mercredi 5 février 2025

Bonheur conscient ?

 Q : Comment vivre heureux ?

Jiddu Krishnamurti :
Savez-vous quand vous vivez heureux ? Vous savez quand vous souffrez, quand vous avez des douleurs physiques. Quand quelqu’un vous frappe ou est en colère contre vous, vous connaissez la souffrance. Mais savez-vous quand vous êtes heureux ? Êtes-vous conscient de votre corps lorsque vous êtes en bonne santé ?
Sans aucun doute, le bonheur est un état dont vous n’avez pas conscience. Dès l’instant où vous réalisez que vous êtes heureux, vous cessez de l’être.
Mais la plupart d’entre vous souffrez ; et ayant conscience de cette souffrance, vous voulez y échapper et aller vers ce que vous appelez le bonheur. Vous voulez être consciemment heureux ; et dès que vous êtes consciemment heureux, le bonheur est parti. Pouvez-vous jamais dire que vous êtes joyeux ? Ce n'est que plus tard, un instant ou une semaine plus tard, que vous dites : "Comme j'étais heureux, comme j'étais joyeux". En ce moment même, vous êtes inconscient du bonheur, et c'est la beauté de la chose.
Life Ahead, Part 1, Chapter 3
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Le bonheur est étrange ; il vient quand vous ne le cherchez pas. Quand on ne fait pas d'effort pour être heureux, alors, de façon inattendue, mystérieusement, le bonheur est là, né de la pureté, de la beauté d'être.
~ Jiddu Krishnamurti

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mardi 4 février 2025

Sois présent !


 Question : Une émotion négative ne pourrait-elle pas contenir un important message ? Si je me sens souvent déprimé par exemple, c'est peut-être un signal indiquant que quelque chose ne va pas dans ma vie et ça me forcera peut-être à observer mes conditions vie et à les modifier. J'ai donc besoin d'écouter ce que cette émotion a à me dire et non pas de la repousser parce qu'elle est négative.
 

E. T. : Oui, en effet, les émotions négatives contiennent parfois un message, comme les maladies. Mais les changements que vous effectuerez, qu'ils soient reliés à votre travail, à vos relations ou à votre milieu de vie, ne sont en fin de compte « qu'esthétiques », à moins d'être le fruit d'une modification de niveau de conscience. Et ceci ne peut vouloir dire qu'une seule chose : devenir plus présents. Quand vous avez atteint un certain degré de présence, la négativité n'est plus nécessaire pour savoir ce dont vous avez besoin dans votre vie. Mais aussi longtemps qu'elle est là, servez-vous-en. Utilisez-la comme une sorte de signal qui vous rappelle d'être plus présent. Chaque fois que vous remarquerez que la négativité se manifeste en vous, sous une forme ou une autre, ne la voyez pas comme un échec dans votre démarche mais plutôt comme un précieux signal qui vous dit : « Réveille-toi ! Sors de ta tête ! Sois présent ! »

Eckhart Tolle

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lundi 3 février 2025

Le quotidien à vivre


L'extrait ici de l'interview de Christiane Singer (dans l'émission Visages en 2007) est très instructive sur notre position quotidienne dans l'existence.


A écouter avec une attention neuve : juste ici


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dimanche 2 février 2025

Relation musicale !

Texte de Gilles Farcet : 

« IL NE S’AGIT PAS DE MUSIQUE MAIS DE RELATION ! »

LEE LOZOWICK S’ADRESSANT AU GROUPE ATILLA THE HUNZA A LA VEILLE DE LEUR PREMIERE TOURNÉE EUROPÉENNE
(en illustration, photo - floue mais peu importe -prise il y a environ 25 ans, Gilles s'amuse à chanter le blues avec le groupe Shri. A gauche Doug Fulker, à droite Frank Gambielluco, sur scène entre autres Nachama à l'harmonica, Tina à la basse... Michel Tardieu au clavier .. Et les têtes de Lee et d'Arnaud au premier plan ! )
Alors que la petite tournée estivale de Gestion des Restes commence à être préparée (et aussi un EP de 6 compositions, un vinyle collector - les morceaux seront par ailleurs en ligne) , je fais mon miel de ce texte de Lee communiqué lors du récent séjour et concert de Survie aux Etats Unis par Sylvan Incao.

