vendredi 13 décembre 2019

Méditer, une hygiène de vie spirituelle




CHU Liège

La méditation, c'est bon pour le cerveau, tel est le thème du livre très pédagogique du Pr Steven Laureys. Ce spécialiste des états modifiés de conscience nous invite à nous entraîner au bien-être mental.

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS
« Le cerveau n'est pas un muscle, mais on peut rapprocher l'entraînement cérébral de l'entraînement musculaire. Comme il est conseillé de faire du sport pour lutter contre la sédentarité, il faut prendre soin de son hygiène mentale ! C'est désormais une responsabilité que de faire du bien à son cerveau, dont on sait qu'il est malléable et plastique. La méditation est pour cela un exercice intéressant et efficace qui a changé ma vie. J'ai commencé par observer le cerveau d'un grand « athlète » : Matthieu Ricard, docteur en sciences et moine bouddhiste. On y voit des développements extraordinaires, tant dans les structures que dans le fonctionnement, dans des zones comme l'amygdale (reconnaissance des émotions), le cortex cingulaire antérieur (contrôle de l'attention), ou l'hippocampe (qui entre dans le processus de la mémoire). La communication entre les deux hémisphères, gauche et droit, est plus développée aussi. 
Plus vous avez d'heures de méditation au compteur (et Matthieu en a 60 000 et plus !), plus ces effets sont observables. Mais les études montrent aussi qu'il n'est pas besoin d'être un moine, ni un marathonien de la méditation. Si nous suivons un petit programme d'entraînement, un peu comme les 10 000 pas pour la marche, l'effet est déjà visible sur la neuro-imagerie... et sur nos comportements dans la vie.

Des exercices à la portée de tous

On sait que la méditation est efficace en clinique sur la douleur, l'anxiété, la dépression et peut remplacer des médicaments, ralentir le processus du vieillissement. Il en est de même pour les pensées négatives et les ruminations. N'attendons pas un burn-out pour commencer à être attentif à notre bien-être mental ! Nous serons tous confrontés à un moment de notre vie à un stress trop important. Ne mettons pas pour autant la barre trop haut, chaque minute fait du bien et les entraînements sont variés, comme dans les activités sportives. À chacun de trouver ce qui lui convient. Moi, j'aime bien l'exercice de l'attention focalisée : on porte simplement son attention sur la respiration et on observe ce qui se passe en soi. Cela agit sur notre réseau attentionnel et permet de prendre un peu de distance avec la petite voix incessante de notre mental, celle qui nous empêche de dormir et nous donne des angoisses. Vous pouvez aussi pratiquer une méditation de présence ouverte à la compassion qui agit sur les réseaux de contrôle émotionnel du cerveau avec des effets visibles sur la matière grise (les neurones), la matière blanche (les connexions) ou le fonctionnement. 
La méditation, c'est comme le vélo, il y a un peu d'entraînement au début, puis vous enfourchez votre bécane et c'est reparti. Ces exercices sont à la portée de tous, je les prescris dans un cadre médical, en complément des traitements, à mes patients de la consultation de neurologie, je les pratique moi-même entre deux consultations ou dans le tram. Comme médecin, responsable de labo, époux, papa, je ne fais pas toujours les 20 minutes quotidiennes conseillées, mais je défends aussi l'idée d'une méditation informelle, car je sais qu'elle a un effet réel. Il faut abandonner le vieux dogme d'un cerveau statique : il change en permanence. Alors, de même que l'environnement influence notre expression génétique, tout ce qu'on fait pour gérer son stress agit sur notre cerveau mais aussi sur notre vie émotionnelle et sociale. La méditation ne nous coupe pas de la vie, mais nous rend plus présent à « l'ici et maintenant », plus conscient, plus concentré et donc moins exploitable, elle nous rend plus bienveillant pour soi-même et pour le monde. »

Interview de Élisabeth Marshall
source : La Vie
-----------------

jeudi 12 décembre 2019

Volonté de Dieu...


