mercredi 15 mai 2013

Sentir la vie de la Vie... avec Albert Schweitzer


« Je suis vie qui veut vivre, entouré de vie qui veut vivre. Chaque jour et à chaque heure cette conviction m’accompagne. Le bien, c’est de maintenir et de favoriser la vie ; le mal, c’est de détruire la vie et de l’entraver. »

« Chaque fo
is que je suis sur le point d'abîmer une vie quelconque, il faut que je me pose clairement la question de savoir si c'est nécessaire. Jamais je ne devrai m'autoriser à aller au-delà de l'indispensable, même dans des cas apparemment insignifiants. »

(La civilisation et l’éthique)

« La seule possibilité de donner un sens à son existence, c'est d'élever sa relation naturelle avec le monde à la hauteur d'une relation spirituelle. » 
(Ma vie et ma pensée)


Albert Schweitzer


mardi 14 mai 2013

La mort des pensées avec Eckhart Tolle


Extrait choisi (15 min.) d'une interview d'Eckhart Tolle à propos de la crise :

lundi 13 mai 2013

L'agroforesterie, une agriculture d'avenir


Pour un retour aux arbres...
Un document qui nous présente tous les avantages de l'agro-sylviculture :

dimanche 12 mai 2013

Le dentier de l'abbé Pierre avec Alexandre Jollien


Peu de rencontres m'ont ébranlé aussi profondément que celle que je fis par un matin lumineux dans la chambre défraîchie d'un hôtel genevois. Ce jour-là, j'avais rendez-vous avec l'abbé Pierre. À vrai dire, je m'attendais à faire la connaissance d'un homme de Dieu, authentique, un vrai de vrai. Pourtant. la réalité du bonhomme a surpassé, et de loin, mes espérances. Dans ce regard vif, vieilli par tant d'épreuves, j'ai deviné une absolue bienveillance, l'amour fou. Souvent, je me souviens de l'abbé. En particulier lorsqu'il m'arrive de me noyer dans l'affairement, submergé de choses à faire, de réponses à donner... Tandis que je contemplais l'abbé dans sa chambre, vêtu de son traditionnel habit noir, dans la poche de mon pantalon mon portable a vibré. M'empressant de prendre l'appel, j'ai coupé la parole au saint homme, sacrilège impardonnable ! À peine eus-je reposé le maudit appareil que l'ecclésiastique me fit cette confession : « Je ne fais qu'une concession à la technique : ça ! »

Et le vénérable père de saisir son dentier dans ses mains et de me le montrer avec un air malicieux. Soudain, j'ai cru rêver tant le spectacle était inattendu ! L'humanité, l'humour et la bonté du fondateur d'Emmaüs me sont des guides. J'ai envie de lui faire un clin d'oeil à chaque fois que je sacrifie la profondeur d'une rencontre sur l'autel des choses prétendument urgentes. À propos, je note qu'aujourd'hui, on ne dit plus « À bientôt », mais «À très vite ! ». Cela sonne comme une sommation. Et il nous faut répondre à tant de courriels toute affaire cessante si l'on ne veut pas passer pour un coeur desséché, un malappris. Hâtons-nous de faire une salutaire halte et de stopper net la précipitation pour nourrir d'authentiques relations à l'autre ! Et que dire de ces amis Facebook ? Seront-ils toujours en ligne à l'heure de l'épreuve ?


Je crois que ce que j'affectionne le plus sur mon écran, c'est la petite icône "Corbeille". Incarnation du dépouillement, instrument libérateur qui permet de faire le départ entre l'accessoire, l'hypersuperflu et ce qui réjouit profondément un cœur.  L'exercice consiste ici à se demander : « Qu'est-ce qui me bouffe du temps et de l'énergie ? » En somme, il s'agit d'user de tous ces dispositifs sans s'aliéner. Les outils de communication, le progrès technique, lieu suprême du « j'ai » , « je n'ai pas », « je prends », « je perds » nous vouent assurément à une insatisfaction ininterrompue. Alors il est peut-être grand temps de réaliser que les relations au rabais, le bavardage ne peuvent pas nourrir pleinement et voir que tous ces moyens sont là pour aider l'homme. Ils ne sauraient le combler. L'exercice requiert que je comprenne que certaines actions renforcent mon ego et me jettent dans les griffes de la souffrance.

