lundi 9 juin 2014

Mon Père par Sri Yogi Ramsuratkumar

"Mon Père seul existe. II n'y a rien d autre, personne d'autre - passé, présent, futur 
- ici, là, partout ! 
Où que ce soit, il n'y a rien d'autre, personne d'autre. 
Mon Père seul ! Mon Père seul ! Mon Père seul.
C'est la seule existence. Rien d'autre n'existe, personne d'autre n'existe.
Rien n'est séparé, rien n'est isolé.
Tout dans le Père, le Père en tout - proche, le plus proche, loin, loin, le plus loin, Père seul ! 
Passé, passé... très très loin dans le passé, présent, futur, loin, très loin dans le futur...
il n'y a qu une seule existence... de mon Père... indivisible, totale, complète, absolue...
il n y a rien d'autre, personne d'autre."

Sri Yogi Ramsuratkumar



dimanche 8 juin 2014

Un message de vie...

Il y a en nous une pureté que rien ne sait corrompre, ni le monde ni nous-mêmes dans notre asservissement au monde : cette pureté est notre seul lieu de séjour dans cette vie, que nous en ayons conscience ou non.
Christian Bobin
L’éloignement du monde


vendredi 6 juin 2014

Le calme et la sagesse avec Jacques Castermane


Nous vivons aujourd’hui sous le signe d’un événement pour le moins inattendu dans l’histoire de l’Occident : l’intérêt pour la méditation. Il ne s’agit pas, comme dans les années New-Age, de la tentation de se couper du monde pour ne s’intéresser qu’à soi-même en espérant vivre des expériences psychédéliques. Aujourd’hui, l’intérêt pour la méditation apparaît comme pouvant être une réponse à deux exigences : la nécessité de vivre dans le monde tel qu’il est et d’y trouver sa place et la nécessité d’accéder à une vie intérieure équilibrée, apaisée.

Le calme n’est pas un concept suranné; le calme est une qualité d’être, présente au plus profond de chacun de nous, qui ne cesse de nous attendre.
La sagesse n’est pas un concept qui date d’une autre époque; la sagesse est une manière d’être en tant qu’être humain dont nous devons nous sentir responsable.

Voici ce que dit Houei-Neng, le fondateur du T’Chan (sixième siècle), au sujet de la méditation : « Le calme et la sagesse sont les fondements de ma méthode. Avant tout, ne tombez pas dans l'erreur de croire que ce sont deux choses différentes. C'est une seule et même substance, et non deux. Le calme est la substance de la sagesse, et la sagesse est la fondation du calme. Chaque fois que fonctionne la sagesse, le calme est en elle. Chaque fois que le calme fonctionne, en lui est la sagesse ».

La « méditation de pleine attention », enseignée et pratiquée au Centre, prépare les conditions qui permettent et favorisent l’expérience du calme et du silence intérieur. S’impose aussi l’exercice de « l’attitude méditative », cette manière d’être dans la vie de tous les jours qui révèle que celui qui médite a toujours intérieurement un temps infini et que ce n’est qu’avec un cœur calme qu’une action peut être vraiment efficace.

Jacques Castermane


jeudi 5 juin 2014

De l'assise et de la marche au cosmos avec Jean-Yves Leloup

"...Si l'on marche en conscience, on ne piétine pas la Terre, on est porté par elle. A travers les formes de l'espace et du temps que l'on croise, on peut communier avec l'invisible par le visible. Il faut donc savoir retrouver de la profondeur sous nos pas et marcher poétiquement dans la nature comme dans la ville." 
Jean-Yves Leloup


mercredi 4 juin 2014

La Paix avec Cheikh Bentounes

La paix. Beaucoup y aspirent, les Etats en parlent, mais qu'elle est sa nature réelle? Est-ce l'absence de guerre? Comment s'engager à la construire? Cheikh Bentounes le clame haut et fort. "Le monde de demain se construit avec l'autre et non pas l'un contre l'autre". 
Or, l'actualité semble lui prouver que cet idéal est encore très lointain. Sa réponse ne souffre d'aucune ambiguïté: "agissons!" Car la paix, c'est un état d'être.



Interview de Cheikh Bentounes pour RTS
(14 min.)

Invité: Cheikh Bentounes, maître soufi de la Confrérie Alâwiyya. 

