mercredi 25 mars 2020

Lumière naturelle


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Moins d'ego, plus de joie (1)


Ce qu’il convient alors de faire cesser, c’est le fonctionnement du mental, qui est l’expression directe de mon personnage à chaque instant. Ce n’est pas à mes préférences et aversions que je dois m’attaquer mais à mes refus, quand le monde ne coïncide pas avec mon monde. Ce mécanisme de refus, à la différence de l’ego, peut et doit être éliminé, sans compromis : la tradition indienne emploie l’expression « destruction du mental », qui ne laisse aucune 
équivoque.

Avoir un temps d’avance

Mieux je connais mon personnage, ses ficelles, ses pensées habituelles, ses réactions émotionnelles, mieux je le vois venir. C’est justement l’esprit des arts martiaux : voir venir. Le Moi ne se fatigue jamais, ses mécanismes se déclenchent à la vitesse de l’éclair, ce qui exige d’avoir un temps d’avance sur lui. Je dois m’attendre à ce qu’il ramène la couverture à lui, qu’il se pavane, qu’il se plaigne ou proteste, et qu’il calcule. Rien ne sert de lui faire des leçons de morale. Ce qui ébranle l’ego, c’est de le démasquer sur le vif plutôt que vouloir le changer.

Que puis-je faire, ici et maintenant ?

« Et maintenant que puis-je faire ? Accepter, c'est être actif et non passif. »

L’ego, avec son infantilisme, marche au tout ou rien. S'il n’accède pas à ce qu’il réclame, il se ferme, boude, se désespère. Reconnaître le caractère capricieux de son exigence (sans la juger !) aide à s’en détacher. Peu à peu, admettons que nous ne sommes pas aux commandes... 
Qu’est-ce qui m’est possible maintenant ? 
Car, à tout moment, quelque chose nous est possible, ne fût-ce que d’admettre qu'ici et maintenant nous sommes submergés d’émotion. C'est cela une attitude positive : prendre comme point de départ une affirmation plutôt qu’une négation : « Ce qui m'est possible » plutôt que « Je n’y arriverai pas ». Accepter, c est cesser de subir, c’est ce qui conduit à l’action : face à une situation qui ne nous convient pas, une fois que nous l’avons admise telle qu’elle se présente, faire tout ce qui est en notre pouvoir pour qu’elle évolue dans un sens plus favorable. L’action réduit l’ego au silence.


Christophe Massin
Extrait de "Moins d'ego... Plus de joie !"

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mardi 24 mars 2020

Nous sommes encore collectivement tellement étriqués...

Merci à Fabrice Jordan ! C'est si vrai !
Bill Gates, en mars 2015. Comme quoi les visionnaires le restent même quand ils changent de domaine. Parce que les ingrédients restent les mêmes : intuition, vision systémique et grande capacité d'analyse conjointement. Et qu'on ne vienne pas dire que c'est parce qu'il a de l'argent. Beaucoup de monde en a, mais très peu sont aussi percutants et ajustés.

On sait ce qu'il nous reste à faire après la sortie de cette crise majeure. Et ça ne passera pas uniquement par des injonctions de type "suivez votre cœur", "retrouvez votre vraie nature" , "tout ce qui arrive est bien", "boostez votre système immunitaire avec le (à choix) Qi Gong, Yoga, les huiles essentielles" ou tuez le méchant virus avec l'hydrochloroquine.

Ni par "ouuuuhh les méchants financiers, politiciens, etc" et autres théories complotistes indigentes.

Non, c'est bien à une vision systémique, intelligente, rationnelle, technologique, humaniste, aimante et spirituelle que cette crise nous pousse, à coups de pieds au cul, parce que nous sommes encore collectivement tellement étriqués.
La pensée matérialiste se meurt, vive l'avènement de la pensée complexe ! Elle aura inclus et dépassé la précédente, en poursuivant avec justesse le projet voulu par la vie : se déployer et s'ouvrir, toujours plus, vers le toujours nouveau.
Fabrice Jordan


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Présence et absence


Arnaud Desjardins parlait d'une "présence qui est en même temps une absence".
Cela illustre bien la façon dont je comprends l'effacement : être pleinement là, bien vivant, les antennes sensibles déployées, et simultanément disponible, accueillant, au service de l'autre. 
L'ego s'est temporairement retiré de la scène, je ne veux rien de particulier pour moi... 
Celui-ci admet plus facilement de rester silencieux..


