samedi 11 août 2012

Hommage de Véronique Jannot à Arnaud Desjardins


Arnaud Desjardins fut l'un de mes premiers maîtres.
Avant même que je connaisse l'importance d'avoir un maître, un guide, sur le chemin spirituel, la lecture des chemins de la sagesse fut pour moi une découverte. Aucune religion n'était érigée dans cet ouvrage, mais seules les fondations communes à toutes, à savoir la spiritualité. La religion devait être la courroie de transmission de la spiritualité, mais ce n'est malheureusement pas toujours le cas, loin de là. 

La religion a trop souvent été manipulée, transformée, orientée pour des questions de pouvoir et d'argent et n'a jamais suffisamment rendu l'homme libre. La spiritualité en revanche permet de s'éveiller à une autre dimension et à trouver la sienne. Elle est ancrée dans une réalité, où l’être participe à chaque instant de sa vie en pleine conscience, éveillé à l'instant présent et apte à identifier les choses pour ce qu'elles sont, sans laisser le mental se livrer à la valse de ses interprétations

C'est ce qu'Arnaud Desjardins dans l'ouverture la plus totale a toujours mis en avant. il pouvait parler de toutes les religions, n'en gardant que la quintessence, ressentie vécue et partagée. C'est d'ailleurs ce qu'il a voulu montrer dans ce lieu qu'il a créé, où toutes les religions sont représentées, et que ses plus proches continueront à faire vivre pour tous ceux qui souhaiteront approfondir l'enseignement précieux de cet homme exceptionnel.

Pour moi, arnaud desjardins faisait partie d'une sphère à part comme l'un de ces anges que l'on a à sa pensée pour en avoir reçu une paillette, mais jamais je n'aurais imaginbé le rencontrer.
Peu après la sortie de mon livre "Trouver le chemin", j'ai reçu une lettre de lui me demandant de venir faire une conférence aux "Amis d'Hauteville". Je n'ai tout d'abord pas bien compris ce qui m'arrivait, tant était irréel pour moi. Je me suis empressée de le rappeler aux coordonnées qu'il me laissait, pour lui dire combien j'étais émue par son courrier, mais que je me trouvais dans un terrible dilemme : bien incapable de faire une conférence, et en même temps ne pouvant absolument rien lui refuser. Je l'entends encore sourire et me dire qu'il me suffisait de parler aussi simplement que j'avais écrit et que tout irait bien...

C'est ainsi que j'ai fait la première conférence de ma vie, et que j'ai rencontré Arnaud Desjardins et sa famille, et découvert " les Amis d'Hauteville ". Depuis ce jour nos pensées se sont accompagnées. La vie trop occupée et les actions dispersées ne nous ont pas réunis à nouveau, je le regrette, bien qu'il ait sans cesse été présent à mon coeur...


J’imagine aujourd'hui sa sépulture occupant l'espace si particulier où il a choisi de demeurer, inspirant à ceux qu'il a guidés et aimés, la sagesse qu'il incarnait, la connaissance née de toutes ses expériences et ses voyages, la compassion qu'il a développée toute sa vie durant, et surtout la recherche de cette paix intérieure qui libère de toutes les peurs. Rien ne meure tout se transforme, mais il n'en demeure pas moins qu'Arnaud Desjardins va me manquer comme à tant d'autres. Cela est une réalité.

Merci Arnaud du fond du coeur, pour ce que vous nous avez apporté.


Véronique Jannot

"C’est en nous qu’il y a quelque chose à transformer."

Arnaud Desjardins

vendredi 10 août 2012

Hommage de Bernard Campan à Arnaud Desjardins


J'ai rencontré Arnaud Desjardins en 1997, après avoir lu le tome 1 de «A la recherche du Soi».

Durant toutes ces années où il m'a accompagné, comme il l'a fait inlassablement durant plus de 30 ans pour tant de personnes, je n'ai eu de cesse de découvrir un être humain d'une grande bonté, d'une disponibilité constante pour l'autre et d'une simplicité extrême.
Plein d'un même amour pour chacun et chacune, oeuvrant infatigablement à transmettre l'enseignement dont il était lui-même le respectueux disciple.

Sa seule présence, ainsi que chacun de ses actes, était un enseignement.
Lui-même aimait à répéter que le plus important dans sa saddhàna, son propre cheminement, n'avait pas été les livres, mais la rencontre avec des sages.

Aujourd'hui, j'ai le sentiment douloureux d'avoir perdu un père, mais, lui rendre hommage, c'est lui exprimer toute ma gratitude et tout mon amour en poursuivant le chemin qu'il m'a montré.

