lundi 4 novembre 2024

Identifications à travailler

 LA DESIDENTIFICATION EST UN DESEQUILIBRE (SUITE DE LA SERIE AUTOUR DU DESEQUILIBRE SUR LA VOIE)


il ne s’agit pas de travailler sur « l’identification », mais sur les identifications, les miennes, les vôtres. Et cela s’avère bien plus déstabilisant que de prétendre dissiper « directement »  l’illusion de l’ego… 

Nous en arrivons ainsi à cette notion de déséquilibre volontaire sur la voie. 

Il importe de comprendre et constater à travers sa propre expérience que  par nature , l’ego fuit tout déséquilibre et, ne pouvant l’éviter puisque le changement fait son œuvre, cherche constamment et en toutes circonstances à se rééquilibrer. C’est un réflexe immédiat , dès que survient la moindre amorce de déséquilibre, y compris des plus anodins. 

Pour nous en convaincre, observons notre comportement quotidien, non seulement le nôtre mais celui de tous sauf exception. 

Quelques exemples banals suffiront. Si, au volant, je commets une petite erreur qui me vaut un coup de klaxon ou un geste agacé d’un autre conducteur, vais je tout bonnement m’excuser ? La plupart du temps, je vais immédiatement réagir d’un autre coup de klaxon ou d’un autre geste agacé, ce alors même que je me sais en tort - si tant est que je puisse même être assez honnête pour le reconnaitre. 

Si un proche, conjoint, enfant, me fait une réflexion , même très pertinente et bienveillante, à propos d’une maladresse ou erreur domestique, vais je immédiatement et sans broncher l’accepter et le remercier ? Non, la plupart du temps, je vais de suite me défendre, argumenter, dire que ce n’est pas grave, que je n’ai pas fait exprès, etc. etc. 

L’usage des réseaux sociaux et notamment des « commentaires » met ce fonctionnement en évidence jusqu’à la caricature. X, souvent déjà sous le coup d’une réaction émotionnelle non conscientisée, poste quelques lignes exprimant son opinion ; Y, sans recul ni réelle réflexion, exprime de suite son désaccord ce à quoi, X, Z et W réagissent au quart de tour … 

Autant  de manifestations de cette universelle pulsion au rééquilibrage. Cette frénésie de commentaires et de polémique est d’autant plus piquante de la part de personnes se proclamant par ailleurs « éveillées » , suprêmement « détachées » … 

En pratique, l’ego se tient constamment sur la défensive, prêt à bondir à la moindre des remises en question de sa perfection immuable. L’ego et le mental ne sont pas « de mauvaise foi » , ils sont la mauvaise foi. Laquelle mauvaise foi procède d’une tentative de rééquilibrage. Tentative pulsionnelle, aveugle et sourde. 

Naturellement, cette pulsion de rééquilibrage à l’œuvre dans les plus insignifiantes péripéties du quotidien l’est d’autant plus que l’identification touchée s’avère plus importante, plus sensible, l’enjeu plus significatif. 


Si la pulsion à me rééquilibrer suite à une remarque domestique - ou un commentaire sur Facebook- est forte, qu’en sera-t-il lorsque, à travers un échantillon plus sensible, c’est toute l’image que je me fais de moi même qui se trouve remise en cause ? 

Car il s’agit bien aussi d’une question d’image. Chacun de nous avance pour ainsi dire avec un petit miroir tenu à bout de bras devant lui dans lequel il se regarde constamment afin de se rassurer. Miroir, miroir, dis moi que je suis quelqu’un de bien, dis moi que j’ai raison,  dis moi que je sais, dis moi que je contrôle quand même … 

Il nous est en vérité très difficile, sans travail conscient, de supporter tout écorchement de notre si chère image de nous même. 

Notre obsession est de ne surtout pas perdre la face, y compris vis à vis de celui que nous considérons comme notre ami spirituel, sans parler du groupe et, au final, à y bien regarder , principalement de nous même. Le « masque » que « Swamiji arrache », c’est toujours celui de ce que nous prétendons être, d’abord à nos propres yeux. 

