jeudi 29 mai 2025

Vitamine V

 L'écrivain américain Thoreau, qui partit vivre un an dans une cabane au milieu des bois, écrit dans son Journal* : « Aucun homme n’a jamais imaginé à quel point le dialogue avec la nature environnante affectait sa santé ou ses maux. » Nous le savons : la nature, c’est bon pour la santé ! Très bien, répondent les soignants, mais alors, quelle dose?

De nombreux travaux sont consacrés à cette question de « dose ». Par exemple, on a montré que deux jours de balade en forêt augmentent significativement l’activité de nos lymphocytes T (cellules sanguines précieuses pour l’immunité) durant environ un mois. Et au quotidien? A quelle dose consommer ce qu’on appelle volontiers aujourd’hui la « vitamine V » (V comme vert). Des chercheurs catalans viennent de proposer une règle, dite « 3-30-300 ». Pour savoir si vous prenez suffisamment de vitamine V, posez-vous ces trois questions :


Est-ce que je vois chaque jour 3 arbres ou buissons depuis chez moi (que voyez-vous par votre fenêtre) ? Est-ce que je vis dans un quartier dont environ 30 % de la surface est couverte de verdure (arbres dans ma rue, squares, jardins publics) ? Est-ce que j’habite à moins de 300 mètres d’un espace vert?

Cette étude concerne surtout les citadins. Pardon pour les lectrices et lecteurs campagnards, mais près de 80 % des Français vivent en ville. Et pour la plupart d’entre eux, cette règle 3-30-300 n’est pas si simple à appliquer. L’étude dont je vous parle, conduite à Barcelone sur 3 200 personnes, montre que seulement 5 % des sujets obtiennent ce quota ! Dommage, car lorsqu’il est atteint, on s’aperçoit que les personnes concernées bénéficient d’une meilleure santé mentale, consomment moins de médicaments, ont recours à moins de consultations médicales. Alors voici tout de même quelques consolations pour les urbains, que la plupart d’entre nous sont : parfois, la vie à la campagne a des inconvénients (trajets, éloignement des lieux de travail, soins ou commerces) ; en ville, il y a d’autres sources de santé : le ciel bleu, le rire, la méditation, le sport (même si pratiquer tout cela dans la nature est plus agréable) ; les plantes vertes et les sorties du weekend sont aussi des options satisfaisantes.

Et puis, si on est en dessous du quota 3-30-300, il y a un moyen d’accroître ses effets : l’art de savourer ce que l’on a sous la main ! Même si on ne vit pas dans la verdure, aller régulièrement s’asseoir dans un square, regarder les arbres, les buissons et les fleurs, admirer le ciel, respirer, se dire qu’on se fait ainsi du bien, de manière simple et tranquille, sans effort (ou presque) : voilà qui va encore amplifier l’effet de notre dose de vitamine V ! •

Christophe André dans Psychologies Magazine

*. Journal de Henry D. Thoreau (Le Mot et le Reste. 2018).

Références : « The évaluation of the 3-30-300 green space rule and mental health ». EnvironmentalResearch. 2022.

« Effects of shinrin-yoku (forest bathing) and nature therapy on mental health : a systematic review and meta-analysis ». International Journal of Mental Health and Addiction. 2020.

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Danse du retournement

 


« Un seul précepte me fut confié par mon maître :
Du dehors entre au dedans !
Cela devint pour moi Parole suprême.
Alors, nue, je me mis à danser. »
Lallā (XIVe siècle) ~ Yoginī shivaïte du Cachemire.

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mercredi 28 mai 2025

Vibrations

 Chères amies, chers amis,


Tout parle, tout vibre,

sortons du cadre étroit de la rationalité et de l’objectivation pour retrouver contact avec la vibration originelle.

Osons ressentir son doux frémissement au cœur de chacune de nos cellules. Il ne s’agit pas d’un concept métaphysique mais d’une réalité sensible, concrète. Laissons-nous toucher sans créer de frontière artificielle entre nous et le vivant.