« L’essentiel, c’est que personne ne s’en va.
Personne ne quitte la scène, ne part au milieu d’un concert, et peu importe comment vous vous sentez.
La tension sera très forte, insupportable, mais vous ne partez pas.
Si vous avez un peu de temps libre dans une ville où vous vous trouvez et que vous faites une pause pour un jour ou deux, très bien, mais vous ne partez pas.
Ca, c’est la limite.
Vous faites une sieste si vous en avez besoin. La tension sera élevée et la principale manière de dissiper l’énergie passe par les disputes et les compensations - trop manger, faire du shopping, etc.
Si vous vous retrouvez à faire ça, vous pouvez considérer que toutes les années passées dans notre école ont été vaines. Se complaire dans des prises de tête et des compensations participe d’une non pratique et doit être vu comme tel.
Si vous êtes bien situé vous allez vraiment prendre du plaisir et beaucoup vous amuser. Il n’est pas nécessaire que ce soit toujours tendu. Oui, il faudra travailler dur mais ce sera vraiment super.
Si quelqu’un part, compense en buvant, ou autre, vous faites votre possible pour le remettre dans le bon axe mais jusqu’à un certain point.
Vient un point où vous arrêtez de chercher à les ramener à la pratique ; vous en faites une matière de travail pour vous même, vous y faites face.
Il y aura toujours quelqu’un pour arriver dans le van avec un quart d’heure de retard, toujours. Pas moyen de changer cette personne. Les gens qui sont en retard ne changeront jamais. Si ils continuent à se pointer avec un quart d’heure de retard vous vous contentez d’avancer l’heure prévue de 30 minutes, comme ça vous partirez à temps.
Ne laissez jamais la musique vous crisper.
Ne laissez jamais quelque chose d’aussi accessoire que la musique vous éloigner les uns des autres. Il ne s’agit pas de musique, ce n’est pas la question.
Ca arrive à tout le monde d’avoir un jour sans, un soir où il n’y a pas moyen de trouver le groove. Et alors ?
Ne laissez pas ça vous éloigner les uns des autres.
Cela n’a aucune importance.
N’en faites pas une question de musique ; c’est une question de relation.
Vous aurez forcément quelques très mauvais concerts sur la vingtaine prévus.
C’est la vie.
Les gens qui vous accueillent seront très cons, l’endroit pourri.
Vous jouez comme prévu et c’est tout, sans râler. Vous donnez le concert, prenez l’argent et vous vous en allez.

Soit vous finissez la tournée sur un petit nuage, soit vous la finissez dans la boue.
Ca dépend de vous.
Il y aura pas mal de tension et de stress mais il n’y a pas de raison que vous ne preniez pas du bon temps.
Si vous constatez que c’est la tension qui domine alors c’est que vous prenez les choses beaucoup trop au sérieux, vous êtes trop identifiés à tout.
Ne passez jamais vos nerfs sur les personnes qui vous reçoivent ou sur les gens chargés du son.
Gardez vos tensions pour vous. Elles ne les regardent pas et ils n’ont aucun besoin de savoir que vous êtes tendus.
Idéalement, ne passez pas non plus vos nerfs sur les autres membres du groupe, ne vous prenez pas la tête même si, bon, c’est inévitable.
Il s’agit de faire bonne impression en tant que groupe. Qu’on se dise que c’était facile de travailler avec vous, agréable, pas que vous êtes une bande de divas.
Q : comment pouvons nous intentionnellement considérer le groupe en tant que véhicule de l’enseignement ?
Lee : Bonté, générosité et compassion envers chacun et en toute situation.

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samedi 1 février 2025

Faut-il attendre ?

 La semaine dernière, le jour de mon anniversaire, j'écrivais :



Faut-il attendre 75 ans ?

Faut-il attendre de mourir,

pour découvrir l’éternité dans laquelle nous sommes ?

Faut-il attendre…

pour sentir l’espace infini qui sans cesse nous habite et nous enveloppe ?

Faut-il attendre…

pour éprouver la Vie sans laquelle nous ne pouvons pas vivre, grandir, souffrir et mourir ?

Faut-il attendre…

pour être conscient de la Conscience sans laquelle nous ne pouvons pas être conscient, penser, rêver et le dire ?

Faut-il attendre…

pour aimer l’Amour sans lequel nous ne pouvons pas aimer, désirer et nous réjouir ?

Faut-il attendre…

pour honorer celui qui est « Je suis » sans lequel je ne pourrai pas dire je suis ?

Faut-il attendre 75 ans ?

