vendredi 30 novembre 2012

Des noms de Dieux avec Cheikh Khaled Bentounes (2)

Revenir à l'unité, au point central du cercle, là où tout se rencontre...

« Se révolter contre Dieu, porter vers Lui un regard accusateur sous prétexte que nous souffrons des injustices et des violences de ce monde, c'est vivre dans la dualité en Le rendant lointain et extérieur à nous. A l'inverse, l'enseignement soufi veut rapprocher l'homme de son unité en lui faisant goûter en lui-même la Présence divine. Si à chaque fois que nous entreprenons un acte, nous prenons conscience de cette Présence et nous la manifestons à travers la formule de la shahâda, nous lui donnons sa portée spirituelle et nous renforçons sa relation subtile avec le premier acteur, le divin. »


jeudi 29 novembre 2012

Des noms de Dieux avec Cheikh Khaled Bentounes (1)

Cheik Khaled Bentounes, né en 1949, est, depuis 1975, chef de la confrérie soufie Alawija.
Voici la première partie de l'émission :

« La voie du milieu est celle qui prend en compte l'homme tel qu'il est dans sa complexité. Si, en tant qu'homme, nous prenons conscience que nous n'existons que par Lui et qu'Il est présent où que nous allions, nous sommes capables de transcender toutes les oppositions engendrées par la multiplicité ou la dualité pour ne retenir d'elles que leur complémentarité. Mais si nous restons prisonniers d'une culture, d'une communauté ou d'une religion ou si nous nous laissons conditionner par le regard des autres, nous ne faisons que nous éloigner de nous-même et augmenter nos tiraillements intérieurs. »


mercredi 28 novembre 2012

Hommage à Ariane Buisset

"Ayant appris il y a huit semaines que j’avais un cancer du poumon, je tente depuis le mois de février 2009 de vivre « le yoga de la maladie » – qui n’est qu’un cas spécifique du yoga global.
Comme dans tous les yogas, le principal est d’ab

ord d’avoir une attitude lucide : regarder les choses en face, sans laisser intervenir la peur, l’envie de fuir, le mensonge, le désir que la situation soit autre etc…Pas de comparaison avec ce qui pourrait être. Pas de construction d’une réalité parallèle. Comme le dit le Bouddha : la libération consiste simplement à « voir les choses telles qu’elles sont » (sans projection et sans choix). Cette définition n’a pas l’air d’être aussi alléchante que la promesse de marcher sur l’eau ou de se réincarner au 7ème ciel, et pourtant que de merveilles elle recèle ! 

Ancrée dans cette attitude, que des années de méditation ont fortifiée, transportée d’urgence à l’hôpital, je demande immédiatement au médecin de ne pas prendre de gants avec moi. Après quelques jours d’hésitation, comme je demeure souriante devant des résultats d’analyse de plus en plus « catastrophiques », il finit par comprendre qu’il peut tout me dire et se montre visiblement soulagé, tout en étant assez intrigué. Je pense alors à quel point il doit être pénible aux médecins de devoir annoncer à leur patient des nouvelles « difficiles », alors qu’ils n’ont visiblement reçu aucune préparation psychologique en ce sens et doivent prendre en pleine poitrine la peur, l’inquiétude et la panique de leur interlocuteur.
Tout de suite aussi, je considère que ce qui se passe a un sens : ce n’est pas absurde, même si je ne sais encore ni comment, ni pourquoi. « Ceci étant, cela est » dit encore une fois le Bouddha, résumant l’enchaînement inéluctable des phénomènes. La causalité est irréfutable. Si cette maladie s’est déclarée, c’est normal. Et c’est à moi d’interroger la situation, pour assumer éventuellement mes responsabilités.

Evidemment, mon calme vient surtout du fait que depuis l’âge de 35 ans, « j’ai » l’expérience directe de ma vraie nature (c’est plutôt elle qui m’a !). La peur de la mort m’ayant propulsée vers le Yoga dès mon plus jeune âge, c’est à cette peur que je me suis « attaquée » en premier. Après des années passées à vivre comme une sorte de nonne-yogini (sans famille et sans mari), il m’est apparu clairement un jour que « ce qui est vraiment ne saurait disparaître »…Seuls mon corps et ma personnalité en tant qu’Ariane Buisset sont promis au changement (donc à la destruction qui les modifie seconde par seconde). Mais je suis aussi autre chose. 