Ressentons dans notre chair la vérité profonde de la vie, source originelle de l’univers.

 - Nathalie Delay

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mardi 27 mai 2025

A mon rythme...

 


En quittant tout, je m'étais engagé sans aucune "planche de salut", je ne pouvais compter que sur le peu que j'avais et les choses auraient pu moins bien se passer. Je ne sais pas si, depuis 1972, je suis toujours en vacances, ou jamais. Je vis au jour le jour. Que je me consacre à la pratique spirituelle ou que je travaille à un projet quelconque, il n'y a pour moi ni samedi ni dimanche; Je fais ce qui me passionne, me tient à cœur, sans compter mes efforts mais au rythme qui est le mien.

Matthieu Ricard
(pensée de la semaine)



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lundi 26 mai 2025

Vivant...



plus je vieillis
plus je goûte
ma propre compagnie
plus précisément
celle du Plus Grand
se sachant lui même
à travers moi même
vivant


Gilles Farcet


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dimanche 25 mai 2025

Le temps perdu

 


On voudrait en gagner toujours plus et pour cela arrêter de le perdre. Mais ce faisant, on ne le prend plus. Le temps. Élément étrange qui nous échappe quand on s’en saisit et nous est, au contraire, donné quand on accepte de le perdre. Et en effet : on ne prend vraiment un temps avec l’ami qui en a besoin que si l’on ne cherche pas d’abord à en gagner. « Tu as besoin de parler, c’est ça ? Bon, j’ai un quart d’heure devant moi… »

On sait d’avance que ça ne peut pas fonctionner. La faute ne revient pas au quart d’heure : la profondeur d’une conversation, quand l’écoute est là, peut être atteinte en quelques phrases. Le problème est que, montre en main, nul n’écoute bien. Qui trépigne est déjà parti. Le quart d’heure pourrait suffire, oui, mais à condition que l’on se soit d’abord donné la vie entière. On ne prête bien l’oreille qu’à la donner sans retour.

Refuser la mesure du temps

Ce n’est évidemment pas toujours possible. La plupart du temps, on manque de temps, on travaille à plein temps. On divise l’année en mensualités, qu’on remplit de jours ouvrables ou travaillés, que l’on tronçonne en heures tarifées voire supplémentaires. Le sommeil lui-même n’échappe pas à cette logique du remplissage depuis que des applications, chaque nuit, mesurent… son efficacité ! Aussi ne nous reste-t-il plus qu’à trouver refuge dans la plus petite quantité de temps : « Laisse-moi une petite minute ! », proteste-t-on. « Juste deux secondes ! »

Ce qu’il faudrait, c’est refuser carrément la mesure du temps, l’oppression du chronomètre. Il suffira pour cela de remarquer qu’il n’est tout simplement pas possible de « gagner » du temps. Nul, en se pressant, n’a jamais gagné ne serait-ce qu’une seconde. Comment cela ? L’objection arrive… rapidement : avec une bonne voiture, ne rejoint-on pas la ville de Lyon depuis Strasbourg en cinq petites heures ? Certes. Mais il n’y a eu aucun gain de temps.

Je ne fais pas allusion ici aux travaux d’Ivan Illich selon lesquels la voiture a augmenté le temps passé dans les trajets : ce qui était à portée de nos ruelles et autres chemins de campagne (école, épicerie, boucherie…) se trouve désormais à quelques demi-heures, et encore, « quand ça roule bien ».

Je veux simplement faire remarquer que, dans nos raccourcis, on oublie de compter le temps qu’il a fallu pour produire le véhicule, l’énergie dépensée à construire les usines, nourrir les ouvriers, former les ingénieurs, etc. Rouler à toute vitesse, ce n’est pas économiser du temps mais le dépenser d’un coup : c’est flamber le temps long (plusieurs centaines de millions d’années) de la formation des énergies fossiles.

