mardi 8 août 2023

Vigilance et clarté

 

Nous sommes toujours le centre de nos préoccupations, nous sommes ce qu’il y a de plus important dans toutes les situations que nous rencontrons, tous les aspects de la vie. C’est cette importance donnée à « moi je » qui est la cause de nos difficultés. La saisie égoïste nous empêche d’avoir le recul nécessaire pour ne pas se faire piéger par les émotions.

Voici un exemple tout simple : imaginons que je me casse le bras, ce qui est particulièrement douloureux. Si je me dis : « il n’y a pas de problème, tout est illusoire, le bouddha l’a dit ! » Cela ne va rien changer ni soigner, la souffrance sera toujours présente. Par contre, lorsque je me fais soigner, je réfléchis un peu et j’essaie de discerner la perception que j’ai de mon bras, de la douleur, de l’esprit qui expérimente, je me rends compte alors que je ne suis pas que mon bras et je me demande où et comment j’expérimente la douleur. Si je développe une telle vigilance, j’aborde la souffrance différemment. Cela ne soigne ni de dissout la souffrance mais cela me permet d’avoir une vision autre, plus claire de ce que j’expérimente. Sinon l’expérience reste confuse, sans clarté ni compréhension.


Il nous faut nous entraîner à ce regard conscient en toutes circonstances ; voir les émotions et notre façon d’y réagir. Nous sommes de toute façon obligés de faire face aux situations, alors autant les utiliser pour développer la vigilance et la clarté. Nous avons souvent tendance à nous dire : « ce n’est pas grave, quoi qu’il arrive, ça doit arriver plus voilà ». Cette forme d’indifférence ne mène qu’à plus de confusion et d’insatisfaction. Comme nous ne voulons pas rencontrer la souffrance, le remède est de développer la vigilance. Plus nous allons nous y entraîner, plus elle se développera pour devenir naturelle. Chacun d’entre nous à cette capacité. Le développement de l’attention consciente au quotidien, nous permet de comprendre le sens du Dharma de l’intérieur.

« Les chemins de la sagesse » Jigmé Rinpoché

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lundi 7 août 2023

Feu intérieur

 De la bougie naît la flamme. 

Comment toucher du doigt le cœur de l'invisible ?


Un poème de Pierre Dhainaut qui pourrait résumer ce qui se joue dans une séance de shiatsu  !!🙏🫶

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dimanche 6 août 2023

Mondes obscurs

 S’il reste dans notre vie une zone importante qui n’a pas été examinée, il est beaucoup plus difficile de s’abandonner au Divin. Nous voulons tous réaliser l’aspect lumineux de la nature humaine, mais personne ne veut voir la partie d’ombre. 


Parce qu’ils représentent la dimension transformatrice du psychisme, nous avons besoin, pour devenir des êtres humains à part entière, que les mondes obscurs se marient aux mondes supérieurs. Etre entier, c’est être complet. D’un point de vue holistique, la vie n’est pas parfaite, mais en revanche, elle est complète. L’expérience humaine n’est pas un registre de voix ou un climat unique, une saveur neutre et homogène, elle inclut tout l’éventail des possibles. 

Comme une symphonie précisément orchestrée, la vie est une polyphonie complexe qui comprend de nombreuses mélodies et atmosphères aussi bien harmonieuses que dissonantes.

Sans l’expérience complémentaire et équilibrante des mondes obscurs, les mondes lumineux nous entrainent dans l’illusion, la dilatation de l’ego et la grandiloquence. Dans notre culture occidentale, nous avons tendance à nous sentir plus à l’aise dans ces mondes-là. Le travail du shaman contemporain va donc consister en grande partie à se focaliser sur la rédemption et la conquête des mondes obscurs.

Les mondes obscurs sont le domaine d’expression des esprits et des pouvoirs psychiques, de l’extase, de la révélation, du chaos créatif, de la passion, des énergies sexuelles, de la guérison et de la transformation. Chargé des pouvoirs de vie et de mort, c’est un domaine formateur où se retrouvent les schémas originels des semences de la Création, ce que Gregory Bateson appelle « les schémas qui connectent ». C’est là que sont nos racines, qu’est l’unité primordiale de toute chose. C’est ce pouvoir guérisseur fondamental des mondes obscurs que nous avons besoin de reconquérir.

