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mardi 3 décembre 2019

Intériorité et écoute



Le soin de la vie intérieure est le fil rouge de ma vie. « Guérir parfois, soulager souvent, écouter toujours » : la devise de Louis Pasteur, mon maître en biologie, pourrait être la mienne. Ancien interne des hôpitaux et biologiste médical de formation, je suis devenu thérapeute pour essayer de soulager parfois et écouter toujours.
L'écoute est la première façon de soigner. Pour écouter, il faut se rendre disponible et se laisser bousculer. La vie peut y aider. J'ai grandi dans une culture familiale imprégnée par le sens du service. Pour mon père, médecin, le patient était le cœur de sa pratique. Quant à ma mère, les visites aux malades et personnes isolées l'auront occupée toute sa vie...
Deux événements m'ont structuré lors de la préadolescence. Vers l'âge de 13 ans, je regarde un divertissement à la télévision, un dimanche après-midi, lorsque mon père me lance : « Viens, on va voir ton grand-père à l'hôpital. » L'adolescent que je suis, affalé comme une larve devant l'écran, commence à râler... Mon père interrompt le grognement d'une voix douce et ferme qui ne supporte pas la contestation : « Quand une personne souffre, on va la visiter. » Il n'y a pas à tergiverser. J'ai à peu près le même âge lorsque mes parents et des amis de notre paroisse du Val-de-Marne accueillent une famille de boat people rescapée du génocide de Pol Pot. Nous avons reçu chez nous un jeune Cambodgien. J'ai été chargé de lui apprendre le français et de l'accompagner dans son initiation, comme s'il était mon frère jumeau. Lui apprendre à lire, compter, parler, s'habiller... Or il ne comprenait rien ! J'ai même passé mon CAP de boulanger pour l'aider !
Ça me « gavait », bien sûr, mais je n'avais pas à discuter : je savais, par mes parents, que la charité est un engagement, pas un sentiment. On aide l'autre non pas quand on en a envie, mais quand il en a besoin...

Jean-Guilhem Xerri
(source : La Vie)


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dimanche 1 décembre 2019

Comment se « dépolluer » durant l'Avent


Les conseils de Jean-Guilhem Xerri, auteur de (Re)vivez de l'intérieur (Cerf) pour une vie plus intérieure. 

Poser les questions qui fâchent
Ma vie intérieure est-elle menacée ? En voie d'extinction ? Rien de plus fragile que ce qui nous est essentiel. Notre vie intérieure est si discrète qu'elle peut être oubliée, négligée, au point, si je ne fais rien, de disparaître progressivement de mon existence. Un peu comme ces espèces animales ou végétales en voie d'extinction. C'est pourquoi une stratégie de protection de notre intériorité s'impose.
Identifier vos agents pollueurs
À l'instar des perturbateurs endocriniens qui modifient notre équilibre biologique, il existe des PDI (pour « perturbateurs de l'intériorité »). Au XXIe siècle, nos PDI, ce sont le bruit, les images, la publicité, le marketing, la surabondance matérielle, l'érotisation massive des relations, la survalorisation de l'activisme, le renforcement du narcissisme, la démesure financière, les appels et les SMS incessants, la dictature de la disponibilité permanente, la dispersion numérique...
Poser votre autodiagnostic en matière de PDI
Considérez vos PDI par catégories : ceux liés à l'hyperconsommation matérielle ou numérique, d'autres liés à l'hyperactivité de projets et l'hypermobilité ; ou encore liés à votre « cinéma » intérieur : avoir l'air plus ceci, plus cela, ambitionner de devenir ainsi (même pour la « bonne cause »). Et élaborez votre plan d'action pour vous mettre moins sous leur influence.

Chercher la sobriété pour commencer

La première étape conseillée par les anciens est de chercher le nécessaire, en s'allégeant du superflu. Hésychius de Batos insiste : « Il est bon que vous sachiez que nous avons des ennemis incorporels, invisibles, malveillants. Et nous, nous ne pouvons pas les vaincre, si ce n'est par la sobriété. » Celle-ci vise à dépolluer notre désir en connaissant nos justes besoins. Noël, c'est accueillir l'Enfant Dieu en soi : encore faut-il qu'il y ait de la place pour lui. L'Avent n'est-il pas le temps idéal pour faire le ménage dans notre intérieur ?
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