Faut-il attendre de mourir …

pour célébrer la divine circuminsession (on périchorese) dans laquelle nous sommes intriqués maintenant, depuis toujours et pour toujours ?

Ne rien attendre. Sans cesse s’attendrir…


Jean-Yves Leloup, Janvier 2025


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vendredi 31 janvier 2025

Sciences extrêmes

 


" Les sciences ont deux extrémités qui se touchent : la première est la pure ignorance naturelle où se trouvent tous les hommes en naissant. L'autre extrémité est celle où arrivent les grandes âmes qui, ayant parcouru tout ce que les hommes peuvent savoir, trouvent qu'ils ne savent rien, et se rencontrent dans cette même ignorance d'où ils étaient partis. 

Mais c'est une ignorance savante qui se connaît. Ceux d'entre eux qui sont sortis de l'ignorance naturelle, et n'ont pu arriver à l'autre, ont quelque teinture de cette science suffisante et font les entendus. Ceux-là troublent le monde et jugent plus mal de tout que les autres."


Source :
Maurice Zundel
L'homme passe l'homme.

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jeudi 30 janvier 2025

Dialogue avec un sage

 Parait ce mois-ci « Dialogue avec un sage. Arnaud Desjardins m’a dit… » de Yvon Ginchereau.

4ème de couverture :
« Souvenez-vous que la paix des profondeurs est déjà la nature
véritable de notre esprit ou de notre conscience. Et nous pouvons tenter, par une acceptation totale, de nous désengager des limitations du moment et de revenir à cette réalité que nous sommes déjà. » Ces paroles d’Arnaud Desjardins résument le chemin vers la vérité la plus profonde de notre être. D’une portée universelle, elles ont été adressées à Yvon Ginchereau qui a consigné dans ce livre son parcours singulier, selon la voie de l’adhyatma yoga, le yoga vers le Soi.
Ce récit, nourri par les nombreux entretiens et la correspondance personnelle entre le maître et l’élève sur trois décennies, relate une transformation alchimique au niveau de l’être. Il retrace pas à pas, d’une manière très vivante, un travail minutieux d’approfondissement de cette voie de connaissance.
Ce témoignage est riche et utile en ce sens qu’il démontre que l’on peut être tiré par le haut quelles que soient les influences auxquelles on a pu être soumis par le passé.
Outre les lettres d’Arnaud Desjardins, les citations qui émaillent le texte sont pertinentes et enrichissantes ; elles contribuent à consolider la structure du récit et à accompagner le lecteur au cœur d’une démarche intime propre à inspirer d’autres candidats à la sagesse.
En insistant sans relâche sur la nature fondamentale de son élève, le maître souligne la prééminence de la dimension transcendante et verticale par rapport aux encombrements d’ordre psychologique. Et, à notre époque de scepticisme prononcé, il est salutaire de rappeler qu’une telle possibilité de transformation existe !

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mercredi 29 janvier 2025

Nourritures

 


Depuis notre naissance, une seule chose guide nos vies : la nourriture. Ou plutôt, les nourritures.

Freud a bien identifié le stade oral du début de la vie. Mais au fond, en sortons nous vraiment ?

Pas sûr.

Dans nos premiers mois nous dépendons directement du lait, nutriment extérieur. Nourriture tangible, mesurable. Mais dès les premiers stades, cette nourriture est inséparable de l'affect de la personne qui nous nourrit. Ce lien entre nourriture et affect est indissociablement établi au plus profond de notre psychisme.

Plus tard, ce seront peut-être les jeux qui nous nourriront. Et avec qui on joue. Ou pas.

Les lectures. Les écrans. Les passions. Le sexe. Le saut à l'élastique. L'alcool. La spiritualité. Les dramas.

Peu importe, pourvu que l'on soit stimulés et que nous recevions ou ressentions de l'énergie et de l'attention.

Au fond, toute notre vie, nous recherchons des nourritures.

La seule chose qui différentie quelqu'un qui s'est déployé de quelqu'un qui n'y arrive pas c'est simplement le niveau de subtilité des besoins en nourriture.

Ce n'est pas une question de domaine. On n'est pas plus évolué en renonçant à certains domaines. La plupart du temps on ne fait que se frustrer.

On évolue et on grandit en espace intérieur en nous réjouissant de capter des nourritures de plus en plus subtiles, peu importe le domaine. 