Les mondes obscurs sont le lieu où résident ces fragments de nous-mêmes qui sont niés, réprimés, éclatés et constituent ce que Carl Jung appelle « l’ombre ».  Jung était convaincu que cette ombre possède un pouvoir et une vie propres. Autrement dit, si nous ne reconnaissons pas ces parties de nous-mêmes en toute conscience, elles agissent de leur propre chef à partir d’une source inconsciente -souvent dans le but de déstabiliser notre attention, toujours dans celui de l’accaparer. Pour utiliser le langage des shamans, ces fragments, qu’on appelle des « alliés », des « esprits » ou des « démons », ont le pouvoir de guérir ou de tuer et peuvent s’emparer de l’âme.

Nous avons perdu notre connexion avec les pouvoirs de guérison et les passions du domaine des mondes obscurs. Pour l’Occident, ces mondes équivalent à l’enfer, à l’abîme de feu du Diable. On peut traduire ce phénomène en termes psychologiques, à savoir que les mondes obscurs contiennent toutes les énergies refoulées de l’humanité, ainsi qu’un potentiel inconnu de croissance chez l’être humain.

Ces énergies refoulées comprennent la sexualité, l’extase, le chaos de la créativité, la naissance, la mort, d’autres aspects de la vie aussi et plus particulièrement la dimension féminine, laquelle fut dénaturée par une culture répressive et une vision du monde religieuse dans son sens restrictif. Il n’est pas étonnant que la peur de l’enfer pousse les intégristes chrétiens à condamner et à refouler le rock et d’autres formes artistiques, en particulier le théâtre, qui ne cessent de nous rappeler l’existence des mondes obscurs, nous y transportent même.

Parce que la peur et le refoulement des forces de l’ombre sont profondément ancrés dans notre culture, leur irruption dans le monde du milieu, le monde de la vie quotidienne, peut s’avérer désagréable. Au pire, elle est choquante : violence, vengeance, viol, torture, meurtre, génocide, guerre, ce sont là quelques démons hideux qui appartiennent aux mondes obscurs. Et puis il y a ces expressions habituelles que nous acceptons comme faisant tout simplement partie de la vie de tous les jours : la culpabilité, la honte maladive, les abus sexuels, la colère, le vice, l’avidité, le sadisme, le perfectionnisme, le racisme, la misogynie, l’autoritarisme, la tyrannie, les dépendances multiples, etc…


Parce que nous nions ou réprimons les mondes obscurs, ils font partie de notre univers inconscient. L’inconscient humain peut être comparé à une cocotte-minute. Quand le couvercle est très serré trop longtemps et que la vapeur ne peut s’échapper, la cocotte vous explose à la figure. Mais si vous laissez la soupape se dégager naturellement et progressivement, alors la pression diminue et vous pouvez enlever le couvercle facilement. A ce moment-là seulement, vous avez la possibilité de remuer ce qu’il y a à l’intérieur, de l’assaisonner et de le manger.

C’est à ce type de nourriture pour l’âme que Socrate fait référence lorsqu’il dit : « connais-toi toi-même ». Il faut reconnaitre et intégrer chaque partie de soi et rester ouvert à toutes les possibilités humaines. Le refoulement et le rejet de la vie génèrent les cruautés et les maladies de l’humanité. C’est ce principe psychologique fondamental que l’on retrouve dans les évangiles apocryphes (gnostiques) :

Si tu fais naitre ce qui est en toi, / Ce que tu fais naitre te sauvera. / Si tu ne fais pas naitre ce quoi est en toi, / Ce que tu ne fais pas naitre te détruira.

Evangile de Thomas, 14.29-33

Nous pouvons nier la part d’ombre en nous (et la vie en général) autant que nous le voulons, mais elles ne disparaitront pas pour autant. Plus nous réprimons et nions les pouvoirs des mondes obscurs, plus ils deviennent « infernaux » et « malveillants ». En termes psychologiques, ces mondes sont peuplés de puissantes énergies vitales réprimées et dénaturées, qui se retrouvent tordues, malades et coupées de notre conscience…

Des véritables profondeurs de l’ombre naissent les révélations et la guérison. C’est en y descendant que l’on découvre ses propres potentiels de guérison. On peut alors réintégrer ces aspects à la totalité. Par un processus de démembrement et de mort psychique, une porte s’ouvre sur la vacuité des mondes souterrains. [S’ensuit une union avec la forme originelle.]