Le temps perdu

Quand on met dans son café un sucre, disait Bergson, qu’on le veuille ou non, on doit attendre qu’il fonde. À quoi Bachelard avait répondu qu’on peut très bien, sous la flamme d’un bec Bunsen, faire fondre le sucre en un rien de temps… Vous m’avez compris : c’est faux puisque le gaz consommé ne s’est, lui, pas fait en une seconde.

Il n’est toutefois pas besoin d’aller chercher Illich ou Bergson. Nos enfants nous l’enseignent. L’option du film ou des écrans, contre un petit moment de paix, est rarement un bon calcul : il faut ensuite gérer l’excitation. Et si, parce que ce n’était jamais le bon moment, nous nous sommes souvent dérobés aux temps privilégiés avec nos jeunes enfants, sans doute nous faudra-t-il les leur offrir plus tard. Si toutefois la chance nous est offerte de rattraper le temps perdu… Perdu à quoi ? À essayer de le gagner. 

Martin Steffens

source : La Vie

Professeur de philosophie en classe préparatoire, il a publié Petit traité de la joie. Consentir à la vie, ainsi que Rien que l’amour. Repères pour le martyre qui vient et l’Amour vrai. Au seuil de l’autre ou, dernièrement, Dieu, après la peur (Salvator).

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samedi 24 mai 2025

Pas d'excuse


"Vous vivez tous prisonniers de cette tragique maladie : "du moment que j'ai une excuse, ça va". Vous avez cette mentalité dans l'existence, vous avez cette mentalité sur le Chemin et vous ne vous en rendez pas compte. C'est une mentalité infantile. "Je ne suis pas responsable. Il suffit que je puisse me justifier".

Vous êtes entièrement responsables. Tout le reste est mensonge.

Vous n'avez une chance sur le Chemin que si vous gravez une fois pour toutes cette devise au fond du cœur : "A partir d'aujourd'hui, je n'accepte plus une excuse en ce qui me concerne". Acceptez-les en ce qui concerne les autres ; vous n'êtes pas responsables de leur faiblesse. Arrachez de vous cette mentalité moderne : du moment qu'on a une excuse, on est justifié.

Si on me demandait maintenant : mais qu'est-ce qui fait vraiment le disciple ? Je répondrais : c'est quelqu'un qui a définitivement rayé de sa vie l'idée qu'il puisse être excusé. "Rien ne me servira d'excuse, jamais ; il n'y a que le résultat qui compte. Si ça ne marche pas d'une façon, je m'y prendrai d'une autre."

Ceux qui ont la mentalité de l'excuse dans la vie ont la mentalité de l'excuse sur le Chemin. Tout devient une excuse pour ne pas mettre l'Enseignement en pratique ou pour ne pas progresser.

...

Le mental, c'est le mensonge. L'ego ne peut survivre que dans le mensonge.

"Tant que je réussirai à me mentir, tout ira bien". Cela ne peut vous mener nulle part. Il faut que vous vous réveilliez : "plus aucun mensonge ne peut m'intéresser ; coûte que coûte et à n'importe quel prix, je veux la vérité. Je ne veux plus me mentir en ce qui concerne le Chemin et je ne veux plus me mentir en ce qui concerne l'existence". (...) Les excuses vous servent à mieux vous mentir. "Ce n'est pas de ma faute, ce n'est pas de ma faute".

Vous n'avez aucune chance d'aucune sorte, je vous le dis de tout mon cœur, si vous acceptez une excuse !

Pas d'excuse.

Extraits du livre d'Arnaud Desjardins : un grain de sagesse (Editions la table ronde)

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jeudi 22 mai 2025

Apprendre ou à laisser ?

 


Le meilleur pour les turbulences de l'esprit, c'est apprendre. C'est la seule chose qui n'échoue jamais. Vous pouvez vieillir et trembler, vous pouvez veiller la nuit en écoutant le désordre de vos veines, vous pouvez manquer votre seul amour et vous pouvez perdre votre argent à cause d'un monstre ; vous pouvez voir le monde qui vous entoure dévasté par des fous dangereux, ou savoir que votre honneur est piétiné dans les égouts des esprits les plus vils, il n'y a qu'une seule chose à faire dans de telles conditions : apprendre.