Car oui, le plaisir et l'affect restent au centre de l'attrait pour les nourritures. Seule la subtilité de la nourriture change quand on élargit notre espace intérieur et notre présence. 

Et le subtil, le tout petit, le frémissant, est partout. Il est accolé au Beau. À notre dignité intrinsèque. Dans tous les domaines.

Saurons nous lâcher le trapèze du grossièrement stimulant qui cache l'appui indéfectible du subtil et de sa nourriture d'immortalité ?

C'est tellement difficile...

Fabrice Jordan


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lundi 27 janvier 2025

Ecoute...

 ECOUTE CE QUI SOUFFRE EN TOI


Ecoute écoute
Ecoute ce qui souffre en toi
Ecoute
N’attends pas d’être à terre
N’ attends pas l’avènement de ta déconfiture
Cale ton oreille au plus près
De ce qui souffre en toi
Au lieu de faire le fier
N’attends pas les grincements de dents
N’attends pas qu’on te jette au feu
Rabaisse ta prétention, je dis, rabaisse là
Oui je t’en prie, écoute
Ce qui en toi jamais ne s’est réconcilié
Ce qui veut en découdre
Redresser tous ces torts qui te furent infligés
Ecoute cette voix sans merci
Eprouve tout le poids de ce bras armé
Toujours tendu dans son effort
De disperser tes ennemis
N’attends pas de te voir démasqué
Sans t’ y être préparé
N’attends pas la honte
La peau à vif et cuisante
L’aperçu dévastateur
De ta stupidité faraude
Oui, ami, n’attends pas
L’envie de te foutre par la fenêtre
Quand tu te dis que tu ne vaux rien
N’attends pas, ami,
De crever comme chien
Ecoute
Non pas ce qui se plaint
Non, pas cela, mais bien
Ce qui souffre en toi
Cette voix là
T’indique le chemin
Cette voix là ne te trompe pas

............... Gilles Farcet


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dimanche 26 janvier 2025

Emmanuel Godo : « Toute naissance réintroduit dans le monde l’esprit du commencement »

L’enfant dans son berceau. Ce visage, cette présence inouïe qui émerveille et intimide. Venu ici, parmi nous, après un long voyage que la science n’explique pas. Que les raisons n’élucident pas seules. Ces mains fripées, ces yeux mi-clos, c’est un petit vieillard vénérable. Neuf et très vétuste. Il a marché pendant combien de siècles pour venir au monde, là, maintenant ? Il a traversé la nuit, l’absence, les grandes étendues du rien, toute l’histoire passée.

Le silence qui le porte est sacré. Barrès disait : « Il ne faut pas dire que les enfants sont de petits animaux. Ce sont des rois-prêtres qui sommeillent. » Il écrivait ces mots devant son fils, nouveau-né, Philippe. Et moi j’écris ces mots en pensant à mon petit-fils, Marceau, né fin septembre. C’est toujours la vie qui nous souffle ce que nous devons écrire. Ou plutôt, c’est elle qui nous demande des mots qui soient fidèles à sa déchirante beauté, celle qui, justement, nous laisse sans voix. On écrit avec, toujours, cet espoir : qu’un peu de cette splendeur de la vie vienne animer nos paroles, les faire sortir de l’hiver qui les tient prisonnières.


Aziliz Le Corre vient d’écrire un très beau livre, un hymne à l’enfantement : L’enfant est l’avenir de l’homme (Albin Michel, 2024). On y trouve des arguments contre les voix qui désespèrent, contre les sirènes du renoncement qui, la main sur le cœur et le néant à la bouche, serinent à chaque instant leur venin : ne plus faire d’enfant pour sauver la Terre. On reconnaît le mal à sa manière de vouloir rendre préférable l’inexistence. De privilégier les idoles creuses (Gaïa, la planète) aux dépens de la vraie vie : le paysage, l’enfant, le foyer — le monde à taille humaine.

Quelqu’un au bout du fil

L’enfant vient au monde appelé par la confiance et l’amour. Novalis l’a dit d’une manière fulgurante et définitive dans le Brouillon général : « Un enfant est un amour devenu visible » (Allia, 2000). Cet amour est humain mais tout amour a une racine et une destination divines. Devant l’enfant, il nous vient le désir de remercier, de dire notre gratitude. Et même si l’on a une idée floue de ce qu’est Dieu, on sent bien, de tout notre être, qu’il y a quelqu’un au bout du fil de la reconnaissance.

