mardi 12 novembre 2013

Infantilisme selon Arnaud Desjardins


Si vous comprenez, sans le sentir comme une insulte de ma part, que vous êtes plus ou moins infantiles, le chemin va devenir très clair pour vous. Pour moi, ceci a été l’aspect le plus efficace de l’enseignement de Swâmi Prajnânpad.

Je le dis dans Les Chemins de la sagesse : à quarante ans, quarante-deux ans même, j’ai compris que je n’étais qu’un enfant. Je ne dis pas un adulte qui se conduit comme un enfant mais qu’un enfant régnait dans mon cœur, un enfant de deux ans par rapport à sa mère et de six ou huit ans par rapport à son père.

Et cela devenait d’autant plus saisissant pour moi qu’après m’être senti faible et perdu pendant longtemps, c’était une époque où, au contraire, les conditions de mon affirmation dans la vie changeaient et j’avais de quoi me prendre pour un adulte dans à peu près tous les champs d’activité auxquels je m’intéressais.

ARNAUD DESJARDINS
 « Tu es cela » À la recherche du soi IV

dimanche 10 novembre 2013

Toucher les étoiles avec François Brousse


« Dans son essence, le tout est inconnaissable. » Nous avons vu qu’il était éternel, infini et parfait, et on ne comprend pas que l’on peut connaître cela ; on peut le connaître sans doute en dehors de toute connaissance. Tout est contraire, et par conséquent, tout a son contraire, et par suite, ce qui est contraire peut être connu aussi bien que ce qui ne l’est pas. C’est assez mystérieux, mais il suffit d’un éclair, d’un coup d’âme ou d’un coup de génie, pour le comprendre. Cela nous arrive à tous ; à un moment donné, nous pouvons avoir une illumination, une illumination qui est le reflet de l’illumination permanente et parfaite. 

Il est des moments d'extase où l'on oublie la terre et le temps. On se trouve transporté dans une sorte de présent éternel, on n'a qu'à étendre le bras pour toucher les étoiles.
 

 François Brousse

samedi 9 novembre 2013

Une rencontre avec Daniel Morin qui ne laissera personne indifférent...


Ce qui est commun à tous les êtres humains, c'est l'envie de connaître un sentiment de plénitude qui dure face aux manques vécus dans la vie courante.
Or ce sentiment de plénitude, de non-manque, n'apparaît que par la dissolution de la croyance à ce qui est appelé ici "l'entité séparée". Nous vivons en effet une histoire fictive que nous ne remettons jamais en doute et qui consiste à croire à un personnage réel autonome (le moi séparé), qui pense pouvoir gérer sa vie d’une façon autonome.
Cette illusion première acquise comme vraie est à l'origine de nos illusions et de nos insatisfactions. Pour Daniel Morin, l'unique racine de toutes les croyances est l'interprétation fausse que nous sommes une individualité "étanche" qui se croit propriétaire de son corps, ayant une faculté de libre arbitre.

Daniel Morin propose un retournement, une position radicalement opposée à l'idée de progression, qui consiste à vivre l'immédiateté comme étant l'expression exacte et impersonnelle de la Vie telle qu'elle est perçue. La dissolution de l'entité séparée n'est pas un but à atteindre dans le futur, car la vision de l'illusion d'être une entité autonome n'est possible que maintenant. Tout en remettant radicalement en cause nos espérances, Daniel Morin redonne de la valeur à notre humanité et réhabilite l'ordinaire en éclaircissant beaucoup de fausses croyances chez les « chercheurs de vérité ».


Vendredi 22 novembre à 19h45
104, rue de Vaugirard – PARIS 6°
M° St Placide ou Montparnasse
Bus 89, 94, 95 arrêt Littré
Participation libre à partir de 8 €
Sans réservation

Sam. 23 et dim. 24/11
de 10h30 à 16h30 (avec pauses)
Lieu : 11 rue René Villermé, M° Père Lachaise
Participation : 140 € les deux jours si réservation, au lieu de 160€
120€ pour les membres-adhérents ayant réservé,
à jour de la cotisation 2013.