C’est là une dimension de ce que Swami Prajnanpâd appelle « vivre dans son monde plutôt que dans le monde ». Le maintien, parfois envers et contre toute évidence, d’une certaine image de moi même parait indispensable à mon « équilibre ». Nous ne nous voyons pas a priori tel que nous sommes, c’est à dire en partie tel que ceux qui nous connaissent de près nous voient, mais tel que nous prétendons être et gare à qui prétendrait démentir cette construction à laquelle nous tenons comme à la prunelle de nos yeux.

Gilles Farcet

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dimanche 3 novembre 2024

Corps et Vedanta


 Première évidence, le corps sera réduit en poussière, en cendres, décomposé. On ne peut donc pas le considérer comme une réalité ultime. Mais, deuxième évidence, ce «précieux corps humain» - ainsi que l'appellent les Tibétains - est indispensable pour progresser sur la Voie de l'Éveil. En fait, le corps est comparable au véhicule qu’on utilise pour faire la route, et qu'on abandonne quand le but a été atteint.

Le paradoxe, c'est que les Chrétiens, pour qui le thème de l'incarnation est fondamental, ont beaucoup plus négligé le corps que les Hindous ou les Bouddhistes qui, eux, insistent sur son impermanence. Pour les Indiens, la conscience doit se libérer par rapport au corps, mais ceci ne les empêche pas de prendre très nettement appui sur ce corps, notamment dans la posture de méditation qui, en elle-même, constitue une relation consciente avec le monde des sensations. Dans l'anthropologie védantique des koshas, le premier des différents revêtements du Soi est le corps physique, fait de toutes les nourritures que nous avons absorbées. Or, tous les niveaux - somatique, psychique et spirituel - étant interdépendants, il suffit de demander au corps physique d'entrer dans la posture de méditation pour intervenir, à tous les autres niveaux. C'est d'ailleurs pourquoi beaucoup de maîtres se réclamant de l'Advaïta Vedanta pratiquent les asanas du Yoga. Cela dit, le débutant, pour sa part, court le risque, presque inévitable, que l'égocentrisme, avec ses peurs et ses désirs, ne récupère à son profit la démarche sur la Voie et développe une véritable idolâtrie de son propre corps, se faisant par exemple photographier dans toutes les postures de Yoga ou de Zazen... comme il peut d'ailleurs également se gratifier avec des idées métaphysiques non-dualistes ou se bercer avec une sentimentalité encore infantile concernant l'amour de Dieu ou de la Vierge Marie...

Le risque existe, mais l'important c'est d'être assez convaincu pour ne pas s'arrêter là, et aller plus loin. Ce risque, en tout cas, ne justifie pas de maltraiter le corps, ni de le négliger. Puisque, de toute façon, le corps existe, ne pas en tenir compte et ne pas l'inviter à la démarche spirituelle revient à en faire un obstacle !

Mais se désidentifier du corps

Si toute démarche spirituelle exclut de négliger le corps, l'Advaïta Vedanta considère aussi comme fondamental de s'en désidentifier, c'est-à-dire d'être de plus en plus lucide quant au fait que le corps n'est que changements, vieillissement, et qu'en fin de compte il se résume à une succession de sensations qui se présentent dans la conscience. Si je regarde un film qui me passionne, j'oublie complètement le corps physique. La perception du corps n'est donc qu'un enchaînement de formes changeantes se succédant à la surface de la conscience. Nous pouvons être tour à tour conscient d'un corps lourd et fatigué, d'un corps léger et plein de dynamisme, d'une douleur ici, d'une raideur là... le corps n'a aucune réalité fixe !

On doit donc cesser de s'identifier à ces perceptions changeantes. A cette condition, peu à peu, se révélera une «conscience témoin» qui ne sera pas affectée par les messages du corps, se contentant d'un simple constat : il y a une douleur ici, une impression générale de fatigue, une impression de dynamisme, une impression de raideur... Du point de vue de la pratique, ces perceptions et conceptions telles que : «je suis trop gros, je suis trop mince, je suis petit et j'aurais préféré être plus grand», sont systématiquement reconnues comme des sensations et des pensées qui se succèdent dans la conscience mais dans une conscience libre, non affectée, qui ne s'identifie plus, ici et maintenant, à ces «formes» limitées et impermanentes.

