samedi 27 juin 2020

Offrandes


Rien que des merveilles ce matin ! Mon regard est d'abord tombé sur ce massif de delphiniums, impressionnants avec leurs hampes bleu intense, et, à leurs pieds, déjà les premières tiges frêles de capucines qui se déroulent, intrépides ; au fond, le vieux rosier, accroché aux pierres du mur, a retrouvé l'enthousiasme de la jeunesse et croule sous les fleurs et les boutons, pendant que, toutes pimpantes, les marguerites se balancent au gré de leur petite musique. 
J'étais sortie bien décidée à en finir avec tout ce qui est en retard : la cabane à bois, c'est simple, on ne peut plus y rentrer, je vais y remettre de l'ordre, ah mais il y a les outils de jardin qui ont besoin d'être bichonnés, le petit bois à ranger dans des cageots et ce tas de cartons à plier et mettre dans la voiture, et... et... mais le monde m'a stoppée dans mon élan et m'a rappelé le plus important, que j'oublie trop souvent : regarder, admirer, remercier.

Une prairie éclatante

Juste en face de la porte de la cuisine, le jardin m'a attrapée en premier ; il a été l'objet de nos soins : plantations, désherbage, toute une attention bienveillante ; nous avons encouragé ses hôtes avec des gratouillis à leurs pieds et des paroles roucoulées. Nous l'admirons d'un regard de propriétaire, c'est notre travail, notre oeuvre, notre récompense. Mais si je tourne un peu la tête, je vois la prairie, et là ! C'est une énergie incroyable, toute en vrac, en fouillis, herbes et fleurs mêlées, à qui poussera le plus haut, à qui aura plus de fleurs, à qui attrapera le premier rayon de soleil. Il y a du bleu, du jaune, du rose, et du vert, du vert qui fait du bien aux yeux et au cœur, du vert si tendre qu'on voudrait le manger, ou si éclatant qu'on voudrait le mettre dans sa poche pour le garder toujours. 
Nous avons passé tant de semaines à regarder le monde comme dangereux, presque hostile : oui c'est vrai, il peut l'être, mais j'avais oublié qu'il était aussi - d'abord ? - beauté, don, offrande.
Chaque printemps la prairie nous surprend avec des petits bouts de tiges qui se haussent du col sur une terre encore gelée, de minuscules fleurettes qui s'ouvrent sans craindre la prochaine chute de neige, puis en début d'été, elle éclate de promesses et s'abandonne à la pure joie d'être, à la vie. À la contempler, je sens quelque chose qui se dénoue en moi : nous avons passé tant de semaines à regarder le monde comme dangereux, presque hostile : oui c'est vrai, il peut l'être, mais j'avais oublié qu'il était aussi - d'abord ? - beauté, don, offrande.

La trame de toute existence

Abritée entre des murs, j'avais ignoré la force de la terre et son travail aussi vieux que le monde : faire renaître la vie ; enfermée, j'avais désappris le don du ciel sans limites qui chaque matin réveille l'espoir. J'avais perdu ce qui est la trame de toute existence : l'offrande continue, indispensable, invisible. Immobile au milieu de la cour, respirant dans la grande respiration du monde, me reviennent à l'esprit les mots d'un ces vieux moines japonais : « Le ciel et la terre font des offrandes. L'air, l'eau, les plantes, les animaux et les êtres humains font des offrandes. Toutes les choses se font des offrandes mutuelles. Ce n'est que dans ce cercle d'offrandes que nous pouvons vivre. » Ce cercle d'offrandes, je le vois maintenant partout autour de moi, dans l'herbe et ses insectes, dans le petit nuage blanc qui flotte, dans les abeilles, dans notre travail aussi et celui de tous ceux et celles qui nous ont précédés ici. Et ce moine, Kodo Sawaki, poursuit : « Le monde dans lequel nous donnons et recevons est un monde magnifique et serein. » 
Matin d'offrandes, matin de merveilles, un matin comme tous les matins.

******
(sources : La Vie)

Méditons sur la méditation


Lâcher les mécanismes de protection sans compensation...


*********

vendredi 26 juin 2020

Sésame, rouvre-toi

Je vous partage le témoignage de Nicole qui a vécu l'isolement imposé par les événements récents de ce début d'année. Je la remercie pour sa belle présence sur Phytospiritualité.

Voici un essai, un début difficile de décryptage intérieur:
"....samedi 12 juin 17 heures. J'ai envie pleurer .....
............ C'est la seule chose dont j'ai envie
C'est le sésame ouvre-toi,
la seule porte d'entrée sur cette étrange partie " organique "
qui émerge après trois mois de confinement...Elle est en moi,
elle est moi,je suis enceinte d'elle...
Elle est moi et en même temps tellement étrangère à ce que je suis....
La seule chose qui me touche, c'est qu'en acceptant sa destruction intime, cela me permet d'un peu m'approcher d'elle.......
Je veux simplement mieux la connaître. Apprendre à mettre des mots sur ce qui se vit là...pour moi, pour les personnes âgées qui m'entourent. Pour accéder parfois à la porte d'entrée de cet " autre '' qu'est ma voisine de table...Apprendre à rencontrer son sourire figé...
Oser ses yeux vides qui errent dans le vide...
Ne pas avoir besoin de l'aider
voir ses yeux.
C'est tout...
Ne rien vouloir
non, simplement voir;