Issu d’un milieu ouvrier, Daniel Morin est né en 1944 à Blois, où il a vécu jusqu’à l’âge de 50 ans. Jusque-là, il a travaillé en usine dans l’industrie métallurgique en tant que tourneur fraiseur. Très jeune, il s’est posé des questions existentielles qui l’ont amené à chercher et à contacter des personnes susceptibles de lui apporter des réponses. Dans ce contexte, il a rencontré Arnaud Desjardins en 1968 avec qui il est resté en relation étroite pendant plus de 40 ans, dont 14 années de collaboration dans son centre de retraite spirituelle en Ardèche. 
Du fait de son parcours, Daniel Morin a une façon atypique de s’exprimer et d’interpeller ceux qui viennent le rencontrer, directe et sans compromis, s’appuyant sur une expérience issue de 60 ans de recherche. Cette non concession peut dérouter mais ne laisse personne indifférent, car sa seule visée est la remise en cause radicale d’une identification à un moi qui se croit étanche, autonome et séparé de la Totalité.
Installé près de Montpellier depuis 2008, il vient d’écrire deux ouvrages :
« Eclats de silence – L’indicible simplicité d’être » Ed. L’Originel, Accarias, 2010
« Maintenant ou jamais – Le mirage du futur » Ed. L’Originel, Accarias, 2013

Extrait de la préface d'Alexandre Jollien :
Avant Daniel, le mot "acceptation" m’inconfortait profondément. Il me rappelait des éducateurs de la bouche desquels tombait lourdement un : « Il faut accepter le handicap ! ». Éclats de Silence vient allègrement élargir une vision étriquée de l’acceptation. D'abord, ce n’est pas moi qui accepte, il ne faut pas accepter. Il s'agirait plutôt de laisser faire, de laisser être, de ne pas discuter. « “Lâcher prise” ce n’est pas lâcher le tenu mais s'absenter en tant que tenant » écrit notre métaphysicien. Cela ne congédie pas l’action. Au contraire, plus librement, nous pouvons nous ouvrir au réel, au présent et à leurs ressources.

Mais tout cela ne peut rester que des mots. L’acceptation se vit; il s'agit de la laisser vivre en nous. À chaque instant. J'aime à me répéter la formule que Daniel aime à répéter : « Ce n’est pas un problème ». Car, le mental n'a pas son pareil pour créer des problèmes, pour tenter de fuir le réel et nous ligoter à de vains espoirs et à de douloureux regrets....


vendredi 8 novembre 2013

Le chemin de la sérénité avec Federico Procopio

Je ne suis qu'un homme ordinaire, moine bouddhiste séculier, qui vit la vie de tous les jours, au cœur du monde, confronté au quotidien comme tout homme à la vie, la mort, l'amour, la haine, l'amitié, la paternité, le travail, les passions, les échecs et les réussites. Et puis un jour j'ai croisé un chemin, un chemin sans destination, un chemin qui était là, avant moi, et qui se poursuivra bien après moi : la voie de la méditation enseignée par le Bouddha.

J'ai souffert, j'ai paniqué, j'ai engendré le mal, j'ai traversé d'effroyables épreuves. J'ai exulté, j'ai goûté mille bonheurs et vécu de merveilleuses expériences. Ma vie dépendait de tout Cela ; et j'étais prisonnier. Puis, m'asseyant jour après jour, mon esprit s'est réveillé de ce rêve, et soudain j'ai appris la délivrance. La vie ne fut alors plus un rébus à résoudre, mais une grâce plus large et plus immense que toutes mes expériences.

J’ai marché, marché. Et puis simplement je me suis assis. De cette assise j'ai retrouvé, émerveillé, toute mon immensité, et aimé mes fragilités. Je tombe encore, je m'égare souvent. Mais désormais les épreuves, les souffrances sont mes maîtres véritables, mes joies et mes bonheurs des instants fleuris qui embellissent l'existence. Mais la vie, la vraie vie, elle, contient tout et est plus large, plus immense que tout cela.

J'ai cherché, tant cherché la vérité et le bonheur. Mais c’est lorsque j'ai cessé de chercher qu'ils sont apparus, merveilleux et éphémères, sous mes yeux. J’ai combattu l'ennui, lutté contre la souffrance. Mais c'est lorsque mes combats ont cessé que j'ai pu commencer à entendre les enseignements de l'univers. L'existence est alors devenue un jardin fleuri aux mille couleurs et aux innombrables parfums. Certaines fleurs piquent, d'autres exhalent, parfois éblouissent de couleurs incroyables, parfois poussent les chardons, mais celui qui porte la guirlande n'est rien de tout cela.

