mardi 20 novembre 2012

Le marché aux cadrans et l'industrie horticole...

Cette vidéo partagée pour avoir été sur place en Hollande observer le commerce mondial des plantes et l'achat aux enchères par cadrans, et pour avoir cru à 6h du matin à une aurore boréale alors que "ce n'était" que des milliers d'hectares de serres éclairant des tomates ...

lundi 19 novembre 2012

La "non-expérience" avecTony Parsons

"Pour moi, la réalisation de l'illumination, ou de la nature de qui je suis vraiment, n'est pas une chose qui peut-être exprimée. Ce qui est arrivé ne peut même pas appelé "expérience", parce que l'expérimentateur séparé devait nécessairement être absent pour qu'ait lieu cette émergence.

Cependant, ce qui accompagne cet évènement a été une réalisation d'une grandeur tellement simple et d'un contenu si révolutionnaire, que j'en suis resté stupéfait et tout à fait seul.
Une des choses que j'en suis venu à voir est que l'illumination n'est susceptible de se produire qu'à partir du moment où il a été accepté qu'elle ne peut être atteinte.


Les doctrines, processus et voies progressives tournées vers une recherche de l'illumination ne font qu'exacerber le problème en confortant l'idée que le moi peut retrouver une chose qu'il présume avoir perdue. C'est précisément cet effort, cet investissement dans l'identité de soi qui recrée continuellement l'illusion de la séparation de l'Un. C'est le voile à l'existence duquel nous croyons si fermement, le mirage de l'individualité.

C'est comme si quelqu'un qui, s'imaginant au fond d'un trou profond, creuse plus profond encore pour s'échapper, rejetant la terre derrière lui au point de couvrir la lumière qui est déjà là.

Le seul effet positif de ce terrible effort pour devenir " ce que je suis déjà " est que je vais finir par m'effondrer, épuisé, et lâcher prise. Dans l'espace de ce lâcher prise, une autre possibilité peut surgir. Mais la tentation d'esquiver la liberté par la sacralisation de l'effort est très séduisante. Lutter au royaume du temps et de la durée n'appelle pas la libération.

La vie n'est pas une tâche. Il n' y a absolument rien à atteindre, sauf la réalisation qu'il n' y a absolument rien à atteindre.
Aucune somme d'efforts ne persuadera jamais l'unicité d'apparaître. Tout ce qui est nécessaire, c'est un saut dans la perception, une vision autre, déjà inhérente, mais non reconnue."

Tony Parsons

dimanche 18 novembre 2012

Chasser les marchands du Temple avec Alexandre Jollien


Hier, tandis que je courais comme un dératé après mon fils, celui-ci me dit : « Rigole pas, on joue ! » J’y ai découvert soudain une invitation à me défaire de la gravité pour jouer véritablement, abandonner le sérieux pour juste être avec lui. En fait, aux côtés de mon fils, je me regardais jouer, je jugeais la situation plutôt que je la savourais à fond. Partir à son école, c’est peut-être quitter une bonne fois pour toutes les rôles, cesser de rigoler pour vivre dans la joie. Sur ce chemin, depuis peu, j’ai trouvé un guide, le lumineux Maître Eckhart. Dans son premier sermon allemand, le mystique parle de la purification du Temple, en revenant sur l’épisode bien connu de l’Évangile selon saint Jean où le Christ se met en colère contre ceux qui, dans la maison du Père, trafiquent. Et notre auteur de nous mettre en garde contre le mercantilisme qui peut envenimer notre relation à Dieu. Je suis pieux, je prononce mes prières, je suis charitable pour me faire bien voir. Maître Eckhart, comme l’injonction de mon fils, me convie à un exercice de vérité et de dépouillement, assurément. 

Il s’agit de vider le temple de l’esprit de toute représentation, de tout masque pour oser la nudité de l’âme. Et je prends conscience combien, dans ma vie, je suis enclin à trafiquer. Suivre Maître Eckhart, c’est toujours et avant tout se déprendre de tout et surtout de soi pour devenir limpide, vrai et lumineux. Il écrit : « Si égale à lui-même il a fait l’âme de l’homme qu’au ciel ni sur terre, parmi toutes les créatures magnifiques que Dieu a créées si admirablement, il n’en est aucune qui lui soit aussi égale que l’âme seulement. C’est pourquoi Dieu veut avoir ce temple vide, en sorte qu’il n’y ait là rien de plus que lui seul. » Texte à la fois propre à convertir et à subvertir. Car quoi de plus contraire à notre société dite de consommation que cette attitude de déprise. Aussi, l’exercice spirituel revient ici à se demander non pas « qu’est-ce qu’il me faut pour être heureux ? », mais bien plutôt « qu’ai-je de trop pour être libre, dépris, limpide et simple ? ». 