Nicole 

***********

Autrui, morceaux de l'Un



jeudi 25 juin 2020

Lumineux sommeil


« Le sommeil n’est pas une fuite, un relâchement complet mais une détente, un repos. 
Ton lit doit être confortable, ni trop dur ni trop mou. Commence par remercier Dieu de la journée écoulée puis détends-toi en ayant conscience des forces que tu devras déployer le lendemain. 
Il n’est pas question de s’écrouler. Un artisan de lumière ne peut pas dormir comme tout le monde : avant de fermer les yeux, mets-toi sous la protection divine et tourne-toi, conscient et confiant, vers la lumière. Les ténèbres de la nuit ne doivent pas avoir de prise sur toi. Il ne faut pas non plus que tes rêves aillent dans un sens labyrinthique, anarchique. 
Si tu veux être fils de lumière, ne la rejette pas à l’extérieur de toi. Dès lors, ton sommeil ne sera plus une tombée dans le noir mais un repos dans la lumière. Dors comme un éveillé. » 

Le Maître m’assure que mon sommeil va progressivement changer de qualité et qu’avec quelques efforts, bientôt je serai plus vigilant et pourrai dire, comme dans le poème du Cantique des Cantiques, « je dors mais mon cœur veille ». Les dauphins eux-mêmes ne dorment que d’un œil et continuent de nager pendant leur sommeil. Comme les oiseaux migrateurs qui peuvent voler jour et nuit sans s’arrêter...

Jean-Luc Leguay
Extrait de "Le maître de lumière" (2009, éditions Dervy)

******

mercredi 24 juin 2020

La vérité du corps


"Le temple a été fait pour l'homme, pas l'homme pour le temple. En retrouvant le temple du corps, nous retrouvons l'univers tout entier, la liberté et la responsabilité d'origine. Lorsque nous approchons ensemble, respectueusement, consciemment, l'énigme et le miracle du corps, nous le faisons habités de cette intention, de cette mémoire ancienne qui nous pousse à retrouver notre dimension véritable, à nous réinsérer harmonieusement, justement et activement dans le grand processus vivant. Cela se passe sur le parvis du temple, quand nous passons du profane au sacré. De la même façon, sur le parvis de votre corps, entrez dans le sacré en entrant dans la conscience du temple qu'il est."

Yvan Amar
Extrait de "La conscience corporelle"


********

mardi 23 juin 2020

Espace insondable


"Quelle est donc, alors, cette Véritable Nature prétendument mienne, cette merveilleuse découverte des sages qui promet de tout résoudre ? Il vaudrait mieux que j'aie dès maintenant une petite idée de cette Identité que je recherche, sinon je ne vois pas comment je pourrai établir sa présence ou son absence. En résumé, ce qu'on me conseille de rechercher n'est pas du tout une chose. C'est illimité, libre de tout conditionnement, immobile, intemporel (je répète : intemporel), simple, silencieux, et par-dessus tout, d'une évidence éclatante et intensément conscient d'être tout cela. C'est l'inconnaissable dont Aristote disait qu'il n'y a rien de plus connaissable. C'est l'insondable abîme de mystère-sans-fin qui est en même temps mon refuge et mon Soi. On lui a donné toutes sortes de noms tels que Absence, Clarté, Transparence, Claire lumière, Espace, Vide immaculé, pure Capacité, le Non-Né et le Non-Mortel... qui ne servent à rien d'autre qu'à m'aider à le reconnaître quand je tombe sur lui. (On m'assure qu'il y a une marge infinie entre chercher le mot juste pour le décrire, tout savoir à son sujet, le penser et même le sentir - et puis la réalité, c'est-à-dire le voir vraiment, plus clairement que tout, et ainsi être consciemment lui.)"

Douglas HARDING ., Le petit livre de la vie et de la mort, Ed Dervy 1997, p.17)

******

dimanche 21 juin 2020

Plaisir du jour


"Chaque jour, je vois ou j’entends quelque chose qui plus ou moins
me fais défaillir de plaisir, qui me laisse comme une aiguille
dans une botte de foin de lumière.
C’était pour cela que je suis née – pour voir,
pour écouter, pour me perdre à l’intérieur de ce monde pénétrable -
pour m’instruire encore et encore
en joie, et en acclamation.
Je ne parle pas non plus de l’exceptionnel,
de l’effrayant, du terrible, de l’extravagant extrême –
mais de l’ordinaire, du commun, du plus quelconque,
des présentations quotidiennes.
Ô, bon élève, me dis-je à moi-même,
comment ne pourrais-tu pas devenir sage avec de tels enseignements –
la lumière insicelable du monde,
la brillance de l’océan,
les prières faites de brins d’herbe?"