Quelques repères biographiques :
Cheikh Bentounès, né Khaled Bentounès, est l'actuel maître soufi de la Tariqa Alâwyya. Il est né en 1949 en Algérie, plus précisément dans une ville qui dessine déjà son avenir, Mostagenem. C'est là que siège la tariqa Alâwyya. En 1968, il part à Paris pour ses études d'histoire et de droit. Il rencontre sa femme et monte une entreprise d'import-export. Sa vie bascule en 1975 à la mort de son père, chef spirituel de la confrérie Alâwyya. Le conseil des sages le désigne alors comme successeur. Porteur d'un message de paix fort, Cheikh Bentounes participe au dialogue inter-religieux, à la création du Conseil français du culte musulman et cofonde les Scouts musulmans de France. Il organise notamment avec eux l'initiative non partisane de la Flamme de l'Espoir Citoyen pour encourager les jeunes Français à voter durant l'élection présidentielle française. Son engagement spirituel l'a amené à soutenir des actions pour le développement durable. Depuis 2000, il participe à la réintroduction de la culture de l'arganier en Algérie. Son enseignement est un enseignement universel, non confessionnel. Il tend à favoriser l'éveil d'un regard intérieur.


mardi 3 juin 2014

Au cœur du monde


Pierre appelée Coeur d'Uruguay


Le royaume de l'Être, qui était masqué par le mental, se révèle. 
Tout d'un coup, un grand calme naît en vous, une insondable sensation de paix. 
Et au cœur de cette paix, il y a une grande joie. 
Et au cœur de cette joie, il y a l'amour. 
Et au cœur de tout cela, il y a le sacré, l'incommensurable. 
Ce à quoi on ne peut attribuer de nom.

ECKHART TOLLE
(Le pouvoir du moment présent)




lundi 2 juin 2014

Francis Hallé et la forêt


Voici quelques extraits choisis du magnifique film de Luc Jacquet "Il était une forêt". 
Une sagesse partagée sur l'immobile et ancestral végétal :

dimanche 1 juin 2014

L'ange destructeur par Benoît Billot

J’entre dans le secrétariat de ma communauté, et j’aperçois le dernier-né de nos appareils de bureau : un « destructeur de documents ».
La notice vient d’être affichée, bien en vue, au-dessus de la machine, et j’y lis, écrit à la main en grosses lettres - «mode d’emploi du destructeur »...

...Le Destructeur est toujours à nos portes. 
Et mieux que cela, il habite nos vies. Aujourd’hui, on le nommerait peut-être pulsion de mort. Car tout être, comme toute collectivité, est habité par cette tendance. Elle lui fait rétrécir ses chances, regarder sa vie de façon négative, craindre les autres et les événements, fuir le risque, choisir ce qui est bien connu, et souvent s’enfermer dans une bulle : sécurité, sécurité ! Notre époque nous y invite. Cette bulle va-t-elle devenir chrysalide ? Il y aurait alors ouverture, espoir d’une renaissance. Mais hélas, bien souvent sans s’en rendre compte, beaucoup ont tellement pris l’habitude de se protéger et de restreindre leur élan vital qu’ils n’imaginent plus qu’il puisse en être autrement. Ils stagnent alors dans des vies marquées par des idées un peu mesquines, des comportements peureux et une sorte d’amertume : celle de manquer le rendez-vous avec la vraie vie.

Regardons notre Destructeur en face. Et pour cela, apprenons à reconnaître son engeance en faisant appel à la grande vertu de discernement. Une aigreur tenace, une colère sourde contre les manifestations de la vie, une méfiance permanente... sont les enfants d’un Destructeur non reconnu et maîtrisé. Disons-le clairement : personne ne pourra l’éliminer, il fait partie de notre ménagerie intérieure. Autant faire sa connaissance, lui attribuer une place et veiller à ce qu’il ne dépasse pas les limites qu’on lui a attribuées. Il peut même finir par tenir un rôle reconnu. Pourquoi ne pas lui confier la charge de nous débarrasser de ce que les ans ont accumulé dans notre maison et qui ne sert plus à rien : déchetteries et organismes de recyclage sont à nos portes.

Mais pourquoi ne pas l’enrôler aussi dans notre combat spirituel ?
Lui demander de veiller à notre chemin de vie et de nous aider à écarter les inévitables obstacles, intérieurs ou extérieurs ? Si nous mettons en œuvre cette grande sagesse, il se transfigure et devient « l’Ange destructeur ».

