mardi 24 décembre 2013
Avec Jésus, Dieu a choisi l'incognito
L’enfance de Jésus est très mal connue, ce mystère vous intéresse-t-il ?
Qu’est-ce qui pourrait vous fasciner chez l’enfant Jésus ?
Ce qui me fascine dans toute naissance est cette rencontre entre la conscience absolue de notre fragilité et vulnérabilité, toutes humaines (et Jésus ne fait pas exception, c’est même l’un des accents des textes), et l’espérance incroyable qu’ouvre chaque vie nouvelle. C’est par ce double sentiment qu’éprouvent tous ceux qui ont connu des naissances qu’on peut approcher ce qu’est le vrai "miracle", qui est tout simplement que la vie existe et se perpétue dans des conditions environnées de "mort" sous toutes ses formes. Le miracle est d’exister, alors que nous sommes environnés de toutes parts de la réalité du provisoire. Mais chez l’enfant Jésus cette naissance dit encore bien plus : pour les croyants elle dit l’incroyable, que Dieu lui-même prenne part à ces réalités de la condition humaine, et ce jusqu’au bout, jusque au-delà de la mort, pour ouvrir un chemin inédit qu’est la résurrection. Mais ce qui est encore plus important dans cette naissance-là, c’est qu’elle a besoin d’être "reconnue" comme unique pour toute l’humanité. Les textes montrent des témoins qui reconnaissent le salut arrivé, et ces témoins sont d’abord juifs, mais aussi païens (les mages). Donc la naissance de Jésus ne servirait à rien s’il n’y avait des témoins humains pour la reconnaître, la constater, la croire – ceci vaut de génération en génération – et le miracle absolu, c’est que cette chaîne de témoins a continué jusqu’à nous !
Comment imaginez-vous l’enfance de Jésus à Nazareth : son éducation, son quotidien, son rapport à sa famille, à la Loi juive ?
Au-delà de la puissance expressive de la naissance de Jésus, ce qui m’intéresse particulièrement dans les textes, c’est l’insistance sur la continuité de la vie de Jésus au sein de son peuple. C’est pourquoi j’imagine son enfance exactement comme celle de tout enfant juif de son temps. Les textes bibliques en disent très peu, donc d’autant plus on peut considérer que rien ne le distingua des autres enfants, car c’est précisément la continuité qui est marquée : c’est au sein de ce petit peuple, dans une petite tribu, dans un petit village, dans une famille simple, que naît celui qui va tout changer ! C’est important que les chrétiens n’oublient pas que leur messie est juif. Mais il y a un second accent qui m’est tout aussi important : les textes bibliques ne sont pas si intéressés par l’enfant Jésus, mais énormément par les effets de sa venue sur l’entourage. Cela commence par Elisabeth, Marie (qui annonce dans le Magnificat le leitmotiv de toute la bible : le renversement des réalités humaines), puis Siméon et Anne, et Jean-Baptiste. Ils représentent la première alliance qui se voit remplie d’une absolue nouveauté, qui ouvre une nouvelle alliance. Cela se fait à pas feutrés, à pas humains, et pourtant rien ne peut retenir la nouvelle vie. Comme dans une naissance : quand le travail est engagé, personne ne peut repousser l’enfant en arrière ! Ils sont ancrés dans leur religion et leur temps, mais ils discernent que leur espérance a abouti, le nouveau est en route et rien ne le retiendra.
Il est bon que les récits bibliques justement n’en parlent pas, car on en ferait une psychologisation : imaginez le caractère du Fils de Dieu, il faudrait qu’il soit parfait ! D’ailleurs on a des récits que la tradition chrétienne n’a pas voulu retenir, qui jouent dans le merveilleux et montrent le petit Jésus accomplissant de petits miracles !! Donc je n’imaginerai rien de son caractère, là n’est pas l’essentiel. Ce qui me frappe par contre dans les textes bibliques, c’est qu’il y a chez lui à la fois une obéissance à sa famille, et une prise de distance : lorsqu’’il s’installe au Temple pour discuter avec les responsables religieux ; et aussi tout au début de son ministère, lorsque sa famille veut le chercher parce qu’ils le croient fou (Marc 3/20-23 : "car ils disaient : il a perdu le sens") ! Cela dit la peur du scandale qu’éveillait son action. Et voici sa réponse à ceux qui lui disent d’aller trouver sa mère et ses frères : "Qui est ma mère et mes frères ?" : "quiconque fait la volonté de Dieu, celui-là m’est un frère, une sœur et une mère" (Marc 3/31-35). Certes il n’est plus un enfant à ce moment-là, mais on quitte ici l’image idyllique d’un Jésus docile, fort égratignée à d’autres moments aussi ! Jésus est tout autre que l’image mièvre et doucereuse qu’on donne souvent de lui.
