mardi 16 mai 2023
lundi 15 mai 2023
Conscience de la non substance...
Contemplons simplement la douleur. Même si sa présence est lancinante, demandons-nous quelle est sa couleur, sa forme ou toute autre caractéristique immuable. On s'aperçoit que ses contours s'estompent à mesure qu'on tente de la cerner. En fin de compte, on reconnaît qu'il y a, derrière la douleur, une présence consciente, celle-là même qui se trouve à la source de toute sensation et de toute pensée. Détendons notre esprit et essayons de laisser la douleur reposer dans la pleine conscience, libre de toute construction mentale. Cette attitude nous permettra de ne plus en être la victime passive, mais, peu à peu, de faire face et de remédier à la dévastation qu'elle provoque dans notre esprit.
L’esprit est en effet capable d’examiner ce qui se passe en lui. Il suffit pour cela qu’il observe ses émotions comme nous le ferions pour un évènement extérieur se produisant sous nos yeux. Or, la part de notre esprit qui est consciente de la colère est simplement consciente : elle n’est pas en colère. Autrement dit, la pleine conscience n’est pas affectée par l’émotion qu’elle observe. Comprendre cela permet de prendre de la distance, de ce rendre comte que cette émotion n’a aucune substance, et de lui laisser l’espace suffisant pour qu’elle se dissolve par elle-même.
extraits de "L'Art de la Méditation" par Matthieu Ricard
dimanche 14 mai 2023
Donner sa langue aux pieds
Deux petits trucs pour revenir sur terre et couper nos pensées (un instant) :
se mettre sur la pointe des pieds ou tirer la langue.
Vous pouvez essayer les deux en même temps ;-)
samedi 13 mai 2023
Une superbe BD créée par Etienne Appert
J'ai la chance de connaître Etienne Appert et son travail mérite d'être mis en valeur.
« Au crépuscule de la Beat Generation » : pèlerinage au cœur de l’anticonformisme
À travers les yeux du journaliste français Gilles Farcet, protagoniste principal de l’œuvre, ayant côtoyé Allen Ginsberg et ses proches, Étienne Appert dévoile les principaux traits constitutifs de la Beat Generation, mouvement à l’avant-garde de la contre-culture américaine, notamment caractérisé par l’anticonformisme et l’usage de psychotropes. De la rencontre séminale entre Allen Ginsberg, Jack Kerouac et William S. Burroughs dans les années 1940 surgissent trois séismes littéraires : Sur la route, Howl et Le Festin nu. Écrit par Jack Kerouac en 1957, Sur la route est une œuvre semi-autobiographique qui raconte les aventures de deux amis voyageant à travers l’Amérique dans la quête d’un nouvel idéal de liberté. Howl, publié en 1956, prend la forme d’un poème épique au sein duquel Allen Ginsberg adresse une critique féroce et imagée de la société de consommation et du conformisme. Le roman de William S. Burroughs Le Festin nu, datant de 1959, s’apparente quant à lui à une œuvre expérimentale utilisant la technique du cut-up pour dépeindre un univers hallucinatoire et satirique sur la drogue, le pouvoir et l’oppression sociale.
du mouvement Beat. Côté solaire, Gary Snyder se pose en chantre de l’écologie et du biorégionalisme, cherchant à donner une voix aux sans-voix dont la nature est constituée. Côté crépusculaire, Gregory Corso semble incontrôlable, sous la coupe de ses pulsions, aussi caractériel et dysfonctionnel qu’inspiré et talentueux. Et au cœur de cette fresque chorale et empreinte de psychédélisme, Hank occupe une place prépondérante. Ses propos, rapportés à différents moments du récit, fascinent Gilles Farcet et tendent à pénétrer au tréfonds de son psychisme. Le journaliste se questionne sur l’identité de cet homme, sur ce qu’il a produit et sur les raisons pour lesquelles il exerce une telle emprise sur lui. Le « clochard céleste » incarne en quelque sorte l’essence même de la Beat Generation, avec sa verve poétique, ses fulgurances et son acuité pour percer la réalité d’un monde qui cherche à se dérober.
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vendredi 12 mai 2023
Habitudes mentales
Lors de la méditation à sainte Pezenne, nous avons cherché à comprendre comment nous avons dans notre vie développé nos habitudes mentales.