Benoît Billot

vendredi 30 mai 2014

Les protéines vertes sont faites pour nous !

On entend souvent dire que les protéines animales sont supérieures aux protéines végétales. Mais est-ce vraiment le cas ?

Les protéines sont constituées d’acides aminés que nous utilisons comme « blocs de construction » de notre organisme. Ce dernier les déconstruit a n de recomposer les acides aminés spéci ques à nos besoins. Mais huit acides aminés essentiels (isoleucine, leucine, lysine, méthionine, phénylalanine, thréonine, tryptophane et valine) ne peuvent l’être et doivent donc être apportés tels quels par nos aliments. Pour être utilisés ef - cacement, ils doivent se trouver dans des proportions à peu près semblables. On dit alors que la protéine est équilibrée. On constate que les protéines des produits animaux (viande, poisson, oeufs, fromages et laitages) sont équilibrées en acides aminés essentiels. En revanche, les céréales se montrent dé cientes en lysine et les légumineuses en méthionine, ce qui pourrait conduire à des carences protéiques si l’on se nourrissait exclusivement de l’un ou de l’autre de ces aliments.

Dans les faits, la plupart des systèmes alimentaires traditionnels combinent céréales et légumineuses : riz et soja en Asie, maïs et haricots en Amérique, blé et pois chiches autour de la Méditerranée, mil et niébé en Afrique, etc. La réalité est que, depuis le Moyen Âge, les produits animaux, et la viande en particulier, ont été extrêmement valorisés par rapport aux végétaux et sont devenus symboles d’un statut supérieur : quand on est riche, on mange de la viande ; quand on est pauvre, on « végète »… Et la science du XIXe siècle s’en étant mêlée, elle a fourni une justi cation of cielle : « Si vous ne mangez pas de produits animaux, vous aurez une carence en protéines ! » Pourtant les protéines existant dans les parties vertes, chlorophylliennes, des végétaux sont parfaitement équilibrées en acides aminés essentiels – contrairement aux protéines des organes de réserve que sont les céréales et les légumineuses.

C’est ce qui ressort de l’étude sur les « fécules » de plantes de 1733 du chimiste français Guillaume- François Rouelle, puis des travaux publiés en 1981 par l’équipe du Pr Coste, de l’Institut national agronomique sur l’extraction de protéines foliaires pour nourrir les animaux. Ce fabuleux réservoir de protéines est jusqu’à présent inexploité, car on ne change pas facilement ses habitudes. Il est certain que les légumes cultivés, sélectionnés pour leur taille et largement arrosés, sont gorgés d’eau et donc relativement pauvres en nutriments. Leur teneur en protéines serait sans doute trop faible pour être prise en compte dans l’apport alimentaire quotidien. En revanche, les plantes sauvages, qui poussent d’elles-mêmes aux endroits qui leur conviennent le mieux, présentent d’étonnantes teneurs en protéines : 4,2 % pour la bourse-à-pasteur et le chénopode blanc, 4,5 % pour la mauve et jusqu’à 9 % pour l’ortie – et la liste serait facile à allonger. En outre, ces végétaux, véritables alicaments naturels, apportent à notre organisme toute la cohorte des nutriments essentiels : vitamines, sels minéraux, oligo-éléments, acides gras oméga 6 et oméga 3, avonoïdes et autres antioxydants… Bref, nous sommes bel et bien faits pour manger des feuilles.

François Couplan
Pour en savoir plus « Guide nutritionnel des plantes sauvages et cultivées », de François Couplan, éd. Delachaux et Niestlé.
François Couplan est l’auteur de nombreux ouvrages sur les plantes et la nature. Il organise des stages et des formations. Infos : www.couplan.com

jeudi 29 mai 2014

Se réjouir d'être vivant par Christophe André

1- REPENSEZ CHAQUE SOIR À TROIS BONNES CHOSES 
 Demandez-vous avant de vous endormir ce que vous avez vécu de beau. Et à qui vous le devez. À des proches, à des inconnus, à Dieu ? C’est un exercice que je recommande souvent en psychologie positive. Plus on s’y entraîne, plus on ouvre son cœur et son esprit à la gratitude et à la conscience de nos codépendances : nous avons à nous réjouir de ce que nous devons à autrui, et non à nous en inquiéter. 