Les voyages dans ces dimensions ne sont utiles que si l'on a la capacité de rapporter ce que l'on a appris dans le monde relatif. Le monde relatif c'est la vie quotidienne, ce dont l'ego a conscience, la réalité physique ordinaire de la terre... l'activité concrète, le progrès, le fait d'apprendre, d'agir, de construire. Pour la plupart des gens ce monde est coupé, inconscient de sa connexion à la réalité non ordinaire (même si la vie intérieure, la vie intime finit toujours par faire irruption dans le monde ordinaire, malgré tous nos efforts pour la nier). Le monde relatif n'a pas grande signification sans cette connexion avec les mythes. Sans la riche expérience intérieure des mondes inférieurs et supérieurs, nous sommes inconscients, somnambules, de simples machines. Nous nous transformons en robots, ignorants du mystère sous-jacent à tout ce qui nous entoure. 

Le cœur éternel de la voie (tome V) - Lee Lozowick

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samedi 5 août 2023

Conseils d'existence

Souffrir de stress c'est être dans l'incapacité d'apprécier la réalité comme elle est et donc de ne pas profiter de l'instant présent.

Les gens qui souffrent de stress ont en commun de regretter le passé (parfois), d'avoir peur de l'avenir (souvent).

Pour combattre le stress et mieux profiter de la vie Ernie Zelinski donne les conseils suivants :


Cessez de vous projeter dans le futur et de vous demander si vous aurez le temps d'achever ce que vous avez à faire. Si vous l'avez vous en viendrez à bout. Si vous ne l'avez pas, vous terminerez demain.

Lorsque vous vous arrêtez pour prendre un café, accordez-vous un instant pour le savourer. Buvez-le lentement comme si le temps s'était arrêté pour vous permettre de le déguster.

Au volant de votre voiture; levez le pied même si vous êtes pressé.

Accordez-vous une "récréation" d'une demie-heure ou plus par jour, à utiliser de manière impromptue, suivant l'envie du moment.

Ménagez-vous une à deux heures de solitude chaque jour et laissez le répondeur se charger de vos appels.

Lorsque vous admirez un coucher de soleil, regardez-le jusqu'à ce que le dernier rayon ait disparu derrière l'horizon.

Quand vous parlez avec votre voisin(e), laissez la conversation avoir un début et une fin naturels plutôt que dictés par la montre.

Lorsque vous prenez une douche le matin, abandonnez-vous à ce moment jusqu'à ressentir le bien qu'il vous fait.

Cherchez tout ce que vous pouvez APPORTER au monde qui vous entoure plutôt que ce que vous pouvez PRENDRE.

Cultivez la paix intérieure.

Gardez une pensée positive.

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vendredi 4 août 2023

Méditation ou voir la nature de l'esprit

 Mes chers amis,


Nous avons commencé la méditation en examinant 2 piliers de la pratique de la méditation.

D'abord il est important de se souvenir pourquoi on médite, c'est la souvenance.

Il peut en effet très facilement arriver qu'on ne sache plus très bien pourquoi on médite. L'être humain a une grande capacité d'oubli et il est bon de revenir à notre intention de base.

L'intention de base de tout être humain est de d'obtenir, de vivre le bonheur, le bien-être et d'éviter la souffrance. Nous n'y arrivons pas toujours car nous connaissons mal les causes du bonheur et les causes de la souffrance, c'est ce qu'on appelle l'ignorance.

Le chemin pour connaître les causes du bonheur et de la souffrance est de s'éveiller à sa véritable nature, c'est-à-dire d'avoir une vision très claire de ce que nous sommes vraiment et de ce que sont réellement tous les phénomènes que nous percevons.

Il s'agit donc quand nous méditons de se souvenir que nous méditons pour nous éveiller à notre véritable nature, c'est l'éveil insurpassable, car il n'y a rien qui peu le dépasser.

On peut rajouter que nous cherchons à nous éveiller pour le bien de tous les êtres car l'éveil dans une intention uniquement personnelle ne pourra pas porter ses fruits.


Le second pilier de la méditation c'est l'attention.

C'est être capable de savoir où est notre esprit, sur quoi est-il posé ? Qu'est-ce qui survient au sein de notre esprit ?

Notre véritable nature est omniprésente, elle est toujours là puisque c'est ce que nous sommes.

Nous sommes incapables de la voir car elle est voilée par nos émotions perturbatrices dues à notre ignorance. L'attention va nous permettre de prendre conscience de nos attachements et de nos aversions dus à notre ignorance et de toutes les conséquences que ces deux caractéristiques bien humaines entrainent.

Sans cette attention, notre esprit vogue comme un voilier sans dérive que l'on ne peut plus diriger ou saute de branches en branches tel un singe agité.

