mardi 1 mars 2022

Pratique du vœu

 Dans la monotone succession des jours, les petits gestes qui nous paraissent banals ou insignifiants ont pourtant toute leur importance. La nonne bouddhiste y apporte toute une qualité de présence en formulant des souhaits. Ou comment cultiver la joie de vivre, la compassion et l'amour.


Vous arrive-t-il de faire des vœux ? Je ne parle pas des vœux de ­Nouvel An mais de ces souhaits devant une étoile filante dans le ciel d’été : aller marcher sur la lune, flâner sous les tropiques à bord d’une jonque…

Dans notre tradition, nous faisons souvent des vœux, mais d’une tout autre sorte : il s’agit de partir du quotidien, et même des moments les plus banals de ce quotidien, ces moments que l’on ne voit même plus parce qu’ils ne font que se répéter, jour après jour. Or ces petits gestes qui nous semblent sans importance, poster une lettre, allumer son portable sont en fait ceux qui tissent notre vie même, dans son ennui, dans sa routine ; alors plutôt que de les ignorer, transformons-les grâce à un vœu :

Allumant mon Smartphone,

je fais le vœu de n’y déposer tout au long de la journée

que des paroles bienveillantes.

Notre vœu est à la fois un vœu minuscule et un vœu immense ! Un vœu minuscule parce qu’il est réalisable, avec un petit peu d’attention, un petit peu de cœur. Immense car il va changer notre journée pour le meilleur. Il va permettre de vivre au creux même des jours, sans rien perdre, sans se perdre.

M’éveillant au matin,

je fais le vœu d’écouter ceux que j’aime

surtout ce que je n’entends pas.

Il y a beaucoup de vœux possibles, en fait, il n’y a pas d’instant qui n’y soit propice. Les vœux qui nous font sourire :

Redémarrant la Box,

je fais le vœu de me souvenir

que moi aussi j’ai parfois besoin de déconnecter.

Quand j’entends le moustique zinzinner à mon oreille,

je fais le vœu de me rappeler

que j’en ai embêté plus d’un avec mon bavardage.


Ceux qui nous rendent plus sages :

Devant le grand ciel bleu

je fais le vœu de ne pas oublier

qu’il y a aussi des jours avec nuages.

Après avoir écouté la radio ce soir,

je fais le vœu d’être attentive

à ne pas rajouter un seul geste de violence

dans ce monde qui en déborde.


Et ceux qui allègent nos journées :

Vidant la poubelle,

je fais le vœu de me débarrasser aussi

de ce qui encombre mon esprit.


Ou qui nous aident à mieux voir :

Lorsque je tombe sur quelqu’un de désagréable,

je fais le vœu de bien regarder

s’il n’y a pas la même personne au fond de moi.


Il y en a pour chaque occasion :

Quand au lever je vois le soleil déjà debout

je fais le vœu

de ne pas dormir ma vie.


Assis à une terrasse de café

je fais le vœu de déguster ma journée

comme elle sera servie.


C’est une façon de remplir nos jours, de mettre de la joie dans les petites choses qui en deviennent pleines de compassion et d’amour :

Remplissant de graines la mangeoire à oiseaux,

je fais le vœu

d’être source de réconfort en toutes circonstances.


N’est-ce pas merveilleux : plus rien dans notre vie n’est laissé de côté ! Plus aucune activité n’est trop petite pour être pleinement vécue et partagée. C’est tout simple ! ...

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source : La Vie

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lundi 28 février 2022

Conseils du Cœur : à ceux qui font la guerre.

 Sa Sainteté le Dalai Lama 


Dans toute société humaine apparaissent des êtres malfaisants qui causent un grand nombre de problèmes, et il est nécessaire de disposer de moyens efficaces pour les empêcher de nuire. Lorsqu’il ne reste aucun autre choix possible, il faut bien se résoudre à utiliser la force armée.