La vie est telle une fleur : d'abord promesse d'une graine, puis éclosion de l'indicible, enfin, fanée, elle redevient terre généreuse. Mais quand la fleur fane où s'en va son essence ?

Avant d'emprunter le chemin de la méditation, la voie du zen, j étais comme cet homme qui voit une fleur et la coupe pour la conserver dans un herbier. Depuis que j'ai laissé la méditation me ramener à la vie, je deviens comme cet homme qui, quand il voit une fleur, compose un poème.

Federico Jôkô Procopio
premiers mots du livre "Le chemin de la sérénité: La voie de la méditation zen"

jeudi 7 novembre 2013

Isabelle Padovani et l'espace d'accueil


Voici une vidéo qui permet d'éclairer les limites de notre espace d'accueil. 
"Je suis ce qui perçoit cela..."


Rien à acquérir, rien à devenir : nous ne serons pas davantage « Cela » après avoir acquis davantage de connaissance, ou en devenant un meilleur « pratiquant »… 

C’est ICI, MAINTENANT, dans l’immédiateté de l’instant, que nous pouvons accéder à ce « Royaume des ciels », espace où règne la conscience : il nous suffit de « faire retour », de tourner notre attention vers « cela qui perçoit » et de le goûter, pendant le son et au cœur du silence suivant le son…




AMEN

Et parfois,

simplement goûter
ce qui apparait...

Tourner nos paumes
vers le ciel
et dire "Amen"
à ce qui se manifeste,
juste pour faire l'expérience
un instant,
de la non-résistance
à tout ce qui est,
incluant,
nos pensées
qui ne veulent pas que cela soit,
nos émotions
qui nous secouent,
nos sensations
qui nous inconfortent...

Depuis là,
goûter un moment
de total accueil,
de total abandon,
de total recueillement
envers l'expression unique
que la Vie nous invite
à expérimenter
en cet instant...

Amen...
Clef sacrée
du consentement à ce qui est,
pour pouvoir ensuite
passer à l'action
si ce qui est
ne nous emplit pas de joie...

mercredi 6 novembre 2013

mardi 5 novembre 2013

José Le Roy et l'éveil à la vacuité (2)

« Cette vision instantanée de ma Nature Intemporelle est aisée, il est également vrai qu’elle n’a d’effet sur ma vie que dans la mesure où je m’applique sérieusement à l’entretenir. » 
Douglas Harding - Le petit livre de la vie et de la mort , p.115.




Mais en réalité, le corps est bien plus vaste que ce à quoi nous le limitons ; il est aussi grand que le monde en vérité.
On peut s’en rendre compte en fermant les yeux. Si je ferme les yeux en effet, le corps se dissout en un ensemble de sensations changeantes. Je perds alors toutes limites ; impossible de trouver ici une bastille dans laquelle je serai coincé. Je ne peux trouver dans l’expérience de l’instant présent la moindre forme. 
Au contraire, le corps devient conscience et la conscience se révèle sans limite et sans forme. Si on prête attention aux sensations, si on écoute vraiment le corps, alors on s’éveille à un espace-corps-conscience de plénitude et de liberté. 

Un extrait audio d'un atelier avec Catherine Harding du 2 novembre 
(source : blog de José Le Roy)

lundi 4 novembre 2013

José Le Roy et l'éveil à la vacuité (1)

"Il n'y a pas de précondition à cette vision intérieure essentielle. Notre vraie nature nous est toujours accessible. Que l'on puisse prétendre le contraire est l'un des grands mystères de ce monde. Elle est visible maintenant, pour chacun de nous tels que nous sommes. Nul besoin d'être en aucune façon Saint, vertueux, intelligent ou spécial en quoi que ce soit. Bien au contraire. Quel merveilleux privilège - oh combien négligé, hélas !" 
Douglas Harding, La troisième voie 



Être l'ouverture où le monde apparaît.
Sans effort, sans même pratiquer.
Tel est notre état naturel. 
Il suffit de le voir et de s'y reposer.
jlr

(source vidéo : RTBF)

dimanche 3 novembre 2013

Avenir plus qu'incertain !


