samedi 1 septembre 2012

En mouvement vers le Jardin avec Gilles Clément (2)



Mais ce à quoi je crois le plus, c’est à la requalification permanente de tout ce qui permet à la vie d’exister – et d’évoluer. Je ne crois pas tellement à une diversité quantitative, mais à une diversité comportementale. C’est elle qui constitue le moteur de l’évolution de la vie sur cette planète. 

 L’imprédictibilité est ce qui caractérise la vie. Et l’on sait bien que l’humanité, à l’échelle de la vie, vient tout juste d’éclore dans l’histoire de la planète. Et la vie elle-même… Parce qu’avant même l’avènement de la vie, il y a la fabrication de cette espèce de socle, de l’eau, de l’oxygène… qui va permettre à la vie d’exister.


Partie 2 : 13 min. - Source : France Inter

"Une feuille morte tombée au sol n’est pas une souillure , c’est une nourriture."

 "Accepter l'autre dans sa diversité, ça permet de savoir qui on est soi-même."

vendredi 31 août 2012

En mouvement vers le Jardin avec Gilles Clément (1)


Ingénieur horticole, paysagiste, écrivain, jardinier, il enseigne à l’Ecole Nationale Supérieure du Paysage à Versailles (ENSP).
En dehors de son activité de créateur de parcs, jardins, espaces publics et privés, il poursuit des travaux théoriques et pratiques à partir de trois axes de recherche :

- Le Jardin en Mouvement, concept issu d’une pratique sur son propre jardin dans la Creuse, appliqué à l’espace public en France et à l’étranger dés 1983.  Première application à l’espace public en 1986 pour le Parc André Citroën inauguré en 1999.

- Le jardin Planétaire, projet politique d’écologie humaniste, concept porté à la connaissance du public par le biais d’un roman-essai, Thomas et le Voyageur chez Albin-Michel en 1996, puis par une exposition majeure dans la Grande Halle de la Villette en 1999/2000 ainsi que par un certain nombre d’études : Le Jardin Planétaire de Shanghaï, la Charte paysagère de Vassivière en Limousin et autres travaux en cours.

- Le Tiers-Paysage, concept élaboré à l’occasion d’une analyse paysagère en Limousin, défini comme « fragment indécidé du Jardin Planétaire » ; cela concerne l’ensemble des espaces délaissés ou non exploités considérés par lui comme les principaux territoires d’accueil à la diversité biologique.
Partie 1 : 30 min. - Source : France Inter



jeudi 30 août 2012

Enracinement...


Denise Desjardins à Paris

samedi 13 octobre 2012 à 14:30 
11 rue de l'Atlas 
75019 PARIS 

Comme elle nous en fait l'honneur deux fois par an, Denise sera de nouveau à Paris pour répondre à vos questions concernant le cheminement spirituel et aborder tous les aspects de la vie. 
Ses réponses pertinentes, dans un style direct et chaleureux et sa longue expérience d'aide auprès de nombreuses personnes font de ces rencontres un moment fort et inspirant pour chacun.


"A l’intérieur de chacun d’entre nous existe une zone que les remous de surface ne peuvent toucher. Le but de l’existence est d’atteindre cette paix intérieure. Ce détachement est tout sauf de l’indifférence, car il permet une empathie avec l’autre. Nous accédons à cet état en écoutant une musique qui nous transporte ou en observant un tableau qui nous ravit : le mental disparaît et nous ne faisons qu’un avec ce tableau ou cette musique. Il existe un bonheur à sentir qui ne fluctue plus au gré des événements, mais qu’on vit chaque instant en toute conscience jusqu’à cet infini qui nous appelle."


mercredi 29 août 2012

De la galère à la mer avec le Père Michel Jaouen (2)


"Ce n’est pas construire de nouvelles prisons qu’il faut. Mais les vider. L’essentiel, c’est l’éducatif, notamment pour les jeunes. Un gosse ce qu’il faut c’est l’éduquer et le valoriser."

"Je regarde toujours devant moi, jamais derrière. Ce qu’il faut c’est continuer d’avancer et de faire des choses, pas d’avoir des regrets, cela ne sert à rien." 

"Faire don de soi aux autres, c'est la seule expression de foi qui compte... Tout le reste, c'est du baratin..!" 