Pour moi, une armée ne doit pas servir à propager une doctrine ou à envahir un autre pays, mais simplement à mettre fin, en cas d’absolue nécessité, aux agissements de ceux qui détruisent le bien-être de l’humanité et sèment le chaos. Le seul objectif acceptable d’une guerre est le bonheur de tous, et non des intérêts particuliers.

La guerre n’est donc qu’un pis-aller. L’Histoire nous montre que la violence engendre la violence et résout rarement les problèmes. En revanche, elle crée d’insondables souffrances. On voit aussi que lorsqu’elle paraît sage et logique pour mettre fin à des conflits, on ne peut jamais savoir si au lieu d’éteindre un feu on n’est pas en train d’allumer un brasier.

Aujourd’hui, la guerre est devenue froide et inhumaine. Les armes modernes permettent de tuer des milliers d’êtres sans prendre de risque soi-même ni voir les souffrances qu’on a provoquées. Ceux qui donnent l’ordre de tuer se trouvent souvent à des milliers de kilomètres du champ de bataille. Et les innocents, les femmes et les enfants qui ne demandent qu’à vivre sont ceux qui meurent ou sont mutilés. On se prend presque à regretter les guerres d’autrefois, où le seigneur marchait à la tête de ses troupes ; sa mort signifiait en général la fin des hostilités. Il faudrait au moins redonner à la guerre une dimension humaine.

À partir du moment où ils ont des armes, les hommes sont enclins à s’en servir. Mon point de vue est qu’il ne devrait plus y avoir d’armée nationale. Le monde devrait être démilitarisé, à l’exception d’une force multinationale qui interviendrait uniquement lorsque certains menaceraient la paix dans une région du monde.

Tout le monde parle de la paix, mais on ne peut réaliser la paix à l’extérieur si l’on héberge en soi la colère ou la haine. On ne peut pas non plus concilier le désir de la paix et la course aux armements. L’arme nucléaire est considérée comme un moyen de dissuasion, mais cela ne me semble pas une méthode sage ni efficace à long terme.


Un certain nombre de pays consacrent des sommes colossales au développement de ces armes. Tant d’argent, d’énergie, de talent sont gaspillés alors que les risques de dérapage ne peuvent qu’engendrer de plus en plus de peur.

Mettre fin aux guerres est l’affaire de tous. On peut certes trouver le nom de gens qui sont à l’origine des conflits, mais on ne peut pas prétendre qu’ils ont surgi de nulle part ou ont agi seuls. Ce sont des membres de la société dont chacun de nous fait partie et dont chacun porte une part de responsabilité. Si nous voulons créer la paix dans le monde, créons-la d’abord en chacun de nous.

La paix dans le monde ne peut passer que par la paix de l’esprit, et la paix de l’esprit par la prise de conscience que tous les êtres humains sont comme les membres d’une même famille, malgré la diversité des croyances, des idéologies, des systèmes politiques et économiques. Ces derniers ne sont que des détails, au regard de ce qui nous rapproche. Le plus important est que nous sommes tous des êtres humains habitant une même petite planète. Ne serait-ce que pour survivre, nous avons besoin de coopérer les uns avec les autres, à l’échelle des individus comme à celle des États.

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dimanche 27 février 2022

Vivre ce carême

 Dans la France contre les robots (1947)» essai visionnaire sur notre monde actuel, que je viens d’adapter au théâtre sous le titre du Paradis des robots, Georges Bernanos nous alerte face au risque de perdre notre vie intérieure dans une société envahie par les « machines »... Une société qui fait des « êtres non pas égaux, mais pareils ». Avec la prolifération des technologies, nous sommes devenus comme des toxicomanes. Or, « le drame du toxicomane ce n'est pas qu'il use d'un poison, c'est qu'il ait éprouvé le besoin d'en user pour fuir sa propre personnalité ». Après deux ans de pandémie et de restrictions, voici quelques pistes qui me sont apparues dans le texte de Bernanos pour vivre ce carême.