Pour d'autre, c'est sans grand intérêt car cela ne va aboutir qu'à renforcer une identification à un moi au travers d'une histoire que nous allons découvrir et à laquelle nous allons nous identifier. Ce qui n'est qu'une nouvelle source de souffrance. Ce dernier point mérite un long développement que je ne vais pas faire aujourd'hui.
La vraie solution est de revenir à l'instant et de découvrir ce qui se passe au sein de cet instant insaisissable, de découvrir que cet instant est juste de passage au sein de notre esprit. Pouvons-nous nous en réjouir ?
jeudi 11 mai 2023
Ouverture au silence
«Suivons les voix qui ne réduisent pas la pensée au calcul, la vérité au fait, la beauté à la fonction. Suivons ceux qui se rebellent à l'idée que l'égalité signifie l'élimination des non-égaux ; que la tolérance soit le don gracieux des vainqueurs aux valeurs qu'ils ont abattues ; que la justice habite le camp des vainqueurs. Suivons qui invite à se rebeller — mais pour en revenir à soi-même, pour commencer à comprendre d'ici, depuis ce lieu-non-lieu, notre être au monde. Libres du bavardage universel.» (Massimo Cacciari)
«Le silence est la plus haute forme de la pensée, et c'est en développant en nous cette attention muette au jour, que nous trouverons notre place dans l'absolu qui nous entoure.» (Christian Bobin)
«Il n'y a pas à créer le silence, il n'y a pas à l'introduire en nous. Il y est déjà et il s'agit tout simplement de le laisser revenir en surface de lui-même, de sorte qu'il élimine par sa seule présence tous les bruits importuns qui nous ont envahis.» (Un Chartreux)
Photo : à proximité du monastère de la Grande Chartreuse.
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mercredi 10 mai 2023
Hommage à Yahne Le Toumelin
Chers amis,
Nous avons la grande tristesse de vous annoncer le décès de notre grande amie Yahne Le Toumelin, survenu à Tursac en Dordogne, ce 8 mai 2023 au matin, chez elle, dans sa 100ème année.
Personnage aux multiples facettes et à la forte personnalité, artiste peintre renommée, elle fut avant tout une pratiquante de la première heure. Elle rencontra Kangyour Rinpoché en 1968, puis passa plusieurs années auprès de lui à Darjeeling. Elle a pris les vœux de moniale avec Sa Sainteté le 16ème Gyalwa Karmapa en 1968 et fit un long séjour auprés de Dilgo Khyentsé Rinpoché au Bhoutan. Elle fit également une retraite de trois ans en Dordogne et y a vécu depuis. Elle eut aussi l’occasion de servir Kyabjé Dudjom Rinpoché et sa famille.
Quiconque a eu l'occasion de la rencontrer garde le souvenir d'une personne hors du commun, de par son talent artistique, son humour, sa bienveillance et ses côtés hauts en couleur, parfois étonnants, voire extravagants, mais toujours empreint d’un grand cœur.
Ayant une foi inébranlable dans les enseignements du Bouddha et les maîtres qu'elle a rencontrés et servis pendant de nombreuses années, elle a inspiré par sa vie et son exemple de très nombreuses personnes.
Son itinéraire spirituel est indissociable de celui de son fils Matthieu dont elle était très proche, et qui a pris soin d'elle toutes ces dernières années. Sa chère fille Ève et son époux Yann, se sont également installé en Dordogne non loin d’elle.
Yahne sera inhumée ce vendredi 12 mai à 13 heures dans le cimetière de Tursac, Dordogne.
Bien amicalement,
Songtsen-Chanteloube
mardi 9 mai 2023
Hommage à Gérard Bayo
lundi 8 mai 2023
En entier, être aimé...
"Nous aimons si peu, ou si mal, avec une moitié de nous-mêmes et nous aimons chez l’autre quelques morceaux choisis, les plus connus, ceux qui font le moins peur. C’est si rare d’aimer quelqu’un entièrement, ce qui nous plaît et ce qui ne nous plaît pas, c’est si rare d’être aimé entièrement avec nos creux d’ombre, nos torses de lumière.