Quand Maître Eckhart nous exhorte à nous déprendre de nous-même, il nous invite à oser une liberté de chaque instant. Chaque seconde, nous sommes conviés à laisser tout ce que nous sommes, comme des reliques poussiéreuses, pour revivre, renouveler. Sur la route, le regret, le remords viennent freiner notre élan. Et Maître Eckhart nous livre toute une série d’exercices pour nous déprendre, précisément, de tout ce qui nous fige et nous fixe. Là où il y a attachement, la joie ne peut circuler. Et l’attachement peut revêtir diverses formes, même les plus subtiles. Je peux m’attacher au bonheur comme au malheur, à la joie comme au repentir narcissique. Aujourd’hui, je souhaite quitter tout marchandage, cesser de faire le beau, renoncer à me regarder pour jouer pleinement avec la vie. Dans ce jeu, il ne s’agit pas de rigoler, mais de redécouvrir la gravité joyeuse et innocente de l’enfant. Ainsi, dans le temple de l’esprit peuvent éclater des cris de joie. 

J’aime l’éloge du vide. Il est un vide qui anéantit et un autre qui prodigue une fécondité exceptionnelle. Pour épouser le mouvement de la vie, aucun marchandage, aucun repli sur soi, il convient bien plutôt de retrouver l’existence au-delà des mots, dans sa simplicité même. Tout cela est un jeu d’enfant, et non pas une affaire de grand.

Alexandre Jollien est un philosophe et écrivain né en 1975 à Savièse, en Suisse. Son dernier livre, le Philosophe nu, est paru au Seuil.

Source : La Vie


vendredi 16 novembre 2012

Unité et fécondité avec Jean Vanier



Une seule chose
est importante : que nous soyons vrais, que nous échappions
aux mensonges,
et même aux rêves et aux théories
qui nous enferment dans un monde illusoire où
nous sommes coupés de notre réalité profonde.


Dans la mesure où nous acceptons nos blessures, nous entrons dans
le chemin de l’unité ;
dans la mesure où
nous refusons de regarder notre vérité, nous maintenons
une cassure à l’intérieur de nous-même.


Dès que nous acceptons cette partie de
nous-même que nous refusions de regarder, que nous refusions
de reconnaître,
que nous refusions d’admettre, l’unité commence à se faire
à l’intérieur de notre être, et c’est de l’unité
que jaillit la fécondité. »


Extrait de la Source des larmes.
(source : La Vie)


jeudi 15 novembre 2012

Surfer ou faire la planche avec Joël de Rosnay


Pour vous, la vie est un flux ?


"Oui, comme sur une planche, il faut s’y maintenir en équilibre et anticiper l’imprévu. Le surf comme la science m’ont appris que je suis à la fois libre et déterminé. 

Déterminé par mes gènes, mon environnement, mon éducation, mais libre aussi de choisir dans quelle direction aller. Je ne suis pas à l’origine de la vague qui me porte mais, quand elle arrive, à moi de la remonter, de la descendre, à moi de choisir les figures qui me plaisent…" 

 Joël de Rosnay
 (source : La Vie)

mercredi 14 novembre 2012

L'impossible propriété intellectuelle avec Albert Jacquard

Avec Richard Stallman :
"Une guerre conceptuelle, sémantique a commencé visant à privatiser peu à peu ce qui pourrait être de l’ordre du monde des idées et peut être si nous n’y prenons pas garde du phénomène de la pensée. Pour se faire un nouveau vocabulaire est en train d’émerger, tel l’expression sémantique mensongère "propriété intellectuelle", visant à faire admettre l’inadmissible, c’est à dire qu’un seul homme peut se prévaloir être le propriétaire d’une idée"... et même d'un arc-en-ciel...

mardi 13 novembre 2012

La limace et les pensées...

ou comment les insectes permettent aux plantes de se déplacer...