1 - RETROUVER SA PERSONNALITÉ

Qu’est-ce qui fait que je suis singulier ? Bernanos m'invite à retrouver mon désir profond, ce qui m'anime vraiment. Qu’est-ce qui me fait plaisir. me donne de la joie ? Comment retrouver ce que je suis, et que j’ai pu perdre de vue ? Ma mission propre ?

Après ces deux années difficiles, où nous avons subi toutes sortes de contraintes, je peux saisir l'occasion de ce carême pour me demander ce que je peux donner plutôt que de me priver. À cette fin, trouver en moi ce qui m'est propre, le développer. Car par définition, je suis le seul à pouvoir l'offrir !

2 - CULTIVER SES TALENTS

Il ne s’agit pas de narcissisme, mais plutôt de mettre mon talent au service des autres. Dans sa Première lettre aux Corinthiens (12,17), saint Paul dit : « Si tout le corps était œil, où serait l'ouïe ? S'il était tout ouïe, où serait l'odorat ? » Ainsi, chacun est un membre unique du corps du Christ. Si je ne joue plus ma partition propre, c’est tout le corps qui est entravé dans sa marche et qui en pâtit. Concrètement, je peux reconnaître mes qualités, sans jouer aux faux modestes. Et si cela s’avère trop difficile, demander de l’aide à mes proches et amis bienveillants. Je mets ensuite mes dons en pratique dans une situation concrète. Si l’on me dit, par exemple, que j’ai un beau sourire et qu’il donne de la joie, j’en profite pour l’offrir à mes voisins, à la personne SDF en bas de chez moi, à celles que je croise, jusque dans le métro...

3 - FAIRE LE VIDE EN SOI-MÊME

Après deux ans de confinement et de vie entre parenthèses, on pourrait avoir envie de faire plein de choses. Chercher à rattraper le temps perdu par une activité débordante, rentabiliser son temps. Bernanos propose plutôt la figure de « l’homme qui a du temps à perdre ». Pourquoi ne pas accepter de perdre, d’avoir des trous dans mon agenda ? D’être vide, pour mieux recevoir, me laisser remplir, non plus par des dérivatifs, mais par Celui qui donne la vie, la paix, la joie ?

Il ne s’agit même pas de prier, mais de se laisser faire plutôt que de faire. De se laisser travailler par la providence. Si je ne me confronte pas à ce vide, ce « vacant », je ne me mets pas face à ma misère. En cultivant ce temps de « rien », j’ai accès à ma vie intérieure, même pauvre, et je suis en contact avec mon moi, en vérité, et donc avec Dieu. Si ma pensée divague, ce n’est pas grave : au moins, elle est en mouvement et pas atrophiée par les écrans ! Et quand bien même elle serait pauvre, négative, laide... Au moins j’y ai accès.

On dit qu’il faut que l’enfant s’ennuie pour que son imagination soit plus créative. Et l’adulte ? Je retrouve ma dimension créative en acceptant de lâcher. Je sors ainsi de cette mentalité d’une « vie tout entière orientée par la notion de rendement, d’efficacité, de profit où l’homme est devenu lui-même un outil, où le rythme de la vie ne se mesure plus au battement de son cœur, mais à la rotation vertigineuse des turbines qui s'accélèrent sans cesse » (Bernanos).


4 - RENOUER AVEC LE CHEMIN DU RÉEL ET DE LA RELATION

Je peux faire un jeûne de Facebook, de Netflix, des séries, d’Instagram, de WhatsApp, de l’ordinateur (qu’on a allègrement utilisé ces deux dernières années !). Ces technologies me divertissent : elles me détournent de mon chemin, de ma vocation. L’écran fait écran à ce que je suis profondément, et comble ma difficulté à être face à ma pauvreté. Je remets donc ces « machines » à leur juste place.

Ces moyens peuvent m’aider à surmonter la vie et ses épreuves, mais si l’usage de ces technologies a pour conséquence de m’éloigner de ce pour quoi je suis fait, de m’extraire de ma mission, attention danger ! Pourquoi ne pas retrouver le chemin du bon vieux téléphone pour appeler ses amis, pas vus (ni entendus) depuis deux ans ou plus, et leur dire à quel point ils vous ont manqué ? 