Pour m'unir à Dieu, comme l'abbé Pierre, j'ai à cœur d'éviter tout gaspillage. Pour me perdre dans l'absolu, je dois me garder de m'épuiser dans l'inutile. En somme, l'abbé Pierre, fragile et puissant à la fois, m'invite à profiter du monde comme un mourant. Savoir que tout reste précaire et connaître la valeur de la vie sans m'enfermer dans quoi que ce soit. Récemment, un ami me disait que lorsque le téléphone sonne, les mots sont presque invariablement les mêmes :
« Bonjour, comment ça va ? À propos, tu ne pourrais pas me rendre un service ?... »
Je regarde mon portable, je pense à l'abbé Pierre et me propose d'y mettre un peu de gratuité. Et si, désormais, j'appelais une personne par jour juste pour lui demander comment elle va.


Alexandre Jollien 
(source : La Vie)

J'ajoute à ce beau texte que s'éloigner de l'inutile, c'est aussi apprendre à se respecter...


vendredi 10 mai 2013

Une autre manière d'être au monde ? avec Jacques Castermane



Lors de mon premier séjour en Forêt Noire (en 1967), je demande à Graf Dürckheim s’il peut définir le chemin de maturation qu’il propose à l’homme occidental, suite à son immersion dans le monde du zen, au Japon ? 

Voici sa réponse : « M’intéresse l’homme dans sa profondeur, dans ce que j’appelle son être essentiel. L’homme est appelé à découvrir, en lui-même, cet être essentiel qui transparaît dans certaines expériences. Quand cette expérience est vraiment vécue, et non pas seulement pensée, cherchée ou pressentie, elle peut devenir le point de départ d’une nouvelle orientation pour le temps qui nous reste à vivre. Cette Voie spirituelle n’est pas un chemin "à suivre" mais un chemin "à tracer"; ce qui nécessite la pratique d’un "exercice" dont le fruit ne sera pas un état éphémère mais une autre manière d’être au monde. Etre établi dans cette autre manière d’être au monde, là est le but du zen. » (K.G. Dürckheim)


Une autre manière d’être au monde ? Oui. Une façon d’être là qui témoigne de ces qualités d’être qui manquent cruellement à l’homme contemporain : la confiance, la sérénité, la paix intérieure.


Jacques Castermane


jeudi 9 mai 2013

Ascension vers le Paradis....

du latin ascendere ; monter, s’élever
« L’Ascension du Seigneur », célèbre l’entrée du Christ dans la gloire de Dieu, c'est-à-dire la fin de sa présence visible sur terre ; elle préfigure notre vie dans l’Eternité. Son départ symbolise un nouveau mode de présence, à la fois tout intérieure, universelle et hors du temps, car le Christ reste présent dans les sacrements et tout particulièrement celui de l’Eucharistie. Croire que le Christ ressuscité est entré dans la gloire est un acte de foi.

En ce jour, voici une vision humoristique du paradis...



mercredi 8 mai 2013

En ce jour de paix... avec Edmond Michelet

« Chacun a le droit de retirer de son expérience concentrationnaire telle conclusion qui lui plaît. Et cette conclusion est inspirée tout autant par les conditions dans lesquelles cette expérience a été subie que par la nature même de celui qui l'a vécue. 

Pour moi, c'est une leçon d'espérance en l'homme que je veux retirer de mon aventure.
Libre à d'autres de ne promener leur projecteur que sur l'aspect décourageant des êtres et des choses. Il est bien vrai que cet aspect-là aussi existe. Indiscutablement. 


Mais je veux croire que la volonté sincère de chercher, avant tout, ce qui peut redonner confiance dans les incroyables possibilités de l'âme humaine est le seul bon moyen de franchir une traversée comme celle que nous avons connue. »


Edmond Michelet,

Extrait de Rue de la Liberté

Pinceaux de lumières



Je suis ton fils 
Sur terre 
qui marche à peine 
Tu m’as rempli les mains 
De couleurs, de pinceaux 
Je ne sais pas comment te peindre


Faut-il peindre la terre, le ciel, mon cœur 
Les villes en feu, les gens qui fuient 
Mes yeux en pleurs 
Où faut-il fuir, vers qui voler


Celui qui là-bas donne la vie 
Celui qui envoie la mort 
Peut-être fera-t-il 
Que mon tableau s’illumine


Marc Chagall
Poème accompagnant le tableau "La Création"


mardi 7 mai 2013

Le chemin du projet...


Nous avons vu la verticalité avec le schéma précédent qui nous permettait de traverser les pensées, les émotions, pour voir nos véritables besoins. L'horizontalité permet de réaliser nos besoins mais le chemin du projet est parsemé d'embûches...