Il en ressort que l'effacement n'est en aucun cas une forme de volontarisme que je m'impose. Cela serait ne pas me respecter. Le Moi se tait parce que je me suis pris en compte, avec bienveillance, que j'ai été attentif à mes besoins et que je reste en contact intérieurement avec le courant de la vie.
Aimer son prochain comme soi-même implique nécessairement l'amour pour soi.
Ce soin favorise l'émergence d'une intention pure, libérée de toute préoccupation égocentrique. Une écoute qui n'attend rien pour soi, souple, vivante, un cœur qui se met à l'unisson de l'autre pour entendre, au-delà des mots, ce qui cherche à s'exprimer.

Christophe Massin
Moins d'ego... Plus de joie !

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lundi 23 mars 2020

A-t-on vraiment besoin de méditer ?


Lors d’un colloque à Avignon, après l’intervention où je présentais la pratique de la méditation, j’ai été confronté à la question suivante : “Ne médite-t-on pas tout le temps ? 
Personnellement, je pratique en me promenant ainsi que dans nombre de mes activités quotidiennes.”

Il n’est pas une conférence où cette question ne m’a été posée sous une forme ou sous une autre. Or celle-ci est l’une des plus emblématiques et des plus regrettables de notre temps et mérite que l’on s’y attarde. Elle méconnaît le sens de tout engagement spirituel, qui repose sur le principe qu’il nous faut abandonner quelque chose pour entrer dans une pratique réelle. Méditer, en effet, ne consiste nullement apprécier un peu mieux le moment présent et jouir de la vie, mais implique d’arrêter l’apparent confort de la routine. Il y a quelque chose dans notre attitude habituelle qui entrave le rapport à la pleine réalité. Mais comment méditer, sans cette prise de conscience ?

En ce sens, méditer nous confronte avec honnêteté à notre propre confusion, à ce qui en nous est crispé, effrayé, tendu, malheureux et faux. En nous asseyant sur un coussin, nous nous exerçons à| considérer notre esprit avec précision et douceur, exactement tel qu’il est. Ainsi, rien n’est plus éloigné de la méditation qu’une promenade entre amis au bord d'une plage ou que la contemplation du coucher de soleil.

Alors que je lui parlais de la difficulté de clarifier ce qui fait problème dans cette singulière conviction, une amie m’a expliqué qu’elle avait rencontré plusieurs personnes qui étaient venues assister aux méditations guidées que je donne au sein de l’École occidentale de méditation. Elles étaient, lui avaient-elles dit, profondément déconcertées par la rigueur de ces soirées, je n’y avais pas songé tant cette exigence me semble naturelle. Mais il est vrai que pour beaucoup d’entre nous, la méditation est une forme de divertissement amusant qui doit détendre, et la spiritualité une manière de rêver en se retirant dans sa tour d’ivoire.

Le choix de présenter la pratique avec sérieux semble étonnant, voire contradictoire. Pourtant, si la spiritualité à un sens aujourd’hui, c’est qu’elle consiste à nous apprendre la valeur réelle de la discipline qui, en son aspect le plus authentique, nous fait défaut. En effet, désormais, celle-ci est pour nous le plus souvent construite sur une violence qui nous contraint et nous soumet, et non sur la confiance dans la bonté primordiale que notre être recèle et qu’il faut maintenir et préserver.

En vérité, ignorer le sens de la méditation, nous le faisons tous à différents degrés. J’ai beau m’y consacrer, je découvre régulièrement que, sans m’en rendre compte, je tends moi aussi à minimiser le saut qu’elle implique. Car au fond, méditer, c’est sortir de la logique qui nous conduit à nous protéger de l’inconfort pour découvrir qu’il existe un espace vivant au-delà du “moi-moi-même-et-encore-moi”. Et cet espace, nous ne pouvons pas le comprendre, le définir ou le saisir. Il n’émerge que comme un séisme, une brèche qui vient nous réveiller comme par surprise.

Ceux qui s’engagent dans la pratique sur le long cours le font parce qu’ils tombent amoureux fous de cet autre visage du monde, un visage sacré et pur. Ils ont alors courage de se confronter à ce qui en eux le refuse. Ce n’est qu’après ce passage par le feu qu’il devient possible d’avoir un autre regard sur le monde. Et c’est seulement alors - parce qu’on a longuement pratiqué - que la manière de voir un arbre ou de saluer un ami, devient comme une forme de méditation.