Cette désidentification suffit, en elle-même, à désengager la vraie nature de l'esprit, laquelle n'a pas de forme particulière et en laquelle se succèdent des sensations pouvant donner naissance à des émotions «oh non, pas encore cette fatigue», et à des pensées «pourquoi suis-je comme ceci et pas comme cela».

Voir et reconnaître tout cela permet de s'établir de plus en plus stablement dans cette conscience sereine qui ne réagit pas en constatant que des réactions se produisent en nous.

Revue Samsara n°18 janv-fév 2000

A lire : Les chemins de la sagesse - Trois tomes. A la recherche du Soi - Quatre tomes. 
Le message des Tibétains. Yoga et spiritualité. Approches de la méditation.

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samedi 2 novembre 2024

Le refus inutile...


Dire non à ce qui est, ne change pas ce qui est !!!
Le refus de ce qui est... est à observer tout au long de nos journées...
Quand l'on veut quelque chose à la place de ce qui est, le corps se met en crise...
C'est ce qu'explique ici Daniel Morin...


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vendredi 1 novembre 2024

Où se cache la soif...



"L’étang s’étale sans se perdre.
Un pointillé de bruits réveille les odeurs,
froisse sans déchirer.
L’écriture des herbes
efface l’avenir
au plus vibrant de l’heure
qui bat comme la mer."

"Où se cache la soif", poèmes de Sabine Dewulf accompagnés par les peintures de Caroline François-Rubino, collection Coquelicot, Editions L'Ail des ours, 2024
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jeudi 31 octobre 2024

Sa propre voie

 Le Tao est un cheminement solitaire, équilibriste entre les obligations de notre société et la quête d’un non-agir qui semble parfois inaccessible.

L’histoire du jour résonne fortement avec cette quête d’un chemin qui se dérobe sous nos pas, aussitôt que nous choisissons consciemment de l’emprunter.

Han Xiangzi, le musicien et poète Immortel


Han Xiangzi était un enfant intelligent, mais différent. Difficile à apprivoiser, qui se tenait hors des sentiers que l’on tentait vainement de tracer pour lui. On disait que son âme était celle d’une grue blanche, intégrée dans son enveloppe humaine par l’Immortel Zhong. Une grue blanche, symbole de chance, de sagesse et de paix.

L’enfant fut élevé par Han Yu, un illustre fonctionnaire, qui tenta de l’éduquer pour le faire entrer, plus tard, dans les services gouvernementaux. Han Yu proposait à Han Xiangzi une voie toute tracée. Bien rangée. L’enfant se désintéressa de cette voie, naturellement, sans rébellion. Il s’en écartait sans effort ni volonté apparente.

Han Xiangzi possédait un don, lui permettant de faire pousser et fleurir une multitude de plantes en quelques secondes. Une nature intérieure trop puissante pour être canalisée par une vie toute tracée. Une fois adolescent, Han Xiangzi devient le disciple de l’Immortel Lü Dongbin. Il emmena le jeune homme les branches du Pêcher Surnaturel, pour lui permettre d’apercevoir l’entrée du paradis.

Han Xiangzi chuta des branches, mais devint lui-même Immortel avant de toucher le sol. Lü Dongbin lui proposa alors de le rejoindre dans les cieux. L’adolescent refusa poliment. Il préférait rester sur terre, pour parcourir les montagnes et vivre en communion avec la nature. On l’aperçut alors par les vallées, les forêts et les villages, jouant de sa flûte magique. Un instrument qui avait le don de restaurer l’harmonie autour de lui. Les animaux le suivaient, hypnotisés.

Au cours des années qui suivirent, Han Xiangzi refusa d’accorder la moindre importance à l’argent et à la reconnaissance des humains. Il jetait à terre tout ce qu’on pouvait lui offrir. Il fut connu pour ses prophéties et ses sublimes poèmes, qu’il aimait inscrire sur les pétales des pivoines. Il parcourut ainsi son propre chemin, armé de sa flûte magique, capable de guérir et élever les esprits.