La soumission ou lâcher-prise est un espace où l'on respire un air rare. C'est un espace clair et merveilleux, mais aussi tout à fait inconnu, car nul ne peut concevoir le Divin. On peut être un grand esprit comme Einstein ou Nietzsche – mais même un tel esprit est insignifiant comparé à l'esprit du Divin. Non que Dieu cache quoi que ce soit aux êtres humains ; mais son esprit est si grand qu'il ne peut être saisi ou englobé par l'esprit humain ordinaire. Les bauls le savent, et c'est pourquoi ils s'efforcent de se soumettre afin de pouvoir être absorbés par l'intelligence de Dieu au lieu de se soumettre à l'intelligence tellement plus petite de leur ego.

Être « soumis » ou « abandonné » à la volonté de Dieu signifie que notre volonté personnelle est abandonnée et soumise à l'influence du Divin telle qu'elle se meut. Quand on s'est rendu à cette influence divine, on renonce à ses préférences personnelles afin de servir celles du maître et du Divin ; on est alors animé par une sorte d'instinct du service en toute circonstance. Tous les désirs personnels, de pouvoir, de succès, d'argent ou d'opulence deviennent secondaires et passent après ce que commande la bénédiction divine.

Quand on est soumis à la Volonté de Dieu, on est animé par Lui jour après jour, instant après instant. Chaque jour on reçoit ses ordres : « Va à tel endroit aujourd'hui. Fais ceci. Écris ceci. Fais en sorte que ceci se fasse. Mange ceci. Ne mange pas ça. Pratique telle discipline. »

Tout ce l'on fait obéit à ces « ordres » divins, lesquels, cependant, ne se présentent pas sous la forme de voix que l'on entendrait ou de signes que l'on percevrait, mais s'imposent naturellement. L'avenir demeure inconnu. Dans la soumission, on se donne entièrement au Divin ou à la Vie, ou encore à l'Univers, et l'on dit : « Dieu, je ne te résiste plus... La Vie, je ne te résiste plus... Univers, je ne te résiste plus... Fais de moi ce que tu veux ! »

L'essentiel est que l'on ne contrôle plus. C'est le Divin qui est aux commandes et nul ne sait ce que le Divin va vouloir pour chaque individu.

Lee Lozowick
Eloge de la folle sagesse

mardi 10 décembre 2019

Soigner son couple...

1. Offrez-vous des moments de qualité, légèreté, surprise

Faites-vous du bien ! Un week-end en amoureux par an est essentiel. On peut faire très simple ! Par exemple, partir marcher en emportant un pique-nique. L'important est d'être à deux.

2. Faites le point : où en êtes-vous de votre projet initial ?

Avez-vous des choses à vous pardonner l'un à l'autre ? Êtes-vous d'accord sur les règles éducatives ? Se rencontrer régulièrement, le soir, une fois les enfants couchés, permet de ne pas vivre comme des colocataires.

3. Apprenez à demander et à écouter

Un reproche du style : « J'en ai ras le bol, tu rentres toujours tard » ne produira pas les mêmes effets qu'une demande explicite : « Tu sais, quand tu rentres après 20 h, je me sens seul(e). Pourrais-tu rentrer plus tôt ? » Pour mieux écouter, utilisez la technique de la reformulation : exprimer votre ressenti afin de ne pas être dans l'accusation, et redire avec vos propres mots ce que votre conjoint ressent est un moyen d'être certain d'avoir bien compris, et qu'il se sente écouté.

4. Communiquez en profondeur

Trop souvent, on se contente de partager ce que l'on fait et ce que l'on pense. Or, ce qui permet de se connaître véritablement, c'est exprimer ce que l'on ressent. Face à son conjoint, on peut dire ce que l'on éprouve, ses faiblesses, ses questions, parce que nous savons qu'il nous aime, et qu'il ne va pas nous juger ni l'utiliser contre nous. Au contraire.

5. Faites-vous aider par un conseiller conjugal !

Face aux difficultés, inutile d'attendre : y songer est le signe qu'il est temps d'agir. Si vous ressentez de la souffrance, que les conflits sont récurrents ou excessifs. Votre conjoint n'accepte pas de faire cette démarche ? Il est toujours possible de consulter seul(e).

