~ Nisargadatta Maharaj - Ni Ceci, Ni Cela
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~ Nisargadatta Maharaj - Ni Ceci, Ni Cela
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– Le jeu !
Le jeu n’est pas la compétition. Il faudrait renommer les jeux olympiques car il s’agit bien de compétition entre les nations. À l’image des compétitions acharnées imposées dans l’industrie, le commerce.
« Toujours plus haut, plus vite, plus fort » est l’autre versant de :
« Toujours plus puissant, devancer la concurrence, plus rentable ».
Revenons au jeu véritable qui n’a pas pour but de gagner contre l’autre à tout prix.
Le jeu est plaisir. C’est sa raison d’être.
Le comble du jeu, du plaisir, est de se dépasser. S’offrir des sensations inhabituelles.
Se dépasser dans le sport, c’est faire vivre au corps l’au-delà des limites connues.
Il aime être poussé à fond.
Se dépasser en amour est une expérience similaire avec un plus, la jouissance, cette sensation enivrante de perdre ses repères spatio-temporels, où l’on découvre un autre état psychique, fugitif mais réel.
Se dépasser en esprit est le comble de la méditation. Entrer dans la vie invisible, rencontrer le Vivant qui est là, au-dedans et au-delà de soi, c’est la réjouissance suprême, le ravissement.
Un jour où je traînais les pieds pour une activité – que je m’étais donnée tout seul – Gitta Mallasz (1) m’a dit :
« Si ce n’est pas un jeu, arrête tout de suite ! »
Ce qu’elle m’a confirmé dès le lendemain par un petit mot, écrit sur son papier à lettres, reçu par la poste :
« Mon Christian,
Si c’est un jeu,
Si c’est un divertissement joyeux
Si c’est une récréation,
Continue,
Sinon, cesse immédiatement ce que tu as commencé.
Dieu joue avec toi,
et par toi.
Tout autre chose nous tue.
Gitta (03/12/1990)
PS : Ne te prends pas au sérieux
Si tu ne te prends plus au sérieux, tout vient vers toi.
Jeu, plaisir, dépassement, jouissance, réjouissance : c’est la nouvelle proposition « olympique » pour atteindre le sommet.
Christian Rœsch
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Au 17ème siècle, Spinoza, quelques années après la mort de
Descartes, écrit que : « Le corps peut, par les seules lois de sa nature,
beaucoup de choses qui causent à son âme de l’étonnement ».
Longtemps, en ce qui concerne la vie de l'être humain, la
place accordée à l'esprit a été démesurée. Aujourd'hui c'est le corps qui,
étonnamment, occupe une place centrale dans de nombreux secteurs de la vie
humaine. En dehors des découvertes scientifiques concernant l'organisation et
les fonctions du corps, de nombreuses personnes s'accordent un temps réservé au
corps. À la pratique sportive, s'ajoutent les pratiques qui visent le
bien-être.
Mais revenons à cette indication fondamentale : ce que peut
le corps ! Pour la comprendre il faut différencier ce que - le moi peut faire
avec le corps - et ce que – le corps aimerait faire de moi - ?
Le corps, dans cette optique, est considéré comme un outil,
un instrument, un moyen pour atteindre un but. D'où l'opposition entre moi et
quelque chose : mon corps. Un point de vue dualiste qui fait du corps un objet
(un jeté-hors).
Ce corps objectivé, Dürckheim le désigne comme étant
"le corps que l'homme A" (Körper dans la langue allemande). L'incroyable
capacité des contorsionnistes m'impressionne. Aussi la danseuse qui peut
"faire" le grand écart latéral et antéro-postérieur. Le trapéziste
qui "fait" des sauts périlleux. Le sauteur à la perche qui franchit
une barre placée à plus de six mètres de hauteur. Ou ces jeunes-gens qui dansent
un hip-hop acrobatique.
Quant à ce que peut le corps c'est tout simplement ce que le
moi ne peut pas faire. Par exemple :
"Respirer" !
L'action vitale la plus intime et la plus sensible, l'acte
de respirer, est infaisable. C'est sans doute la raison pour laquelle les
différentes traditions spirituelles proposées depuis plus de 25 siècles en
Orient et en Extrême-Orient sont centrées sur l'attention portée sur l'acte de
respirer. Il ne s'agit pas de faire des exercices respiratoires inventés par
l'homme mais d'accueillir le souffle vital initié par la vie qui nous fait
vivre.
Ceci étant est-il possible de dire quels sont les exercices
proposés au cours d'une retraite au Centre Dückheim ?
Graf Dürckheim définit la Voie qu'il a tracée à son retour
du Japon (1947) comme étant : " Le Zen dans ce que cette tradition recèle
d'universellement humain."