Je nous laisse prendre conscience de chaque étape dans nos existences...


lundi 6 mai 2013

Assièger le mental juqu'à ce qu'il se consume...

"Sur le feu, comme un chaudron, cherche-toi toi-même
Fais-toi bouillir toi-même, et ne t'échappe pas partout
Ton but est la pierre précieuse, va, cherche-la
C'est par ce feu que tu seras transmué en pierre précieuse."

Rubâi'yât

Djalâl-Ôd-Dîn Rûmî

dimanche 5 mai 2013

Aller mieux dedans pour agir mieux dehors avec Jacques Dechance

Cultiver la confiance et réveiller nos consciences, c'est le double conseil de Jacques Dechance. Pour ce thérapeute et "entraîneur de vie", le développement personnel n'a de sens que s'il nous fait agir dans le monde. En retraçant les grandes étapes de son parcours, il nous offre le livre de sa vie, mais aussi de "nos" vies, un guide interactif de la quête spirituelle qui donne le courage de cultiver une autre intelligence et invite le lecteur, par des méditations et des exercices, à oser sa propre quête intérieure.

Vous avez consacré votre vie au sens. Vous racontez votre itinéraire en commençant par ce que vous appelez "Le livre de la Quête". Pourquoi ?

Le facteur déclencheur de mon livre, c'est mon fils. En le voyant grandir, je sens de plus en plus le poids de notre responsabilité : quel héritage, quelle planète allons-nous transmettre à nos enfants ? J'ai voulu raconter mon histoire comme une série d'événements qui réveillent l'âme, une succession de résiliences vécues grâce à des rencontres déterminantes. Chacun doit avoir sa quête, la mienne n'est pas "le" modèle à suivre, mais mon livre peut donner un élan au lecteur pour sa propre recherche, une sorte de permis de vie.

Pouvez-vous résumer votre itinéraire en quelques grandes lignes ?

J'ai vécu une adolescence mouvementée où j'ai "étreint" la vie avec ses joies et ses extrêmes, c'est là que j'ai rencontré le monde des arts martiaux avec ses maîtres, sa base de méditation bouddhiste et son éducation à la confiance, puis, devenu adulte, j'ai découvert le monde de la santé avec les médecines alternatives et son approche attentive du corps. Après le professorat d'éducation physique, j'ai pu travailler intensément, dix ans durant, sur la conscience du corps et faire de grandes rencontres, avec notamment le vieux sage Karlfried Graf Durckheim en Allemagne, (et son approche fine de la dimension de l'être), avec des thérapeutes junggiens en France, mais aussi avec un maître zen comme Taisen Deshimaru ou des moines orthodoxes , lors d'un séjour au Mont Athos. Ces expériences ont nourri la création de mon centre "Le corps à vivre" que j'ai animé à Bordeaux durant douze ans. Les voyages et les formations m'ont aussi modelé durant cette période de ma vie. Le voyage en solitaire, notamment dans le désert et au Népal, a été pour moi une forme de résilience. Dans les années 80-90, sous l'influence des mouvements humanistes américains venant des États-Unis, on travaillait sur soi sans se poser de question.

Et derrière ce travail personnel, s'est dessinée pour vous une recherche spirituelle ?

Partagé entre les deux traditions bouddhiste et orthodoxe, ma foi s'est construite en approchant les religions avec une forme de discernement et de doute. Faire dans sa vie une plongée dans une religion, en fréquentant assidument les rituels, les textes et les maîtres est un atout extraordinaire, mais tout aussi important est de faire face à sa vérité intérieure. Il faut savoir prendre du recul par rapport à sa propre pratique, oser parfois en sortir pour chercher son honnêteté spirituelle au delà des dogmes et peut être retrouver ensuite sa tradition -ou une autre !- avec ce détachement et cette clarté nécessaires à toute quête intérieure. Au delà de la recherche de vérité, il est nécessaire d'accorder de l'attention au silence qui pacifie. Prendre le temps de méditer sur le sens de nos vies et de nos actes, de marquer aussi les étapes de l'existence par des gestes, des événements, des pratiques symboliques est essentiel. C'est une manière d'aiguiser sa conscience, de prendre du recul et d'intégrer les changements dans nos vies. "On ne résout pas un problème, disait Albert Einstein, avec la manière de pensée qui l'a créé".

La véritable quête de sens passe, écrivez-vous, par le retour au réel. Que voulez-vous dire ?