Han Xiangzi : la sagesse de suivre sa propre voie


L’histoire douce et poétique de Han Xiangzi regorge d’enseignements et nous indique de nombreuses pistes de réflexion. Han Xiangzi, en se détournant du sentier droit et tout tracé qui lui était proposé par Han Yu, n’a pas exprimé d’acte de rejet. Il n’a pas fui, ne s’est en rien opposé à ce qui lui était offert.

Il s’en est simplement détourné. Naturellement, doucement, calmement. Il a suivi un chemin de traverse, qui s’écoulait doucement à côté du sentier bétonné que Han Yu lui offrait. Son propre chemin, qui s’écartait naturellement des attentes du monde.

Par deux fois, des hommes très différents lui ont proposé d’emprunter un sentier qui semblait idéal pour lui. Han Yu et Lü Dongbin, tous deux, ont offert au jeune homme de suivre leur voie. Une vie de fonctionnaire et une vie aux cieux. Par deux fois, Han Xiangzi s’en est doucement écarté. Par deux fois, Han Xiangzi quitta la route qui s’ouvrait devant lui, pour traverser les prairies des possibles, et tracer son propre cheminement. Naturellement, comme une feuille qui tombe de son arbre et se laisse emporter par le vent.

Le Tao nous enseigne que chaque individu doit trouver sa propre voie. Quitter l’autoroute de ce qui semble normatif et bien structuré, pour découvrir son propre itinéraire. Le Tao ne s’impose pas à nous, il nous est impossible d’apprendre ses enseignements de manière dogmatique.

Le Tao n’est pas une autoroute toute propre, toute tracée, toute lisse. Le Tao est le chemin que nous traçons par notre propre intuition, dans un pré fleuri. Nous devons le trouver par nous-mêmes. Que se passe-t-il lorsque nous restons sur l’autoroute de ce que la société attend de nous ? Nous perdons de vue le pré fleuri. Nous perdons notre propre nature. Perdus dans un quotidien stressant, nos obligations, le bruit des villes, des personnes qui nous entourent, des responsabilités…

Nous n’écoutons plus ce qui murmure tout bas. Ce qui nous dit doucement que l’harmonie n’est pas ici. Dans notre vie moderne, de nombreuses choses nous maintiennent, de gré ou de force, dans un chemin qui nous est attribué sans que nous ne l’ayons choisi. La productivité. Le sérieux. L’ambition. 

Prenons un instant pour y réfléchir. Dans quels domaines de votre vie avez-vous l’impression de suivre une voie qui n’est pas la vôtre ? Avez-vous déjà eu l’impression que votre chemin était ailleurs ? Je ne parle pas ici de rébellion, de quitter la société moderne et de vivre en ermite. Je me questionne simplement sur les voies que nous suivons parce qu’elles semblent logiques. Sans qu’elles ne résonnent pleinement en nous.


Au contraire, quelles sont les décisions, les petits sentiers isolés que nous avons empruntés, et qui nous ont apporté un véritable sentiment d’harmonie ? Se détourner des conversions médisantes et des commérages. Ne pas s’intéresser aux « qu’en dira-t-on ». Prendre du temps pour se promener, seul, en forêt. Cuisiner en pleine conscience, en appréciant chaque geste, chaque odeur et chaque sensation. Commencer à peindre, ou à jouer de la guitare, car cela résonnait avec un appel profond qui existait en nous.

Il ne s’agit pas alors de rejeter en bloc ce que la société contemporaine nous offre. Mais plutôt de prêter une oreille plus attentive à ce que souffle notre nature profonde. Suivre davantage notre instinct, notre quête naturelle d’harmonie, pour tracer notre propre cheminement. Dans l’acceptation de ce qui s’offre à notre intuition, sans effort ni ambition.

Le Tao se révèle à nous, simplement, quand nous suivons nos instincts. L’art comme un reflet de l’harmonie. 