6. Souvenez-vous que le couple est un jardin à entretenir...

Il devient une jungle si l'on ne s'en occupe pas. Dès lors, comment s'en occuper ? Avec du temps, des cadeaux, des compliments. Lisez les Langages de l'amour, de Gary Chapman (Éditions Farel), offrez-vous une session ou un week-end pour couples.
******

lundi 9 décembre 2019

Prendre place


Je prends place
Christian Schloe
au rêve des deux je prends place
sans que tu ne me dises rien

Je suis le ciel qui se dévoile 
en notre présence


Je suis tout ce que je peux être

Merveilleux 
initial et grandi 
Joyeux de l'être 
du cœur et des seins 
Amoureux de tout 
de l'homme qui s'électrise 
du foutoir des rêves 
de la solitude des êtres

Je prends place

Brigitte Maillard,
Il y a un chemin,
Librairie-Galerie Racine - Paris, 2019


***********


dimanche 8 décembre 2019

« Veille, tiens-toi prêt »

Veiller, c'est la première attitude spirituelle que Jésus te conseille d'adopter en ce dimanche du temps de l'Avent.

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS
Ne crains pas
Pour commencer l'Avent, l'Église nous offre l'Évangile où Jésus compare sa venue avec le terrible déluge qui eut lieu au temps de Noé. Une drôle d'idée, pourrais-tu penser, car les quatre petites semaines qui précèdent Noël sont censées être douces et joyeuses, et non pas marquées par un climat de terreur ! En fait, ce texte, que l'on dit apocalyptique, n'est pas fait pour te faire peur, mais pour te dévoiler la réalité. Et cette réalité, cette belle et Bonne Nouvelle, c'est la venue du Christ, son avènement.
Et sois attentif
Si tu restes ainsi en éveil et aux aguets, alors tu verras que le Christ ne cesse de toquer à la porte de ton cœur pour naître en toi et te faire vivre d'amour. Si tu es un peu attentif, un peu silencieux, un peu recueilli, alors tu comprendras que Dieu est présent à chaque instant de ta vie. Finalement, c'est cela « veiller », le maître-mot de cette première semaine de l'Avent : attendre le Seigneur, le guetter comme un veilleur guette l'aurore, pour vivre davantage en sa présence.
Réveille-toi
Mais comment donc ne pas rater cette venue de Jésus dans le monde et dans ta vie ? Comment ne pas passer à côté de ce vrai cadeau de Noël qu'est la naissance de Jésus ? Ce que le Christ dit à ses disciples, il te le dit aussi : « Veille ! Tiens-toi prêt ! » Ou dans la bouche de saint Paul : « C'est le moment, l'heure est déjà venue de sortir de ton sommeil. » Autrement dit : réveille-toi ! Ne te laisse pas endormir par les milles activités et jeux de ta journée, par les préparatifs de Noël ou les listes de présents à demander... au point d'en oublier Jésus.
--Alexia Vidot-----------------

vendredi 6 décembre 2019

Nuitamment...


Ô Nuit 
Pour s’endormir un peu moins bête ce soir...
Si vous ne connaissez pas l’origine et la signification du mot : NUIT, en voici l’explication :
Dans de nombreuses langues européennes, le mot NUIT est formé par la lettre "N" et suivi du numéro 8 dans la langue respective du pays.

La lettre "N", est le symbole mathématique de l'infini, et le nombre 8 symbolise aussi l'infini.
Ainsi, dans toutes les langues, NUIT signifie l'union de l’infini ! (N + 8 )
Quand ce fait a été découvert, il est apparu évident que l'on ne comprenait pas comment on ne l’avait pas remarqué avant..

Et voici quelques exemples :
PORTUGAIS : noite = n + oito (8)
ANGLAIS : night = n + eight (8)
ALLEMAND: nacht = n + acht (8)
ESPAGNOL : noche = n + ocho (8)
ITALIEN : notte = n + otto (8)
FRANÇAIS: nuit = n + huit (8)
NEERLANDAIS : nacht = n + acht  (8)

Intéressant,

Heureux celui qui transmet le savoir et qui vous conseille au moins 8 heures de sommeil...

Et comme le disait Raymond Devos : "Ne pas dormir... nuit !"