Marguerite Yourcenar


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mercredi 21 mai 2025

Précipitations


 "Ce que vous appelez bonheur, nous l'appelons souffrance". Une manière de souligner sans ménagement que nous cherchons le bonheur là où il ne se trouve pas - dans l'incandescence des plaisirs sans cesse renouvelés, dans le gain, la louange, la renommée, la beauté physique, le pouvoir, etc. -, tout en nous précipitant allègrement vers les causes mêmes de la souffrance.

Jigmé Khyentsé Rinpoché, Carnets d'un moine errant, Editions Allary, 2021

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mardi 20 mai 2025

Ouverture à la lumière

Chez Azur Shiatsu, la lumière était au rendez-vous dans le Dojo. 

Je vous mets aussi la photo des deux gardiennes de la sagesse ;-)



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lundi 19 mai 2025

La pensée positive ?

 Q : Y-a-t-il quelque valeur à essayer de penser de façon positive ?

JEAN KLEIN : La pensée positive appartient à la survie psychologique. C'est l'affirmation de l'ego. La technique psychologique renforce l'expérience et l'expérimentateur. Mais tant que vous vivez encore dans le mental, dans la complémentarité, alors la pensée positive est plus proche de votre nature réelle que la pensée négative. Cependant, toutes ces méthodes sont des béquilles pour vous aider à marcher avec une sécurité apparente. Ce sont des supports pour les immatures. Lorsque vous vivez dans la globalité, vous n'avez pas besoin de tels supports. 

(Qui suis-je ? La quête sacrée)

☯️

BYRON KATIE : Il est impossible de mettre fin au stress ou à la souffrance en remplaçant les pensées négatives par des pensées positives. Cela peut fonctionner dans une certaine mesure, mais à un moment donné le mental finira par vous déjouer. Il y a tout un abysse de pensées non examinées qui annulent les pensées positives que vous essayez de croire. 

En définitive, il est impossible de se débarrasser de nos pensées négatives, car nous ne pouvons pas contrôler notre mental. En regardant notre mental en profondeur, nous constatons que nous ne créons pas de pensées. Nous ne pensons pas : nous sommes pensés. La souffrance peut être soulagée et ultimement éliminée en remettant en question nos pensées stressantes. Le Travail fournit une méthode simple et efficace pour y parvenir. 

Je n'ai pas lâché prise de mes pensées stressantes : je les ai remises en question, et alors elles m'ont lâchée.

(Source : thework.com) 

☯️

ÉRIC BARET : Il n'y a rien à refuser. Vous n'êtes pas responsable de ce que vous pensez. Vous êtes le résultat de tout votre passé, toute votre hérédité, toute votre génétique. Donc, quoi que vous pensiez, tôt ou tard, il faut l'accepter. 

Vous n'avez pas le choix dans la vie. 

Tout ce que vous pensez est conditionné. 

Vous n'y êtes pour rien. 

On ne choisit pas : on est choisi. 

Les gens qui décident sont des gens qui ne sont pas à l'écoute. 

☯️

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dimanche 18 mai 2025

A propos de Taisen Deshimaru

Maître Taisen Deshimaru s’installe en France en 1967 avec pour mission de diffuser le ZEN en Europe, aussi durant 15 ans, il fonde une centaine de dojos , transmettant l’essence du zen à des milliers de disciples. Auteur de nombreux ouvrages, il a également traduit les textes fondamentaux du bouddhisme zen, rendant ainsi accessible, cette sagesses, aux occidentaux. Son héritage perdure aujourd’hui et de nombreux disciples continuent de transmettre son enseignement. Dans le Rire du Tigre, hommage à Maître Deshimaru à la personnalité hors du commun, Marc de Smedt retrace ses 10 années passées auprès de lui, un témoignage intime et bienfaisant.


"Mourir à son petit moi, mesquin et égoïste, pour découvrir une vie plus profonde et agir instant après instant, pas après pas, avec vigueur, sagesse. Créer sa vie au lieu de la subir."


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