L’art de Han Xiangzi découle de son harmonie intérieure. En jouant de la flûte, en inscrivant ses poèmes et prophéties sur les pétales des pivoines, Han Xiangzi retourne simplement au monde ce qui existe en lui. Dans un cycle vertueux, sans objectif. Il résonne alors pleinement avec le Tao.

La légende de Han Xiangzi nous enseigne que l’art n’est pas un moyen intentionnel de transcender. Il s’agit d’une conséquence, et non pas d’une cause. La conséquence de l’harmonie fluide et naturelle avec le Tao. Il ne s’agit alors pas d’un chemin direct vers la transcendance. Plutôt d’une expression spontanée de cette union entre le flux naturel et universel, et ce qui fait de nous des humains.

Notre intuition. Notre créativité. Notre capacité à voir et apprécier la beauté de ce monde.

L’expression artistique, dans une perspective taoïsme, n’est pas un exutoire, un moyen de nous défouler et de nous apaiser. Mais davantage une manifestation de notre tranquillité intérieure. L’art taoïste est alors une manière en soi d’incarner le non-agir (wu-wei). Par l’art, nous devenons alors le canal de l’énergie créatrice qui circule autour de nous. Nous lui permettons de s’exprimer, elle. Pas de nous exprimer, nous.

L’absence d’effort conscient dans cette expression artistique est alors un moyen privilégié de se connecter avec ce qui fait l’essence du Tao. Avec sa manière d’exister en nous. Les exercices d’écriture intuitive sont d’excellents points de départ pour qui souhaite découvrir cette essence. Écrire sans réfléchir, sans y penser. Laisser le flot couler en nous, de notre cœur à notre stylo. Comme une brise légère qui viendrait guider doucement nos gestes. Nous nous connectons alors pleinement à notre véritable essence.

Mais la magie se brise lorsque nous commençons à y réfléchir. À la faire exister de manière consciente. Avez-vous déjà ressenti ces instants d’harmonie ? Si forts, mais pourtant si fugaces. Qui nous échappent aussitôt que nous les remarquons ? Cuisiner pour sa famille, et, sans y prendre garde, se détacher de ce qui nous entoure. Plus rien n’existe alors que l’instant présent. La douceur de la lumière du soir, qui illumine la pièce. L’inspiration qui vous vient, et qui vous pousse à adapter une recette que vous connaissiez déjà par cœur. Mais qui vous invite à y ajouter votre touche personnelle. Jouer d’un instrument de musique, et se laisser porter par les notes qui se dévoilent sous les doigts. Instinctivement.

C’est dans ces moments que le Tao s’exprime. Lorsque nous ne cherchons pas à le trouver. Lorsque nous le laissons venir à nous, sans y penser.

Cher(e) ami(e) du Tao, je vous souhaite aujourd’hui de trouver là où se cachent vos possibilités d’harmonie. Et de vous y plonger. Jusqu’à ce que le Tao s’invite à vous.


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mercredi 30 octobre 2024

Emotion et adaptation

 Extrait de la conférence de Christophe Massin, lors des journées émergences d'octobre 2024.


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mardi 29 octobre 2024

Garantie sur le chemin.

Le Védanta et l’inconscient – Arnaud Desjardins (extrait)

 


"Le disciple se conduit avec intelligence et sympathie. J’entends encore la voix de Swâmiji dire : « Be a little intelligent and sympathetic », « Soyez un petit peu intelligent, avec un petit peu de sympathie. » Le disciple en vous se conduit avec intelligence et sympathie pour tous les autres aspects de vous-mêmes. Que cela vous serve de critère. Si ce que vous prenez pour le disciple en vous n’a pas de sympathie pour les autres aspects de vous-mêmes, ça ne peut pas être le disciple et, s’il prend peur devant tel ou tel aspect de vous-mêmes, il n’est plus du tout intelligent. La peur voile l’intelligence. Il faut qu’en vous le disciple soit un peu intelligent et ait un peu de sympathie pour tous les autres aspects de vous-mêmes. C’est la seule garantie d’un chemin juste."