La pratique de l'attention permet une certaine pacification mentale et une prise de conscience des mouvements permanents de l'esprit, une prise de conscience de l'impermanence de tous les phénomènes. 

Et progressivement cette Présence spacieuse qui nous attend patiemment au cœur de nous-même sera reconnue et nous reviendrons en ce lieu que nous n'avons jamais quitté.

Avec toute mon amitié, je vous souhaite une belle journée où, avec une attention paisible, vous vous souviendrez de qui vous êtes vraiment.

Philippe Fabri

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jeudi 3 août 2023

Il nous faut regarder

 

Derrière la saleté s'étalant devant nousDerrière les yeux plissés et les visages mousAu delà de ces mains ouvertes ou ferméesQui se tendent en vain ou qui sont poing levéPlus loin que les frontières qui sont de barbelésPlus loin que la misère il nous faut regarder
Il nous faut regarder ce qu'il y a de beauLe ciel gris ou bleuté, les filles au bord de l'eauL'ami qu'on sait fidèle, le soleil de demainLe vol d'une hirondelle, le bateau qui revientL'ami qu'on sait fidèle, le soleil de demainLe vol d'une hirondelle, le bateau qui revient
Par delà le concert des sanglots et des pleursEt des cris de colère des hommes qui ont peurPar delà le vacarme des rues et des chantiersDes sirènes d'alarme, des jurons de charretierPlus fort que les enfants qui racontent les guerresEt plus fort que les grands qui nous les ont fait faire
Il nous faut écouter l'oiseau au fond des boisLe murmure de l'été le sang qui monte en soiLes berceuses des mères, les prières des enfantsEt le bruit de la terre qui s'endort doucementLes berceuses des mères, les prières des enfantsEt le bruit de la terre qui s'endort doucement

Paroliers : Jacques Brel


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mercredi 2 août 2023

Corps en joie


Nous avons facilement tendance à être blasé et à penser qu'il est normal d'avoir un corps humain.Nous oublions ce grand mystère, ce miracle de pouvoir percevoir le monde grâce au corps que nous avons.
Nous percevons le monde au travers de nos 5 sens et ce, sans faire le moindre effort. Cela nous est donné de percevoir. Nous pouvons y prêter attention ou pas, mais les perceptions ont lieu.
Notre corps est doté d'un cerveau qui nous permet de penser, de réfléchir, de mémoriser.
Et tout cela fonctionne même si nous sommes malades, déprimés, tristes, joyeux ou en colère.
N'oublions nous pas de nous en émerveiller. 
Cet émerveillement nous amène à la joie d'être, une joie simple, sans objet.
Dans cette joie nous pouvons dissoudre nos douleurs, nos dépressions ou nos colères.


Philippe Fabri
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mardi 1 août 2023

Un grand OUI à la Vie

Le cadeau de l'été : rencontre avec 2 couples sur le chemin du OUI, à ce qui est.

"Être libre, c'est être libre de papa et maman."

"Etre libre, c'est se désidentifier."


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lundi 31 juillet 2023

Cette vie... et au-delà (7)

 L’union de la connaissance-sagesse et de l’amour-compassion


Une vie marquée par la recherche de la connaissance-sagesse et l’exercice sans cesse renouvelé de l’amour-compassion ; l’union de deux mouvements intérieurs afin de nous mettre en intime connexion avec l’essence même de notre conscience, l’essence même de notre être : il y a là la promesse de trouver enfin cette paix à laquelle nous aspirons depuis toujours, sans même nous rendre compte qu’à travers tout ce que nous accomplissons dans notre vie nous sommes, en vérité, sans cesse à sa recherche. Cette paix fondamentale dont nous avons tous l’intuition, nous la connaissons déjà. Certes, elle nous semble masquée par les nuages de nos pensées, de nos émotions, de nos tourments, mais comme la glorieuse brillance du soleil n’est jamais affectée par les nuages qui parfois l’obstruent, elle est toujours présente, accessible, immuable, calme, éternelle, inaltérable. Nous sommes déjà, intrinsèquement, cette paix, cette conscience. Elle est notre nature, le point de départ de toute vie et sa destination ultime. Et, de façon peut-être un peu difficile à comprendre, cette paix est, par elle-même, le chemin que nous devons emprunter pour qu’il nous mène à elle. Elle est ainsi le point de départ, le point d’arrivée et le chemin lui-même...