On ne peut continuer à se former soi-même si on ne se frotte pas à la réalité. Le risque, en travaillant seulement sur soi, c'est se retrouver dans une sorte de planque hors du monde. Nombre de "maîtres" en développement personnel manquent de ce réel. Le monde de l'entreprise, où j'anime aujourd'hui de nombreuses formations, m'a ramené à ce quotidien, à ce réel dur de la vie au travail. Il me ramène aussi à cette nécessité de retravailler sans cesse sur l'égo pour passer de l'égoïsme à l'altruisme.

C'est là qu'intervient ce que vous nommez "l'art de l'action courageuse" sans laquelle la vie n'aurait pas de sens. Qu'entendez-vous par là ?

Le sage Dogen recommande : "Si nous ne pratiquons notre voie avec tous les êtres avec toutes les choses dans l'univers, alors ce ne sera pas la vraie voie". Le but de la vie est bien de se réconcilier avec soi mais pour se réconcilier avec le monde et agir. La grandeur de l'homme n'est pas dans ce qu'il est mais dans ce qu'il rend possible. Il s'agit de mettre de la cohérence dans sa vie pour créer avec les autres, de relier nos comportements individuels à ces valeurs que sont l'altruisme, la solidarité, la fraternité, la coopération. La sagesse écosystémique, qui inscrit l'homme au centre et non plus au sommet du vivant -et qui fait référence au concept d'"écosophie", forgé en 1960 à Oslo par le philosophe Arne Naess-, est peut-être la nouvelle religion du XXI ème siècle. Nous commençons enfin aujourd'hui à raisonner à travers une conscience décentrée de soi, une conscience de l'interdépendance entre toutes choses.

Comment cela se manifeste-t-il ?

Je vois déjà cette sagesse à l'oeuvre dans le monde à travers plusieurs pôles d'action : le développement de la recherche scientifique sur la bio diversité, l'économie circulaire aussi avec ces nombreux entrepreneurs et "agitateurs créatifs" qui innovent au service de la solidarité et du vivant. Je pense aussi au développement du social business et à toutes ces nouvelles propositions d'argent éthique, ces fonds de solidarité qui proposent de mettre vos avoirs au service de la vie. Ce sont autant de pistes d'actions courageuses qui sont capables de motiver les jeunes générations. On ne peut plus se permettre d'aujourd'hui d'agir sans cette conscience de la trame dans laquelle nous sommes tous inclus. Appartenant au même village planétaire, il nous faut lutter contre l'égocentrisme et l'anthropocentrisme, cesser de se vivre comme le centre de l'univers et de croire que l'accélération de l'être passe par l'avoir. Notre première tâche est d'articuler le mieux être à la recherche de la simplicité.

Développer son attention au monde, mais aussi avoir le courage de renouveler sa vie, c'est la responsabilité de chacun ?

Nous avons tous un fort potentiel de résilience si nous savons regarder notre vie comme une trajectoire de sens et une suite de petites grâces. Ces moments de lumière -la science le prouve aujourd'hui- ont un impact aussi important sur nos neurones que les traumatismes. Les thérapies ne nous le disent pas assez : un événement en apparence négatif peut révéler un cheminement constructif un an après. Il nous faut donc adopter une attitude paradoxale : faire confiance en la vie et en même temps continuer à agir. En "captant" les petites grâces comme un radar, il appartient à chacun de travailler à rendre ses décisions bonnes, à ne pas les regretter. Le risque majeur d'aujourd'hui est de tomber en dépression. L'homme contemporain est soit dans la fébrilité, soit dans la déprime. Tout l'enjeu de nos vies -et de nos sociétés !- est de passer de l"excitation-dépression" à l'"intensité sérénité".

Trouver en somme l'attitude juste entre l'engagement et le recul nécessaire pour vivre ?

Chacun peut apprendre à relier en lui la contemplation et l'action, l'être et l'avoir, pour vivre à la fois impliqué et détaché. Mon parcours et mes rencontres m'ont amené à développer une vision globale et reliée de l'être humain. J'ai créé en 1980 la pédagogie Reliance qui s'adapte tout autant au parcours individuel qu'au contexte de l'entreprise. Il s'agit, par des exercices quotidiens, de faire le lien entre la plénitude du corps, l'ouverture du cœur et l'éveil de la conscience et d'apprendre à relier l'état contemplatif à l'action créatrice. Le fin connaisseur des traditions orientales Arnaud Desjardins voyait deux visions possibles du monde, celle qui morcelle et celle qui unit. Dans cet esprit d'unification, je propose à mon lecteur de s'entraîner à être mieux dedans pour agir mieux dehors.


Pratiquez le sourire intérieur, pour vous recentrer et rayonner la paix au quotidien




source : La Vie