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lundi 28 octobre 2024

Gassho, se rassembler et redonner

"Dans les temples bouddhistes, nombreux sont les gestes du quotidien porteurs de sens profond, ancrés dans la vie des moines et pratiquants et qui nous paraissent si naturels que l’on ne demande pas ce qu’ils représentent. Joshin Bachoux nous explique toute la signification du geste « Gasshô », geste de salutation et de vénération que l’on effectue en conscience et qui se pratique au quotidien au sein des monastères et dans la vie laïque."


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dimanche 27 octobre 2024

Fourbu

FOURBU
Je partage ici ce texte écrit il y a des décennies par un prêtre de paroisse et retrouvé dans les archives de ma famille. Il me parle. Gilles Farcet
seigneur
ce matin
chancelant sous l’impact
d’une énième insomnie
je pense à la cohorte
de tes serviteurs fourbus
courbés sous le fardeau
des confessions
des misères ordinaires
brassées à pleine mains
des détresses déposées

à leurs pieds , au quotidien
ébranlés
par cette masse compacte
d’attentes
de plaintes et de murmures
engoncés dans cette gangue
de douleurs aveugles
parfois suffoqués
sous cet incessant reflux
eux tous, tes pauvres journaliers
au dos cassé à force
de travail dans tes champs
usés de ce labeur ingrat
eux tous et chacun d’eux
fourbus
et Te priant
et se priant les uns les autres
dans l’obscurité de leur tête à tête avec toi
dans l’éternité bienheureuse
du service
qui est sa propre récompense

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samedi 26 octobre 2024

Mise en lumière d'une œuvre

 Les couleurs, la lumière à la prière répondent.

Chaque moment a sa teinte qui peut changer à la lumière de notre regard.

Merci Kabbalah Vitrail pour avoir immobilisé le changement à l'œuvre.





Nous avons deux mains également. L'une pour accueillir le réel, l'autre pour partager l'irréel.


"Commander un vitrail à Kabbalah Vitrail, c'est entrer dans un processus où nous serons invités à devenir cocréateurs de l'œuvre magnifique que crée pour nous l'artiste : non seulement le choix minutieux de chaque couleur nous est offert, ainsi que celui de chaque verre (opaque ou transparent), mais chaque teinte et chaque fragment de verre nous sont proposés en photographie pour que nous puissions opérer le choix le plus judicieux possible. 

Nous avons pu réfléchir avec elle à la couleur de chaque sephirah, en relation avec la symbolique précise de celle-ci, ainsi qu'aux teintes qui l'entourent pour que cet Arbre de Vie puisse rayonner de tout son éclat. La transparence et l'opacité des verres choisis ajoutent encore leurs nuances à cette symbolique.

Maintenant que notre Arbre est achevé et installé, nous pouvons déjà en admirer la vie propre, qui se prolonge et qui s'anime encore différemment selon les heures du jour... C'est là une oeuvre en mouvement perpétuel, sans cesse sculptée par les mains de la grande Lumière...

C'est donc dans une véritable aventure, intérieure et extérieure, que nous nous sommes engagés avec cette artiste du vitrail. Nous lui sommes infiniment reconnaissants pour sa patience, sa générosité, sa gentillesse et son professionnalisme. 

Nous recommandons chaleureusement toute commande adressée à cette merveilleuse artiste !"

Sabine Dewulf


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vendredi 25 octobre 2024

Résistance à l'émotion...

 
Toute résistance à l'instant, à ce qui est là devant toi, provoque un mouvement de recherche en vue de trouver un refuge temporaire, un endroit qui sert à te calmer, ou même une pensée qui te soulage. Les refuges peuvent être mentaux, émotionnels ou physiques. Ils nous semblent sécuritaires. Ils tentent d'apaiser le personnage qui a peur d'affronter la réalité, en masquant celle-ci, en la niant ou en tentant de l'améliorer.

Ils sont le carburant de la machine à rêver. Ils agissent comme des pansements sur vos vieilles blessures, au lieu de vous permettre d'y faire face. Ils empêchent vos émotions de terminer leur route, de se déraciner. La résistance à l'émotion provoque une cristallisation et une densification du personnage imaginaire auquel on s'identifie.

~ Betty Quirion

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jeudi 24 octobre 2024

Derrière le Je...