Dé-couvrir notre paix fondamentale, retirer ce qui couvre cette paix naturelle, comme se dissipent les nuages pour révéler l’immensité du ciel et la clarté du soleil : n’est-ce pas un magnifique projet de vie, en dépit de toutes les épreuves et difficultés passées, présentes et à venir au cours de notre existence ? Ne pourrions-nous pas nous donner la chance d’expérimenter concrètement, par nous-mêmes, cette voie afin de vérifier si elle est bonne pour nous, si c’est un chemin qui nous donne ce sentiment profond de sens et d’accomplissement dont nous avons tant besoin ? Nous seuls pouvons le décider, en connaissance de cause.


Alors quelles décisions prendre ? Allons-nous saisir la perche qui nous est tendue à travers les récits extraordinaires que nous avons abordés dans ce livre ou allons-nous nous contenter d’être fascinés par eux, sans chercher à en comprendre et à en faire quoi que ce soit ? Ne serait-ce pas là la raison fondamentale de l'oubli de ce que nous sommes vraiment — l’oubli de l’inconcevable grandeur de notre être, l’oubli de ce qui a été vécu « avant », l’oubli de ce que nous avons « décidé » de vivre sur cette terre ? Prendre la décision, en tant qu'hommes ou femmes fondamentalement libres, de choisir ou non l’amour, en étant totalement responsables de ce que nous sommes, assumant tout ce que nous faisons, tout ce que nous disons. Peu importe si, en retour, les autres n’assument pas la responsabilité des actes qu’ils posent. Oui : choisir l’amour, le laisser rayonner en nous et autour de nous, quels que soient les obstacles, quelles que soient les difficultés, profondément ancrés dans la certitude que c’est cela qu’il nous est demandé d’apprendre dans cette existence, afin de pouvoir vivre, puis de mourir en paix. Et continuer encore et encore, après cette existence, à explorer les insondables dimensions de la conscience...

Telle serait l’essence de notre mission de vie : la sagesse et l’amour, en totale harmonie avec les enseignements de ces incroyables expériences humaines qui, sans l’ombre d’un doute, nous montrent cette voie sacrée à laquelle tout en nous aspire. Une voie de joie, de courage, de dignité, d’amour et de sagesse pour apprendre à vivre pleinement cette vie.

Cette vie... et au-delà !

livre de Christophe Fauré - Cette vie et au-delà : enquête sur la continuité de la conscience après la mort.

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dimanche 30 juillet 2023

Cette vie... et au-delà (6)

 

S’aimer soi-même


Oui... car il ne peut y avoir authentiquement amour de l’autre sans qu’il y ait amour de soi. Pourtant, parvenir à s’aimer soi-même est une des choses les plus difficiles.

Rappelons-nous : en présence de l’être de lumière, les personnes ayant fait une EMI se sont senties aimées de façon inconditionnelle. Cette expérience d’amour a été si puissante, si inspirante que beaucoup d’entre elles en sont revenues avec une forte aspiration à être capables non seulement de manifester à leur tour autant d’amour, mais de s’ouvrir au respect de soi, à l’amour de soi, à l’autocompassion :

« Si l’être de lumière a pu m’accepter telle que je suis, avec tous mes défauts, imperfections et faiblesses, je peux moi aussi m’accepter telle que je suis. »

En cela, les EMI sont ressenties comme un véritable soin, une authentique réparation des blessures passées. C’est l’opportunité de mettre un point d’arrêt aux comportements d’autodestruction ou d’autosabotage et d’aller vers l’acceptation, le pardon de soi, l’accueil de tout ce que l’on est.

«Je me suis sentie aimée par cet être d’une manière qui dépassait tout ce que j’avais pu connaître. Si j’avais su combien je pouvais être aimée, peut-être n’aurais-je pas tant perdu de temps à me détester moi-même... J’ai compris que j’étais digne en tant que personne et que ça ne servait à rien de vouloir me persuader du contraire. »

Pour quelqu’un qui souffre de manque d’estime de soi ou de dévalorisation, quelle délivrance de se percevoir fondamentalement digne d’amour, quelle que soit son histoire de vie, de se voir sans l’ombre d’un doute intrinsèquement lumineux, digne d’exister au monde, sans avoir besoin de se justifier ou de recevoir l’approbation d’autrui !

