituée au profit d’une méditation dite moderne, dont le but est réduit à l’effacement éphémère de quelques symptômes, sans un regard sur la vraie cause du mal-être de l’homme.
« Zazen n’a pas pour but de guérir le Moi qui souffre ; zazen a pour but de guérir du Moi, qui est la cause de la souffrance » (K.G. Dürckheim)

Quel médecin se permettrait, lorsque existe une médecine reconnue comme étant étiologique, de la réduire au niveau d’une médecine symptomatique ?


Zazen? S’asseoir, dans l’espace vécu et le temps vécu; absolument immobile, exercer la pleine attention à
« Je inspire, en ce moment et moi, je n’y suis pour rien » ;
« Je expire, en ce moment et moi, je n’y suis pour rien ».
C’est la méditation « sans objet » que d’aucuns jugent surannée et à laquelle ils semblent préférer une méditation aux « cent objectifs. »

Remonte de ma mémoire la réponse que m’a donné Graf Dürckheim lorsque je lui ai posé la question: "Pouvez vous me donner une bonne raison pour pratiquer zazen?" « Oui, parce que c’est l’heure ! ».


A celles et ceux qui pratiquent zazen je rappelle ce que disait le maître zen Yuho Seki Roshi qui, chaque année revenait en Forêt Noire (où était installé Graf Dürckheim) pour nous accompagner dans la pratique de zazen : « Zazen ? Toujours commencer par s’introduire familièrement dans l’acte de respirer; comme on entre dans l’eau d’un lac, sans faire de vagues ! ».
Quant à Graf Dürckheim, il commençait souvent l’accompagnement de la pratique de zazen en disant « La respiration ! Cette action de l’être qui vous prend par la main pour rentrer à la maison … ».


La fidélité à l’exercice ! Pourquoi ?
Seule la pratique régulière vous donnera la réponse à cette question. La réponse, lorsqu’elle est donnée par le scanner, l’IRM, l’ECG et autres mesures quantitatives enregistrées dans les laboratoires des sciences du cerveau, ne sert pas le devenir de la personne. Savoir que le pain est composé de farine, de sel et d’eau n’a jamais nourri celui qui a faim.


Zazen ? Cesser d’être juste une tête pour se mettre à l’écoute des enseignements qui nous sont donnés par «Le tout corps-vivant, dans son unité, que nous sommes» (Leib).

Jacques Castermane

mercredi 5 septembre 2018

Regardez, c’est simple.


extrait d'un livre sous forme de "carnet de notes d'un voyageur imprudent" qui permet de voyager vers soi et en soi...

Regardez, c’est simple.

Maintenant nous avons le nez sur l’écran, écran d’ordinateur, de télévision, de voiture, de cinéma; sur l’écran plat de notre vision ou de nos pensées. Que se passe-t-il maintenant si nous ramenons notre conscience à son point d’origine ?...

C 'est facile.

D’abord ramenons, ou plutôt, prenons conscience que nous ne sommes pas seulement conscients de ce qui se trouve devant nous, ou en nous, mais aussi derrière nous, notre dos et l’espace derrière. N’imaginez pas, ne visualisez pas. Sentez -le...

... Conscientisez-le... C’est simple, c’est sensible...

...Juste la Conscience... explorant la Conscience...

Quand la conscience est ramenée à la totalité de son champ d’attention, dans l’instant, que se passe-t-il ? Que ressentez-vous ?... Faites-en l’essai...

Nous sommes conscients de la totalité de l'environnement y compris notre corps et ce qu’il inclut, et surtout, ne passez pas à côté !

Nous sommes conscients de notre Conscience !...

Si vous avez accompli ce mouvement de conscience, et non de pensée, vous remarquerez que votre conscience s’est étendue, s’est détendue...

Elle est redevenue englobante, et non plus focalisée.

La Conscience est tranquille, naturellement, sans aucun effort.

Elle n’est plus brouillée ou perturbée ni par la situation soit-disant extérieure, ni par la condition soi-disant intérieure.