J’avoue que j’ai vécu, j’avoue que je suis blessé, mais ces blessures sont aussi ma beauté. L’amour, c’est ne plus avoir besoin de se cacher, de dérober à l’autre son plus mauvais profil, pouvoir enfin se montrer nu à quelqu’un qui n’en profitera pas pour affirmer sa puissance.
Être nu dans un regard qui respecte notre force et notre fragilité, tout est si précieux, si éphémère…
Tout ce qu’on fait sans amour est du temps perdu, tout ce qu’on fait avec amour est de l’éternité retrouvée..."
Jean-Yves Leloup
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dimanche 7 mai 2023
Le goût du bonheur
Comment cultiver le goût bonheur par Marie-Christine Barrault :
Ne pas dépendre des événements
Comme disait Marie Curie, que j’ai eu la chance d’incarner au cinéma, il ne faut pas dépendre des événements. Le bonheur est comme un château intérieur que rien ni personne ne peut détruire. Mais ce château, il faut le défendre des attaques ennemies, c’est-à-dire des épreuves, petites ou grandes, qui adviennent inévitablement. Comment ? En veillant sur lui, constamment, chaque jour, grâce à un travail intérieur. On ne peut pas être heureux en se laissant vivre.
Être dans la gratitude
Au lever, je souris à moi-même, je me demande quelles merveilles vont m’être offertes et je dis « oui », je me lance dans la vie. Je me regarde ensuite dans la glace et je me dis : « Ne t’énerve pas. Dans 10 ans, si tu es toujours là, tu regretteras ton visage d’aujourd’hui, alors profite ! » La vieillesse n’est pas un cauchemar, elle n’est qu’une étape sur le chemin de notre existence. Je la respecte infiniment. Le soir, je revois chaque détail de la journée et je m’en réjouis. La gratitude cultive et nourrit mon bonheur, elle le rend tangible, malgré mes douleurs et mes peines.
« Je souffre donc je suis »
Quand j’ouvre l’œil le matin, je suis très optimiste, mais quand je mets le pied par terre, c’est douloureux (rires). J’ai 79 ans tout de même, alors, oui, je dois accepter que mon corps me fasse défaut. Mais je souffre donc je suis ! Mes douleurs me rappellent que je suis toujours vivante. On peut construire quelque chose sur la douleur à condition de ne pas la refuser, mais de l’accompagner.
Être là, présent au présent
À l’âge que j’ai maintenant, je pense que la réponse à tout ce qui peut arriver dans une vie, c’est : être là. C’est une façon de vivre qui aide à transcender toutes les questions de l’existence. Tous les drames aussi. Je l’ai compris au moment de la mort de Vadim. Plutôt que de faire à tout prix, il s’agit d’être. Ma vision de l’interprétation tient donc en ces deux mots : être là. Dans la vie comme sur scène.
source : La Vie
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samedi 6 mai 2023
En chemin
vendredi 5 mai 2023
Le choix des pensées
Vous avez certainement déjà remarqué que vous ne choisissez pas vraiment vos pensées, elles apparaissent, elles surgissent, sans que vous ne fassiez rien.
Votre libre arbitre, quand vous prenez conscience de la pensée qui a surgi, est de suivre ou ne pas suivre cette pensée, de réaliser que son contenu n'est pas toujours vrai (notamment les jugements), que si vous discutez avec cette pensée, vous allez créer une autre pensée jusqu'à cela devienne un véritable tumulte mental.
D'une certaine façon toutes les pensées que vous cultivez vont revenir et celles que vous ne suivez pas vont perdre de leur force et finalement ne plus revenir.
Pour modifier nos pensées, nous pouvons aussi prendre l'habitude de cultiver des pensées altruistes, des pensées de générosité, de courage, de patience...
Changer le monde et changer les autres est au-dessus de mes forces et ne correspond pas vraiment à ce que je souhaite. Changer ma vue sur le monde est par contre possible.
Puis-je réaliser
que tout est impermanent et donc peut-être précieux ?
Que tout dépend de causes et de conditions, qu'aucun phénomène, aucune perception n'existe seul, par lui-même. Tout est toujours la conséquence d'autre chose selon les conditions du moment.
Que tous les êtres souhaitent être heureux.
Que tous les êtres ne souhaitent pas souffrir.