2- FAITES L'EFFORT DE MÉDITER RÉGULIÈREMENT 
 En dix ans de groupe de méditation avec mes patients à l'hôpital Sainte-Anne, je vois à quel point cet apprentissage, même pour des personnes en difficulté, ouvre les yeux sur la vie contemplative, qui elle-même est source de force et d'apaisement. Apprendre à rester calme, à être présent au monde, à se nourrir de l'instant sur sa chaise au soleil ou dans une file d’attente sous la pluie, c’est accessible à chacun et cela s’apprend. Ces petits outils que sont le travail du souffle ou de l'attention ouvrent à l’univers de la contemplation. Et dans cet univers, il y a de fortes chances pour que vous croisiez le divin et que vous perceviez quelque chose du mystère de la transcendance. En faisant l'effort de contempler sa vie, on apprend à mieux en discerner les grâces. 

3-  REJOIGNEZ DÈS QUE POSSIBLE LA PRIÈRE D'UNE COMMUNAUTÉ 
 Leur foi irradie et vous pénètre par osmose. L'office monastique, c'est la force du rituel dans son dépouillement. Plus sobre que la messe, où, je l'avoue, je m'ennuie souvent ! Utilisez plus fréquemment les offices de votre ville. Lorsque vous sortez, avant d'aller au restaurant ou au spectacle, arrêtez-vous et nourrissez aussi votre être spirituel par la prière. Je déjeune ainsi régulièrement avec deux amis, deux cathos en action comme je les aime. On se donne rendez-vous à l'office de l’église Saint-Gervais, à Paris, et ensuite on fait un bon repas au restaurant voisin. Et ce jour-là, tout est bon !

mercredi 28 mai 2014

Et votre foi, docteur ? avec Christophe André (2)

Depuis le drame Je suis retourné tous les ans au monastère, à En Calcat, puis à Solesmes et d’autres encore. Mon christianisme est toujours en chantier, mais quand je suis dans ces communautés, je ne doute plus, je suis sous perfusion de foi et comme en sécurité dans la main de Dieu. J’aime ce contact charnel et sensoriel avec la prière, le bruissement des robes de bure, le claquement des pupitres, l’austérité des chants grégoriens. Les psaumes, les prophètes, ce monde de l'Ancien Testament, qui décrit la violence des émotions et où le seul recours est Dieu, m’a tout de suite fasciné. 

eu à peu, à travers des discussions avec des amis jésuites, avec ma femme, qui vit l’Évangile au quotidien, le message christique a fait son chemin. C’est paradoxalement à travers le bouddhisme, auquel je me suis intéressé en tant que médecin, que j’ai commencé à être sensible au Christ. Après avoir découvert la figure de Bouddha et son enseignement sur la souffrance, je me suis interrogé sur la philosophie de ce Jésus, si forte du respect du prochain et d'un désir de non-violence.

Et puis il y a la paternité, cet énorme tremblement de terre. Je suis encore épaté d'avoir été co-créateur de trois êtres humains ! Je me sens la responsabilité d'être un modèle pour mes filles : m'efforcer de ne pas trop me plaindre, d’être heureux et généreux, ce sera leur meilleur héritage. Dans une certaine mesure, l'amour que j'ai pour la personne de mes patients est de même nature que celui que j'ai pour mes enfants : je sens ma responsabilité, immense, de protéger leur fragilité. Je dis souvent aux étudiants : soyez gentil avec vos patients, soyez présent avec votre cœur, en ayant toujours foi dans leur possibilité de changer. Plus je deviens un vieux médecin, plus je suis dans la compassion et plus je m’attendris. 11 m’arrive de pleurer avec eux ou après leur départ.

En devenant père, je suis devenu plus humain, plus habité par le bonheur et la gratitude. C’est mystérieux, mais je suis convaincu que la joie n’est pas que légèreté, elle peut côtoyer en nous la plus grande gravité. Je garde l’esprit ouvert au mystère de la souffrance et de l’existence de Dieu, dont je n’aurai la clé que quand je serai face au Créateur. J’aime méditer : c’est là que je rencontre ce sentiment de cohérence totale entre le bonheur et la souffrance qui m’habitent, comme tous les humains. C’est parce que la souffrance existe que nous devons nous réjouir d'être vivants. Le bonheur n’est qu’un moyen qui donne la force de traverser la douleur et d'aller au secours de celle des autres.


Source : La Vie
avril 2014