Ainsi, même si on n’en a pas vécu, les EMI poussent à revisiter cette terrible tendance à nous dénigrer nous-mêmes. Elles nous montrent comment nous percevoir tels que nous sommes véritablement : des êtres fondamentalement aimants et aimables - dignes d’être aimés —, au-delà de ce que nous croyons de nous. Et si une partie de notre mission de vie était aussi d’apprendre le respect de nous-mêmes, de nous révéler nous-mêmes à notre propre nature, dans sa dimension lumineuse d’amour et de sagesse ? Les personnes qui ont vécu une EMI n’ont strictement rien fait pour acquérir ce nouveau regard sur elles-mêmes, aucun travail, aucune psychothérapie : elles se sont simplement perçues telles qu’elles étaient vraiment. Pourquoi ne pas nous ouvrir, nous aussi, à ce que nous sommes déjà ?

«J’ai découvert qu’il y avait en moi une sécurité et une dignité fondamentale qui ne dépendent pas du regard d’autrui. Elles guident mes pas et je me suis affranchie de l’opinion des autres pour décider ce qui est bon pour moi. Je n’ai plus peur d’être rejetée si je ne vais pas dans leur sens. Je SUIS et cela ne dépend de personne. »

livre de Christophe Fauré - Cette vie et au-delà : enquête sur la continuité de la conscience après la mort.

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samedi 29 juillet 2023

Cette vie... et au-delà (5)

 

L’amour-compassion


Pour que l’oiseau puisse s’envoler dans le ciel, il lui faut aussi l’aile de l’amour-compassion. S’il ne doit rester qu’un seul enseignement issu de tous ces phénomènes que nous avons abordés, c’est bien celui-là. Certes, affirmer que l’amour est l’axe essentiel de notre mission de vie peut prêter à sourire, sembler un peu grandiloquent. Et pourtant, relisez les témoignages de ces personnes qui ont frôlé la mort : n’est-ce pas l’amour qui leur est apparu comme la seule chose qui comptait vraiment dans leur existence ? Mais de quel amour s’agit-il ? En sanscrit, on découvre quatre magnifiques facettes de cette notion qui sont autant de voies d’inspirations à incarner dans notre vie :

— Maitri désigne la bienveillance ou l’amour bienveillant. Il réside dans le désir d’un parent d’aider son enfant afin qu’il gagne en confiance en lui, dans l’enthousiasme d’une enseignante qui souhaite éveiller ses élèves aux merveilles du monde, dans le souhait de construire une amitié dont on pressent la richesse. C’est un mouvement en avant du cœur qu’il est toujours possible de susciter en soi.

Karuna parle de compassion et d’ouverture quand on voit la peine ou la souffrance d’autrui. C’est le geste délicat d’une infirmière qui redresse avec douceur un malade dans son lit, c’est le désir de rejoindre une association qui apporte du réconfort à celles et ceux qui en ont besoin, c’est cet élan intérieur qui pousse à vouloir consoler une femme qui vient de perdre son compagnon.

Mudita est la joie altruiste, le partage sans calcul de tout ce que l’on est en tant que personne. C’est le don gratuit, joyeux de nos talents, de nos aptitudes, de notre intelligence, de notre sensibilité...

Upeksa est l’aspiration à la paix, à l’harmonie, à l’égalité dans le regard qu’on porte sur les autres, à l’équanimité dans l’amour ou l’attention donnée, à la non-discrimination. C’est aussi le souhait de libérer (les autres et soi-même) de tout ce qui empêche, de tout ce qui entrave...

Pas besoin de grandes missions humanitaires pour mettre tout cela en œuvre ! Pas besoin d’être un saint non plus ! Il suffit d’une simple décision, renouvelée chaque jour, chaque minute, chaque seconde, d’aligner sa vie sur une direction d’amour. C’est choisir d’offrir un sourire alors qu’on pourrait très bien s’en passer, ou de s’abstenir d’une parole blessante dont on savourerait pourtant l’impact. Ce sont des choix qui, là encore, sont entre nos mains à chaque instant. Une multitude de choix qui, isolément, semblent insignifiants mais qui, aux dires des personnes ayant fait une EMI, sont la marque première de ce qui définit une vie "réussie".

livre de Christophe Fauré - Cette vie et au-delà : enquête sur la continuité de la conscience après la mort.

