mercredi 14 décembre 2016

Inauguration du moi





Je ne suis ni mes pensées

Ni mes émotions, ni mes sens, 
Ni mes perceptions
Ni mes expériences
Je ne suis pas le contenu de ma vie
Je suis la vie
Je suis l’espace dans lequel toute chose se passe
Je suis la conscience s’expérimentant elle-même
En tant que forme humaine
En cet instant
Je suis



Eckart Tolle

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mardi 13 décembre 2016

SENS par Gilles Farcet

Une croyance répandue dans les cercles préoccupés de spiritualité voudrait que la vie ait à tout prix un sens, un sens qui plus est détenu et transmissible par certains. Dans cette optique, la démarche spirituelle se retrouve productrice de sens à la chaîne. Les épreuves (maladies, accidents, revers de fortune) ont un sens. L’histoire, collective et individuelle a bien entendu un sens … Du sens, forcément du sens ! Cachez moi ce non sens que je ne saurais voir …

La naïveté de cette vision réside non dans l’aspiration, en elle -même légitime et fertile, à l’émergence d’un « sens » mais dans le postulat selon lequel ce « sens » serait intrinsèque à l’événement, autrement dit à « ce qui est. » Or, ce qui est est, point final. Ce qui est, autrement dit ce qui de fait advient, advient en tant que résultat d’inextricables chaines de causes et d’effets, dont quelques maillons sont identifiables et dont tous les autres se perdent dans la nuit des temps et l’infini des causalités. 
La maladie, l’accident, l’événement humainement ressenti sur le moment comme heureux ou malheureux, n’ont en eux même pas davantage de sens que l’averse ou la canicule. La pluie tombe en une zone géographique donnée, selon une chaîne de causes et d’effets plus ou moins appréhendée par les météorologistes. Elle tombe, un point c’est tout. A chacun ensuite de lui attribuer plus ou moins de « sens », négatif ou positif, selon sa situation et ses attentes.
L’agriculteur aux prises avec la sécheresse peut y voir la réponse à ses prières ; le vacancier ou le professionnel du tourisme une manifestation de sa malchance congénitale …
Cette « neutralité » de l’événement, assez facilement entrevue dans le cas d’une averse anodine, le sera moins facilement pour les circonstances, individuelles ou collectives, qui nous touchent personnellement, accident, maladie, revers de fortune, et entre les deux naissance et mort. Reste que l’événement , en lui même, est neutre : cette « neutralité » n’interdit en rien, et fort heureusement, d’en éprouver l’impact humain. « Voilà qui est heureux, sans aucun doute », se prononçait Swami Prajnanpad à propos d’une naissance attendue, le même Swami Prajnanpad affirmant que « tout est neutre ». Il n’est donc pas illogique de l’imaginer disant aussi d’un autre événement « voilà qui est malheureux ».

Il est bien entendu que de mon point de vue, c’est à dire du point humain d’où j’appréhende ce qui est, ce qui m’arrive est tout sauf « neutre »; et c’est fort légitime à condition de ne pas mélanger les niveaux (tel un physicien du dimanche qui, sous prétexte de physique quantique, prétendrait traverser les murs puisqu’ils sont faits de particules dansant dans le vide). Il m’est parfaitement possible de ressentir l’impact sur mon humanité d’un événement a priori « heureux » « ou « malheureux » tout en, dans le même temps, en percevant la dimension « impersonnelle » et donc « neutre », l’une n’abolissant pas l’autre, chacune procédant cependant d’un niveau différent. En éprouvant joie et peine, en souriant ou en versant une larme, je ne cède pas nécessairement à l’ « émotion » - voir la distinction fondamentale entre émotion et sentiment, centrale dans l’enseignement de Swami Prajnanpad- mais m’acquitte naturellement de mon tribut à cette humanité dont je suis partie prenante. En en percevant en même temps la dimension impersonnelle, je paie mon tribut au tout, à cette vie dont l’humain n’est qu’une forme et, paradoxalement, confère sa pleine dignité à mon humanité non plus recroquevillée sur elle même mais en prise avec les lois de l’univers et la marche du tout.