Comment l'enfance de Jésus peut-elle nourrir notre foi ?
Le "nouveau" vient à la manière humaine, sans ébranlement catastrophique et sans les événements cosmiques que nous prédisent d’autres cosmologies, comme pour cette année (2012) la fin du monde le 21 décembre ! Cette naissance-là n’est en apparence en rien différente de celle d’un enfant de milieu modeste. L’enfant fait jubiler car en tant que croyante j’y reconnais l’œuvre de Dieu, mais de manière si inattendue que je suis également émerveillée de l’audace de Dieu d’avoir choisi cette voie de l’incognito, où il risque à chaque génération que cette foi soit perdue. C’est une histoire folle, à bien y réfléchir !
Quel est pour vous le sens de l'Avent ?
L’Avent, grâce à ces textes bibliques, est une double préparation : à cette naissance de Jésus dans son peuple mais aussi dans ma vie et mon espérance ; mais aussi à cette "nouvelle création" ou ce "royaume de Dieu" qui existe déjà depuis Pâques. Si Pâques est arrivé presque incognito, comme cet enfant, et qu’il ne nous est attesté que par des témoins non érudits, c’est la même logique qui me fait espérer que la "Vie" au-delà des enfermements est déjà en gestation. On ne la distingue que par endroits, par épisodes, mais on ne peut pas repousser l’enfant quand le travail a commencé ! Je crois donc aussi que le Royaume de Dieu est déjà né, mais qu’il est encore très jeune. L’Avent véritable sera son âge mûr, mais en attendant je m’exerce à le reconnaître tel qu’il est et non selon les fantasmes humains.
Elisabeth Parmentier
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lundi 23 décembre 2013
Jacqueline Kelen pour préparer la venue de Jésus
Votre dernier livre s’intitule «Parlez- moi, je vous prie, du Royaume des Cieux». Les Eglises n’en parlent-elles pas assez?
Jacqueline Kelen: Je m’intéresse à la démarche spirituelle, au Christ et au christianisme. Si je me suis éloignée de la pratique, c’est parce que je ne me sentais pas nourrie spirituellement en allant à l’église. Mon expérience rejoint malheureusement celle de nombreux chrétiens. C’est un signe de notre temps. Je ne me rends pas au temple pour entendre parler de problèmes sociaux, politiques ou économiques, même s’ils existent. Mais pour entendre une parole transcendante, éternelle. Ce message ravalé au niveau du quotidien me paraît trahir la dimension véritable du christianisme.
Jacqueline Kelen: Je m’intéresse à la démarche spirituelle, au Christ et au christianisme. Si je me suis éloignée de la pratique, c’est parce que je ne me sentais pas nourrie spirituellement en allant à l’église. Mon expérience rejoint malheureusement celle de nombreux chrétiens. C’est un signe de notre temps. Je ne me rends pas au temple pour entendre parler de problèmes sociaux, politiques ou économiques, même s’ils existent. Mais pour entendre une parole transcendante, éternelle. Ce message ravalé au niveau du quotidien me paraît trahir la dimension véritable du christianisme.
Le Royaume des Cieux, qu’est-il au juste?
En chacun de nous, une dimension dépasse la simple existence terrestre. La grande question posée par la philosophie et par la religion chrétienne porte sur une vie supérieure à celle du corps, à l’activité cérébrale et à la vie émotionnelle. C’est la vie de l’esprit. Le Royaume des Cieux en est une belle image. Celle de réalités éternelles et divines, quand nous ne serons plus dans notre corps de chair. Cette image recouvre des questions essentielles. Qu’est-ce que la vie véritable? Que veut dire être chrétien? Que veut dire aimer Dieu?
En chacun de nous, une dimension dépasse la simple existence terrestre. La grande question posée par la philosophie et par la religion chrétienne porte sur une vie supérieure à celle du corps, à l’activité cérébrale et à la vie émotionnelle. C’est la vie de l’esprit. Le Royaume des Cieux en est une belle image. Celle de réalités éternelles et divines, quand nous ne serons plus dans notre corps de chair. Cette image recouvre des questions essentielles. Qu’est-ce que la vie véritable? Que veut dire être chrétien? Que veut dire aimer Dieu?