Mary Oliver
A thousand mornings
peintre-illustrateur: Oamul Lu

----------

samedi 20 juin 2020

La grandeur de Swami Prajnanpad


LA GRANDEUR DE L'HOMME
Préface de Roger-Pol Droit
à partir du 23 juin 2020

Ce livre est un ensemble de citations des Upanishad, choisies et commentées par Svâmi Prajnânpad, sur le thème de la grandeur de l’homme. Il n’existerait pas sans l'immense travail qu’a fait Daniel Roumanoff pour conserver et analyser l’enseignement de ce maître.

Il restait un inédit, préparé par Daniel, de citations et de commentaires sur les sujets suivants : Homme, Dieu, Mythologie, Religions et Science. En reprenant le manuscrit pour la publication, Colette Roumanoff a cherché à en rendre la lecture plus aisée, d’autant que les sujets abordés sont délicats et peuvent nourrir des polémiques.

Cet ouvrage est une mine de citations authentiques, dont beaucoup sont inédites. Il plaira à coup sûr à ceux que cet enseignement intéresse déjà. Pour ceux qui ne le connaissent pas, ils seront agréablement surpris de la modernité des upanishad et de la critique faite par Svâmiji des dérives actuelles concernant les pratiques religieuses ou spirituelles qui rabaissent l’être humain.

Svâmi Prajnânpad nous propose de décoder autrement les événements qui se produisent dans notre monde intérieur et notre monde extérieur. Ses paroles peuvent nous permettre, à condition de questionner nos habitudes de pensée et nos jugements de valeur, d’accéder à une vie moins conflictuelle et plus heureuse. Dans cet ouvrage, il questionne particulièrement nos croyances sur les religions, le sens de la vie, la place de l’homme dans l'univers.

Cet ouvrage traite de la grandeur de l’Homme. Grandeur dont nous sommes invités à nous montrer dignes, en nous respectant nous-mêmes et en respectant les autres.

224 pages. - 18 €
ÉDITIONS ACCARIAS L’ORIGINEL 3 allée des Œillets - 40230 Saint Geours de Maremne
accarias@orange.fr

A suivre bientôt, quelques extraits....
*****

vendredi 19 juin 2020

Le temps de la Lumière


Il existe un tunnel obscur dans la Lumière Infinie.
On l'appelle « Temps ».

Lorsqu'un humain entre dans ce tunnel,
On appelle cela « naître ».

Lorsqu'un humain marche au long de ce tunnel,
On appelle cela « vivre ».

Lorsqu'un humain sort de ce tunnel,
On appelle cela « mourir ».

Considérer que vivre se réduit à évoluer au long de ce tunnel obscur,
Cela s'appelle « illusion ».

Percer des trous dans ce tunnel obscur, 
Cela s'appelle « science ». 

Savoir que la Lumière est autour du tunnel, 
 Cela s'appelle « Foi ». 

 Voir la Lumière dans le tunnel obscur, 
 Cela s'appelle « Amour ». 

 Voir la Lumière à travers le Tunnel obscur, 
 Cela s'appelle « Sagesse ». 

 Éclairer le tunnel obscur de sa propre Lumière, 
 Cela s'appelle « Sainteté ». 

 Confondre la Lumière et le Tunnel obscur, 
 Cela est au-delà des mots. ...

source non connue
***

jeudi 18 juin 2020

La Vie a lieu...


"Entre, les limaces, les oiseaux, les rats-taupier, les taupins (a moins que ce soit un hanneton, une cétoine ?), les fourmis, les pucerons, tous ces nuisibles ! (qui n'existent pas...), les "mauvaises herbes" ! (qui n'existent pas non plus...), le manque d'eau, le trop d'eau, le vent, les grêles, la terre argileuse, la terre sablonneuse, les nuits trop fraiches, la serre en surchauffe, la faim d'azote, le BRF ou la paille ?, le fumier frais ou séché ?, la terre trop acide ou pas assez acide, le manque de pollinisation, la fonte des semis...etc, il y a 1001 raisons pour ne pas avoir de fruits ou de légumes et pourtant le miracle de la vie finit toujours par avoir lieu mais encore faut-il savoir apprécier ces moments à leur juste valeur. 
Quelles joies d'aller manger ses premières groseilles ou ses premiers cassis, framboises ou groseilles à maquereaux directement sur l'arbre, quel moment merveilleux que de s'arrêter devant les premières cerises produit par ce cerisier qui revient de si loin et de les déguster à cet instant précis sans penser à rien d'autre que de savourer ce moment. 

Il y aura toujours des contraintes à subir aussi n'attendez le monde parfait pour être heureux, agissez pour bâtir le monde que vous souhaitez sans vous préoccupez de ce que font les autres et appréciez ces petits moments de la vie qui feront votre bonheur, c'est votre récompense pour ce que vous faites pour la nature en général et pour vous nourrir en particulier..."

Source : L'oasis des mauvaises herbes

Bon anniversaire Arnaud !


"Tout de suite, ici, vous êtes aussi près que vous ne le serez jamais et vous êtes « aussi près » pour l’éternité. « Just be ; just be . » « Juste, soyez. » Soyez – à l’intérieur de toutes les formes. "

******