Bernard Campan

(source : revue "Reflets")




Si l'adhésion à la souffrance est totale, parfaite, la souffrance s'efface toujours. 
Arnaud Desjardins

jeudi 9 août 2012

A propos de Gurdjieff

Yvette ETIEVANT, Arnaud DESJARDINS, René BARJAVEL, Pierre SCHAEFFER nous parlent de Gurdjieff. Juste écouter le silence du début avant que l'interview ne commence...


mercredi 8 août 2012

Les invités au Festin avec Marie-Noélle Besançon

Depuis mon enfance, la spiritualité chrétienne est très présente dans ma vie. J'ai toujours cherché à donner du sens à mon existence. Un jour, ma quête spirituelle m'a amenée vers ces personnes dites « malades mentales ». *
À l'origine de cette action, il y avait un souffle, une énergie qui me dépassait, un acte de foi. Je me suis sentie appelée à créer Les Invités au Festin. Dans ces petites maisons, à dimension familiale et fraternelle, nous vivons des valeurs de citoyenneté et de fraternité. Nous considérons l'autre comme un frère humain. Je rejoins Karlfried Graf Dùrckheim, lorsqu'il dit que nous sommes à la fois humain et divin. 
La spiritualité me permet de descendre dans une intériorité profonde et de dépasser le niveau de l'ego. 

Les Invités au Festin est une expérience innovante à la fois très belle et difficile. C'est une voie particulière que de vivre avec des personnes en grande difficulté. Être habitée en permanence par la lumière du Divin est humainement impossible. La vie spirituelle est faite de consolation mais aussi de périodes très éprouvantes. C'est un chemin tortueux sur lequel nous avons besoin d'une boussole, d'une lampe, d'un guide.

Ma voie est celle du christianisme, avec ses textes, ses psaumes. ses prières. Je prie le matin et le soir. Chaque dimanche, et parfois dans la semaine, je participe à la messe. Je me sens très attirée par la Présence manifestée dans le Saint-Sacrement. Dans la journée, ou de manière plus intensive lors d'une retraite spirituelle, j'essaie de prendre des temps de recueillement. Je m'intériorise pour rencontrer Dieu en moi. Je lis des passages de la parole biblique ou de maîtres spirituels. Je me laisse toucher, bouleverser par cette Parole de consolation qui m'apaise et m'aide à comprendre ce que je vis dans ma vie ordinaire, dans mon couple, avec mes enfants et Les Invités au Festin. 

Pendant trois années, j'ai perdu le lien avec la dimension spirituelle. Je me sentais comme Mère Teresa, qui avait perdu la relation à Jésus lorsqu'elle s'est retrouvée dans la rue. J'étais dans le fossé, envahie par une ombre. Je me demandais où était Dieu. C'était incroyable, après la puissance de foi qui m'avait engagée dans cette expérience des Invités au Festin ! Cela a été une épreuve.

Aujourd'hui, à l'âge de soixante-trois ans, je vis avec une grande intensité la dimension intérieure. Elle m'apporte beaucoup d'amour. Sans elle, je serais incapable d'aimer les personnes qui m'entourent. Je me sens traversée par cet amour de Dieu. Dieu me donne une patience, une bonté, une ouverture. Il m'offre les fruits de son amour. C'est très difficile de vivre en communauté, de porter des gens différents de nous qui ont des problèmes, et de mener ce combat au niveau de la société pour changer les mentalités et le regard sur les personnes en souffrance psychique. 

Les difficultés peuvent me rendre impatiente, irritable ou négative. Mais la présence de la spiritualité donne du sens, de l'efficacité, de la fécondité à mon action. Cela change tout dans ma relation avec les gens. Cette manifestation de l'essentiel est comme un lac, une nappe souterraine qui m'anime en permanence. 

Aux Invités au Festin, je suis consciente qu'il me faut décupler de forces spirituelles et d'énergie, mais j'en reçois encore plus en retour. C'est passionnant, merveilleux, un bonheur ineffable ! 

(revue Sources n°18)
Marie-Noélle Besançon est psychiatre. Il y a vingt ans, avec son mari Jean, entrepreneur social, elle a fondé l'association Les Invités au Festin,
et créé La Maison des Sources, un lieu de vie communautaire où des personnes dites « normales vivent aux côtés de personnes souffrant de troubles psychiques et sociaux, dans le but que celles-ci retrouvent toute leur place dans la société.


mardi 7 août 2012

Zen avec Taisen Deshimaru

Pour ceux qui "prennent" le temps de faire zazen, voici grâce à Arnaud Desjardins, la deuxième partie du film sur le zen... 
Une question d'être...

lundi 6 août 2012

Applaudissement pour nos mains...