Ne convient-il pas d’adapter le message de Jésus à notre époque?
C’est dans l’air du temps. Or la parole de l’Evangile est parfaitement claire, et de tous les temps. Pas seulement parce que Jésus utilise des paraboles, mais parce qu’il s’adresse au coeur de chacun. C’est avoir l’esprit arrogant que de vouloir adapter une parole magnifiquement limpide qui s’adresse à tous. La question serait plutôt de s’élever jusqu’au Royaume des Cieux, de se souvenir que nous sommes créés à la ressemblance de Dieu.
C’est dans l’air du temps. Or la parole de l’Evangile est parfaitement claire, et de tous les temps. Pas seulement parce que Jésus utilise des paraboles, mais parce qu’il s’adresse au coeur de chacun. C’est avoir l’esprit arrogant que de vouloir adapter une parole magnifiquement limpide qui s’adresse à tous. La question serait plutôt de s’élever jusqu’au Royaume des Cieux, de se souvenir que nous sommes créés à la ressemblance de Dieu.
Vous faites le constat d’une société où les hommes ont perdu le sens de l’éternel?
C’est un constat affligeant. La plupart des contemporains ne se rendent pas compte qu’ils sont dépouillés de leur trésor véritable. A cause de la propagande laïciste, l’obligation d’athéisme et de matérialisme est effarante. La personne est réduite à son niveau existentiel: l’égocentrisme, les possessions, la notoriété, les ambitions et après il n’y a plus rien. Nous sommes rivés sur le matériel. Le combat spirituel est d’autant plus important de la part des fidèles. La démarche spirituelle ouvre à la liberté.
C’est un constat affligeant. La plupart des contemporains ne se rendent pas compte qu’ils sont dépouillés de leur trésor véritable. A cause de la propagande laïciste, l’obligation d’athéisme et de matérialisme est effarante. La personne est réduite à son niveau existentiel: l’égocentrisme, les possessions, la notoriété, les ambitions et après il n’y a plus rien. Nous sommes rivés sur le matériel. Le combat spirituel est d’autant plus important de la part des fidèles. La démarche spirituelle ouvre à la liberté.
Est-il possible de retrouver le sentiment du divin, quand il est perdu?
Oui, déjà en faisant silence. Toutes les sagesses indiquent ce chemin intérieur. Nous sommes happés par les passions ordinaires. La seule façon de retrouver son axe est de se recueillir, d’aller au plus profond de soi. Là, dans le château de l’âme dont parlait Thérèse d’Avila, une présence se manifeste. Ce n’est pas un hasard si notre société vit sous le signe de l’animation permanente, des bruits de fond. La découverte de la vie spirituelle, c’est le silence. Cela demande une discipline. Nous ne sommes plus possédés par des démons, mais par des gadgets électroniques.
Oui, déjà en faisant silence. Toutes les sagesses indiquent ce chemin intérieur. Nous sommes happés par les passions ordinaires. La seule façon de retrouver son axe est de se recueillir, d’aller au plus profond de soi. Là, dans le château de l’âme dont parlait Thérèse d’Avila, une présence se manifeste. Ce n’est pas un hasard si notre société vit sous le signe de l’animation permanente, des bruits de fond. La découverte de la vie spirituelle, c’est le silence. Cela demande une discipline. Nous ne sommes plus possédés par des démons, mais par des gadgets électroniques.
Comment voulez-vous réveiller en nous l’aspiration au divin?
Je n’ai pas de baguette magique, mais j’écris et je parle. Je me sens une grande combattante sur le plan spirituel. Au nom de la liberté de Dieu et de la liberté humaine. Je n’aime pas qu’on rabaisse l’être humain à ce point. Nous avons un héritage fabuleux, culturel et spirituel en Occident, et nous le négligeons pour des bêtises. Contre ces forces du mal qui cherchent à engloutir la lumière, chacun a à combattre, là où il se trouve. Il est capital de rappeler la dimension transcendante.
Je n’ai pas de baguette magique, mais j’écris et je parle. Je me sens une grande combattante sur le plan spirituel. Au nom de la liberté de Dieu et de la liberté humaine. Je n’aime pas qu’on rabaisse l’être humain à ce point. Nous avons un héritage fabuleux, culturel et spirituel en Occident, et nous le négligeons pour des bêtises. Contre ces forces du mal qui cherchent à engloutir la lumière, chacun a à combattre, là où il se trouve. Il est capital de rappeler la dimension transcendante.