Dès que j’apprends que « j’ai » un cancer, ma gratitude va vers le maître zen qui avec une grande intuition a testé mon éveil avec la question « que feriez-vous si vous deviez mourir tout de suite ? » La réponse ne pouvait pas passer par les mots, mais devait être démontrée. Je lui signifiai immédiatement que sa question ne se posait pas, dans la mesure où j’étais à la fois déjà morte et par essence en dehors de cette problématique.

Pourtant, si je n’ai pas à m’inquiéter pour mon « être » réel, ce qui me laisse l’esprit tranquille et joyeux, je dois agir sur d’autres plans en m’occupant sérieusement de cette idiote, appelée Ariane Buisset qui s’est mise dans une telle situation (heureusement que le livre « les religions face aux femmes » est fini !) Une fois de plus, je mesure ma chance, même si je l’ai amplement « payée » par des années d’engagement : comme ce doit être horrible d’être confronté, sans certitude aucune, à l’angoisse de la mort, affreux de voir son univers s’effondrer ou d’être inquiet à propos de ses enfants…Je me sens soudain affreusement proche de tous les malades psychologiquement démunis, que je ne peux aider qu’en leur envoyant des pensées affectueuses, sœur de ceux qui, face à des thérapies destructrices, sont incapables de communiquer leur peur et meurent d’inquiétude pour leur entourage (alors que ma souffrance n’est que physique). Que puis-je faire sinon communier avec eux dans mon cœur ? "


Ariane Buisset, décédée fin octobre


source : Blog de José Le Roy

mardi 27 novembre 2012

L'avenir est un arbre par Francis Hallé

L'arbre est l'être vivant qui va nous changer la vie... 
C'est le gardien de notre avenir nous dit Francis Hallé



lundi 26 novembre 2012

Jean-Marie Pelt et l'arbre dépolluant...


Jean-Marie Pelt nous parle de l'arbre et de son importance pour l'environnement. 
D'où la nécessité de le préserver même au sein de nos villes...


L'arbre nous protège.
(source France Inter - 2012 - 7 min.)


dimanche 25 novembre 2012

Pierre Soulages par Christian Bobin



"Mon âme prend un bain de nuit devant ses tableaux. Pour moi, Soulages n'est pas un peintre, mais l'un des plus grands penseurs de tous les temps. Il a des noirs pascaliens. Il se sert du noir comme d'un ambassadeur pour faire venir la lumière. C'est inouï et génial. En jouant sur le relief, les sillons, la pâte de sa peinture, Pierre Soulages fait venir la lumière du ciel à partir de quelque chose qui devrait être morne, constant, sans nuances, comme le sont souvent nos jours.

Vitraux Pierre Soulages - Conques
La matière de sa peinture a à voir avec le silence qu'une page heureuse peut modeler. C'est un peu comme une main qui se pose sur le coeur et qui commence à le masser, à l'apaiser, à le purifier. C'est une grande joie de voir ça. Ce sont des montagnes noires, heureuses. Des paradoxes. Heureuses, car la pensée est suscitée, réveillée, à son maximum. Les peintures de Soulages atteignent en moi LE grand lac des images ; le lieu souterrain de la psyché d'où vient toute poésie. Et il est très curieux qu'il atteigne ce lac en ayant supprimé toute représentation."

De grandes bêtes vivantes (4 min.)
Visite du Musée Fabre de Montpellier, réflexions sur le peintre Pierre Soulages

samedi 24 novembre 2012

Se détendre avec Jacques Castermane

Dans sa relation au monde extérieur l’homme contemporain, l’esprit agité, semble n’avoir jamais le temps alors qu’un maître zen agit, en toutes circonstances, comme s’il disposait d’un temps infini.

La pratique méditative sans objet, appelée zazen, ouvre la personne qui médite sur un cœur impassible et silencieux. Assis, le buste droit et détendu, les épaules détendues, le visage détendu, chacun peut expérimenter que par le paisible mouvement de va-et-vient du souffle, on devient soi-même tout à fait calme. 

Se détendre ! C’est le geste fondamental qui permet de se libérer totalement du souci, de l’appréhension, de l’inquiétude, de l’agitation qui pose un voile sur notre état de santé fondamental : la paix intérieure. Se dé-tendre afin de laisser advenir le grand calme toujours présent au plus profond de soi-même.
Etape par étape, sur la Voie de l’action, chacun peut retrouver une manière d’être conforme à sa vraie nature.
L’idée d’accéder à une vie intérieure apaisée sans agir est une illusion.