Que l'immense majorité des êtres est inconsciente des conséquences de ses actes, preuve en est qu'ils réalisent des actes qui font souffrir les autres et qu'ainsi ils n'empruntent pas le chemin du bonheur.
Je vous souhaite à tous une belle journée sur le chemin du bonheur.
Philippe------------
jeudi 4 mai 2023
Stratégie de survie, encore et toujours
Un homme que j’accompagne depuis plus de vingt ans me parle de ce qu’il observe de sa « stratégie de survie » telle qu’elle se manifeste sur le vif, à travers des réactions intérieures et extérieures.
Ce qu’il y a de remarquable avec cette fameuse stratégie de survie, c’est qu’elle peut s’énoncer en quelques phrases, lesquelles n’auront rien d’extraordinaire pour un auditeur non averti, et qu’elle ne bouge pas au fil des années, des décennies, de l’existence toute entière.
Elle ne se modifie en rien. Ce que cet homme perçoit maintenant avec tant d’acuité était là il y a vingt ans. De fait, nous l’avons déjà abordé ensemble à maintes reprises, et presque dans les mêmes termes.
Ce qui change, ce n’est pas la stratégie c’est sa conscience à lui du degré auquel cette stratégie le manipule.
En pratique, cette stratégie n’est rien d’autre que l’ego et le mental au niveau du noyau, la façon dont l’ego et le mental se sont cristallisés chez cette personne particulière. C’est précisément pourquoi la prétention à émerger du principe ego est naïve.
L’ego n’est pas un principe, c’est chez chacun de nous un fonctionnement certes régi par des lois impersonnelles s’appliquant à tous (l’ego-centrisme) mais qui s’articule de manière quasi unique chez chacun.
Voilà aussi pourquoi la distinction entre psychologie et spiritualité s’avère au final artificielle.
Il y a bien un « niveau spirituel » à distinguer du « niveau psychologique ».
Mais dès lors qu’il s’agit de « Travail » de "liberté", les deux s’interpénètrent continuellement.
Oui, le niveau spirituel en lui même n’est pas affecté par le niveau psychologique ; oui ce niveau spirituel est en lui même radicalement libre, non dépendant, non inscrit dans le temps, l’espace, l’histoire …
Et l’erreur fatale consiste à croire, encore une fois naïvement si on y réfléchit ,qu’une forme humaine (donc une personne) pourra en tant que forme fonctionner dans le monde des formes à partir de ce niveau spirituel sans que quoi que ce soit de la forme interfère et colore.
Erreur qui amène à considérer (ce qui est bien pratique) que l’ « éveil » se passe de tout contexte et donc à négliger, même pas le travail « psychologique » mais tout simplement … le « Travail », le travail sur cette matière humaine à travers laquelle le niveau spirituel va s’exprimer, se manifester.
Cette négligence conduit à tous les abus, à toutes les illusions, à toutes les « chutes » malheureusement si fréquentes dorénavant chez nombre d’enseignants se voulant « éveillés ». Ils ont négligé le contexte, voire utilisé « l’éveil » comme un alibi pour s’économiser le « travail ». Dangereuse négligence à moyen terme.
J’ai relu récemment des notes prises il y a quelques années à propos de ma propre « stratégie de survie ». Et j’ai été frappé de constater comment tout était déjà clairement articulé dans ces notes. Et comment, pourtant, il m’est nécessaire d’y revenir, encore et encore, tant qu’il en reste ne serait ce que des bribes actives.
En vérité, sur la voie, on ne fait que tourner autour du noyau, en cercles concentriques. On tourne autour, on s’en rapproche. Plus on s’en rapproche plus c’est « chaud ». Jusqu’à traverser le dit noyau. Le trou de l’aiguille. Voir le traverser plusieurs fois car il a la vie dure.
C’est cela « le travail ». Combien de personnes pourtant sincèrement touchées par « la voie » ne le soupçonnent pas encore ? Et ce travail se situe tellement à l’opposé des fascinations actuelles pour l’immédiat, la soi disant approche « directe ». Comme si il existait des approches "indirectes" empruntées par quantité de pauvres gens tenant absolument à perdre leur temps ...
Gilles Farcet (extrait du "carnet")
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