Michel-Olivier Michel
Comédien et metteur en scène, il enseigne l'art dramatique depuis 20 ans. Fondateur en 2011 des ateliers philo-théâtre, diplômé en théologie, il a mis en scène de nombreuses pièces, dont certaines ont une portée spirituelle.

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vendredi 25 février 2022

Neutre

 NEUTRE 

c’est terrible

Il m’arrive

encore
de prendre les choses
personnellement

c’est terrible

c’est comme ça

une pique
de quelqu’un
qui m’est proche

un comportement
que je ne comprends pas

une attitude
qui me désarçonne

une saillie
qui m’entaille

cela ne m’arrive
pas très souvent

la plupart du temps
je vis
avec la claire conscience
que l’autre
ne peut faire autrement
que ce qu’il fait

être autrement
que ce qu’il est

que rien
non
rien de rien
n’a à voir
avec moi

que tout
est neutre

non pas indifférent
interchangeable
grand dieux non

plutôt
que de tout ce qui est
rien n’advient
en fonction de moi

parmi tout ce qui advient
Il est des choses
qui me concernent
celles qui viennent à moi
qui constituent mon lot

ce n’est pas
parce qu’elle me concernent
me demandent un positionnement

qu’elles adviennent
pour
ou contre
moi

au final
il n’y a pas
de moi
en fonction duquel
et autour duquel
ce qui advient
adviendrait

juste une personne,
momentanée
infiniment précieuse
radicalement limitée
Imbriquée
dans un réseau
de choses
qui arrivent

la plupart du temps
donc
de plus en plus
sans doute

j’existe

en tant que personne
en un ciel
dégagé
un climat
apaisé
au sein duquel
tout vibre
si fort
sans pour autant désaccorder
l’instrument
que je suis

et il arrive encore que
ce qui advient
je le prenne
personnellement

qu’un moi fictif
s’invite
usurpe la place
occupe la scène

sachant son moment court
Il s’époumone
comme un manifestant
en passe d’être évacué

Il fond sur le buffet
comme un pique assiette
en instance d’expulsion

et tant qu’il fait son cinéma
cet imposteur

c’est terrible

ce qui est
n’est plus simplement
ce qui est

mais une manigance
du réel
un vilain tour
joué par la vie

pied de nez
coup de griffe
claque
offense

outrages
qui auraient vite fait
de se muer en injustice
si j’en étais encore
à m’en saisir
à en tirer des conclusions

ce dont
désormais
et fort heureusement
je m’abstiens

mais enfin
quand ça arrive

c’est terrible

c’est ce qui est
aussi

c’est neutre
aussi

et c’est une déflagration
dans un espace de quiétude

une crécelle
au sein d’un ensemble harmonieux

le corps
accuse
l’onde de choc

le psychisme
vrille
des alarmes hurlent

alors l’urgence
vitale

est de descendre
du maudit manège
lancé en tourbillon

ne pas faire non plus
une affaire personnelle
d’avoir ainsi
pris les choses
personnellement

ne plus battre des pattes
en surface

à l’écoute
de la fréquence juste
accorder l’instrument
avec patience
délicatesse

veiller
à ne pas casser une corde

c’est seulement une fois
l’instrument réaccordé
qu’il redevient
opportun
de jouer

S’il y a une parole à dire
une ligne à écrire
un geste à poser
une main à tendre

puis les choses
reprennent leur cours

neutre

qu’elles n’ont d’ailleurs
jamais quitté


Gilles Farcet 

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jeudi 24 février 2022

La voie sans chemin

 





Extraits de La voie sans chemin de Vimala Thakar. Éd. Accarias L'Originel 

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mercredi 23 février 2022

Deux voix..