Ni donc l’identification massive (l’épreuve qui m’advient est une offense personnelle infligée par Dieu, le destin , la vie, ou la bonne fortune qui m’échoit est la récompense de mes insignes mérites et le signe de mon élection) ni la posture pseudo détachée - laquelle a pour objet d’anesthésier le ressenti ( mon épouse me quitte en emmenant les enfants, pas de problème, c’est « neutre » ; on te diagnostique une grave maladie, prends la comme « neutre », etc )


Cette « neutralité » de l’événement implique que le dit événement n’a pas de « sens » en lui même. Il peut certes m’amener à certaines analyses des causes et effets impliqués (l’abondance de la pluie va inciter le météorologue à se pencher sur les phénomènes climatiques et le départ de sa femme peut - parfois, trop rarement- inciter le conjoint à réfléchir à ses erreurs au sein du couple- ) étant entendu qu’analyse des causes et effets n’est pas fabrication de sens.
C’est ma manière d’entrer en relation avec ce qui est qui s’avère ou non créatrice de « sens ».
Pour l’être humain emprisonné dans sa mécanicité, ce qu’on nomme « la vie » et tout ce qui y arrive n’a en vérité aucun sens. Les choses arrivent voilà, tout, naissance, mort, et entre les deux, événements multiples et divers, réussites, échecs, circonstances favorables et défavorables …
Il se peut que notre mécanicité inclue l’adhésion à un sens édicté sous forme de religion, d’idéologie, voire de « démarche spirituelle » … « C’est mon karma » … « Cette maladie me montre que … » Ce « sens » qui ne se révèle pas au plus profond de nous mêmes mais procède d’une adhésion idéologique ne pèsera pas lourd face à l’épreuve , à la perte, à ce réel contre lequel on se cogne… 

D’où, par exemple les agonies parfois bien difficiles de « croyants » alors que de parfaits athées s’en vont paisiblement … L’Histoire n’a pas de sens. Elle est comme l’a si bien dit Joyce « un cauchemar dont j’essaie de me réveiller ». La vie vécue mécaniquement n’a pas de sens. Comme l’a dit une fois pour toutes Shakespeare elle n’est qu’un « conte plein de bruit et de fureur, dit par un idiot et qui ne signifie rien ». Les camps de concentration n’ont aucun sens. Mais pour une Etty Hillesum, la déportation a pris un sens (ce qui ne légitime évidemment en rien la shoah). Le cancer n’a aucun sens. Mais pour une Christiane Singer, la maladie a produit du sens (ce qui n’invalide en rien la recherche en vue de guérir ce mal).

La découverte ou l’avènement du sens , en tant que l’une des visées légitimes de la maturation spirituelle, est un processus alchimique , par lequel le « plomb », la matière brute des événements qui en elle-même n’a pas de sens- est transformé en or , à savoir une intime compréhension dont la caractéristique est un climat d’apaisement et de communion avec tout ce qui est.

Autrement dit, le sens n’est pas intrinsèque. Il n’est pas donné avec ce qui advient et nulle autorité extérieure, aucun « enseignement », si profond puisse -t-il être, ou « explication du monde » ne sauraient le fournir sous forme pré digérée. Le sens ne réside pas dans des interprétations, quelles qu’elles soient et quelle que puisse être leur éventuelle pertinence.

Le sens est à chercher et à trouver au plus intime de soi par un processus de pratique, une conversion, une manière différente d’entrer en relation avec le réel. Les enseignements spirituels dignes de ce nom ne sont pas pourvoyeurs de sens : ils nous indiquent une ou des manières de nous y prendre pour nous donner une chance d’accéder au sens. Ils ne nous fournissent pas « un sens » qui serait unique et pré établi, autrement dit une grille d’interprétation prétendument universelle - mais mettent à notre disposition des outils pour, au prix d’efforts soutenus et d’une intention plus forte que nos mécanismes, extraire le précieux sens de la masse du réel brut. Les idéologies religieuses ou politiques - et à l’extrême les intégrismes et totalitarismes- ont cette prétention, que n’a pas une transmission spirituelle authentique. Une transmission spirituelle authentique n’a jamais pour objet d’édicter ou d’énoncer un sens mais d’initier à un processus d’assimilation subtile de ce qui est par lequel le sens peut en effet advenir. Sachant que le « sens » est au final unique, pas nécessairement exprimable et procède avant tout d’un sentiment intime de communion avec ce qui est. Seule l’intégration de ce processus « ésotérique » permettant la révélation du sens, toujours unique pour chacun, nous donnera la paix.

