samedi 3 février 2024

Changement immuable



Vous êtes un courant continu de changements, 

c'est vous et ce n'est pas vous. 

Celui qui voit le courant continu de changements ne change pas. 

Il est immuable. Il est absolu. Et c'est vous.

Swami Prajnanpad


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vendredi 2 février 2024

Tourments du monde

j’ai cessé
d’être indifférent
aux tourments de ce monde
seulement préoccupé
de ma sérénité
le poids de la peine
sous lequel cette terre ploie
sape une part de ma force
que seule une charge supérieure de compassion
peut me faire regagner
ce n’en est pas fini de l’innocence
mais c’en est fini de l’insouciance
je vieillis léger de moi-même
et lourd du malheur qui m’entoure
nul n’est une île
ma joie ne se satisfait plus d’elle-même
elle veille et ne se nourrit plus
que de ce qu’elle donne
je n’aurais pas cru
que ce fût si implacable

Gilles Farcet

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jeudi 1 février 2024

Acceptation

 Christophe André revient sur le concept de l'acceptation : dire "oui", en somme, ce qui semble être une chose simple. Oui à la vie, oui au monde, oui au réel. Mais ce n'est pas si simple quand ce réel nous dérange, nous révolte, nous blesse. 

Nos capacités d'acceptation sont mobilisées dans de nombreuses circonstances : des plus anodines (la pluie, rater son train, les mauvaises notes de nos enfants à l'école...) aux plus dramatiques (la maladie, la mort, l'injustice...).

L'acceptation, ce n'est pas renoncer ou se soumettre, ce n'est pas approuver, mais affronter ce qui est. Ce n'est pas dire "c'est bien", mais dire "c'est là". 

De nombreuses recherches montrent que le moment où l'on accepte, où l'on dit intérieurement "oui", abaisse notre niveau de stress psychologique mais aussi biologique. Et que cet apaisement accroît notre discernement.



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mercredi 31 janvier 2024

A l'écoute d'Alexandra David Néel

 Il y a tout juste 100 ans, Alexandra David-Néel pénétrait incognito dans la ville sainte de Lhassa. En 1969, un mois avant sa mort, Arnaud Desjardins interviewe la célèbre exploratrice qui, centenaire, n’a pas perdu de sa vivacité d’esprit.


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mardi 30 janvier 2024

-la "relation"... nos "relations"...-



Nos relations aux autres ou au "monde" sont les
icônes de notre propre relation à nous-même,
au vrai ou au faux, ou à "l'entre-deux" de nous-même...
Si nous sommes capables de rentrer dans une
relation juste en nous, de faire notre propre tri
et ménage, ainsi irons nos relations dans le monde...
Sans autre idéal attendu d'un autre ou du monde
puisque la relation se fonde d'abord en soi.
Si j'attends d'un autre qu'il me comprenne,
qu'il m'approuve ou qu'il m'aime, c'est qu'à
l'évidence cette compréhension ou cet
amour ne sont pas reconnus en moi...
Cette reconnaissance ne dépend que de soi.
Cela ne dépend de rien d'autre.
La paix est là.
_______________ l'amour aussi." 😇
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______________ Très reliante journée... ❤


"Danses toujours"
Charles Coutarel

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lundi 29 janvier 2024

La vision sans tête avec Richard Lang


Richard Lang nous témoigne de son expérience vécue après la rencontre avec Douglas Harding.


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dimanche 28 janvier 2024

samedi 27 janvier 2024

L'œuvre de la maturité


 "Dans l'avancée de la maturité et l'approche de la vieillesse, il est un ... phénomène qui frappe :  le rajeunissement progressif du cœur et de l'âme.

Depuis toujours, je pressentais que la nature ne pouvait pas vouloir la déchéance de l'homme.   Aujourd'hui, je le sais.

Si la deuxième moitié de l'existence ne recelait pas un projet, nous serions éliminés - comme le sont certains animaux - après le cycle de la fécondité.

Ce projet qui nous est confié est invisible à l'œil.

J'aurais la tâche légère si je me plaignais de maux de dents : même si j'étais la seule à pouvoir vérifier mes dires, personne ne douterait de ce que j'avance.   Mais si j'affirme que mon âme et mon cœur rajeunissent de jour en jour, je ne serais pas étonnée que certains n'y voient qu'une licence poétique. Ou un sujet d'agacement. Et pourtant!