Jacques Castermane



vendredi 23 novembre 2012

Une autre manière de parler du bonheur avec Thierry Janssen


Les recherches sur le bonheur montrent que notre vie n'est réellement heureuse que si nous pouvons actualiser le meilleur de nous-même, en lien avec les autres. Les émotions agréables qui naissent de cet épanouissement vertueux participent à notre bien-être physique, psychique et social. Elles sont un gage de bonne santé individuelle et collective. 


Deuxième et dernière partie (16 mn.)
source audio retravaillée issue de France Inter 

jeudi 22 novembre 2012

Une autre manière de parler de la bonne santé avec Thierry Janssen


« Au lieu de ne voir en l'être humain que des manques et des défauts, il paraît urgent de rappeler que nous sommes les détenteurs d'un potentiel extrêmement positif. Le défi est de prendre conscience de ce potentiel et de le manifester à travers nos actions. Car, de toute évidence, c'est le meilleur moyen d'être heureux et de rester en bonne santé. »


Première partie (24 mn.)
source audio retravaillée issue de France Inter 

Le site de Thierry Janssen

Thierry Janssen est né à Bruxelles le 25 avril 1962. Docteur en médecine, Thierry Janssen exerce en tant que chirurgien urologue jusqu’en 1998, date à laquelle il décide de devenir psychothérapeute. Il se forme aux techniques les plus diverses : l’hypnose, les thérapies gestalt et bio-énergétique, les médecines ayurvédique et chinoise. Il pratique le yoga, le qigong et la méditation. Auteur de livres destinés au grand public, Thierry Janssen anime de nombreux séminaires et conférences. Il insiste sur l’existence des liens étroits entre le corps et le psychisme et les conséquences directes sur la santé. Thierry Janssen prône une plus grande écoute des patients et "la pratique d’une médecine humaniste et responsable". Ses essais La solution intérieure et La maladie a-t-elle un sens ? sont devenus des ouvrages de référence. Dans Le défi positif, Thierry Janssen explique que donner un sens à sa vie, savoir apprécier le plaisir et être en relation avec les autres sont les bases du bonheur et de la santé.

mardi 20 novembre 2012

Le marché aux cadrans et l'industrie horticole...

Cette vidéo partagée pour avoir été sur place en Hollande observer le commerce mondial des plantes et l'achat aux enchères par cadrans, et pour avoir cru à 6h du matin à une aurore boréale alors que "ce n'était" que des milliers d'hectares de serres éclairant des tomates ...

lundi 19 novembre 2012

La "non-expérience" avecTony Parsons

‎"Pour moi, la réalisation de l'illumination, ou de la nature de qui je suis vraiment, n'est pas une chose qui peut-être exprimée. Ce qui est arrivé ne peut même pas appelé "expérience", parce que l'expérimentateur séparé devait nécessairement être absent pour qu'ait lieu cette émergence.

Cependant, ce qui accompagne cet évènement a été une réalisation d'une grandeur tellement simple et d'un contenu si révolutionnaire, que j'en suis resté stupéfait et tout à fait seul.
Une des choses que j'en suis venu à voir est que l'illumination n'est susceptible de se produire qu'à partir du moment où il a été accepté qu'elle ne peut être atteinte.


Les doctrines, processus et voies progressives tournées vers une recherche de l'illumination ne font qu'exacerber le problème en confortant l'idée que le moi peut retrouver une chose qu'il présume avoir perdue. C'est précisément cet effort, cet investissement dans l'identité de soi qui recrée continuellement l'illusion de la séparation de l'Un. C'est le voile à l'existence duquel nous croyons si fermement, le mirage de l'individualité.

C'est comme si quelqu'un qui, s'imaginant au fond d'un trou profond, creuse plus profond encore pour s'échapper, rejetant la terre derrière lui au point de couvrir la lumière qui est déjà là.

Le seul effet positif de ce terrible effort pour devenir " ce que je suis déjà " est que je vais finir par m'effondrer, épuisé, et lâcher prise. Dans l'espace de ce lâcher prise, une autre possibilité peut surgir. Mais la tentation d'esquiver la liberté par la sacralisation de l'effort est très séduisante. Lutter au royaume du temps et de la durée n'appelle pas la libération.