Quel sens donnez-vous à la fête de Noël?
Pour moi, Noël est la fête du recueillement et de l’émerveillement, devant un nouveau-né qui rend toutes choses possibles et qui rappelle une magnifique espérance. A Noël, la simplicité devrait être mise en avant, au vu des circonstances précaires dans lesquelles Jésus est né. L’hospitalité aussi correspond à l’esprit de Noël. Je suis surprise de voir à quel point l’accueil se limite au cercle familial. Si vous n’avez pas de famille, vous n’existez pas à Noël.
Pour moi, Noël est la fête du recueillement et de l’émerveillement, devant un nouveau-né qui rend toutes choses possibles et qui rappelle une magnifique espérance. A Noël, la simplicité devrait être mise en avant, au vu des circonstances précaires dans lesquelles Jésus est né. L’hospitalité aussi correspond à l’esprit de Noël. Je suis surprise de voir à quel point l’accueil se limite au cercle familial. Si vous n’avez pas de famille, vous n’existez pas à Noël.
Vous parlez de «la naissance de Dieu en nous». C’est aussi cela Noël?
Mais oui. C’est une grande tradition dans la spiritualité chrétienne qui remonte à Origène, et reprise par maître Eckhard. La naissance de Dieu en l’homme. J’aime le mystique Angelus Silesius qui dit: «Christ serait-il mille fois né à Bethléem et non en toi, tu restes perdu à tout jamais.» La crèche, le berceau, ce n’est pas simplement à l’extérieur que nous les voyons. La naissance spirituelle de Dieu dans l’âme est quelque chose d’important. Cette lumière intérieure n’est jamais éteinte.
Mais oui. C’est une grande tradition dans la spiritualité chrétienne qui remonte à Origène, et reprise par maître Eckhard. La naissance de Dieu en l’homme. J’aime le mystique Angelus Silesius qui dit: «Christ serait-il mille fois né à Bethléem et non en toi, tu restes perdu à tout jamais.» La crèche, le berceau, ce n’est pas simplement à l’extérieur que nous les voyons. La naissance spirituelle de Dieu dans l’âme est quelque chose d’important. Cette lumière intérieure n’est jamais éteinte.
Vous parlerez de la prière dans votre conférence. Est-elle une voie directe pour se rapprocher de Dieu?
J’en parlerai à la lumière des mystiques que je connais. Pour moi, la prière est une déclaration d’amour. Je souhaite mettre l’accent sur cette dimension de ferveur, d’élan, de gratuité aussi: «Je cours au-devant de quelqu’un que j’aime.» Je veux rappeler l’élan gratuit, ardent, amoureux d’une authentique prière. Se mettre en état de prière, c’est se mettre devant la Présence divine. Cette attitude peut se passer de mots. Il peut y avoir une oraison silencieuse. Retrouver en soi, tout au fond de son être, cette présence qui n’a jamais trahi, qui n’est jamais partie. Les mystiques ont laissé des traces magnifiques de cette démarche de pure gratuité. Ils ne prient pas alors pour demander quelque chose, ils prient parce qu’ils s’élancent avec ferveur vers Dieu.
J’en parlerai à la lumière des mystiques que je connais. Pour moi, la prière est une déclaration d’amour. Je souhaite mettre l’accent sur cette dimension de ferveur, d’élan, de gratuité aussi: «Je cours au-devant de quelqu’un que j’aime.» Je veux rappeler l’élan gratuit, ardent, amoureux d’une authentique prière. Se mettre en état de prière, c’est se mettre devant la Présence divine. Cette attitude peut se passer de mots. Il peut y avoir une oraison silencieuse. Retrouver en soi, tout au fond de son être, cette présence qui n’a jamais trahi, qui n’est jamais partie. Les mystiques ont laissé des traces magnifiques de cette démarche de pure gratuité. Ils ne prient pas alors pour demander quelque chose, ils prient parce qu’ils s’élancent avec ferveur vers Dieu.
Vous dénoncez la contamination de la religion par la psychologie et le New Age. Des pasteurs et prêtres qui jouent le rôle de thérapeutes, de conseillers conjugaux ou de travailleurs sociaux, cela ne vous va pas?