En cette Conscience détendue, complète, reconnue et libre, nous sommes tout à fait tranquilles, en paix...

Goûtez-le... Ressentez-le... Cette Conscience, cet « Etre-Conscience »...

C’est ce que Nous Sommes ! Toujours...

Charles Coutarel
La danse de l'instant 
Ed. Accarias L'Originel

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mardi 4 septembre 2018

Rentrée... en nous


A quoi sert l'école ? 


A devenir vigilant pour éviter la bêtise humaine ?


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lundi 3 septembre 2018

Pausing !

J'aime bien le samedi, parce que le samedi, c'est marché. Et sur le marché, il y a cette aimable dame qui vend des gâteaux si délicieux qu'il faut se retenir pour ne pas avoir tout mangé avant même d'être rentré chez soi. Aujourd'hui, il est tôt, les chalands sont rares, les gâteaux tout débordants de chocolat, de noix de coco et autres écorces confites me font signe et je ne sais que choisir. Pendant que j'examine la question : un de chaque ? ou deux de chaque ?, nous papotons, comme on dit sur le marché. Je la félicite pour son œuvre, et quel travail ce doit être, des vendredis bien chargés, elle prend un air tout triste, soupire et m'explique qu'elle a du mal, qu'elle est anxieuse en ce moment : quand tout est en train, au milieu de la cuisine, elle a l'impression d'être débordée, d'aller trop vite... « Comme si j'étais catapultée ! Je n'arrive pas à me calmer, tout s'emballe, ça m'épuise... »
Oui, je connais bien ça aussi, ces moments où tout va trop vite, trop de choses, trop de précipitation, et puis le téléphone sonne, ou bien « ding-ding ! » c'est un mail qui arrive... On a juste envie de souffler, de remettre les choses dans l'ordre avant qu'elles ne nous écrasent... « J'aimerais, poursuit la dame pâtissière, faire de la méditation, je suis sûre que ça me ferait du bien, mais c'est justement quand je suis le plus occupée que j'en ai besoin ! Et je ne me vois pas m'arrêter une heure avec les gâteaux dans le four, la crème dans la casserole, les crêpes dans la poêle et les fruits à éplucher... »
Prendre le temps, cela paraît impossible puisque justement nous sommes débordés, mais nous avons une solution. Récemment une amie m'a dit en riant : « Moi je fais du jogging, et aussi du "pausing "! » Le mot nous a amusées et nous l'avons adopté. Qu'est-ce que c'est, ce « pausing » ? Eh bien, en bon français, ce serait une pause, et même une petite pause. Une mini-méditation... ne souriez pas ! Vous êtes en train de vous énerver et de ronger vos ongles dans un embouteillage ? Vous ne savez plus où vous tourner dans la cuisine ? Ou bien votre ordinateur montre son véritable visage et décide de saboter votre travail ? On s'arrête. Une minute. On arrête de courir dans tous les sens, que ce soit avec son corps ou avec sa tête. On se « pause »! On est assis, et là on se rend compte qu'on a les pieds sur le sol, ce qui nous donne un point fixe et nous rend stable. Alors, on peut lâcher un peu nos épaules qui n'en peuvent mais. Ah, on s'aperçoit qu'on a le visage tout crispé, on le détend et même on tente un sourire.
Oui, toute seule, tout seul, dans son bureau, ou dans sa cuisine, on sourit. Et on respire. Non ! ce n'est pas de la culture physique, arrêtez ces grandes inspirations ! Laissez-vous respirer tranquillement, votre corps sait très bien le faire sans vous, faites-lui confiance au lieu de vouloir tout diriger. Une minute.
Et maintenant, repartez. Vous n'avez pas perdu de temps. Parce que là, vous êtes bien plus efficace, la voiture de devant n'est plus une ennemie à écraser, le gâteau dans le four, un boulet à détester... Même l'ordinateur, devant votre calme, revient à de bons sentiments.
Le « pausing » : quelques instants, deux ou trois respirations pour revenir à soi-même, et ne plus être emporté dans le tourbillon de nos activités. Un sourire aussi, parce qu'au fond, tout ne va pas si mal ! Convaincue par mon enthousiasme, la dame pâtissière rit et m'offre une belle tranche de cake au chocolat. J'ai envie de le déguster, mais d'abord un « pausing »... pour qu'il soit encore meilleur !
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dimanche 2 septembre 2018

Le présent avec Rav Benchetrit


Comme je ne peux publier le week-end (on me surveille), voici un tout petit présent en vidéo...