La vie n'est pas une tâche. Il n' y a absolument rien à atteindre, sauf la réalisation qu'il n' y a absolument rien à atteindre.
Aucune somme d'efforts ne persuadera jamais l'unicité d'apparaître. Tout ce qui est nécessaire, c'est un saut dans la perception, une vision autre, déjà inhérente, mais non reconnue."

Tony Parsons

dimanche 18 novembre 2012

Chasser les marchands du Temple avec Alexandre Jollien


Hier, tandis que je courais comme un dératé après mon fils, celui-ci me dit : « Rigole pas, on joue ! » J’y ai découvert soudain une invitation à me défaire de la gravité pour jouer véritablement, abandonner le sérieux pour juste être avec lui. En fait, aux côtés de mon fils, je me regardais jouer, je jugeais la situation plutôt que je la savourais à fond. Partir à son école, c’est peut-être quitter une bonne fois pour toutes les rôles, cesser de rigoler pour vivre dans la joie. Sur ce chemin, depuis peu, j’ai trouvé un guide, le lumineux Maître Eckhart. Dans son premier sermon allemand, le mystique parle de la purification du Temple, en revenant sur l’épisode bien connu de l’Évangile selon saint Jean où le Christ se met en colère contre ceux qui, dans la maison du Père, trafiquent. Et notre auteur de nous mettre en garde contre le mercantilisme qui peut envenimer notre relation à Dieu. Je suis pieux, je prononce mes prières, je suis charitable pour me faire bien voir. Maître Eckhart, comme l’injonction de mon fils, me convie à un exercice de vérité et de dépouillement, assurément. 

Il s’agit de vider le temple de l’esprit de toute représentation, de tout masque pour oser la nudité de l’âme. Et je prends conscience combien, dans ma vie, je suis enclin à trafiquer. Suivre Maître Eckhart, c’est toujours et avant tout se déprendre de tout et surtout de soi pour devenir limpide, vrai et lumineux. Il écrit : « Si égale à lui-même il a fait l’âme de l’homme qu’au ciel ni sur terre, parmi toutes les créatures magnifiques que Dieu a créées si admirablement, il n’en est aucune qui lui soit aussi égale que l’âme seulement. C’est pourquoi Dieu veut avoir ce temple vide, en sorte qu’il n’y ait là rien de plus que lui seul. » Texte à la fois propre à convertir et à subvertir. Car quoi de plus contraire à notre société dite de consommation que cette attitude de déprise. Aussi, l’exercice spirituel revient ici à se demander non pas « qu’est-ce qu’il me faut pour être heureux ? », mais bien plutôt « qu’ai-je de trop pour être libre, dépris, limpide et simple ? ». 

Quand Maître Eckhart nous exhorte à nous déprendre de nous-même, il nous invite à oser une liberté de chaque instant. Chaque seconde, nous sommes conviés à laisser tout ce que nous sommes, comme des reliques poussiéreuses, pour revivre, renouveler. Sur la route, le regret, le remords viennent freiner notre élan. Et Maître Eckhart nous livre toute une série d’exercices pour nous déprendre, précisément, de tout ce qui nous fige et nous fixe. Là où il y a attachement, la joie ne peut circuler. Et l’attachement peut revêtir diverses formes, même les plus subtiles. Je peux m’attacher au bonheur comme au malheur, à la joie comme au repentir narcissique. Aujourd’hui, je souhaite quitter tout marchandage, cesser de faire le beau, renoncer à me regarder pour jouer pleinement avec la vie. Dans ce jeu, il ne s’agit pas de rigoler, mais de redécouvrir la gravité joyeuse et innocente de l’enfant. Ainsi, dans le temple de l’esprit peuvent éclater des cris de joie. 

J’aime l’éloge du vide. Il est un vide qui anéantit et un autre qui prodigue une fécondité exceptionnelle. Pour épouser le mouvement de la vie, aucun marchandage, aucun repli sur soi, il convient bien plutôt de retrouver l’existence au-delà des mots, dans sa simplicité même. Tout cela est un jeu d’enfant, et non pas une affaire de grand.

Alexandre Jollien est un philosophe et écrivain né en 1975 à Savièse, en Suisse. Son dernier livre, le Philosophe nu, est paru au Seuil.

Source : La Vie