"Nous nous exprimons par nos actes, pas par nos paroles " 

 Michel Jaouen, "curé des mers"


Partie 2 (13 min.) -source : France Inter


l’association Amis de Jeudi Dimanche, Bel Espoir et Rara Avis



mardi 28 août 2012

De la galère à la mer avec le Père Michel Jaouen (1)

Pendant 13 ans, le Père Michel Jaouen fut aumônier de la prison de Fresnes. Il a entendu le cliquetis des portes des cellules, il les a vues se fermer sur tant de délinquants, tant d'adolescents que l'enfermement risquait de transformer en tigres; qui, une fois libérés, seraient autant de rejets vivants, totalement étrangers aux règles du jeu social. Il a d'abord fondé un foyer où ces jeunes rencontraient d'anciens détenus; il les emmenait tous à la mer, ou à la montagne, il leur montrait autre chose que leurs sous-sols et leurs impasses. 

Enfin, en 1968, il acheta un voilier ; il y embarqua ses "nouveaux" et ses "anciens"; avec eux, depuis, il traverse chaque année l'Atlantique. Et les nouveaux deviennent des anciens. Les générations se succèdent. Pour chacune, le bruit de la mer remplace celui des serrures et des clés.


Partie 1 (30 min.) -source : France Inter


l’association Amis de Jeudi Dimanche, Bel Espoir et Rara Avis

lundi 27 août 2012

Ecouter l'inconnu en soi avec Virginie Megglé


«Au nom des codes, du devoir et du progrès, nous jouons à l'adulte sans nous réjouir d'être en vie. C'est oublier le goût archaïque que, enfant, nous avions pour la vie. L'enfant est mû par la force du désir. Curieux, essentiellement vivant, il est dans l'expérience, dans la découverte, celle de ses sensations, de ses capacités. Tout entier concerné par son principe de plaisir, il ne s'embarrasse pas de raisonnements : il n'a pas les mots pour cela. C'est la notion d''infans" : ce moment où le petit enfant perçoit les événements sans les embarrasser de concepts.

Seul compte le monde sensible. L' "infans" perdure et nous le portons en chacun de nous. Mais en devenant adulte, parce que nous vivons au sein d'une société insécurisée et insécurisante, nous choisissons le contrôle et la maîtrise. Le plaisir devient interdit : si nous apprenons une bonne nouvelle, par exemple, nous nous permettons rarement de sauter de joie!

Mais qu'aurait fait un tout-petit? Percevons à nouveau le monde avec des yeux d'enfant, sans chercher à tout expliquer, et certainement pas soi ou son histoire. J'aime l'idée d'aller à sa propre rencontre, d'écouter l'inconnu en soi, tout ce que l'on ne connaît pas (encore) de soi. Bien sûr, nous pouvons tenter l'expérience de l'analyse. Mais nous pouvons aussi, tout simplement, entrer dans une librairie et choisir un livre à l'instinct. Qui sait? Il nous surprendra peut-être... »

Par Virginie Megglé, psychanalyste
auteure de Couper le cordon, guérir de nos dépendances affectives (Eyrolles, 2009)

dimanche 26 août 2012

Allons au plus profond avec Philippe Mac Leod

Je nous conseille une profonde lecture en ce dimanche...

"Jules Renard disait qu’il fallait chausser des bottes d’égoutier pour descendre en soi-même. Tous, nous connaissons nos cloaques, nos ténèbres sordides, peuplées d’ombres repoussantes. Mais je connais une autre métaphore : Bernadette à terre, le visage maculé, creusant de ses mains nues et meurtries la boue de Massabielle, pour en extraire un mince filet d’eau claire. Oh ! ce visage d’enfant blessé, crotté, hagard, cheminant devant la foule choquée, qui n’a peut-être toujours pas compris que nos guérisons intérieures passent d’abord par ce corps à corps avec nos laideurs secrètes. Lourdes garde toute la force de ce premier message, car la source, en quelque sorte, s’est de nouveau refermée, cachée, non plus sous la boue d’un lieu insalubre où seuls les enfants pauvres allaient glaner un peu de bois mort, mais sous la couche plus dure et bien policée d’une imagerie codifiée, stéréotypée, qui voudrait faire illusion.

Il en est de même pour chacun de nous. La conversion ne consiste pas en l’élimination forcenée de nos infirmités, mais en l’acceptation souffrante de notre vérité, en nous engageant à descendre en nous, toujours plus loin, plus profond, pour aller réveiller le mince filet d’eau claire d’un être neuf et vierge qui finira par tout recouvrir, comme les eaux purificatrices d’un déluge souterrain.