Aziliz Le Corre cite un très beau poème écrit par René Char à la vue d’un nourrisson, Élisabeth, la fille du poète Jacques Dupin : « J’ai vu tes yeux bleus de vingt jours / Donner un frisson clair aux feuilles / De l’ormeau qui ferme le parc / Où bientôt tu trottineras. / J’ai vu ton père se grandir / En t’élevant sur sa poitrine, / Et ta mère se définir / En baisant tes joues d’algue douce. / Dans le berceau conciliant / Où tu rougis petite aurore, / Élisabeth, je te découvre / Comme la rose des sous-bois. / Et je suis heureux de cela, / Moi qui marche sous la pluie fine. »

Les plus beaux poèmes sont des poèmes de circonstance, enracinés dans la vraie vie qui n’est pas ailleurs mais là, sous nos yeux, juste derrière nos représentations, nos mots prévisibles, le sommeil de nos idées.

Cette foi dans le monde

Aziliz Le Corre raconte comment Hannah Arendt, écoutant à Munich, en 1952, l’oratorio de Haendel le Messie, a la révélation de ce que signifie, profondément, la naissance des enfants : « Le miracle qui sauve le monde, le domaine des affaires humaines, de la ruine normale, “naturelle”, c’est finalement (…) la naissance d’hommes nouveaux, le fait qu’ils commencent à nouveau l’action dont ils sont capables par droit de naissance. » C’est cette espérance et cette foi dans le monde, poursuit Arendt, qui trouvent leur expression la plus resserrée et la plus glorieuse, dans la petite phrase des Évangiles : « Un enfant nous est né. »

Tout enfant redit la promesse. Toute naissance réintroduit dans le monde l’esprit du commencement. Le grand crépuscule où tourne en boucle notre mémoire de rose fanée est vaincu par presque rien : une toute petite aurore. 

Emmanuel Godo

source : La Vie

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samedi 25 janvier 2025

Citations de Kodo Sawaki


 Kodo Sawaki (1880–1965) était un maître zen japonais reconnu pour son approche directe et son franc-parler. Il a joué un rôle clé dans la diffusion de la pratique du zazen (méditation assise) en dehors des monastères, insistant sur sa pertinence pour la vie quotidienne. Voici 10 citations célèbres attribuées à Kodo Sawaki, reflétant sa sagesse et sa philosophie :

1. **"Zazen, ce n'est pas quelque chose que vous faites pour devenir un Bouddha. Zazen, c'est simplement s'asseoir dans la posture de Bouddha ici et maintenant."**

2. **"La vie est comme un rêve. On s'agite, on fait du bruit, on souffre, et puis tout s'arrête."**

3. **"Vous voulez toujours que la vie corresponde à vos désirs, mais la vie est indifférente à vos désirs."**

4. **"Le zen, ce n'est pas une question de suivre les autres ou d'imiter quelqu'un. C'est marcher sur son propre chemin, pleinement responsable de soi-même."**

5. **"Le bonheur ne se trouve pas en accumulant des choses. Le véritable bonheur réside dans la simplicité et dans le fait de se contenter de ce que l'on a."**

6. **"Si vous suivez vos envies et vos désirs, vous serez esclave de vous-même. Libérez-vous de vous-même, et vous trouverez la paix."**

7. **"La pratique du zen, c'est revenir à la maison. Mais la maison n'est pas un lieu : c'est l'instant présent."**

8. **"Être libre, ce n'est pas faire tout ce qu'on veut. Être libre, c'est ne pas être attaché à quoi que ce soit."**

9. **"Ce qui compte dans zazen, ce n'est pas ce que vous obtenez, mais ce que vous abandonnez."**

10. **"Le zen n'est pas une question de compréhension intellectuelle. C'est vivre pleinement chaque moment, au-delà des concepts et des mots."**

Ces citations illustrent la profondeur et la simplicité radicale de l'enseignement de Kodo Sawaki, mettant l'accent sur la pratique directe et l'expérience personnelle plutôt que sur les théories ou les dogmes.


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vendredi 24 janvier 2025

Comment faire ?

comment faire

quand 

à terre

je cherche des éclats 

de mon image fracassée ? 

qui donc es tu, toi ? 

je ne sais plus

je ne sais pas

fragments

volant au vent

un canard court 

décapité

bientôt plumé 

cuit

et servi 

nourriture appropriée

pour des instances plus élevées

Gilles Farcet

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