samedi 22 mai 2010

En hommage à un ami... par Christian Bobin

Il n’y a de réel que la bonté.
La mort ne touche que l’irréel. 
Les yeux de mon ami sont toujours clairs, vifs, malicieux. 
Ce matin où j’écris, jour de son enterrement, plus que jamais. 
Nous sommes peut-être comme dit la Bible de la poussière, mais de la poussière d’or. 
Il ne croyait pas en Dieu. Mais Dieu s’en moque qu’on croie en lui ou pas. Seule compte la bonté. 
J’ai été le témoin d’une scène superbe l’an dernier à la Toussaint. 
Je l’écris ici pour mon ami Daniel Puymèges et pour sa famille : dans le cimetière Saint-Charles, un vieil homme et son petit fils ne trouvaient pas la tombe qu’ils voulaient fleurir. Au bout de cinq minutes l’enfant dit : «on n’a qu’à l’appeler !»
Christian Bobin (extrait de Creusot infos du 22 mai 2010)

Le tout simple avec Jacques Castermane

Rien n'est plus difficile d'accès à l'homme contemporain que le tout simple [...] A chacun de décider s'il veut continuer à vite se lever... pour vite petit-déjeuner... pour vite aller au boulot... pour vite être hospitalisé pour infarctus ou dépression! "Si tu ne trouves pas le calme ici et maintenant. où le trouveras-tu? Et quand? " C'est une question que je me pose fréquemment au cours d'une journée. D'autant plus si je suis derrière une dizaine de personnes à la caisse du supermarché ou arrêté à cause d'un bouchon sur l'autoroute... Jacques Castermane

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vendredi 21 mai 2010

La méditation sur la nature

"A la différence du bouddhisme, qui cherche l'éveil, et du confucianisme, soucieux de la pureté du rite garant de la continuité traditionnelle, le taoïsme est une méditation sur la nature. Le taoïste est l'être qui, s'éloignant du monde, de ses appels et de ses jeux de pouvoir, de la civilisation qui sépare de la Voie, retourne dans la nature pour la laisser agir en lui. Aussi, les peintures de paysages magnifiques et grandioses ne sont pas tant des oeuvres d'art que des témoignages d'une expérience où l'homme renonce à son propre pouvoir pour redevenir un élément du rythme du monde. Une visite à la grotte de Zhang Gong, de Shitao, est un des chefs-d'oeuvre de la peinture chinoise. Son auteur, qui a rédigé les Propos sur la peinture du moine Citrouille-Amère (Pion, 2007), réussit à évoquer un paysage par un ensemble de coups de pinceaux animés d'un rythme vibrant et saisissant. La peinture relie la création au Vide, le multiple à l'Un, et le sage, minuscule, retrouve un sens d'unité dans la contemplation de l'immensité de la grotte. Il n'est plus séparé du monde." Fabrice Midal

jeudi 20 mai 2010

5e ANNIVERSAIRE DES AMANINS


5 années déjà que le centre agro-écologique des Amanins (dans la Drôme) existe ! un lieu singulier vecteur de valeurs, une expérience en chemin ouverte à tous... Notre désir, faire des Amanins un carrefour d’échange.
Cet anniversaire du 29 mai, sera un moment de rencontre et d’échange sur le thème "Écologie et Coopération" avec pour invités : Pierre Rabhi, Isabelle Peloux, Jean-Marie Pelt, Béatrice Poncin, Patrick Viveret, Déborah Maarek et Edgar Morin.

La disparition des abeilles... ou l'homme coupable...

mercredi 19 mai 2010

La Voie du Tao ...et de l'exposition

Le secret du non-agir (Wu Wei)

"En un sens premier, le tao est la reformulation au VIe siècle avant J.-C. de la Connaissance la plus pure et la plus traditionnelle. Laozi, auteur du texte fondateur du taoïsme, écrivit un seul traité dense et concis, le Tao-te king ou Livre de la Voie et de la Rectitude. Tous les autres textes sont des commentaires de ce livre fondamental. Le tao ou dao, que l'on traduit par « voie » est à la fois la source et la fin de tous les êtres. Le te, contrairement à la plupart des lectures, ne signifie pas « vertu », car il n'a pas une acception morale, mais plus exactement la rectitude - la façon de se comporter en conformité avec l'Ordre primordial. Le sage taoïste tend ainsi à ne rien vouloir, à ne rien rechercher, à disparaître pour que seul le tao agisse en lui. Tel est le secret du non-agir. Le sage, maître de détachement, homme ayant atteint l'impassibilité parfaite, s'identifie à la source primordiale. Il laisse évoluer les êtres selon leurs destinées, se tenant, lui, au centre." Fabrice Midal

Ici, le dieu Guandi assis (Dynastie Qing, XVIIIè s.), porcelaine à émaux famille verte (Guimet)


L'immobilité est la Voie du Tao.
En cédant elle avance.
Emergeant du vide,
elle retourne au vide.

mardi 18 mai 2010

Opinions et Préjugés... sur le Tao

"Le taoisme ne présente pas une théologie de divinités, mais une administration complexe qui contient des dieux, des hommes, des points du corps et des planètes"

Ici, Wenchang, dieu de la littérature (Dynastie Qing) XVIIIe siècle. Porcelaine blanche à décor incisé (Guimet)




Ni le Ciel ni la Terre n'ont d'opinions,
car la nature accepte tout.
Le Sage n'est affligé d'aucun préjugé,
chaque personne est sacrée.