Car tout est en nous : le mal et sa guérison – le mal, plus en surface ; la guérison, à des niveaux qui souvent nous découragent. Notre volonté n’y peut rien, pas plus que la bonne foi de nos résolutions sans cesse réitérées. Tout semble suspendu au champ de notre attention, à l’orientation que nous lui donnons. Si nous ne sommes préoccupés que par nous-même, nos obscurités intérieures prennent le dessus et dirigent infailliblement notre conduite. Si nous nous tournons avec assiduité vers notre ciel intérieur, si loin soit-il, c’est lui qui prendra le dessus et dissipera peu à peu nos pesanteurs, nos tensions, nos conflits jamais résolus.

La prière, même dans sa forme brève, nous est toujours offerte ; non pour lancer un appel au secours, réclamer l’aide expresse d’une autorité supérieure, mais pour se taire, pour faire taire la surface et reprendre contact avec ce que nous sommes plus profondément – comme on jette un regard intense vers une fenêtre ouverte, comme on tourne la tête vers le vide libérateur de l’azur lumineux. Quelle délivrance, alors, de découvrir que tout ce qui nous pèse, tout ce qu’il nous faut subir de notre histoire, n’est pas entièrement nous et qu’il suffit de retrouver le noyau intime qui nous fonde pour en libérer le rayonnement et le laisser nous envahir !

Là est la vie nouvelle, la régénération réelle, radicale : dans ce quelque chose en moi qui n’est pas moi et qui cependant est plus moi-même que je ne le suis. Pour le rejoindre, les efforts volontaires se révèlent inefficaces : il n’est que d’en avoir faim et soif, mais violemment, douloureusement, sans artifices. La grâce n’est pas une fée capricieuse, mais cette nappe oubliée au fond de nous-même, où tout est paix, clarté, plénitude, comme une réserve insoupçonnée, un puits de Jacob qui ne demande qu’à remonter.

Regarder Dieu, se tourner vers Lui, vers Sa face, comme souvent nous l’entendons, ne signifie rien d’autre que ce retournement intérieur, sans trop nous attarder sur nous-même, sur nos états d’âme, vers une présence qui jamais ne se retire mais dont nous perdons régulièrement le chemin. Cessons de regarder le nombril de nos blessures pour nous enfoncer dans l’abîme qu’elles nous ouvrent : Dieu est au bout, tout au bout de nous-même, et il ne s’agit pas d’escamoter cette pâque douloureuse."

Écrivain, Philippe Mac Leod a reçu le prix de poésie Max-Pol-Fouchet pour la Liturgie des saisons, aux éditions du Castor astral. Il est permanent laïc dans le diocèse de Toulouse.


vendredi 24 août 2012

Union sans limite avec Luigi Giussani

La vie de l'homme en chemin vers l'éternel est
un affleurement continuel de ses propres limites.
Il est une manière de vivre ses limites qui est
une tombe, une prison ; mais il en est une autre
qui permet de les dépasser,
non dans une vaine tentative de les éliminer,
mais dans l'union au Seul qui puisse les franchir.



Alors, même les choses les plus insignifiantes
de la vie quotidienne acquièrent de la dignité.



Luigi Giussani. 

A la recherche du visage humain

jeudi 23 août 2012

Avant le marchand de sable...

Un petit voyage à grande vitesse... vers la nébuleuse du Sablier.

mercredi 22 août 2012

Humour juif avec Philippe Haddad


« Les juifs prennent l’humour très au sérieux »

Philippe Haddad, rabbin aux Ulis (91).
« Dans l’humour juif actuel, il faut distinguer l’humour ash­kénaze, occidental, celui de Woody Allen, et l’humour séfarade, d’Afrique du Nord, à la Gad Elmaleh ou Richard Anconina dans La vérité si je mens. Il est possible que l’humour juif soit né en réaction à l’antisémitisme, aux pogroms, comme un antidote au désespoir. Mais il se nourrit des textes fondateurs. 

Si, dans l’Ancien Testament, le mot humour n’existe pas tel quel, il y a déjà la notion de rire. Rien que le nom d’Isaac, un des trois patriarches d’Israël, signifie “celui qui rira”. Avec la naissance d’Isaac, c’est le rire qui naît. Pourtant, Isaac est sérieux, il est prêt à donner sa vie pour Dieu, à se laisser ligoter pour être sacrifié. Dans la tradition juive, on interprète ce paradoxe d’un personnage nommé “il rira” et qui pousse l’intransigeance jusqu’à être prêt à donner sa vie pour Dieu en disant que le rire serait l’antidote du sacrifice de l’homme au nom de Dieu... et, donc, l’antidote du fanatisme religieux. 