Gilles Farcet
Suite du dictionnaire spirituel


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lundi 12 décembre 2016

Derrière la cascade des pensées...



La descente dans les profondeurs va apporter la guérison. C'est le chemin vers la totalité de l'être, vers le trésor que l'humanité souffrante a recherché de tout temps et qui est caché en un lieu gardé par un terrible danger. C'est le lieu de l'inconscience primordiale et en même temps celui de la guérison et de la rédemption parce qu'il contient les joyaux de l'entièreté. C'est la grotte où vit le dragon du chaos, mais c'est aussi la cité indestructible, le cercle magique ou TEMENOS, l'enceinte sacrée où toutes les parties séparées de la personnalité sont réunies. 

C.G. Jung. 
Sur les fondements de la psychologie analytique. 
Les conférences Tavistock.


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dimanche 11 décembre 2016

Troisième dimanche de l'Avent avec Alexandre Jollien


Au milieu de vigoureuses septuagénaires coréennes, me voilà à pédaler comme un dératé. Pour me donner un peu d’entrain, j’écoute l’un après l’autre des podcasts qui me nourrissent. Bientôt, je dois me mordre les lèvres pour ne pas fondre en sanglots. Une bienheureuse révélation a lieu dans cette salle de gym non loin de Daeheung. Comme si un voile s’était déchiré et que la bonté de la vie dans sa simplicité était réapparue.

L’émission les Racines du ciel avec Marion Muller-Colard me rapproche illico de la transcendance. Et je comprends que pour me tourner vers l’Autre Dieu, Celui au-delà de mes représentations étriquées, il me faut quitter les caricatures, les calculs, les projections, autant de frusques jetées sur un Dieu qui heureusement nous échappe. Et d’abord je dois abandonner ce marchandage qui fait de Dieu un concessionnaire du bonheur et le transforme en une sorte d’expert-comptable qui juge, punit et récompense à tour de bras. De là à juger le réel à l’aune de notre conception du juste il n’y a qu’un pas et il est ma foi vite franchi.

Non, la justice n’est peut-être pas de ce monde. Et c’est délivrés de cette attente que nous pouvons progresser et oser un peu plus de solidarité. La théologienne me rapproche de Job pour tenter un véritable compagnonnage avec ce maître de sagesse qui nous apprend précisément à aimer Dieu pour rien, gratuitement.

Mais d’abord, il nous faut décaper notre image de Dieu et pour ce faire nous risquer à un autre usage de la plainte. Car un cœur plein de ressentiment ne saurait s’élever dans la joie. Oser reconnaître que nous n’en pouvons plus, que notre condition est tragique représente une étape décisive vers la paix du cœur. La franchir, c’est sans doute passer de la résignation à l’acceptation libre et joyeuse de l’existence.

Après l’effort, dans les bains publics, je me livre à une prière toute particulière, j’ose enfin confier à Dieu que j’en ai ras le bol de ce corps handicapé, déjà usé. Et il me semble que plus ma plainte monte vers le ciel, plus elle laisse la place à un véritable amour, à une légèreté, à de la paix. C’est inimaginable la somme d’énergie requise pour nier tout ce qui s’entasse dans un cœur.

Sans verser dans les jérémiades, il faut pas mal de courage pour détecter là où ils croupissent les ressentiments, les déceptions, l’amertume et les déraciner. Au fond, Job nous invite à être vrai, à ne plus faire le beau devant Dieu, à quitter la logique du donnant-donnant et la pensée magique. Et qui n’a jamais lâché un « Qu’est-ce que j’ai fait au Bon Dieu ! » ?