Toujours pas d'internet. Avec free, je n'ai pas tout compris et tout n'est pas compris dans le service après-vente 🙄


 

Deux voix appellent en nous,  celle qui demande Dieu, le Soi, l'Absolu, le silence, la sérénité, et celle qui réclame la satisfaction de ses besoins et désirs, et me soulagement de ses peurs. Il faut savoir distinguer ces deux voix en soi et les concilier.

Arnaud Desjardins

Source : Clés 2012

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mardi 22 février 2022

Le langage du corps

 

Pas un geste ! Notre façon de nous asseoir, de nous tenir debout ou de marcher dans la rue en dit long sur notre état d'esprit. Imaginez que votre corps soit suspendu dans le temps comme une sculpture, quel message vous enverrait-il ! Chacune de nos attitudes expression raconte l'histoire de notre personnalité et de notre état. Chaque posture que nous adoptons est un hymne à nos émotions.

La pseudo science qui étudie le langage du corps nous enseigne que le corps ne ment pas. Mais cela ne veut pas dire que nous ne pouvons pas cacher les sensations physiques désagréables que nous ressentons. Par exemple si on souffre d'une migraine, on peut assister à une réunion sans grimacer de douleur à chaque fois que quelqu'un parle. Mais si on se sent nerveux, si on s'ennuie ou si on est émotionnellement mal à l'aise, des attitudes caractéristique de notre tension (comme tapotait nerveusement sur la table, se ronger les ongles ou jouer avec ses cheveux) commencent à envoyer des messages que notre tact et notre diplomatie nous empêchent de formuler ouvertement.

Chaque attitude adoptée à un sens précis. Tapoter sur la table est un moyen de se retenir d'agir ouvertement, ce qui permet par exemple, de ne pas quitter une pièce lorsqu'on s'ennuie. On se ronge les ongles pour détourner ses instincts destructeurs. Lorsque l'on se sent puni ou quand on a besoin de réconfort, on peut jouer avec ses cheveux : c'est un comportement typique de l'enfance, qui est une période caractérisée par un niveau de responsabilité minimal.

Il faut donc écouter les messages que notre corps envoie pour supprimer nos manies et en perdre l'habitude. La première étape pour se libérer de ses habitudes n'est pas, comme le prétend la croyance populaire, d'appliquer de la moutarde sur les doigts pour éviter de se ronger les ongles, mais de prendre conscience des circonstances qui déclenche notre malaise. Nous devons apprendre à devenir notre propre spectateur. Dès que l'on commence à  rechercher la protection de notre « couverture sécurisante », c'est que l'on est en face d'une des nombreuses situations à l'origine de notre anxiété.

S'ouvre alors la voie de la connaissance de soi, c'est-à-dire le processus qui permet de découvrir, une à une, les origines enfouies de nos tensions.

On peut, par exemple, après une rencontre qui nous a laissés mal à l'aise, visionner une vidéo imaginaire en nous mettant à la place d'une des personnes présentes (ce sont la plupart du temps les autres qui sont à l'origine de nos tensions). Quelle image de nous aurait eu ce témoin ? Nos premières  suppositions sont souvent les bonnes, même si nous hésitons à en reconnaître la validité.

Identifier la cause réelle de nos tensions apporte une explication logique au problème. On peut donc ensuite essayer d'en déraciner l'origine et d'en évacuer les symptômes. A cours terme, des techniques comme le relâchement musculaire, le massage et le yoga, peuvent s'avérer utiles pour atteindre une sérénité physique qui nous aidera à affronter les prochaines période d'anxiété. Une fois le corps détendu, nous sommes mieux équipé pour partir à la découverte de notre propre intériorité qui nous apportera le calme durable.

Mike George

Extrait de « La Relaxation »

dimanche 20 février 2022

Connexion spirituelle

 Je n'ai plus de connexion internet depuis la tempête de vendredi. Mais, il y a une connexion qui subsiste même dans l'obscurité...



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vendredi 18 février 2022

Pourquoi pratiquer zazen ?

 

Pourquoi pratiquer zazen ?       

 

Pour une seule raison, une raison qui n'est pas raisonnable : l'éveil de l'homme à sa vraie nature d'être humain. 