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vendredi 31 août 2018

La voie du cœur


La nature a mis à notre disposition trois instruments également nécessaires pour appréhender le réel, trois moyens de connaissance : l'intelligence de la tête, l'intelligence du corps et l'intelligence du cœur. 
L'instruction, aujourd'hui prolongée jusqu'à seize ans au moins, souvent beaucoup plus, exerce l'intellect. La gymnastique, l'athlétisme, la pratique des arts martiaux assurent ce que nous nommons culture physique. 

Mais, dans notre monde moderne, le développement du sentiment juste est presque totalement négligé. La toute-puissance des émotions : peur, jalousie, convoitise, colère, anxiété, vanité, détermine ce qu'il faudrait oser appeler la stupidité du cœur. 
Il n'est pas de voie initiatique, même les yogas techniques ou le yoga de la connaissance, qui ne fasse la part belle à la purification du cœur. C'est dans la " caverne du cœur ", disent les Upanishads, que l'absolu se révèle comme l'essence de notre être, comme notre propre " Soi ", à condition que ce cœur ne soit plus encombré par les marques d'un passé toujours présent qui se projette en craintes et en rêves sur le futur. 
C'est dans le cœur que se vit la mort du vieil homme et la naissance de l'homme nouveau. " Un cœur léger ", " le cœur en paix ", ces expressions ne sont pas mystérieuses, bien au contraire. Elles n'en sont pas moins ésotériques pour cela.


Arnaud Desjardins


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jeudi 30 août 2018

Observation rapide de la nature


La nature nous montre les autres sens de la croissance et de la richesse... A méditer !


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mercredi 29 août 2018

Trouvez son Ikigai (2)







Trois questions à Sandrine Victoire, thérapeute





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Comment définiriez-vous l'ikigaï ?
En japonais, ikigaï signifie « sel de la vie », « joie de vivre », « raison d'être ». Il s'agit de notre pulsion de vie, de notre vocation, de ce pour quoi nous sommes sur terre. Elle correspond à notre nature profonde et permet de nous réaliser dans toutes les dimensions de notre vie. Du fait de notre éducation, de notre histoire, il se peut que nous nous en soyons éloignés. Nous éprouvons alors une insatisfaction profonde, le sentiment - légitime - de ne pas être reconnus, un stress qui va crescendo.
Qu'est-ce qui nous empêche de trouver notre ikigaï ?
Souvent, le fait d'être trop centré sur des modèles externes de réussite empêche de trouver un sens à sa vie. C'est ce que l'on appelle « être en référence externe » en programmation neuro-linguistique (PNL). Un chemin s'ouvre lorsque nous nous libérons de nos barrières internes, notamment nos drivers, ces croyances limitantes qui s'enracinent dans l'enfance et nous font croire que pour être aimé, apprécié, reconnu, il faut obéir à des injonctions : être fort, parfait, performant, faire plaisir, etc. Il est aussi nécessaire de travailler son rapport à l'argent, qui peut bloquer une évolution possible.
Quelques bonnes résolutions avant la rentrée ?
Cesser de se comparer aux autres, s'affranchir de leur jugement ! Cela suppose un travail d'intériorité pour être davantage à l'écoute de ses besoins, de ses sensations, de ses appétences. Si on est relié à soi, on sera mieux en phase avec ce qu'on aime et ce qu'on sait faire, et on sera plus heureux et plus utile au monde.

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mardi 28 août 2018

Trouvez son Ikigaï (1)


Ikigai (生き甲斐?) est l'équivalent japonais de la « joie de vivre » et de la « raison d'être ».