Fabrice MIDAL
Philosophe et éditeur, Fabrice Midal est le fondateur de l'École occidentale de méditation, où il oeuvre à transmettre la pratique de la méditation, en dialogue avec la poésie et la philosophie.

Source : Ultreïa

dimanche 22 mars 2020

Plantes sauvages pour nous sauver...


Deux vidéos de mon ami, François Couplan, si précieux par son invitation à découvrir le trésor des plantes sauvages et par son enseignement.


Ce que les plantes ont à nous dire :


Pour découvrir une nouvelle vision du monde...
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Parole du dimanche



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jeudi 19 mars 2020

Tous hyper-connectés


La connexion permanente, parfois l’hyper-connexion qui impose à l’individu un flux incessant d’informations, nous étourdit, nous perturbe et nous éloigne de la personne la plus importante : nous.

Non pas que le progrès soit une mauvaise chose, il nous faut suivre l’évolution car c’est le monde d’aujourd’hui.

Le challenge est plutôt de ne pas fuir, de ne pas être effrayé par cette connexion à nous qui calme et apaise, nous donne la bonne direction.
La connexion à nos richesses intérieures, la reconnexion à notre corps nous permet de décélérer à tous les niveaux. Elle préserve également des angoisses nouvelles que les nouveaux supports et réseaux amènent : la peur de se tromper, de rater quelque chose d’essentiel.

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Aaah ! Si l’écologie intérieure était déjà une activité quotidienne comme se laver les dents ou changer de vêtements, contribuant à notre santé et bien-être intérieur autant qu’à celui de la planète, que d’énergie et de temps gagnés ! Combien de destructions aurions-nous évité ?

Négliger certains aspects de nous nous conduit vers le chaos interne et externe. 
Retrouvons donc des instants de grâce où la paix fait son apparition, où notre « pétillance » revient.

Florence Binay
extrait de "10 minutes d'écologie intérieure au quotidien" au Souffle d'or

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mercredi 18 mars 2020

Transformer son intérieur...

BIOGRAPHIE

Devenu aveugle à 33 ans après avoir contracté une grave maladie, Eric Brun-Sanglard décide, contre toute attente, d'exercer le métier d'architecte d'intérieur. Il mène alors une carrière prestigieuse, et compte bientôt parmi ses clients plusieurs stars de Hollywood. Il anime par ailleurs une émission de télévision aux Etats-Unis : The Blind Designer.

INTERVIEW

Votre livre montre combien le lieu que nous habitons nous révèle et doit correspondre à notre identité. Si une personne est insatisfaite de son logement, doit-elle forcément envisager d'en changer ? Est-il possible d'« accepter » le lieu tel qu'il est, avec résilience ?
La première question à se poser est de comprendre pourquoi cette personne est insatisfaite. Problème de luminosité, d'exposition, d'environnement (bruit, odeurs), de voisinage ? Si c'est le cas, oui, je conseillerais de déménager car ces éléments sont difficilement maîtrisables.
En revanche, si c'est dû à une mauvaise expérience dans cette habitation (divorce, décès, vétusté, sonorité, matériaux présents, ameublement, couleurs, odeurs de moisissure…), il est possible de remédier à ces problèmes en rénovant, en repensant l'espace, sa décoration et l'énergie qui en résultera.

Comment avez-vous pris conscience du parallèle qui s'est établi entre la reconstruction de votre habitation et votre reconstruction intérieure ?
Au moment où j'ai perdu la vue, alors que j'étais condamné par les médecins, j'avais préalablement entrepris de gros travaux dans ma maison. J'ai été forcé de les reprendre afin de pouvoir vendre ma maison et payer mes dettes médicales, qui s'accumulaient.
Petit à petit, après m'être réapproprié ma maison, ses espaces, ses matériaux, ses ouvertures à travers le toucher, les sons, les odeurs, tous ces sens qui devaient remplacer ma vue, j'ai commencé à rénover ma maison tout en améliorant ma santé. Sans même le réaliser, en reconstruisant ma maison, je reconstruisais ma santé, au grand étonnement des médecins.