Dans le Talmud, on raconte qu’un rabbin, au début du IIe siècle, discutait avec d’autres rabbins de la pureté d’un four. Lui disait qu’il était pur, et les autres affirmaient le contraire. Il dit : “Si j’ai raison, que le caroubier qui se trouve dans le jardin se déplace !” Et il se déplaça. Mais les autres restaient stoïques et ils répondirent : “On n’apporte pas des preuves des caroubiers qui se déplacent.” Il détourna un fleuve, fit des miracles et finit par demander à Dieu qui avait raison. Mais Dieu lui donna tort. Alors, il le fit taire en disant : “Tu nous as donné la Torah, c’est donc à nous d’établir le règlement.” Plus tard, un autre rabbin rencontra le prophète Élie et lui demanda comment réagit Dieu dans les cieux. Élie répondit : “Dieu a ri en disant que ses enfants l’ont vaincu.” Quand les sages discutent, quand il y a de l’intelligence, Dieu rit. 

C’est une manière de dire que l’humour doit désamorcer le fanatisme ou l’idolâtrie. Il est l’espace nécessaire entre Dieu et l’homme. Ainsi, comme le demande le Talmud, les rabbins ­commencent presque toujours leur discours à la synagogue par une histoire juive. Les juifs prennent l’humour très au sérieux. »

 « Sarah, tu étais avec moi quand il y a eu le pogrom de Varsovie ?
– Oui, oui, mon chéri, j’étais avec toi.
– Tu étais avec moi quand il y a eu le pogrom à Kiev ?
– Oui, oui, j’étais avec toi.
– Et quand il y a eu le pogrom de Lodz ?
– Ah mais tu sais mon chéri, je suis toujours avec toi !
– Sarah, Sarah, je crois que tu me portes la poisse ! »


Source : La Vie


mardi 21 août 2012

Humour musulman avec Pierre Lory


« Les musulmans épinglent les hommes de religion »

Pierre Lory, directeur d’études à l’École pratique des hautes études, chaire de mystique musulmane.
« L’islam donne de lui-même une image grave et parfois sévère qui, à première vue, s’accommode mal avec l’humour. Cette image est en partie justifiée, car la tradition lettrée insiste sur le principe de sérieux qui doit animer la vie religieuse : nous n’avons pas créé ce monde “en jouant”, dit Dieu dans le Coran (XXI, 16 ; XLIV, 38), qui attaque les mondains, ceux qui prennent les avertissements des prophètes à la légère. Est-ce que Muhammad a ri ? Il y a eu débat sur la question, la même qui s’est posée au Moyen Âge pour les chrétiens au sujet de Jésus. Les réponses divergent : selon certaines traditions, il n’a fait que sourire, de telle sorte qu’on “ne voyait jamais ses gencives”, selon d’autres, il était “le plus rieur des hommes”. Même si, par exemple, il est mal vu de s’esclaffer dans la tradition bédouine, l’islam ne dénonce pas le rire de détente. En revanche, il condamne fermement la moquerie. Le rire est donc maîtrisé, canalisé. 

À de très rares exceptions, un musulman ne fera jamais d’humour sur Dieu, ni sur le Coran, absolument sacré, car il est la parole de Dieu, ni sur Muhammad. Par contre, il existe un humour assez féroce qui épingle les “hommes de religion”, ceux qui enseignent des interdits qu’eux-mêmes transgressent. Un vers attribué à l’érudit persan Omar Khayyam énonce ainsi : “Mieux vaut Te parler dans l’intimité au fond du cabaret que venir sans Toi prier au pied d’un minaret.” 

Mais la veine humoristique la plus affirmée dans l’islam vient du soufisme et elle s’articule autour de la figure du fou sage, du ravi en Dieu. Le fou sage a perdu ses capacités rationnelles au profit d’une raison supérieure qui lui permet de saisir des vérités divines. Souvent, il est considéré comme un saint, avec la particularité de pouvoir s’exprimer en dehors de la Loi, grâce à l’excuse de sa folie, ce qui en fait un provocateur. Il peut même faire des remontrances à son Créateur. Une histoire raconte, par exemple, le trait d’esprit d’un soufi à qui on demandait s’il connaissait Dieu. Celui-ci répondit “oui”... En effet, cela faisait tant d’années qu’Il le faisait souffrir de mille manières, par la faim, la nudité, la honte ! »

Mulla était gravement malade et tout son entourage pensait qu’il allait mourir. Sa femme portait le deuil et se lamentait.
Lui, restait imperturbable. « Mulla, demanda l’un de ses disciples, comment se fait-il que tu te montres si calme face à la mort ? – C’est très simple, répondit Mulla. Je me dis que vous avez l’air tellement misérable que, lorsque l’ange de la mort entrera dans la pièce, il se trompera probablement de victime... »


source : "La Vie"