Ça ronronne au boulot ? Vous voulez changer de voie ? Avant la reprise, un temps de réflexion peut vous aider à trouver comment être plus heureux dans votre vie et au travail.







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Dans le sud du Japon, il est un archipel où les habitants vivent mieux et plus longtemps... Quel est le secret des centenaires des îles d'Okinawa ? Parmi les facteurs évoqués : l'hérédité, la cuisine (notamment la consommation d'une algue antioxydante), l'hygiène de vie, l'activité physique extérieure, l'humour et la vie sociale. Dans leur dialecte, le terme de « retraite » n'existe pas. Même les plus âgés exercent une activité rémunérée. Toutes ces dimensions contribuent à leur bonheur, ce fameux ikigaï, terme japonais qui n'a pas de traduction exacte. Il se compose des idéogrammes iki, qui signifie « vie » ou« être en vie », et gaï, qui veut dire « ce qui vaut la peine et a de la valeur ». Littéralement, il se traduirait par « ce pour quoi la vie mérite d'être vécue ». Autrement dit, c'est le moteur qui donne envie de se lever le matin. 
« Notre "raison d'être" évolue en fonction de la phase de vie dans laquelle nous nous trouvons, précisent Héctor García et Francesc Miralles, auteurs d'un livre sur le sujet. L'ikigaï est comparable à une radiofréquence : mieux nous nous synchronisons avec lui, plus nous aurons la sensation que notre vie a un sens. »
Sur quoi repose votre ikigaï ? Si vous envisagez la reprise du travail la mort dans l'âme, il est temps de faire le point ! Ce bilan permet de revisiter vos motivations profondes, de réveiller un talent que vous n'avez pas déployé, d'imaginer de nouvelles sources de revenus, de découvrir la manière d'être davantage utile. Lorsque vous aurez rempli chaque item (ci-contre), surlignez ce à quoi vous estimez ne pas consacrer assez de temps. Puis choisissez trois actions concrètes à réaliser dès que possible.
Cet exercice ne vous fera peut-être pas changer du jour au lendemain, mais il peut donner à votre vie un nouvel élan. Vous ne pouvez vivre financièrement de votre passion ? Nourrissez-la tout de même ; elle irriguera votre quotidien et vous aidera à adopter une distance plus juste avec les tracas professionnels. « Le secret est de devenir acteur de notre vie au lieu de rester simple spectateur », précise le duo d'auteurs. Tout un programme... À votre stylo !

Les quatre composantes de l'Ikigaï

À la croisée de ce vous aimez faire et de vos talents, s'exprime votre passion.
À la croisée de vos talents et de ce pour quoi vous pouvez être payé, émerge votre profession.
À la croisée de ce pourquoi vous pouvez être payé et ce dont le monde a besoin, se trouve votre vocation. 
À la croisée de ce dont le monde a besoin et de ce que vous aimez faire, se définit votre mission. 
Au centre est votre ikigaï, cet équilibre entre dons, rémunération, utilité, motivation qui donne sens à votre vie.

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lundi 27 août 2018

Aide toi ! Le ciel t'aidera !


La plus grande étreinte d'amour que tu ne feras jamais est de t'embrasser complètement. 
Ensuite, tu te rendras compte que tu as embrassé l'univers entier et tout le monde en lui. 

ADYASHANTI 


Mariela Garibay

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samedi 25 août 2018

Méditation de pleine attention

Vous pratiquez régulièrement la méditation de pleine attention ?

 
Alors ! Soyez attentif à ne pas pratiquer par cœur. Cela ne veut pas dire qu’il est conseillé de changer l’exercice de temps en temps. Au contraire, l’indication donnée à Graf Dürckheim par son maître Umeji Roshi « le chemin est la technique ; la technique est le chemin » signifie qu’il est important de toujours de nouveau reprendre exactement le même exercice.
Zazen est un rituel très précis; comme dans le Kyudo, la séquence des huit gestes qui permettent d’encocher une flèche pour ensuite la décocher est également un rituel très précis.