Si je me sens mal chez moi, quelle est selon vous la première étape à laquelle je dois réfléchir pour transformer mon intérieur ?
La première chose que je conseil à mes clients est de se placer au milieu de chaque pièce, de fermer les yeux et d'établir une sorte de diagnostique de leur environnement.
Je leur demande alors d'écouter, de sentir, de ressentir pour comprendre d'où vient leur malaise. Si la pièce est vide, alors de la parcourir en touchant les murs, ses ouvertures, la sensation de leur corps avec les matériaux afin de ressentir l'énergie de la pièce.
Si la pièce est meublée, alors si possible la vider puis ramener chaque élément un par un. Les replacer où ils pensent que c'est le plus approprié. Si c'est un canapé, de s'asseoir les yeux fermés, toucher la forme et la texture de ce sofa, puis se lever et toucher son environnement toujours les yeux fermés pour s'assurer qu'il est placé au bon endroit, en laissant assez d'espace autour pour qu'il respire, puis se rasseoir et imaginer quel autre meuble complèterait l'ambiance que l'on voudrait ressentir.
Placer cet autre meuble et recommencer le même procédé jusqu'à ce que vous vous sentiez bien dans cet espace. Vous réaliserez peut-être que certains meubles doivent être changés ou éliminés car ils sont de trop. Ne vous sentez pas forcés d'exposer ou de placer tout ce que vous avez enlevé et choisissez avec précaution chaque objet, chaque élément de décoration tout comme si vous ajoutiez petit à petit des épices dans un plat jusqu'à ce que la saveur vous convienne.
C'est seulement à ce moment-là que vous pouvez réfléchir au traitement des murs, couleurs, papiers peints (même chose pour tapis, rideaux, coussins, plaids, etc.). Finalement, toujours les yeux fermés, sentez votre espace et rajoutez la senteur qui correspond à l'ambiance désirée dans cet espace (diffuseur, huiles essentiels, bougies ou fleurs odorantes…), tout comme vous le feriez, après vous être habillé, avec un spray de parfum avant de quitter votre maison.

Se sentir chez soi, est-ce forcément se sentir dans une sorte de cocon protecteur ?
Pour moi, notre maison doit non seulement nous ressembler mais également répondre à nos besoins émotionnels.
Pour certains, c'est peut-être le besoin de se ressentir comme dans un cocon protecteur, pour d'autres, un espace familial où chaque membre de la famille s'y retrouve, partage et s'exprime.
Dans mon métier d'architecte d'intérieur, découvrir ce que mes clients recherchent émotionnellement dans leur habitation est certainement la première chose que je dois établir. Cette partie de mon métier est ce que j'appelle l'étude psychologique de mes clients afin de pouvoir rentrer dans leur univers, m'approprier leur besoin, leur mode de vie, pour bien réaliser leur version du bien-être.
Notre notion du bien-être, tout comme notre ADN, est propre à tout un chacun. Cela explique l'impact de notre environnement sur nos émotions, et vice versa.

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source : Nouvelles Clés

mardi 17 mars 2020

De nouvelles portes....


« J’ai gagné la certitude, en cours de route, que les catastrophes sont là pour nous éviter le pire. Et le pire, comment pourrais-je exprimer ce qu’est le pire? Le pire, c’est bel et bien d’avoir traversé la vie sans naufrages, d’être resté à la surface des choses, d’avoir dansé au bal des ombres, d’avoir pataugé dans ce marécage des on-dit, des apparences, de n’avoir jamais été précipité dans une autre dimension. Les crises, dans la société où nous vivons, sont vraiment ce qu’on a encore trouvé de mieux, à défaut de maître, quand on en a pas à la portée de la main, pour entrer dans l’autre dimension. Dans notre société, toute l’ambition, toute la concentration est de nous détourner, de détourner notre attention de tout ce qui est important. Un système de fils barbelés, d’interdits pour ne pas avoir accès à notre profondeur {...}

C’est une immense conspiration, la plus gigantesque conspiration d’une civilisation contre l’âme, contre l’esprit. Dans une société où tout est barré, où les chemins ne sont pas indiqués pour entrer dans la profondeur, il n’y a que la crise pour pouvoir briser ces murs autour de nous. La crise, qui sert en quelque sorte de bélier pour enfoncer les portes de ces forteresses où nous nous tenons murés, avec tout l’arsenal de notre personnalité, tout ce que nous croyons être {...}

Nous sommes tous spécialisés dans l’esquive, dans le détournement, dans le «divertissement» tel que le voyait Pascal. Il n’y a au fond que cette possibilité, subitement, de se dire : «Oui, mais tout cela, tout ce qui m’enserre, tout ce qui m’étrangle, mais c’est moi ! »

Christiane Singer, «Du bon usage des crises»

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