Le prêtre comme le pasteur a une haute mission. C’est vraiment extraordinaire. C’est à la fois humble et magnifique de répandre la Bonne Nouvelle et de parler au nom de Jésus. S’ils préfèrent être assistant social ou psychologue, ils ne font pas grand cas de la mission sacrée qui leur incombe, qui touche à la dimension spirituelle de l’homme. Le problème tient aussi à ce que les fidèles eux-mêmes s’adressent à leur pasteur pour leur parler de leurs problèmes de tous les jours.
Le prêtre comme le pasteur a une haute mission. C’est vraiment extraordinaire. C’est à la fois humble et magnifique de répandre la Bonne Nouvelle et de parler au nom de Jésus. S’ils préfèrent être assistant social ou psychologue, ils ne font pas grand cas de la mission sacrée qui leur incombe, qui touche à la dimension spirituelle de l’homme. Le problème tient aussi à ce que les fidèles eux-mêmes s’adressent à leur pasteur pour leur parler de leurs problèmes de tous les jours.
La dimension spirituelle de l’homme ne prend-elle pas de nouvelles formes comme le développement personnel?
Je ne méprise pas la psychothérapie ni le développement personnel, mais ce n’est pas de l’ordre du spirituel. Cela s’applique au physique ou au psychique. Or l’esprit n’est ni le corps, ni le psychique. Il est cette dimension en chacun, indestructible et immensément libre, qui est liée au divin. L’esprit dans l’être humain, c’est la présence de Dieu au fond de l’homme. Le développement personnel, faire fructifier ses qualités, etc., ce n’est pas se relier au divin. Il y a une différence tout à fait nette entre les deux. Les contemporains veulent aller mieux, guérir de tout, ils ne veulent pas s’intéresser à quelque chose qui dépasse l’ego.
Je ne méprise pas la psychothérapie ni le développement personnel, mais ce n’est pas de l’ordre du spirituel. Cela s’applique au physique ou au psychique. Or l’esprit n’est ni le corps, ni le psychique. Il est cette dimension en chacun, indestructible et immensément libre, qui est liée au divin. L’esprit dans l’être humain, c’est la présence de Dieu au fond de l’homme. Le développement personnel, faire fructifier ses qualités, etc., ce n’est pas se relier au divin. Il y a une différence tout à fait nette entre les deux. Les contemporains veulent aller mieux, guérir de tout, ils ne veulent pas s’intéresser à quelque chose qui dépasse l’ego.
Les gens ne s’intéressent peut-être plus au Royaume des cieux…
Lorsque vous demandez pourquoi les programmes de la télévision sont devenus si vulgaires, on vous dit que c’est parce que les gens attendent cela. Or si on leur propose au contraire des programmes de qualité, ils vont s’y intéresser. Le prêtre ou le pasteur, qui a une mission spirituelle à accomplir, va parler aux fidèles de leurs problèmes à eux, pour se mettre à leur portée. Ce n’est pas le lieu. Il doit au contraire leur faire se souvenir de leur liberté, de leur grandeur possible, les rattacher au plus haut, à cette éternité. Jésus, durant son passage sur terre, ne cessait de parler du Royaume des Cieux, de la voie âpre que nous devons gravir.
source : Bonne Nouvelle
Lorsque vous demandez pourquoi les programmes de la télévision sont devenus si vulgaires, on vous dit que c’est parce que les gens attendent cela. Or si on leur propose au contraire des programmes de qualité, ils vont s’y intéresser. Le prêtre ou le pasteur, qui a une mission spirituelle à accomplir, va parler aux fidèles de leurs problèmes à eux, pour se mettre à leur portée. Ce n’est pas le lieu. Il doit au contraire leur faire se souvenir de leur liberté, de leur grandeur possible, les rattacher au plus haut, à cette éternité. Jésus, durant son passage sur terre, ne cessait de parler du Royaume des Cieux, de la voie âpre que nous devons gravir.
- Jacqueline Kelen
- UN LIVRE Jacqueline Kelen, « Parlez-moi, je vous prie, du Royaume des Cieux », Ed. François Bourin
- UNE CONFÉRENCE jeudi 16 janvier, 19 h, église Saint-François, Lausanne, Jacqueline Kelen parlera sur le thème « Courir, courir vers le Seigneur ». La prière comme élan du coeur. Dans le cadre d’«Offices 2014», un itinéraire culturel et spirituel, www.passionregard.ch
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dimanche 22 décembre 2013
Clarté du silence avec Philippe Mac Leod
Dans la prière muette nous réaffirmons notre appartenance au Christ, nous la vérifions et nous la réactualisons, non point en déclarations solennelles, mais par la racine du silence, toujours plus ferme, plus profonde, là où notre être sait de lui-même où est la vie, où est notre justesse, notre point d’équilibre.