 


« Si je voulais partager un message avec le monde entier...

Je dirais ne vous inquiétez de rien.

Vous vous en souvenez, vous n'êtes pas ici par accident. Même sous cette forme. C'est juste un costume que vous devez porter pendant un certain temps. Mais celui qui est derrière ce costume, celui-là est éternel.

Si vous le savez et avez confiance en cela, vous ne réagirez pas et n'agirez pas si prématurément.

Vous resterez simplement silencieux et permettrez à votre esprit de revenir gentiment dans votre cœur. Ensuite, vous commencerez à voir à partir de votre état naturel.

Votre cœur est si plein d'amour et de paix.

Vous n'avez pas besoin d'aller en Inde pour trouver la paix, vous n'avez pas besoin d'aller dans l'Himalaya ou dans les Caraïbes pour trouver la paix et le bonheur parce que c'est juste là où vous êtes.

Je veux partager quelque chose avec vous :

Quand vous dites " Je "... Le vrai sens de " Je " c'est la Joie, c'est le Bonheur, c'est la Vie et le Témoin de la Vie.

Toutes les autres choses passent à côté. Comme des nuages ​​dans le ciel. Vous ne voulez pas vous accrocher à aucun nuage, sinon combien de temps cela va-t-il durer? Laissez-les passer. Laissez-les passer.

Quoi qu'il arrive dans la vie, tout va bien.

Soyez simplement Heureux, Heureux, Heureux ! »

~ Mooji

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mercredi 23 octobre 2024

Dynamique du travail


 LES AVANIES DE L’EMPATHIE (POSSIBLE INSTRUMENTALISATION DU PROCESSUS THERAPEUTIQUE AU DÉTRIMENT DE LA DYNAMIQUE DU "TRAVAIL"...

Le rôle des thérapeutes plus ou moins en lien avec la voie peut s’avérer involontairement pernicieux à partir du moment où ils ne font pas clairement la différence entre accompagnement dans la maturation et rééquilibrage de surface. 

J’ai souvent  - pas toujours heureusement - observé qu’une personne occupée à éviter une étape cruciale sur son chemin proprement spirituel va chercher - tout cela inconsciemment bien entendu - à instrumentaliser le thérapeute, si thérapeute il y a, dans son processus d’évitement. 

En pratique, la personne demande au thérapeute de le rééquilibrer.  


Et ce dernier, peut, quelles que soient ses compétences, facilement tomber dans le piège si il ou elle n’est pas lui même complètement au clair sur sa relation avec son propre maître et avec les instructeurs affiliés à cette voie, ou/et n’est pas lui même  suffisamment passé par ce processus.  

J’ai ainsi vu des personnes consacrer beaucoup de temps et d’énergie à se rééquilibrer en surface avec l’aide dévouée d’un thérapeute sincèrement convaincu et parfois pas mécontent de « réparer » les dommages causés par tel ou tel transmetteur pourtant a priori qualifié … 

Or, il eût été, du moins du point de vue du processus profond de la voie, bien plus profitable à ces personnes de rester momentanément « en déséquilibre » et d’être éventuellement aidées par leur thérapeute à le traverser pour parvenir à entrevoir une autre perspective, plutôt que de trouver oreille complaisante aux « torts » subis. 

C’est par excellence une question fort délicate , dont je suis bien conscient qu’elle peut donner lieu  à toutes sortes de réfutations raisonnables. 

Ou en serai je si j’avais eu la mauvaise idée d’instrumentaliser un autre instructeur prêt à tomber dans le piège ou un thérapeute, pour me rééquilibrer suite aux maintes secousses reçues de mon maître , voire parfois d’autres personnes au service du travail de mon maître ? 

En pratique, il s’agit d’un stade du cheminement où les logiques thérapeutiques classiques et la logique du travail proprement spirituel peuvent réellement diverger. 

Bien entendu, les enseignants spirituels mal positionnés et non intègres s’empresseront de justifier leurs abus en invoquant les nécessités du « travail »… C’est pourquoi tout cela demeure encore une fois bien délicat.

Gilles Farcet

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