Main dans la main ou les mains en l'air, je prends la main sur ce blog chaque jour pour mettre la main à la pâte et vous offrir un coup de main sur le chemin aux mains ouvertes.





dimanche 5 août 2012

Entrons en mode Za-zen avec Jacques Castermane

« Za-zen n’est pas une mode, c’est l’accès à un mode de vie ! »


Za ! Ce kanji signifie s’asseoir. Etre assis, le dos droit, immobile, n’est pas automatiquement zazen. 
S’asseoir, peut devenir zazen à condition que cet exercice soit synonyme de « rupture ». Parce que zazen n’est pas un ajout, une activité en plus, qu’il serait bien d’ajouter aux actions qui sont les nôtres tout au long d’une journée. 


Zazen est une « rupture » avec notre manière d’être habituelle, notre manière de faire et de voir habituelle. C’est à l’occasion de cette « rupture » que se révèle un niveau d’être inhabituel qui s’accompagne de qualités d’être inhabituelles : le calme, la paix intérieure, la sérénité. 
Ces qualités d’être ne manquent à personne.


Je ne souffre pas d’un manque ; je souffre d’ignorer ce qui ne manque pas. Par la pratique de zazen, je ne gagne rien ; je perds l’ignorance de ce niveau d’être que le zen appelle notre « vraie nature ». 
Pourquoi pratiquer zazen chaque jour ? Afin de se « familiariser » avec cette manière d’être plus sereine, plus calme, plus confiante.


Jacques Castermane 
août 2012

vendredi 3 août 2012

Dix minutes avec Yann Arthus Bertrand

Une petite sélection de l'interview sur France Inter hier :
Des lions jusqu'aux gorilles de Diane Fossey... en suivant Yann Arthus Bertrand



jeudi 2 août 2012

La Fraternité avec Henry Quinson

Il y a vingt-cinq ans, Henry Quinson a rompu avec sa vie de trader pour entrer clans un monastère cistercien. Avec ses compagnons. il a fondé la Fraternité Saint-Paul, à Marseille, un lieu où l'amour de Dieu rime avec l'expérience de la fraternité universelle. Il est l'auteur du livre Moine des Cités. En 2009 et 2010, il a été le conseiller monastique du film Des hommes et des dieux, réalisé par Xavier Beauvois.

"A l'âge de vingt ans, j'étais insatisfait de ma vie de jeune consommateur occidental. Je voulais être heureux, en paix. C'est alors que j'ai découvert la prière. Cette quête de bonheur était sans doute une recherche égocentrée... Mais, dans un premier temps, elle était légitime, car il est important d'être heureux. Le fruit de cette recherche intérieure m'a conduit sept ans plus tard à quitter les salles de marché pour vivre sur un mode de relatif retrait du monde dans un monastère cistercien. Quelques années plus tard, en 1997, avec Karim de Broucker, nous avons fondé à Marseille la Fraternité Saint-Paul. Ce lieu m'a mis en contact avec des gens en difficulté et une population majoritairement musulmane. 

Pendant plus de quinze ans, l'accompagnement scolaire et le travail éducatif ont été les expressions de mon engagement social. Ma soif d'intériorité m'avait mené au coeur de la Cité, sans qu'il soit question bien sûr d'abandonner les retraites spirituelles et les temps de prière. À la sortie de mon livre Moine des Cités, des personnes athées m'ont écrit pour me dire qu'elles avaient mieux compris comment une quête spirituelle pouvait mener à une démarche d'engagement social, une action politique au sens large du terme.
En 2006, on m'a demandé de traduire un livre sur les moines de Tibhirine, assassinés en 1996. Ils avaient aussi allié prière, hospitalité et entraide. Ce travail m'a permis de passer à une deuxième phase, celle de la prise de parole. À,travers mes interventions, j'indiquais un chemin possible de paix civile pour des populations en conflit sur des questions que l'on juge d'abord religieuses, alors qu'elles sont aussi ancrées dans des problèmes de société, d'inégalités et de régimes politiques corrompus. 

Puis, à partir de 2008, on a fait appel à moi comme ancien trader en m'interrogeant sur les causes de la crise financière. J'ai donc été obligé de clarifier mes positions sur certains sujets. J'ai même accepté de donner mon point de vue au Conseil économique du Parlement européen. Mon action ne consistait pas à participer à des débats de société pour accoucher de solutions concrètes à une échelle qui dépasse le quartier, la ville et même la nation.
Depuis le printemps dernier, je fais partie du conseil d'administration de l'association Loger Marseille Jeunes. Nous permettons à des jeunes, en situation de précarité ou engagés dans un projet professionnel, de trouver des logements à des prix abordables. Par ailleurs, cette année, dans le cadre d'un partenariat avec une fondation de bourses professionnelles, j'ai pu financer un stage et, à titre personnel, j'héberge un jeune Algérien de vingt-cinq ans, Ali Zeggaï.