Ragaillardi, je sors du bain, nu comme un ver, pour m’apercevoir que la préposée au nettoyage a emporté tous mes vêtements avec le linge sale. Me voilà impuissant, désemparé et je ne peux m’empêcher d’éclater de rire. Serait-ce un signe, l’image du renouveau, de cette renaissance qui nous fait passer de la plainte à la grâce ?

Aujourd’hui, le livre de Marion Muller-Colard, L'Autre Dieu. La plainte, la menace et la grâce (Labor et Fides, 2014), me guide vers l’amour de Dieu. Déjà je peux essayer de ne plus regarder vers le ciel en tremblant de peur ni prétendre par ma prière contracter une assurance-vie quand il s’agit d’aimer sans filet. 

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samedi 10 décembre 2016

Et si j'aimais...



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Regardons avec amour les jugements qui montent en nous 
pour les faire fondre sous les rayons ardents de notre cœur...



vendredi 9 décembre 2016

Perception et conception...




Ces deux mots, perception et conception, traduisent respectivement les mots sanscrits célèbres : rupa, la forme, nama, le nom. Je perçois les flammes qui dansent – simple vision sans qualification – et je conçois, c'est-à-dire je nomme ma perception : c'est l'incendie de ma maison. L'essentiel à saisir, c'est que tout se passe pour nous non pas à l'extérieur mais au-dedans de nous, parce que nous intériorisons l'événement dont nous sommes témoins. 

Donc, notre existence n'est pas une affaire entre moi et le monde extérieur mais entre moi et moi ou, plus précisément, entre moi et mes pensées, mes émotions, mes sensations. Ce n'est pas à cause des événements que je suis heureux ou que je souffre, c'est à cause de mes pensées relatives à ces événements, de mes émotions relatives à ces événements. 

Pouvez-vous admettre que nous sommes, avant tout, juste conscience? Imaginons une conscience ou, si vous préférez, un esprit vide comme le ciel sans un nuage, sans un oiseau qui le traverse. L'infini de la voûte céleste a toujours été utilisé comme image de cette immensité. Et dans cette immensité de l'esprit apparaissent et disparaissent des formes – les sensations, les perceptions, les conceptions, les émotions, les idées, les pensées, les peurs, les désirs – mais tout cela se passe au dedans de nous. Notre réalité essentielle, c'est juste la conscience, une conscience que rien ne limite, au-delà de l'espace, du temps, de la mesure, infinie, vide, lumineuse et, qui plus est, absolument heureuse.



Arnaud Desjardins
La Voie et ses pièges


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jeudi 8 décembre 2016

Fêtes de Noël : Présentation des Trois cheveux d'or

Une très belle compréhension du coffret qui nous est présenté ici. Une description détaillée de ce que ce jeu peut vous apporter. 
Merci à Claire Duval pour cette vidéo éclairante !






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mercredi 7 décembre 2016

Animal ami...




Nous devrions rendre grâce aux animaux pour leur innocence fabuleuse, 
 et leur savoir gré de poser sur nous la douceur de leurs yeux inquiets 
 sans jamais nous condamner... 

Christian Bobin

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mardi 6 décembre 2016

Rubrique à brac... Hommage à Gotlib


"Je suis un type compliqué, j'ai toujours eu un mal fou à ouvrir en grand les vannes de mes émotions. Je suis constipé du cœur,. Grosse lacune que je comble tant bien que mal en faisant le " rigolo", un paravent très pratique dissimulant parfaitement les états d'âme embarrassants et générateurs de honte. "










"Sais-tu que la douleur, si elle ne faisait pas mal, serait parfaitement supportable ? "

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lundi 5 décembre 2016

Cette vie qui nous échappe par Alexandre Jollien

Que se passerait-il si je ne me détournais pas un seul instant de l'idée qu'un jour ou l'autre je vais rendre l'âme ? Les mots du Bouddha m'apaisent et dès que je crains de souffrir, j'y vais franchement et je me souviens que « je suis soumis au vieillissement et que le vieillissement est inévitable, que je suis soumis aux maladies et que la maladie est inévitable, que je suis soumis à la mort et que la mort est inévitable ». L'accepter n'est pas une mince affaire, mais quelle énergie pour tenter d'oublier notre fragilité, notre finitude, quel gâchis aussi ! Et que d'angoisses et de peur !