Bonne nuit… « Car Dieu comble son bien aimé qui dort » Psaume 126

Marie-Thérèse Bal Craquin


Petits Pains de la Parole de Dieu 
« J'avais dit: les ténèbres m'écrasent! mais la nuit devient lumière autour de moi. Même la ténèbre pour Toi n'est pas ténèbre, et la nuit comme le jour est lumière! » Ps 139
« À la quatrième veille de la nuit, Jésus alla vers eux, marchant sur la mer. »  Marc 6-48

****

mercredi 4 décembre 2019

Une vraie dualité


A l'origine, le petit bébé fait très mal la distinction entre lui et le reste du monde – il vit ce qu'on appelle communément un état fusionnel avec la mère – puis il se rend compte peu à peu que si son bras ou sa jambe fait partie de lui, sa mère, elle, est autre que lui. Il peut bouger son bras s'il le veut mais il ne déplacera pas sa mère simplement en désirant que celle-ci le fasse; il l'appelle et elle ne vient pas. Pour le bébé, et en tout cas pour le fœtus tant qu'il est dans le sein de sa mère, il n'y a pas de dualité, de division entre « moi » et « séparé de moi ». La naissance inévitable de l'ego, c'est la perception de cette distinction : ceci n'est plus moi, c'est autre, indépendant, ne répondant pas à ma demande. Il y a chez le petit enfant une nature tyrannique qui veut que la réalité soit une avec lui et qui refuse l'abandon de cette fusion. L'enfant, en grandissant, se heurte – parfois violemment – à l'autre. Puis il se plie, il cède, sans se réconcilier au fond de lui-même avec l'implacable loi de l'altérité et de la différence. Là se trouve l'origine de la dualité au sens le plus immédiat, le plus concret, et il y a refus de cette dualité chaque fois qu'elle ne nous convient pas. C'est la base de la constitution de l'ego et du mental, avec leur tendance despotique qui cherche toujours à reprendre le dessus et qui est presque tout le temps, sinon tout le temps, battue en brèche par l'existence. Parmi les personnages contradictoires qui nous composent se trouve un tyran : je veux, j'exige, j'ordonne. Il faut reconnaître l'aspect psychologique subtil qui est à la source de ces comportements dictatoriaux. 

Cette nostalgie d'un monde qui ne serait pas autre que nous subsiste à travers les années. Elle est tout le temps présente et tout le temps déçue, avec l'espoir du miracle – hélas éphémère – dans la passion amoureuse : je vais trouver avec mon bien-aimé ou ma bien-aimée la relation fusionnelle que j'ai connue autrefois dans les bras et plus encore dans le sein de ma mère. Espoir illusoire et irréalisable que l'autre va devenir moi, va devenir comme moi, va devenir identique à moi. C'est le grand leurre de la fascination amoureuse : nous sommes un, nous sommes faits l'un pour l'autre, c'est l'âme sœur, nous nous correspondons exactement, comme s'il pouvait y avoir un autre moi-même. Un alter ego, cela n'a jamais existé, cela n'existera jamais. Cette fausse non-dualité peut s'exprimer, aussi choquant que cela paraisse, par « il n'y a que moi ». Et nous vivons en effet dans un monde où il n'y a que des prolongements de moi, des projections de moi, l'annexion par moi de la réalité, même si ce phénomène psychologique est sans cesse démenti par les faits. L'aspiration à faire triompher cette fausse non-dualité ou cette fusion est aussi puissante qu'elle est erronée. Le chemin de la non-dualité, de l'unité, de la communion, passe d'abord par une vraie dualité. 

Regardez bien le diagramme célèbre du yin et du yang : une partie noire avec un point blanc et une partie blanche avec un point noir, entrelacées, car il ne s'agit pas d'un cercle coupé en deux par un diamètre. Il y a bien un cercle, un, réunissant une partie noire et une partie blanche intimement associées, mais le noir reste noir, le blanc reste blanc. Et une certaine demande fusionnelle qui demeure en nous aboutirait à mélanger le noir et le blanc en une couleur grise uniforme : enfin nous ne sommes plus qu'un! Faux. Le diagramme de l'unité du yin et du yang n'est pas une couleur grise. C'est l'association intime, à l'intérieur d'un cercle, du noir et du blanc. Vous pouvez, sans être spécialiste du taoïsme, vous souvenir de cette image. Ne cherchez pas la non-dualité là où vous ne la trouverez jamais, là où elle ne sera jamais. 

La voie vers l'état sans ego commence donc par l'effort pour vivre, exister, dans une vraie dualité.