Rétrospectivement, j'observe que le choix d'une vie spirituelle centrée sur la quête de mon bonheur individuel m'a permis, au fil du temps, de me décentrer de moi-même pour vivre avec les autres. Cette proximité avec mes frères humains compte beaucoup pour moi. Dans la tradition biblique, on parle d'une profonde unité entre la recherche de la transcendance et le fait d'aimer les êtres qui nous entourent. Chaque jour, je fais l'expérience de cette unité entre ces deux pôles, qui finalement n'en sont qu'un. En étant dans la situation de celui qui « donne » – pas dans l'idée de mérite, mais dans le souci de me rendre utile –, je reçois beaucoup d'amour et je découvre le monde tel qu'il est, difficile, mais justement occasion de fraternité solidaire.

Je prends conscience que, plus je pénètre dans ce que Jésus nomme le Royaume de Dieu, plus je rencontre d'autres frères et soeurs en humanité qui habitent cet univers rempli de bonheur, un bonheur qui ne peut être solitaire. C'est un bonheur de communion. Dans la rencontre de l'Esprit, cet invisible transcendant, il y a un rayonnement, un débordement. Aujourd'hui, si un grand nombre de gens disent souffrir de la solitude, je dois avouer que, dans ma trajectoire personnelle, j'aimerais bien en avoir un peu plus ! Je suis plutôt dans l'excès inverse. Je reçois énormément de demandes, de sollicitations... 

Mon expérience spirituelle consiste à être de plus en plus en communion avec l'ensemble des êtres. Je me sens faire partie de l'humanité de manière tangible. Toutes ces rencontres m'enrichissent. Oser prendre le risque de l'aventure humaine vient de l'Esprit et conduit à l'Esprit. Ma vie était tournée vers Dieu. Dieu l'a tournée vers mes frères humains, pour que notre vie partagée soit plus savoureuse et riche de sens. 

Henry Quinson
source : "Sources" n°18


mercredi 1 août 2012

Entretien "phytospirituel" avec François Couplan (2)


« Depuis que l'homme est sur terre, il utilise les plantes qui poussent autour de lui pour se nourrir et se soigner. 
Il est temps de redécouvrir ces végétaux trop longtemps oubliés, dont nous pouvons mettre à profit les multiples vertus dans notre vie quotidienne. » 

François Couplan

mardi 31 juillet 2012

Entretien "phytospirituel" avec François Couplan (1)

Parmi ses livres les plus importants, figure une "Encyclopédie des plantes sauvages comestibles de l'Europe", en trois volumes, ainsi que le "Guide des plantes sauvages comestibles et toxiques". Citons aussi "Dégustez les plantes sauvages", qui présente tous les cadeaux de la nature dans nos régions, par environnement et par saison, ou "Vivre en pleine nature", pour se sentir chez soi dans les bois. 


Dans "La Nature nous sauvera" que j'ai déjà présenté sur ce blog, François Couplan porte un regard nouveau sur la crise de notre civilisation, dont il expose les causes historiques et propose une approche originale pour y apporter des solutions. Les écrits de François Couplan portent également sur la botanique ("L'album des plantes et des fleurs", "Reconnaître facilement les plantes", "Dictionnaire étymologique de botanique", "Fleurs des Alpes"), le jardin ("Mangez vos soucis", "Le Jardin au naturel", "Légumes, fruits et condiments oubliés"), la nutrition ("Guide nutritionnel des plantes", "Le véritable régime crétois","Sans viande et très heureux") et les plantes médicinales ("Petit Larousse des plantes qui guérissent").
La collaboration entre François Couplan et le cuisinier étoilé Marc Veyrat a donné naissance à "L'Herbier gourmand", un plaisir pour les yeux et les papilles...



lundi 30 juillet 2012

Aimons les arbres

Il arrive quelquefois, au promeneur fatigué, de s'appuyer sur un arbre : il pose la main sur son tronc et, reprenant son haleine, il paraît se gorger de cette calme puissance qui le soutient pour l'instant. Ce n'est qu'un préambule, il faut aller plus loin. 


 En fait, celui qui ne s'est jamais adossé contre un arbre, sa colonne vertébrale communiant du pilier, comme si le fût de ce hêtre, de ce chêne, de ce pin devenait sa colonne et transformait sa halte en un moment de rêve, d'intense méditation, d'abandon à la force qui se développe sous son corps et frémit sous l'écorce que sa main, lentement, caresse - celui-là ne sait pas ce qu'est vraiment un arbre...


... non, quand bien même saurait-il tout ce que les livres en disent, sa science ne serait rien devant la seule expérience de celui qui, un jour, a fait confiance à cet arbre, qui s'y est comme fondu et y a découvert un univers tout entier... 


 ... Il faut aimer les arbres. 


 Michel Cazenave
 - Arbres