Les élaiosomes ( grec Elaion «huile» et Soma "corps") sont des structures charnues qui sont attachées aux graines de beaucoup de plantes. L'élaiosome est riche en lipides et protéines , et peut être diversement façonné.

dimanche 11 novembre 2012

Relaxation avec sœur Chân Khong



Pour commencer la semaine de rentrée, relaxons-nous...
Voici l'intégralité du CD de relaxation (10 morceaux) de soeur Chân Khong 
du village des pruniers où enseigne Thich Naht Hanh.
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L'automne de la lumière avec Philippe Mac Leod


Une vivante, merveilleuse unité s’établit entre la lumière basse de l’automne, l’or des feuillages, la fraîcheur de l’air et le bleu atténué du ciel. Chacun de mes pas semble me glisser sous l’huile luisante d’un tableau, rassemblant la diversité du paysage dans le même éclat. Je parle d’unité, au sens de tonalité, mais le premier sentiment qui m’est venu en traversant la vaste esplanade bordée de vieux platanes est celui de cohérence. Oui, étrangement, une sorte de cohérence interne au monde, latente, sous-jacente, par laquelle toutes choses s’accordent et se répondent, qui fait que je m’y insère par le dedans, par l’âme qui est en moi et qui trouve là sa joie comme sa raison d’être.

Plus qu’aucune autre saison sans doute, l’automne nous apprend que l’unité ne craint pas la variété des formes, mais se plaît au contraire à les épouser, à les rapprocher, comme un vaste et savant accord que seul le doigté d’un rayon peut jouer sur les cordes invisibles de la lumière. L’âme alors sent bien que ce message lui est adressé, que ce somptueux tableau déployé devant elle, cette secrète partition sont pour elle. Elle tend l’oreille, qui ne cherche plus que les rapports. Elle ouvre des yeux qui eux-mêmes s’écoulent comme une eau claire. Tout l’espace semble s’ouvrir, l’instant offert, l’instant accompli où l’esprit, qu’elle pressentait toujours un peu en avant ou au-dessus du corps, devient ce principe unificateur, cette touche des plus délicates sous laquelle la chose et le regard s’épousent dans le même tremblement.


Dans cette atmosphère allégée, comme suspendue, à peine brumeuse, un chant d’oiseau se glisse, d’une pureté lumineuse, mince ruisseau à travers les airs. Lui aussi est accordé. Il chante les couleurs, la clarté, le bleu dilué qui passe tout entier dans les inflexions d’une tranquille mélodie. Je ne le vois pas. Son chant semble monter de l’arbre en feu, d’une gorge secrète, une voix très ancienne, jeune toujours, qui passe à travers chaque chose, pour tenir tout ensemble sur le même fil.


On ne mesure pas combien la nature est unifiante. À son contact, nous revenons à la source inépuisée de la vie nue, de la vie une, une à la racine, une à son sommet, comme le grand arbre se consumant de mille petites flammes, tel un buisson ardent où le nom de Dieu se murmure en cette langue aussi ancienne que la création, langue bruissante, langue vibrante qui nous rejoint aujourd’hui au creux d’un cœur ouvert à la lumière, tout près de s’offrir, avec cette feuille détachée qui meurt de tant de beauté, sans un cri, sans même un soupir, juste un frôlement qui voudrait aussi m’emporter et tout résumer dans sa faiblesse.


Un souffle chaud court encore sur les talus aux herbes longues. Dans les bois, un rayon oblique soulève les branchages et colore le dessous des feuilles. Cependant, l’ombre vient vite et monte sur les versants froids, tandis qu’une pluie d’or et murmurante, un lancer de pétales couvre le chemin, où la mariée de l’été a laissé sa traîne avec les couleurs du soir. L’air descend comme une bénédiction, la longue main du ciel étendue sur nos têtes, sous un soleil doré où toutes choses s’apaisent avant de disparaître. La lumière à son automne semble venir nous prendre, comme le reflet sur les miroirs d’eau, comme la feuille au vent, pour nous soulever à la hauteur de notre souffle. Vibrant automne, saison déchirante, des apothéoses et du plus haut dépouillement. Il est parfois si beau de mourir.


Philippe Mac Leod est écrivain. Son dernier recueil de poésie, Sens et Beauté, est paru aux éditions Ad Solem.

samedi 10 novembre 2012

Finir en miettes avec Christian Bobin

Quelques mots émiettées pour que se déguste la parole absente... 
derrière les paravents enfin tombés.

Lettre de Christian Bobin (3 min.)
 

source RSR - 2012

"La vie, c'est avancer droit sur l'autre..."