Le maître zen Shohaku Okumura nous invite à laisser se révéler notre être-nu (1) Graf Dürckheim parle de notre être essentiel.

Qu'est ce que c'est -ça- que vous appelez notre être essentiel ? Lorsque je lui pose cette question, le Vieux Sage de la Forêt Noire me dit "Vous ne pouvez pas poser cette question, parce que ce que je désigne comme étant notre être essentiel n'est pas un - ça -, n'est pas quelque chose qui pourrait être défini et classé dans les catégories de la raison. Mais, paradoxalement, chaque personne, au cours de son existence, peut faire l'expérience de sa vraie nature, l'expérience de sa propre essence".

C'est quoi cette expérience ?

"C'est l'expérience d'une qualité qui se présente à travers la sensation". 

Il s'agit de l'expérience révélatrice ou de la révélation expérimentale d'un ensemble de valeurs de l'être parmi lesquelles celle qui semble manquer le plus à l'homme contemporain : le calme intérieur. C'est peut-être la nostalgie de cette manière d'être au monde qui fait que le mot méditation fait aujourd'hui sauter l'audimat ?

Méditation bouddhiste, méditation chrétienne, méditation laïque, méditation Vipassana, méditation Taoïste ... laquelle choisir?  À chacun de décider. Mais il est sans doute important de savoir que la pratique appelée zazen n'a rien à voir avec ces multiples propositions qui ne font qu'opposer les tenants de l'une aux partisans de l'autre.

Zazen est la pratique méditative SANS objet, SANS but. Lorsque je demande Graf Dürckheim s'il peut me donner une bonne raison pour pratiquer zazen chaque jour, il répond : "Pourquoi pratiquer zazen chaque jour ? Pour une seule raison ... parce que c'est l'heure". 

Bien qu'elle ne soit pas encourageante cette réponse est capitale. D'autant plus que aujourd'hui, les animateurs d'une méditation dite moderne (?) proposent à leurs adeptes une liste qui rassemble  cent (100) bienfaits alléchants.

Sans ou cent ! Malgré la prononciation à l'identique il ne faudrait pas confondre la préposition qui marque l'absence avec l'adjectif numéral qui présume le beaucoup. "Dès que l'on commence à promettre à ceux qui font un exercice la santé ou le succès dans la vie, cela n'a plus rien à faire avec l'exercice appelé zazen" (K.G. Dürckheim).

Au début de son séjour au Japon (1937-1947) Graf Dürckheim pratiquait régulièrement zazen à côté d'un moine zen d'un certain âge. 

- Puis-je vous demander en quoi consiste votre exercice après plus de quarante années de pratique ?  Réponse du vieil homme : - C'est difficile ... j'essaie d'arriver à ce point où je sens que le souffle va et vient de lui-même et ... lorsque j'y arrive, c'est vraiment étonnant ... tout en moi se calme! Réponse qui témoigne que pratiquer sans but n'est pas sans effets.

 

 

 

Ce moine, me disait Graf Dürckheim, pratiquait fidèlement l'exercice proposé par le Bouddha historique il y a plus de vingt-cinq siècles ; exercice qui en Pali (2) est désigné par l'expression : AñaPañaSati

 

AñaPaña ? Ce n'est pas quelque chose : la respiration. C'est cette action vitale qui n'est pas quelque chose. Ce n'est pas un exercice respiratoire inventé par l'homme; c'est pour le maître zen Hirano Roshi la signature de la Vie. La Vie qui n'est pas quelque chose mais le PASSAGE de JeInspire à JeExpire (en un mot parce qu'il n'y a ni distance ni écart de temps entre le sujet et le verbe).

 

Sati ? Il est peut être important de commencer par dire ce que ce n'est pas. Sati n'est ni la conscience DE quelque chose, ni la concentration sur un objet, ni la méditation au sens d'une pratique mentale qui s'appuie sur la pensée, ni l'engagement de ce qu'on appelle l'esprit lorsque ce processus est opposé à ce qu'on appelle le corps.