Un "petit" film fondamental (à partager) qu'il faut regarder à tout prix pour prendre conscience de la situation humaine. 
Le message de Pierre Rabhi sur la sobriété (heureuse) est plus que d'actualité. 
C'est une obligation d'humanité !

samedi 2 novembre 2013

Approche de la mort avec Stéphane Allix



Le 12 avril 2001, mon frère Thomas est mort sous mes yeux dans un accident de voiture en Afghanistan. Cela a transformé la curiosité intellectuelle que j'avais vis à vis de la mort -et qui m'avait poussé à devenir reporter de guerre- en une interrogation vivante qui traverse tout mon être.
Notre société vit dans une irréalité de la mort qu'elle essaye de mettre le plus loin possible de notre quotidien. Mais quand une mère, un frère, un ami meurt, cette réalité fait irruption dans votre vie. Et face à ce gouffre, que faites-vous ? Jusqu'ici des structures -entre autres religieuses-, nous accompagnaient dans ce processus, mais aujourd'hui notre société laïque refuse toute interprétation. On a jeté les aides «à penser la mort». Chacun est seul pour penser la sienne, celle de ses proches et s'y préparer. "Tout ce qui compte dans une vie », disent les indiens Navarros, « c'est la façon dont on va mourir". C'est aussi ce que disent les psychologues. Je crois que si j'intègre le fait que je vais mourir, que je commence à y réfléchir pour y penser plus sereinement, j'aurai moins peur...

...Ce que je sais, c'est que ma recherche spirituelle s'est trouvée enrichie par mon parcours, je n'ai plus le même rapport à la mort, je l'envisage avec plus de sérénité. La vie ne s'arrêtera pas avec elle. Cette intuition s'est imposée dans les minutes qui ont suivi la mort de Thomas et s'est trouvée renforcée par mon enquête depuis dix ans. C'est ce genre d'intuition, d'expérience directe, de «grâce» qui, comme celle de St Paul sur le chemin de Damas, vous transforme, vous fait pénétrer par quelque chose de plus grand...

...C'est extraordinaire... Je ne suis pas un grand consommateur de rites, mais je me retrouve dans l'expérience spirituelle. J'ai vécu des expériences transcendantes dans une église, dans des mosquées en Afghanistan, un temple bouddhiste au Tibet. Je crois que chaque religion permet ces contacts. Je crois aussi qu'il faut risquer sa liberté. Cette interrogation sans fin sur la mort m'a appris qu'il n'y a pas de réponse. Être sans certitude me met dans un rapport d'ouverture, de partage des questions.

Stéphane Allix 
(source : La Vie)

Envol de l'instant...mort à soi-même...


En ce jour de la fête des morts...



"Mais je ne pense pas qu’un être humain puisse considérer avoir atteint la perfection, l’achèvement de tout, une certitude à laquelle il ne manque rien, tant que se pose à lui l’énigme de la mort. S’il y a une perfection ou une libération, celle-ci ne peut être qu’une expérience personnelle vécue en toute certitude — et non une réponse extraite d’un credo ou d’un dogme — par laquelle cette énigme de la mort est dissipée. Mais comment espérer savoir ce qu’est la mort quand on ne sait pas non plus ce qu’est la vie ? 
La vraie question n’est pas celle de la mort mais le fait que nous qui avons l’être d’un homme ou, plus simplement, nous qui sommes vivants, nous ne savons pas ce qu’est la vie, nous ne savons pas ce que c’est que d’être vivant."

 Arnaud Desjardins
(Les chemins de la sagesse)

vendredi 1 novembre 2013

Saint François d'Assise par Erik Sablé (3)


Erik Sablé a publié une petite introduction à la spiritualité de Saint-François d'Assise : « Le livre du détachement et de la paix »


Dernière partie : la relation avec toute la Création...(17 min.)

(source : France Inter)

    « Tout s’éclaire en changeant de perspective, en adoptant le « point de vue de Dieu ». Alors les événements les plus obscurs de nos vies se révèlent parfaits comme le moindre brin d’herbe est parfait. Il est nécessaire que tous les possibles contenus au sein de l’infini s’expriment. Tout être, tout événement est, en fait, un visage de Dieu. »