Le silence de recueillement déplie dans notre corps un espace clair, vierge toujours, comme un grand ciel nu, l’espace de notre innocence, en deçà du brouhaha, de la confusion, du mauvais brouillon que trace le plus souvent notre vie - un lieu originel, où tout peut recommencer, où nous touchons une vérité qu'aucun faux pas ne saurait démentir et à laquelle nous retournons comme à la source pour retrouver la force et la fraîcheur de la lumière inaltérable.
Mais le silence revêt aussi la forme du dénuement le plus radical qui soit, et donc le plus difficile à accepter, précisément parce qu’il est intérieur, parce qu’il rejoint l’exercice de notre être dans ses manifestations les plus immédiates : imposer le silence à l’imagination, à notre volonté, à l’agitation de nos désirs, aux revendications de nos manques, à notre incessant babillage, se révèle au-dessus de nos forces, et c’est là que nous mesurons la place réelle que nous accordons au Seigneur dans notre cœur, là que nous prenons conscience, en un éclair blessant, de tout le décousu, tout l’inconsistant, l’illusoire de notre vie.
Savoir y retourner, apprendre à y revenir, nous sera d’un grand secours au long de parcours souvent difficiles.
Quels que soient nos errements, à partir de ce fonds de lumière inentamée - qu’on sait si bien obscurcir, obstruer, mais sans jamais l’altérer, jamais le détruire -, tout peut renaître, tout peut s’élancer à nouveau, parce qu'a cette profondeur de nous-mêmes notre être se révèle toujours neuf, toujours jeune, et chaque jour se vit alors comme un premier matin.
Au miroir de ce profond silence, qui est en nous mais qui ne vient pas de nous, où n’entre aucun parasite, aucun commentaire, aucun jugement, on perçoit dans le même temps notre petitesse et notre grandeur, notre indignité et notre incomparable valeur. Dans la même clarté nous sont donnés l’individuel et l’universel, le fini et l’infini, étroitement mêlés en notre cœur, qu’il nous appartient de garder ouvert comme le ciel de notre chair, sa profondeur, son jour, son rayonnement.
Tout remettre au silence se révèle véritablement libérateur : nos pesanteurs se dissolvent, nous nous y lavons, lui seul accomplit le travail de clarification, de dénouement dont nous avons tant besoin, mais que nous sommes incapables d’accomplir par nous-mêmes. Il apparaît alors dans une sorte de vérité première, de blancheur, une page lisse où tout s'unifie, se simplifie et se purifie.
Il ne sert à rien de lutter contre ce qui l’entache - l’imagination tourmentée, le bruit ambiant, le tumulte des pensées -, il suffit de lui accorder suffisamment d’attention pour qu’il remonte et s’impose de lui-même comme ce qui nous est le plus intérieur, avec ce sentiment de paix, de plénitude, qui ne trompe pas.Nous rompons un moment avec notre quotidien, avec la marche du monde, avec nos relations aussi, mais pour les retrouver sous d’autres cieux, dans la distance nécessaire à la respiration. Et notre quotidien - nous le savons tous, avec plus ou moins de pertinence - manque la plupart du temps de respiration. Il nous asphyxie parce que nous ne savons pas maintenir cette distance, ce léger recul de l'intériorité.
Philippe Mac Leod
(septembre 2013 - La Vie)
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samedi 21 décembre 2013
Une journée, une vie par Marc de Smedt
Les enfants nous révèlent l’importance de la vie, de la préservation de la nature dans laquelle nous vivons. Et ils nous révèlent également la valeur de ce que nos parents nous ont donné… Ils nous enseignent autant que nous leur enseignons. Ils ont cette pureté du regard qui vous montre ce que vous ne voyez pas. Pour ma part, j’ai voulu transmettre à notre fille la clarté, l’intérêt d’être le plus clair possible avec soi et les autres, de faire le ménage dans sa tête et ses pulsions...