Arnaud Desjardins
La Voie et ses pièges

mardi 3 décembre 2019

Intériorité et écoute



Le soin de la vie intérieure est le fil rouge de ma vie. « Guérir parfois, soulager souvent, écouter toujours » : la devise de Louis Pasteur, mon maître en biologie, pourrait être la mienne. Ancien interne des hôpitaux et biologiste médical de formation, je suis devenu thérapeute pour essayer de soulager parfois et écouter toujours.
L'écoute est la première façon de soigner. Pour écouter, il faut se rendre disponible et se laisser bousculer. La vie peut y aider. J'ai grandi dans une culture familiale imprégnée par le sens du service. Pour mon père, médecin, le patient était le cœur de sa pratique. Quant à ma mère, les visites aux malades et personnes isolées l'auront occupée toute sa vie...
Deux événements m'ont structuré lors de la préadolescence. Vers l'âge de 13 ans, je regarde un divertissement à la télévision, un dimanche après-midi, lorsque mon père me lance : « Viens, on va voir ton grand-père à l'hôpital. » L'adolescent que je suis, affalé comme une larve devant l'écran, commence à râler... Mon père interrompt le grognement d'une voix douce et ferme qui ne supporte pas la contestation : « Quand une personne souffre, on va la visiter. » Il n'y a pas à tergiverser. J'ai à peu près le même âge lorsque mes parents et des amis de notre paroisse du Val-de-Marne accueillent une famille de boat people rescapée du génocide de Pol Pot. Nous avons reçu chez nous un jeune Cambodgien. J'ai été chargé de lui apprendre le français et de l'accompagner dans son initiation, comme s'il était mon frère jumeau. Lui apprendre à lire, compter, parler, s'habiller... Or il ne comprenait rien ! J'ai même passé mon CAP de boulanger pour l'aider !
Ça me « gavait », bien sûr, mais je n'avais pas à discuter : je savais, par mes parents, que la charité est un engagement, pas un sentiment. On aide l'autre non pas quand on en a envie, mais quand il en a besoin...

Jean-Guilhem Xerri
(source : La Vie)


************

lundi 2 décembre 2019

Aller bien...


Trouver sa place... pour aller bien.


Plus on met d'humour dans sa vie, mieux on se porte. 
Milton Erickson



****

dimanche 1 décembre 2019

Comment se « dépolluer » durant l'Avent


Les conseils de Jean-Guilhem Xerri, auteur de (Re)vivez de l'intérieur (Cerf) pour une vie plus intérieure. 

Poser les questions qui fâchent
Ma vie intérieure est-elle menacée ? En voie d'extinction ? Rien de plus fragile que ce qui nous est essentiel. Notre vie intérieure est si discrète qu'elle peut être oubliée, négligée, au point, si je ne fais rien, de disparaître progressivement de mon existence. Un peu comme ces espèces animales ou végétales en voie d'extinction. C'est pourquoi une stratégie de protection de notre intériorité s'impose.
Identifier vos agents pollueurs
À l'instar des perturbateurs endocriniens qui modifient notre équilibre biologique, il existe des PDI (pour « perturbateurs de l'intériorité »). Au XXIe siècle, nos PDI, ce sont le bruit, les images, la publicité, le marketing, la surabondance matérielle, l'érotisation massive des relations, la survalorisation de l'activisme, le renforcement du narcissisme, la démesure financière, les appels et les SMS incessants, la dictature de la disponibilité permanente, la dispersion numérique...
Poser votre autodiagnostic en matière de PDI
Considérez vos PDI par catégories : ceux liés à l'hyperconsommation matérielle ou numérique, d'autres liés à l'hyperactivité de projets et l'hypermobilité ; ou encore liés à votre « cinéma » intérieur : avoir l'air plus ceci, plus cela, ambitionner de devenir ainsi (même pour la « bonne cause »). Et élaborez votre plan d'action pour vous mettre moins sous leur influence.

Chercher la sobriété pour commencer

La première étape conseillée par les anciens est de chercher le nécessaire, en s'allégeant du superflu. Hésychius de Batos insiste : « Il est bon que vous sachiez que nous avons des ennemis incorporels, invisibles, malveillants. Et nous, nous ne pouvons pas les vaincre, si ce n'est par la sobriété. » Celle-ci vise à dépolluer notre désir en connaissant nos justes besoins. Noël, c'est accueillir l'Enfant Dieu en soi : encore faut-il qu'il y ait de la place pour lui. L'Avent n'est-il pas le temps idéal pour faire le ménage dans notre intérieur ?
*******