Sati indique une attitude d'accueil, l'action de contempler (c'est-à-dire de voir, d'entendre, de sentir, d'être en contact avec ce qui est vu, entendu, senti,  contacté ... sans examen de ce qui est vu, entendu, senti, contacté).

Sati, c'est l'approche sensorielle du réel. Une approche pré-mentale du réel à travers la conscience SANS de. C'est la conscience qui est à l'origine, au commencement de notre existence. 

 

Le Zen vous intéresse ? Dans ce cas vous devez savoir que vous allez être confronté à une équation radicale ; dans la langue japonaise : sanzen = zazen!

Ce qui signifie que "Chercher à comprendre profondément le Zen n'est rien d'autre que pratiquer zazen" (Dogen).

Exigence d'autant plus difficile que, lorsque l'homme occidental approche les pratiques, les usages, les préceptes, les directives, les exercices propres aux traditions de l'Orient ou de l'Extrême-Orient, il se demande aussitôt comment il va pouvoir les intégrer dans le cadre de ses convictions, de ses certitudes, de ses croyances, de ses habitudes ; en un mot dans son entendement?

Souvent j'entends dire : "Je suis intéressé par la Leibtherapie, mais comment vais-je intégrer cette thérapie dans ma manière d'aborder l'anatomie, la physiologie telle que l'envisage la médecine expérimentale?"

"Je suis intéressé par zazen, mais comment vais-je intégrer cet exercice dans ma psychanalyse ?"

"Zazen m'intéresse, mais comment vais-je intégrer cette pratique méditative à ma foi ?"

"Je veux bien pratiquer zazen, mais pouvez-vous me prouver par des mesures quantitatives, scientifiques, que ce qui est dit de cet exercice n'est pas que subjectif ?"

 

Ma réponse ? "Osez pratiquer zazen !".  Jusqu'au jour où vous ferez l'expérience que lorsqu'on pratique zazen le corps, le corps vivant dans sa globalité et son unité (Leib) prend la forme du calme...

           

Jacques Castermane

 

 

(1)    Lettre d'Instant en Instant N° 96 - Octobre 2021

(2)    le pali fut choisi par le Bouddha pour diffuser son enseignement.

Oracle alphamythique

 


Le site de l'oracle alphamythique est enfin réalisé.

https://www.oraclealphamythique.com/

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Un moment de la vie...

 

"De l'être au vivre" de François Jullien


Il vient un temps dans son travail - un moment de la vie peut-être? - où il convient de commencer de nouer entre eux les divers fils ; ou, disons, de faire le tour de son chantier. Comme le jardinier fait le tour de son jardin, y considère ce qui pousse, ce qui a pris et ce qui n'a pas pris, dans quel état sont ses plants, quel terrain il faudra retravailler, là où il convient d'arracher et de repiquer, et, finalement, quelle tournure d'ensemble tout cela prend.

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jeudi 17 février 2022

Un homme ou une femme averti.e en vaut deux.

Fabrice Jordan : 

"Qu'est-ce que cela signifie? Simplement que si nous disposons de plus d'information sur une situation donnée, nous pouvons prendre de meilleures décisions, plus éclairées. 

C'est exactement ce que le Yi Jing nous apporte : une vision holographique 3D de la situation qui nous questionne. En nous permettant de la voir sous différents angles, il nous aide à prendre de meilleures décisions, qui dépendent toujours, bien évidemment, de notre libre-arbitre. 

Dans cette nouvelle vidéo, je vous présente les différentes modalités du Yi Jing et ses différentes versions, dont la version dite "taoïste", qui utilise temporalité et éléments pour décrypter l'hexagramme. "



Encore deux modules pour terminer ma formation au Yi Jing proposé par Ming Chan. 
Je suis toujours surpris par ce qui est proposé comme réponse aux questions. 
Les réponses très justes sont une confirmation du lien qui existe entre les êtres vivants et les événements. 

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