Chaque journée au Centre commence par la pratique de
l'exercice appelé zazen. Zazen ? C'est -ne rien faire- mais à fond !
Quelques heures de pratique suffisent pour se rendre compte
que le rien faire ouvre nos yeux sur l'INFAISABLE, sur cette part de nous-même
de laquelle sourdent des actions qui transcendent les capacités de ce qu’on
appelle notre vouloir. La première étant inévitablement l'acte de respirer.
L'infaisable tisse notre vraie nature d'être humain. Ce que
Graf Dürckheim désigne comme étant notre être essentiel.
La personne qui apprend à se confier à l'infaisable … dans
tout ce qu'elle fait … libère son état de santé fondamental dont le symptôme
majeur est le CALME, le grand calme intérieur.
Je ne pratique pas zazen (le Kyudo, le Shodo, l'Aïkido, le
Yoga, le Taichi-Chuan) pour gagner une médaille d'or ou une médaille d'argent
c'est-à-dire pour passer d'un ego de taille XXL à la taille XXXL.
Mais alors, pourquoi pratiquer ? Parce que "Lorsque
vous pratiquez zazen, le corps prend la forme du calme" (Hirano Katsufumi
Rôshi)
Jacques Castermane
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Vous êtes un courant continu de changements,
c'est vous et ce n'est pas vous.
Celui qui voit le courant continu de changements ne change pas.
Il est immuable. Il est absolu. Et c'est vous.
Swami Prajnanpad
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Christophe André revient sur le concept de l'acceptation : dire "oui", en somme, ce qui semble être une chose simple. Oui à la vie, oui au monde, oui au réel. Mais ce n'est pas si simple quand ce réel nous dérange, nous révolte, nous blesse.
Nos capacités d'acceptation sont mobilisées dans de nombreuses circonstances : des plus anodines (la pluie, rater son train, les mauvaises notes de nos enfants à l'école...) aux plus dramatiques (la maladie, la mort, l'injustice...).
L'acceptation, ce n'est pas renoncer ou se soumettre, ce n'est pas approuver, mais affronter ce qui est. Ce n'est pas dire "c'est bien", mais dire "c'est là".
De nombreuses recherches montrent que le moment où l'on accepte, où l'on dit intérieurement "oui", abaisse notre niveau de stress psychologique mais aussi biologique. Et que cet apaisement accroît notre discernement.
Il y a tout juste 100 ans, Alexandra David-Néel pénétrait incognito dans la ville sainte de Lhassa. En 1969, un mois avant sa mort, Arnaud Desjardins interviewe la célèbre exploratrice qui, centenaire, n’a pas perdu de sa vivacité d’esprit.
Depuis toujours, je pressentais que la nature ne pouvait pas vouloir la déchéance de l'homme. Aujourd'hui, je le sais.
Si la deuxième moitié de l'existence ne recelait pas un projet, nous serions éliminés - comme le sont certains animaux - après le cycle de la fécondité.
Ce projet qui nous est confié est invisible à l'œil.
J'aurais la tâche légère si je me plaignais de maux de dents : même si j'étais la seule à pouvoir vérifier mes dires, personne ne douterait de ce que j'avance. Mais si j'affirme que mon âme et mon cœur rajeunissent de jour en jour, je ne serais pas étonnée que certains n'y voient qu'une licence poétique. Ou un sujet d'agacement. Et pourtant!
Dans la jeunesse, l'âme n'est pas jeune. Elle est percluse du rhumatisme des modes, plie sous les idéologies, les normes en vigueur. L'Alzheimer juvénile la ronge : l'oubli de tout ce que l'enfant savait encore sur le sens profond des choses. La jeunesse transbahute tous les préjugés qu'on lui a inculqués, les jugements féroces, les catégories assassines. Elle est souvent dure comme le monde qui l'accueille. Sa lumière est sous le boisseau.
Ce long travail de la libération de l'intelligence, ce déminage du terrain après tant d'années d'occupation étrangère sont l'œuvre de la maturité. Quand l'obligation de faire un avec sa génération n'est plus une question de survie, on peut enfin écarter les œillères, laisser venir la clarté. Comme dans les grandes forêts où l'automne, en dépouillant les branches, donne le ciel à voir.
"Il faut toute une vie, écrit Jean Sulivan, pour élargir son cœur, ses opinions, pour conquérir sa liberté spirituelle."
Toute une vie.
Voilà une chance à ne pas manquer."
Christiane Singer - N'oublie pas les chevaux écumants du passé
Image: Portrait d'un vieillard, de Rembrandt
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