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vendredi 28 juillet 2023

Cette vie... et au-delà (4)

 La connaissance-sagesse


Nous pouvons ainsi grandir dans la connaissance de nous-mêmes tant psychologiquement que spirituellement. L’auto-introspection peut être un premier pas pour clarifier nos valeurs, nos objectifs de vie, en étant sans cesse vigilants pour nous assurer que nos actes, nos paroles sont toujours en phase avec nos priorités de vie. Nous pouvons nous inspirer de livres, de conférences, de podcasts, de vidéos désormais si facilement accessibles. La connaissance de soi amène de la clarté là où il y a de la confusion sur les véritables raisons qui dictent nos choix et nos décisions. Dans la revue de vie, les personnes ne soulignent-elles pas que ce sont les motivations profondes de nos actions qui comptent le plus ? C’est une invitation à être cohérents avec nous-mêmes et avec les autres. Une invitation à ne pas « être à l’ouest », alors que nous aspirons à garder le cap que notre nord nous propose.

La psychothérapie ou toute forme de recherche intérieure de ce type peut être un autre allié de choix dans cette connaissance de soi, en permettant d’identifier nos potentiels, nos richesses, nos talents cachés, mais également en levant en nous les obstacles psychiques qui font barrage à l’accomplissement de soi, en remettant en question les croyances et les schémas de pensée limitant qui inhibent l’expansion de notre être. De même, les récits d’EMI ne cessent d’insister sur l’importance de la qualité des relations qu’on entretient avec autrui. Cela invite à développer une intelligence émotionnelle à l’égard des autres, afin d’être plus conscients, plus attentifs aux enjeux relationnels auxquels nous sommes confrontés : quelles relations nous élèvent et nous font du bien ? Comment les cultiver? Quelles autres, au contraire, nous sont toxiques et nous tirent vers le bas ? Comment les identifier et les éliminer de notre quotidien ?

La connaissance de soi passe aussi par une quête spirituelle. La démarche psychologique n’est en rien antinomique avec une telle quête, les deux sont parfaitement complémentaires. Comme le disait le psychanalyste Carl G. Jung, «psychologie et spiritualité sont deux directions de notre psyché». La méditation trouve bien évidemment une place de choix dans cette quête intérieure. C’est, depuis des millénaires, le moyen privilégié d’exploration de la conscience. On peut par exemple commencer par la méditation de pleine conscience (qui ne sont que les premiers pas sur le chemin) pour tendre vers une méditation plus «authentique» où est restaurée la dimension spirituelle qui a été, à tort ou à raison, volontairement retirée de la méditation de pleine conscience. 
La « véritable » méditation, quand elle est nourrie d’enseignements spirituels qui en expliquent les fondements, ouvre pleinement à la dimension de sagesse.

L’expression artistique - écriture, dessin, peinture, chant, danse... -, quand elle ne se met pas uniquement au service de l’ego de l’artiste, peut également contribuer à la connaissance intérieure. On peut toucher au sublime en écoutant une symphonie, en créant ou en contemplant une œuvre d’art. En nous mettant en phase avec la subtile et méconnue beauté de notre être, la créativité, sous toutes ses formes, nous prend par la main pour nous mener à nous-mêmes et inspirer autrui.

La connaissance de soi passe aussi par une communication intime et sacrée avec la nature, avec le vivant. Cela fait jaillir en nous l'ardent désir de le protéger, de le préserver, d’en prendre soin, conscients que l’écologie extérieure est à l’image de l’écologie intérieure où on ne se laisse plus polluer par les négativités de l’existence.

En suivant ces voies de connaissance, il y a fort à parier que notre vie prendra un essor jusque-là méconnu, s’enrichira d’une manière que nous ne soupçonnons pas. Tout cela demande incontestablement des efforts. C’est sûrement plus facile de ne rien faire, de vivre sans se poser la moindre question, de ne se nourrir que de Netflix ou de chaînes d’info en continu. Mais je garde toujours en mémoire les paroles désolées de certaines personnes en fin de vie que j’ai accompagnées : «J’ai perdu mon temps dans tant de choses inutiles... J’ai gaspillé ma vie, je n’en ai rien fait... et maintenant, je meurs... » Avez-vous envie d’avoir de tels regrets au seuil de votre mort ? Si le jugement que nous porterons sur notre vie au moment de la quitter repose en partie sur ce que nous avons acquis en termes de connaissance de soi, des autres, du monde, ne serait-il pas important d’y consacrer dès maintenant un peu de notre temps, d’y investir un peu de notre énergie ? Pourquoi alors ne pas chercher à vivre le plus pleinement possible, avec enthousiasme et curiosité ? La décision nous appartient. Personne ne peut la prendre à notre place.

livre de Christophe Fauré - Cette vie et au-delà : enquête sur la continuité de la conscience après la mort.