"Vous qui avez eu la chance de prendre forme humaine, ne perdez pas votre temps"
adage tibétain
vendredi 20 décembre 2013
Plus d'accrochage avec Upasika Kee Nanayon
Se former à la pratique ne signifie pas seulement étudier, écouter ou lire. Vous devez pratiquer de sorte à voir clairement avec votre propre esprit les étapes suivantes : Commencez par écarter toutes les préoccupations extérieures et par vous tourner vers l'intérieur, vers votre propre esprit, jusqu'à ce que vous sachiez de quelle façon celui-ci est clair ou embrumé, calme ou agité.
Pour y parvenir, utilisez la vigilance et restez alerte tandis que vous êtes conscient du corps et de l'esprit, jusqu'à ce que vous ayez entraîné l'esprit à demeurer fermement dans un état de normalité ou neutralité. Une fois que l'esprit peut demeurer dans un état de normalité, vous verrez les fabrications mentales et les préoccupations dans leur état naturel de surgissement et de disparition. L'esprit sera vide, neutre et tranquille – ni plaisant ni déplaisant – et verra les phénomènes physiques et mentaux quand ils surviennent et s'évanouissent naturellement, d'eux-mêmes.
Quand la connaissance qu'il n'y a aucun « moi » dans aucun de ces phénomènes sera devenu parfaitement claire, vous rencontrerez quelque chose qui se situe au plus profond de vous même, au-delà de toute souffrance et de tout stress, libre du cycle du changement, libre de la naissance aussi bien que de la mort, car tout ce qui est né doit, par nature, vieillir, se dégrader et mourir.
Quand vous verrez cette vérité clairement, l'esprit sera vide, ne s'accrochant à rien. Il ne se regardera même pas lui-même en tant qu'esprit ou quoi que ce soit. En d'autres mots, il ne s'accrochera pas à lui-même comme étant quelque chose.
Upasika Kee Nanayon
(éminente enseignante femme du XXème siècle en Thaïlande)
traduction Jeanne Schut
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jeudi 19 décembre 2013
Hommage à Richard Moss par Gilles farcet
Dans un futur proche, c’est le fait de nous honorer les uns les autres, d’œuvrer à la restauration et à la protection de l’environnement qui définira un être humain spirituel.
Sans quoi la Terre nous conduira à l’extinction, car nous n’aurons pas appris comment être humain.
La distance entre nous-mêmes et les autres est la même que la distance entre nous-mêmes et nous-mêmes.
Le plus beau cadeau que vous puissiez offrir à quelqu'un d'autre est la pureté de votre attention.
Richard Moss
Bonus du DVD "La frontière intérieure" de Guillaume Darcq
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mercredi 18 décembre 2013
mardi 17 décembre 2013
Hommage de Gilles Farcet à Douglas Harding
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lundi 16 décembre 2013
De l'ortie pour l'énergie
Longtemps méprisée et redoutée, l’ortie fait un retour remarqué au rayon santé. En gélules ou en infusion, celte plante urticante stimule nos défenses immunitaires et nous aide à lutter contre la fatigue.
« Une ortie dans le poulailler est un œuf de plus dans le panier » , dit un proverbe populaire, qui signifie ainsi que l’ortie est reconnue pour ses propriétés revigorantes et antifatigue. Tout est bon dans l’ortie. Racines, tige, feuilles, fleurs et graines sont utilisées par les phytothérapeutes pour soigner de nombreux maux, parmi lesquels les problèmes digestifs, l’arthrite, l’eczéma, les affections prostatiques, les infections urinaires, l’asthme, l’acné, les pellicules... Mais ce sont principalement les feuilles de l’Ur tica dioica (l’ortie commune ou grande ortie), l’Urtica urens (petite ortie ou ortie brûlante) et la Lamium album (l’ortie blanche) qui agissent comme tonifiants.
Plante « adaptogène » - elle augmente la vitalité et la capacité de résistance de l’organisme pour mieux s’adapter aux différents stress -, riche en chlorophylle, vitamines, minéraux et oligoéléments, l’ortie permet de retrouver de l’énergie, mais stimule aussi nos défenses immunitaires. La plupart des pharmacies en proposent sous forme d'herbes séchées ou de gélules, et la nature en fournit toute l’année. Il suffit donc de mettre des gants et de les ramasser fraîches ! En cas de fatigue, préparez chaque jour une infusion : une à deux poignées de feuilles d’orties fraîches dans un litre d’eau chaude (ou une cuillerée à soupe de feuilles séchées). Buvez-en trois à quatre tasses par jour pendant deux semaines. Sous forme de gélules, ne dépassez pas le gramme quotidien.