Je voudrais souligner que lorsqu’on pratique un exercice qui a ses racines dans la tradition japonaise (ou chinoise), il faut être attentif à la signification des mots employés et à la traduction qui en est faite dans notre langue.
Par exemple, le mot respiration apparait comme étant au centre de toute pratique méditative.
Notre danger est d’identifier le mot respiration à ce qu’en dit l’anatomie et la physiologie dans le cadre de la médecine occidentale. Comme le disait Graf Dürckheim, « la respiration est davantage qu’une alimentation de l’homme en oxygène ».
Le concept respiration n’existait pas dans la langue japonaise lorsque Graf Dürckheim était au Japon (1938 - 1947). Il y avait le Kanji prononcé « KoKyu ».
La traduction la plus proche qui soit de cette expression serait "InspirationExpiration" sans intervalle, sans trait d’union et sans utiliser la conjonction « ET » !
Il m’arrive, après ces cinquantes années de pratique quotidienne, de me poser la question d’une traduction plus proche encore de ce Kanji : "InspirerExpirer" sans intervalle, sans trait d’union et sans utiliser la conjonction « ET ». Bien des fois, lorsque je prononçais le mot "respiration", Graf Dürckheim m’interrompait pour me dire « La respiration, ça n’existe pas; quelqu’un respire ».
L’usage grammatical de l'intervalle, du trait d'union ou de la conjonction « ET », est dû au fait que notre approche du réel, en Occident, se réalise à travers la conscience qui objective. C’est le mental (mind) qui impose la conjonction « ET » ; d’où un point de vue dualiste sur le réel. C’est à ce point habituel et machinal que nous ne sommes pas conscients de cet usage abusif de la conscience ‘’de‘’ comme seule approche du réel.
Quelques exemples : nous disons, sans la moindre hésitation, le jour ET la nuit; le corps ET l’esprit; le conscient ET l’inconscient; le passé ET l’avenir; la cause ET l’effet; la santé ET la maladie.
C’est la conscience "de" (mind) qui oppose : l’inspiration ET l’expiration.
Mais, contrairement à notre manière de penser habituelle, la tradition japonaise n’isole pas l’un ou l’autre de ces constituants. Parce que « KoKyu » est un système oscillant, un événement ! Parce que Inspirer est la cause et l’effet de Expirer ; parce que Expirer est la cause et l’effet de Inspirer ! Parce que le jour est la cause et l’effet de la nuit; parce que la nuit est la cause et l’effet du jour !

Si la pratique de la méditation appelée zazen a un sens pour l’homme occidental c’est en premier parce que cet exercice nous invite à une rupture avec notre manière d’être habituelle, notre manière de faire habituelle, notre manière de penser habituelle; rupture avec cette identité illusoire qu’on appelle l’ego; rupture avec la conscience-ego qui me conduit à croire « que je suis ce que je pense que je suis ! ». La méditation m’apprend que mon point d’appui dans l’existence n’est pas l’ego mais ce que le maître zen appelle la vraie nature de l’être humain. Ce que Dürckheim désigne par l’expression « notre être essentiel », domaine du calme intérieur, domaine du silence intérieur, domaine de la paix intérieure.

D’accord, mais qu’est-ce que c’est ça, notre vraie nature ?
Notre vraie nature c’est … « JeSuis ! » sans intervalle, sans trait d’union, parce qu’il n’y a, ni distance ni écart de temps, entre ce que je nomme « Je » et ce que je nomme « Suis ».
Voici une indication, donnée par Graf Dürckheim lorsqu’il nous accompagnait dans la pratique de la méditation de pleine attention. Elle m’évite, chaque jour encore, de pratiquer par cœur.
« Lorsque vous méditez,
ne vous servez pas de la respiration; 
servez-la ! ».

Jacques Castermane

PS : Jacques Castermane propose une description plus détaillée de la « Méditation de pleine attention » dans l’ouvrage de Christophe André: Méditez avec nous, éd. Odile Jacob, au chapitre "Méditer Parce que c’est l’heure" (p. 193 à 223), oct. 2017
 
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