Dans la jeunesse, l'âme n'est pas jeune.   Elle est percluse du rhumatisme des modes, plie sous les idéologies, les normes en vigueur.  L'Alzheimer juvénile la ronge :  l'oubli de tout ce que l'enfant savait encore sur le sens profond des choses.  La jeunesse transbahute tous les préjugés qu'on lui a inculqués, les jugements féroces, les catégories assassines. Elle est souvent dure comme le monde qui l'accueille. Sa lumière est sous le boisseau.

Ce long travail de la libération de l'intelligence, ce déminage du terrain après tant d'années d'occupation étrangère sont l'œuvre de la maturité.  Quand l'obligation de faire un avec sa génération n'est plus une question de survie, on peut enfin écarter les œillères, laisser venir la clarté. Comme dans les grandes forêts où l'automne, en dépouillant les branches, donne le ciel à voir.

"Il faut toute une vie, écrit Jean Sulivan, pour élargir son cœur, ses opinions, pour conquérir sa liberté spirituelle."

Toute une vie.

Voilà une chance à ne pas manquer."

Christiane Singer - N'oublie pas les chevaux écumants du passé

Image:  Portrait d'un vieillard, de Rembrandt

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vendredi 26 janvier 2024

jeudi 25 janvier 2024

Près du surgissement

 Comme un bonheur n'arrive jamais seul, voici une autre parution : celle du livre de poèmes que viennent de publier les Editions Pourquoi viens-tu si tard ?, que je remercie vivement. 

C'est le premier ouvrage d'une série de quatre, qui vont paraître cette année chez différents éditeurs. 

J'ai écrit ces poèmes à partir des très belles photographies de Stéphane Delecroix. 

Ci-dessous, quelques extraits...


















mercredi 24 janvier 2024

Neuf



« Il n’y a rien d’ancien sous le soleil.

Tout arrive pour la première fois, mais de manière éternelle.

Quiconque lit mes mots les invente. »

Jorge Borges 1899-1986

Art graphique: Artisalma


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mardi 23 janvier 2024

Une voix crie dans le désert (extrait du "carnet")



Un enseignant de haut calibre se livre à une mise au point très précise en présence de toute une communauté d’élèves.  

Au sortir de cette intervention, j’entends diverses conversations mécaniques au cours desquelles les personnes « pensent » et réagissent de concert, se justifient suite à ce qui en eux a été mis en cause dans le seul but de se rééquilibrer en surface, manifestant exactement le comportement vis à vis duquel l’enseignant vient de nous mettre en garde … 

L’une des difficultés objectives de la transmission, c’est que l’invitation fervente à une pratique plus sérieuse et exigeante ne touche que les convaincus :  celles et ceux qui, soit sont déjà dans une pratique consistante et vont ainsi s’en trouver stimulés, soit celles et ceux qui sont tout au bord et à qui il ne faut qu’un petit coup de pouce, un rappel, pour passer une vitesse. 

Sans doute n’est ce déjà pas mal. 

Mais quant à ceux qui en sont encore loin, ils ne l’entendent tout simplement pas, 

Toute une part du « job » de l’enseignant(e) consiste à crier dans le désert, confiant que, quelque part, sa voix rejoindra quelque bédouin en marche entre les dunes  …

Gilles Farcet

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lundi 22 janvier 2024

Etre inconscient de l'inconscient

 Extrait de "Regards sages sur un monde fou" de Arnaud Desjardins.


"En fait, je n’ai cessé de constater combien tous les êtres humains, pas seulement le personnel politique, peuvent être menés par leur inconscient, à quel point la pure subjectivité intervient dans leurs choix, dans leurs orientations, dans l’exercice de leur profession... Si on tient compte des dynamismes profonds, relevant de la pure psychologie, qui animent des personnes, hommes ou femmes, jouant des rôles importants, on en arrive à une tout autre vision de la réalité. On voit la profondeur à l’œuvre sous la surface. Ce qui explique le monde, ce n’est pas l’appropriation des moyens de production à une époque donnée ; c’est la psychologie, la manière dont les êtres humains sont menés par des dynamismes inconscients ou subconscients. Voilà la vraie clef mais qui n’apparaît pas au grand jour. Aucune statistique ne peut mentionner cette donnée. Elle n’est pas mesurable et peut seulement être entrevue dès lors qu’on observe, qu’on écoute et que l’on cherche à voir plus loin que la surface.

Pouvez-vous donner quelques illustrations ?