Aussi les mots du sage indien agissent-ils comme un contre-poison. Au lieu de fuir l'idée de notre fin, il s'agit de l'apprivoiser. C'est rigolo comme, du matin au soir, l'ego s'évertue à se tenir à bonne distance de cette échéance, lorgnant avec mépris ce qui ne cadre pas avec ses intentions. Au fond, savoir et se souvenir qu'on va y passer peut inaugurer une véritable joie où l'on cesse de résister à l'inexorable pour enfin profiter sans retenue de ce qui s'offre à nous. Comme en un toboggan, le courage, c'est de tout lâcher, d'oser la non-maîtrise à fond et surtout de ne s'accrocher nulle part, ne s'agripper à rien. Nous voyageons dans un train qui fait route sans cesse. Je souhaiterais tant des haltes quand toujours, implacablement, le convoi s'ébranle et m'incite au détachement. Je donnerais tout pour que les passagers que je chéris empruntent le même itinéraire que moi et que tout soit planifié d'avance, sans fâcheuses surprises.

Le danger, c'est de sombrer dans une molle indifférence pour ne plus en baver. On ne saurait perdre ce qui ne nous a jamais appartenu. Et nos enfants, nos proches suivent leur propre chemin. Ultimement, nous ne sommes les propriétaires de rien. Et si nous options résolument pour la lucidité et la gratitude ? Celle qui parvient à faire son miel du passé pour avancer, le cœur plein de reconnaissance.

Vivre, c'est aussi laisser s'en aller, quitter, abandonner, lâcher autant de redoutables épreuves qui peuvent nous détruire. Qu'adviendrait-il si l'on se réconciliait avec le caractère transitoire de l'existence ? Pour ne pas s'abîmer dans de vaines querelles ni dans la poursuite de biens imaginaires, il nous faut épouser chaque jour le tragique d'une vie qui nous échappe. Comme en un jeu d'échec il s'agit de se familiariser avec les règles pour bâtir une liberté avec virtuosité. Se rappeler que tôt ou tard on cassera sa pipe, c'est congédier tout esprit de sérieux et commencer à vivre pour de bon. D'apaisants mantras du Bouddha me vaccinent contre toute fuite vers une sécurité illusoire et m'invitent à habiter le réel comme il faut.

Mais où trouver un véritable refuge, une paix authentique ? Comment ne pas s'enliser dans le pessimisme ? Sans béquilles, dépourvus des habituels anesthésiants du quotidien, nous pouvons oser l'aventure sous l'horizon de notre finitude et découvrir le cadeau inouï, proprement miraculeux, de vivre, de grandir et d'aimer. Surtout, il faut se garder de confondre le tragique de notre condition, qui réclame l'allégresse et la générosité, des psychodrames qui nous agitent à longueur de journée.

Par Alexandre Jollien, philosophe et écrivain né en 1975 à Savièse, en Suisse. Son dernier livre, Vivre sans pourquoi : Itinéraire spirituel d'un philosophe en Corée, est paru au Seuil.

source : La Vie


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dimanche 4 décembre 2016

En chemin vers Noël avec les enfants

Ce 4 décembre, nous célébrons le deuxième dimanche de l'Avent... Profitons de ce temps précieux, qui passe si rapidement, pour préparer nos cœurs à la naissance du Sauveur.

Faire grandir son désir
Aujourd'hui, même si nous manquons de peu de choses (nourriture, vêtement, objets...), nous ne sommes pas satisfaits, car l'envie demeure. Toi aussi, tu as tendance à vouloir toujours plus (de cartes Pokémon, de billes ou de poupées), n'est-ce pas ? Pourtant, quand on n'obtient pas quelque chose immédiatement, le désir grandit. La joie est plus grande de le recevoir ensuite.