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jeudi 27 juillet 2023

Cette vie... et au-delà (3)

 L 'absence de jugement extérieur


En dépit de ces prises de conscience parfois un peu rudes, aucun récit d’EMI ne parle de jugement extérieur à celui que la personne porte sur elle-même. Quelle que soit la nature des actes dévoilés durant la revue de vie, il est étonnant de remarquer qu’il n’y a jamais la moindre notion de condamnation par une entité extérieure. C’est la personne — et elle seule — qui évalue et juge ses propres actes. On est très loin de l’idée d’un Jugement dernier où on serait soumis à la volonté d’une instance divine extérieur à soi!

« Il n’y avait personne pour me condamner. Il n’y avait que moi. Je sentais que la Lumière ne me jugeait absolument pas. J’étais le seul à le faire. Elle, elle n’était qu’amour et compréhension ! »

« Dans ce défilé de ma vie, il n’y avait que moi qui jugeais mes actes. Je ressentais intimement ce que les autres avaient ressenti suite à mes actions ou à mes paroles. Je sentais leur amour, leur douleur, leur peine, leurs blessures par rapport à ce que j’avais pu dire ou faire. Je vivais également leur bonheur quand j’avais agi pour leur bien ou pour les rendre heureux. À chaque fois, je me disais : “Oups, j’aurais tellement pu agir différemment à ce moment-là” ou encore : “Je regrette tellement ces paroles.” Le moindre détail comptait, l’événement le plus anodin avait son importance. J’étais l’unique juge de mes actions, un juge lucide et sans concession pour moi-même, mais tout en étant complètement submergé par l’amour que l’être de lumière irradiait vers moi. »


L'accès à la connaissance ultime

Un autre aspect important qu'on relève dans les récits d'EMI est la sensation d'avoir eu accès, lors de cette expérience, à une dimension ultime de connaissance et de sagesse :

« Mon champ de conscience semblait beaucoup plus large qu’ici, dans cette vie. Soudain, je SAVAIS ! Je n’en ai gardé aucun souvenir mais je sais que je comprenais des choses... que je n’aurais jamais pu savoir !

«Tout ce que je peux dire, c’est qu’à ce moment-là je savais mille fois plus de choses que je n’en sais maintenant. C’est comme si j’avais eu accès à la totalité de la connaissance universelle. Toutes les réponses étaient là. Tout était limpide. »
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Christophe Fauré parle ensuite de : 
- Le retour dans le corps 
- La difficulté à partager l'EMI

Les changements de vie à la suite d’une EMI

Impossible de terminer cette présentation des EMI sans parler des étonnants changements qu’elles induisent. Ceux-ci me semblent du reste représenter la dimension la plus inspirante de ces expériences.

Des changements liés à la conception de la vie et de la mort

On observe une diminution nette, voire une disparition de la peur de la mort. S’installe la certitude que la conscience survit à la mort du corps physique, associée à la conviction de l’existence d’une réalité spirituelle en parallèle à notre dimension terrestre. Les personnes se disent moins enclines à suivre lès dogmes religieux mais deviennent au contraire plus spirituelles. La recherche d'un éveil intérieur prend davantage de place au quotidien.

Il résulte de l’intégration complète de l’EMI davantage de sérénité, de joie de vivre, de capacité à vivre plus intensément dans le présent, en relativisant les petits tracas du quotidien.

La notion d’une « mission de vie » peut s’imposer avec force, accompagnée d’un puissant sentiment d’urgence à trouver la raison précise de son retour sur terre.

Des changements liés à la reconnaissance et à l’acceptation de soi

Du sentiment d’avoir eu accès à la connaissance universelle émerge souvent une extraordinaire soif d’apprendre, conjointement à une aspiration au développement personnel.

La confiance en soi et l’estime de soi se retrouvent souvent accrues.

Des changements dans la relation à autrui

L’amour devient une priorité absolue. Les témoins affirment s’être sentis aimés de façon inconditionnelle en présence de l’être de lumière, avec parfois l’aspiration à être eux-mêmes capables d’une même intensité d’amour. Il peut en résulter une plus grande capacité d’amour et d’empathie.

Cet amour, perçu comme la nature même de leur être (et de tout être), constituerait la base de l’interdépendance entre les êtres, unis par une étincelle divine commune et mettant à bas l’illusion de la séparation des consciences.

Les relations interpersonnelles, la tolérance, la compassion, l’entraide et l’assistance à autrui prennent une grande importance. Parallèlement, le jugement des autres sur soi perd considérablement de son emprise.

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livre de Christophe Fauré - Cette vie et au-delà : enquête sur la continuité de la conscience après la mort.

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