J’ai par exemple rencontré un contrôleur fiscal parfaitement honorable et consciencieux qui, au cours d’une thérapie, a découvert qu’il défoulait des pulsions inconscientes à la faveur de l’exercice de sa profession. Il a demandé à être provisoirement relevé de cette activité pour en exercer une autre au sein du ministère des Finances, tant il était sidéré de sa découverte : il n’en revenait pas d’avoir vu avec quelle hostilité purement personnelle il s’était acharné sur certains contrôlés sans même en être conscient. Maintenant, est-ce qu’on ne ferait pas, peut-être, des découvertes similaires si on pouvait examiner les vraies motivations de tel ou tel des juges qui apparaissent aujourd’hui comme les champions de l’intégrité et qui traquent la prévarication chez les hommes politiques ? Je ne conteste pas qu’ils fassent œuvre civique ; je dis seulement que sous la surface, sous les intentions et motivations professées en toute sincérité, les profondeurs du psychisme sont à l’œuvre. Une personne que je connais depuis longtemps m’a raconté qu’elle avait eu pour camarade de classe de la cinquième à la terminale un garçon aujourd’hui devenu l’un de ces juges célèbres. Ce même juge, au cours de sa scolarité, année après année, choisissait une victime dans la classe, qu’il harcelait sans cesse en la traitant de « sale riche » jusqu’à ce que le lycéen en question finisse par craquer. Quand, sachant cela, on constate que ce garçon est devenu le cauchemar de politiciens et d’hommes d’affaires, on y trouve matière à réfléchir. N’ayant vraisemblablement jamais fait un travail de mise au jour de son inconscient, cet homme est mû par les mêmes dynamismes que ceux qui l’animaient lorsqu’il était enfant ou adolescent. Pourtant ni son intégrité ni sa conscience professionnelle ne sont en cause et il est, à tous égards, un « grand juge » faisant œuvre utile. Nous sommes sincères. Mais qu’en est-il de nos plus profondes motivations ? Tout psychothérapeute expérimenté pourrait étayer ce que j’évoque en donnant ses propres exemples.

Bref, sous couvert de rationalité, nombre d'êtres humains expriment des dynamismes irrationnels...


Ce qui détermine, dirige vraiment à leur insu les comportements des adultes, c’est la manière dont ils ont vécu leur petite enfance, dont ils ont réagi à certains traumatismes, fut-ce quelque chose d’aussi banal en soi que le fait d’être, en tant qu’aîné, détrôné par l’arrivée d’un petit frère ou d’une petite sœur. Je n’ai cessé de constater cette puissance de l’inconscient, même là où la rationalisation technique paraît tout à fait probante. À cet égard, je peux vous raconter encore une petite histoire vraie : en 1982, un énarque prépare un volumineux dossier sur ce qu’il appelle « la famille socialiste ». Au passage, autant je vois en quoi pourrait consister une politique socialiste de la famille, autant je me demande bien ce que peut être « la famille socialiste », mais passons... Bref, cet épais document arrive à la conclusion que la « famille socialiste » est une famille de deux enfants. Une personne de ma connaissance, elle-même socialiste et mère de famille nombreuse, lit le dossier et demande à son auteur : « Deux enfants... Pourquoi pas trois ?» En réponse à quoi l’énarque laisse échapper ce cri du cœur : « Ah non, ça fait trop mal ! » En le questionnant l’air de rien, la personne qui m’a raconté cette histoire a appris qu’il était le second d’une famille de trois enfants, le dernier né l’ayant détrôné à son tour de sa relation privilégiée avec sa mère. Voilà un bel exemple : cet homme hautement diplômé avait pondu des dizaines de pages et toute une argumentation à grand renfort de chiffres, graphiques et statistiques, pour rationaliser un ressenti qui était uniquement le fruit de sa propre histoire : dans la famille idéale il y a forcément deux enfants ! Il l’avait fait en toute bonne foi, sans un instant soupçonner qu’il pouvait être mû par autre chose que la raison éclairée au service du bien public.

Il s’agit donc d’un aveuglement...

D’un aveuglement qui dans ce cas précis ne porte guère à conséquences. Mais je suppose que les grands inquisiteurs qui ont envoyé des centaines de malheureux au bûcher étaient persuadés que leur place était réservée au paradis, à eux les gardiens de la vraie foi, chargés par la Sainte Eglise de lutter contre l’hérésie... On pourrait multiplier les exemples, tragiques ou plus anodins."

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