Les vertus de l'attente
Dieu lui-même a attendu longtemps avant d'accomplir sa promesse. Pendant des siècles, il a préparé son peuple, envoyé des signes et des prophètes. Le dernier, Jean le Baptiste, annonce que « celui qui vient après moi est plus puissant que moi » (Matthieu 3, 11). Pourtant, né dans l'humilité d'une crèche, Jésus vivra aussi caché durant 30 années.


Le temps de la conversion
« Produisez donc un fruit digne de la repentance », demande Jean le Baptiste aux pharisiens et aux sadducéens (Matthieu 3, 8). Nous aussi, nous sommes tellement blasés que même la naissance du Christ ne nous étonne plus ! C'est le moment de nous rapprocher réellement de Dieu, avant Noël. Se convertir signifie tourner son cœur vers Dieu. Or il est difficile de percevoir sa présence, dans le bruit, l'agitation, les préoccupations.

Porter beaucoup de fruits
Sur la couronne de l'Avent, nous allumons la deuxième bougie. Chaque jour, nous pouvons essayer de réserver à Dieu un moment de silence, afin de laisser son amour remplir notre cœur. Jean le Baptiste poursuit : « Tout arbre qui ne produit pas de bons fruits va être coupé et jeté au feu », ce à quoi Jésus répondra « Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là porte beaucoup de fruits » (Jean 15, 5).qui je demeure, celui-là porte beaucoup de fruits » (Jean 15, 5).

source : La Vie


samedi 3 décembre 2016

Rayonnement de l'action juste



"Les pensées émises par un esprit bienveillant ont une puissance incroyable.

La physique contemporaine expose les principes de l'interdépendance fondamentale au niveau de la matière, mais aussi sur les plans subtils de l'esprit et des émotions.

Chacune de mes actions ,de mes paroles et de mes pensées dépose des empreintes de conscience qui traversent l'espace et le temps.

Mes actes hostiles viennent grossir les vagues de haine destructrice qui agitent l'océan des douleurs du monde.

Mes actes d'amour bienveillant voyagent comme des ondes de joie aux confins de l'univers "


Dalaï Lama


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vendredi 2 décembre 2016

Miroir malin...



dessin de Jean Claude Marol

Un exercice à pratiquer  
extrait du jeu des miroirs de Sabine Dewulf

25 – CARTE « MIROIR » : ETRE SANS MASQUE


« Penchés sur le miroir trop humain de la lune
Touchant soudain le fond de notre propre brume
Avec tous ces glaciers sans formes et sans noms
Nous prenons peur d’être si loin de la maison
Et de notre raison errante, désertée,
Gisant derrière nous, toute déchiquetée.
Saurons-nous retrouver sur terre notre abri […] ».[1]

Le symbole
La Lune est le symbole de la personne individuelle. Masque du soleil (la conscience lumineuse), l’astre lunaire offre une lumière trompeuse. A force de s’identifier à son visage personnel, on fait de celui-ci un voile qui cache l’être véritable…

Quel est votre visage ? 
¨    Observez votre visage dans un miroir : regardez ce paysage de plis et de sillons plus ou moins marqués, ce reflet opaque comme une lune éclairée du dehors, et non de l’intérieur… Voyez combien vous êtes irrésistiblement attiré par ce reflet lunaire. Est-ce là votre véritable je ? N’est-il pas déraisonnable de limiter notre identité à cet ovale de chair ?
¨    Continuez à observer votre visage dans la glace mais en revenant à vous-même, là où vous êtes situé. Quel qu’il soit, ouvrez-vous à sa beauté propre, à la lumière de votre regard, de votre sourire… Qu’est-ce qui vous plaît le plus en lui ? 

Pour accueillir ce que vous êtes…
A présent, cessez d’être dans la lune. Revenez sur terre, à l’endroit précis où vos pieds se posent. Sentez l’énergie qui monte en vous, par le canal de la colonne vertébrale, jusqu’à vos épaules. Sentez vibrer votre champ de conscience, votre vrai visage. Ici et maintenant, détendez-vous dans cet espace nu, immensément transparent, assez vaste pour accueillir tous vos autres visages.







[1] « A la nuit… », A la nuit, p. 476. Jules Supervielle



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