L’ortie est cependant contre-indiquée chez les femmes enceintes et ceux dont l’activité rénale ou cardiaque est réduite. Elle peut interférer avec des médicaments diurétiques, anticoagulants et anti-inflammatoires. Les orties cuisinées ne font, quant à elles, l’objet d’aucune restriction particulière.
À lire : Les Incroyables Vertus de l’ortie d’Alessandra Moro Buronzo, avec des recettes (Jouvence, 2011).
Par Marie-Laurence Grézaud
Phytothérapie féminine
Les bienfaits des plantes pour la santé des femmes :
dimanche 15 décembre 2013
Que votre oui soit oui ! avec Alexandre Jollien
La parole de Dieu me propose un sain usage de la parole et me délivre du vain bavardage. Dans ma salle de bains traîne une vieille affiche sur laquelle je lis chaque jour : « Ne pas commenter. » Or, l’ascèse se révèle plus délicate que prévue, car je me sens congénitalement enclin, programmé presque, à (dis)qualifier ce qui arrive. Et tant d'étiquettes, de théories fumeuses, de regrets inutiles défilent dans le mental.
Je sors pour me rendre en tricycle chez le médecin. Je m'aperçois que la chaîne a déraillé devant et derrière. Et, ça ne manque pas, les petits vélos s’activent et mille considérations s’enchaînent, mais vainement : « Ça ne peut pas être un hasard ! Qui est l'imbécile qui m’a joué ce mauvais tour ?» Au lieu d’activement chercher une solution, je m’encombre jusqu’à ce que j’entende un grand « stop ».
Le commentaire se tait bientôt et, sans davantage dilapider mon temps, de bon pas, je regagne enfin le cabinet médical. Toutes les palabres, les jurons ne servent à rien. Un enfant, un saint, n’emprunterait pas le tortueux détour de la pensée qui nous perd bien des fois. Je crois que s’abandonner à la divine providence c’est peut-être être profondément ajusté à ce qui advient, sans discuter le réel ni se résigner.

Récemment, je me heurtais aux affres d’un refus de l’administration. Alors, des voix m’ont dit que c’était la volonté du Très-Haut que je connaisse l’échec. D'abord, il faut être sacrément prudent pour évoquer les desseins de Dieu. Tentation est grande de l’associer uniquement à ce qui est pesant. N’est-ce pas aussi la joie de Dieu que je rie ou que je n’aie pas trop de douleur en cette heure ? Bref, Dieu n’est pas un triste sire qui nous enverrait tuile après tuile pour nous aguerrir ou nous éprouver. Devant mon désarroi, un ami m’a laissé un texto : « J’appelle l'administration illico, je vois comment régler le problème et je prie. » Aucun fatalisme mais une grande foi, voilà une bienveillance qui m’a, ma foi, profondément soulagé.
Dans l’Évangile, il n’y a aucun mot de trop, aucune banalisation de la souffrance. Et Jésus, prophète par excellence, n’est jamais un beau parleur. Le Fils de l'homme me livre une sagesse de la parole qui éclaire mon action : « Que votre oui soit oui, que votre non soit non ; tout le reste vient du Mauvais! » Les enfants connaissent cette rigueur. Et, avouons-le, le mensonge est bien souvent l’affaire des grands. Et si je commençais par gagner en vérité pour que mon oui soit oui et que mon non soit non. Il y a un gouffre entre la simplicité nue et le simplisme.
Certes, la nuance est une vertu intellectuelle et l’une des plus remarquables. Cependant, être clair, précis, sans fioritures, vierge de sous-entendus n’est pas une mince affaire. C’est au contraire un sommet, une perfection. Hier, j’ai demandé à mon fils s’il était heureux. Ses mots ont révélé, par contraste, la complexité de ma vie : « Oui, papa. » Pourquoi de longues phrases pour dire l’essentiel ?
Le chemin nous convie à revenir au réel pour répondre au mieux à l’appel de la vie et du fond du cœur. Afin que notre oui soit un oui à 100 %, pour qu’il ne nous soit pas arraché du bout des lèvres mais surgisse du fond de notre être, abandonnons mille fois par jour s’il le faut tous les jugements qui nous empêchent de vivre et d’avancer sans aigreur.
Et si je descendais au plus profond de la rencontre pour découvrir mon prochain dans son « anonymat », insondable mystère qui se tient au-delà de tout nom.
Source La Vie
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samedi 14 décembre 2013
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