Le Tao est comme un soufflet de forge :
vide,
il ne se dégonfle pas ;
et plus il est activé,
plus il produit.

lundi 17 mai 2010

Le Tao, un autre chemin de l'Etre

A l'occasion de l'exposition au Grand Palais, je vous propose une semaine sur la voie du Dao. C'est un chemin que le shiatsu pratiqué me fait connaître... Je vous invite donc à cheminer sur la Voie du milieu :

Fabrice Midal : "L'exposition qui se tient au Grand Palais, à Paris, fera date. Pour la première fois, en Europe, la tradition taoïste nous est montrée à travers un parcours d'une rare intelligence. Près de 240 oeuvres très diverses, de la peinture à la sculpture, de la céramique à l'art du bronze ou du textile. Des oeuvres venues des collections du musée Guimet et d'autres musées d'Europe, des États-Unis et de Taiwan. La commissaire, Catherine Delacour, a réalisé une prouesse malgré le refus de la Chine de laisser sortir la moindre oeuvre. Allez-y. Vous ne le regretterez pas. Une aventure poétique, spirituelle, philosophique vous attend." [...]Le taoïsme reste une énigme pour l'Occident. Le secret du non-agir, la méditation sur la nature, le jeu de la métamorphose, la quête de l'immortalité..." Extrait de "La Vie" 13 mai 2010

dimanche 16 mai 2010

Jacques Castermane et le satori

Pas de bol pour le mental, il faut le laver : 
Voici un extrait d'une conférence où vous pouvez entendre Jacques Castermane répondre à une question sur les expériences d'"éveils" ou satori :



"C’est l’exercice. Une activité inventée par l’homme afin de se mettre en accord, en résonance, avec « une action qui est déjà en action au plus profond de soi-même » : l’être !
Le zen est un chemin d’expérience et d’exercice.
Pratiquant moi-même, depuis bientôt quarante ans, j’observe chaque jour les effets et l’étendue d’un exercice comme la pratique méditative sans objet.
Si l’homme fait un exercice à fond, tous les secteurs de sa 
vie intérieure sont fécondés par cette profondeur."

samedi 15 mai 2010

Eléments de philosophie angélique avec Denis Marquet

"Patrice van Eersel - Dans votre vision des choses, une philosophie angélique est une approche révolutionnaire. 
Denis Marquet - Quand l'ange fait irruption depuis le monde de la transcendance jusqu'au monde de l'immanence, il apporte toujours une rupture dans l'ordre des choses. Il joue en dehors de la trame des causes et des effets. Cette rupture apporte de la nouveauté radicale. J'appelle "angélique" une philosophie qui affirme que le propre de l'être humain consiste à pouvoir être le lieu d'une création pure. 
Patrice van Eersel - Vous dites que le propre de l'animal est de dire non, et celui de l'homme de pouvoir dire oui. Pourtant, l'animal est obligé d'accepter les lois naturelles, alors que l'homme peut les refuser et se rebeller. 
Denis Marquet - La modernité nous ressasse depuis trois siècles que le non est le propre de l'homme. Or, si l'on regarde bien, on peut dire l'inverse. Ce qui permet à un animal de survivre, c'est le refus de la souffrance : il se dispose à chasser pour faire disparaître une sensation de faim, à fuir pour éviter une sensation de peur, à copuler pour soulager une sensation de manque, etc. Le principe de chacun de ses actes est le refus d'une sensation. Le propre de l'homme est au contraire de pouvoir tout accepter, même la sensation de souffrance, même la mort, comme l'enseignent les plus grandes traditions quand, par exemple, elles disent : « Il n'y a pas de plus grande preuve d'amour que de donner sa vie pour ceux qu'on aime. » 
Patrice van Eersel - Le petit enfant ne commence-t-il pas par dire non, avant de pouvoir dire oui ? Individuellement et collectivement, le oui ne vient-il pas après le non ? 
Denis Marquet - Observez bien le non du petit enfant en train de se construire : il s'agit en fait d'un oui à lui-même. L'adulte perçoit un refus, mais, pour l'enfant, si l'on ressent les choses avec subtilité, c'est un oui. Il est en train d'affirmer un espace propre, dans lequel pourra plus tard émerger l'être unique qu'il est. Pour cela, il a besoin de poser des limites. Parfois, le non à l'autre est un oui à soi-même, une condition pour que s'exprime notre pouvoir angélique, créateur. Au niveau collectif, c'est un projet radicalement neuf. Et urgent : la négativité nous mène vers un désastre de plus en plus clair, et l'horizon s'obscurcit."
Philosophe et essayiste, mais aussi romancier et scénariste, Denis Marquet, qui tient la chronique de philosophie de la revue Nouvelles Clés depuis plusieurs années, est avant tout intéressé par la mise en acte d'une spiritualité humaniste. La question de l'accomplissement humain traverse toute son oeuvre.

vendredi 14 mai 2010

jeudi 13 mai 2010

Soufisme et Faouzi Skali

Voici ce que je viens de retrouver dans mon grenier documentaire :
une interview de Faouzi Skali sur le soufisme (RSR 2009)...


 Docteur en anthropologie, éthnologie et sciences de religions, Faouzi Skali est né en 1953 à Fès (Maroc). Ecrivain francophone, il se situe entre l’Orient et l’Occident et œuvre pour le dialogue des hommes et des cultures. A 23 ans, la lecture du Livre du dedans de Jalâl ud Dîn Rûmî l'oriente vers le soufisme, dimension mystique de l'islam. Un an plus tard, il rencontre Sidi Hamza al Qâdiri al Boutchichi dont il devient disciple.Il soutient une thèse à Paris-Sorbonne sur les saints et les sanctuaires de Fès. Membre du Groupe des Sages nommé par le président de la Commission européenne, il a contribué à la réflexion sur le « Dialogue entre les peuples et les cultures dans l’espace euro-méditerranéen ». En 2007, il a fondé à Fès le Festival de la Culture Soufie qui se déroule chaque année.