lundi 15 janvier 2024

Ressourcement de l'âme

 


À l'âme aussi il arrive, d'avoir besoin d'ombre, de repli, de recueillement, de silence profond. Elle veut s'éloigner du monde des agitations, des frénésies et des paroles aboyées. Elle se reconnait dans la nuit, la fraîcheur, la densité d'un rocher, l'immobilité d'un insecte, le scintillement de l'eau. L'âme aussi doit se ressourcer, se recharger, puiser dans ses racines des motifs d'espérer, de grandir, d'ajouter un peu de lumière à la lumière originelle des êtres et des choses. Celle dont l'intensité faiblissante fait craindre les disparitions, l'effacement d'un monde sensible digne encore du vivant : fragile, poétisé et sans cesse menacé.

Jacques Dor


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dimanche 14 janvier 2024

Cœur vivant

 


Le monde prétendu moderne est une sorte de conjuration contre la chose la plus vieille du monde et la plus solide au monde, à savoir le cœur. J’entends par cœur, pas le sentimentalisme, pas même le sentiment, mais une puissance de vie que chacun de nous peut avoir, une respiration. Ce que parfois on pouvait qualifier d’intériorité, ou dans des temps beaucoup plus anciens, l’âme. Les sociétés d’aujourd’hui sont rendues malheureuses par la mise à sac de cette intériorité. Or elle est la vraie force de chacun. Quand chacun rentre dans son centre, revient vers soi-même et retrouve quelque chose qui ressemble à l’enfance, il est invincible.

Et être invincible, c’est ne pas soumettre sa vie à l’ordre du monde. C’est laisser sa vie dans la plus grande respiration possible, dans la fantaisie, parfois dans le silence, dans une parole qui sera toujours vive, fraîche, non conventionnelle. Être invincible c’est juste être vivant.

Christian Bobin

L'orient littéraire (juin 2020)

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samedi 13 janvier 2024

Parler aux enfants

 "Je condamne l’ignorance qui règne en ce moment dans les démocraties aussi bien que dans les régimes totalitaires. Cette ignorance est si forte, souvent si totale, qu’on la dirait voulue par le système, sinon par le régime. J’ai souvent réfléchi à ce que pourrait être l’éducation de l’enfant.


Je pense qu’il faudrait des études de base, très simples, où l’enfant apprendrait qu’il existe au sein de l’univers, sur une planète dont il devra plus tard ménager les ressources, qu’il dépend de l’air, de l’eau, de tous les êtres vivants, et que la moindre erreur ou la moindre violence risque de tout détruire.

Il apprendrait que les hommes se sont entretués dans des guerres qui n’ont jamais fait que produire d’autres guerres, et que chaque pays arrange son histoire, mensongèrement, de façon à flatter son orgueil.

On lui apprendrait assez du passé pour qu’il se sente relié aux hommes qui l’ont précédé, pour qu’il les admire là où ils méritent de l’être, sans s’en faire des idoles, non plus que du présent ou d’un hypothétique avenir.

On essaierait de le familiariser à la fois avec les livres et les choses ; il saurait le nom des plantes, il connaîtrait les animaux sans se livrer aux hideuses vivisections imposées aux enfants et aux très jeunes adolescents sous prétexte de biologie. ; il apprendrait à donner les premiers soins aux blessés ; son éducation sexuelle comprendrait la présence à un accouchement, son éducation mentale la vue des grands malades et des morts.

On lui donnerait aussi les simples notions de morale sans laquelle la vie en société est impossible, instruction que les écoles élémentaires et moyennes n’osent plus donner dans ce pays.

En matière de religion, on ne lui imposerait aucune pratique ou aucun dogme, mais on lui dirait quelque chose de toutes les grandes religions du monde, et surtout de celle du pays où il se trouve, pour éveiller en lui le respect et détruire d’avance certains odieux préjugés.

On lui apprendrait à aimer le travail quand le travail est utile, et à ne pas se laisser prendre à l’imposture publicitaire, en commençant par celle qui lui vante des friandises plus ou moins frelatées, en lui préparant des caries et des diabètes futurs.

Il y a certainement un moyen de parler aux enfants de choses véritablement importantes plus tôt qu’on ne le fait."

Marguerite Yourcenar, "Les yeux ouverts."


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vendredi 12 janvier 2024

Six portes vers le présent

Merci à Colette Roumanoff (et à Jean-Louis Accarias) de nous permettre d'accéder à l'enseignement de Swami Prajnanpad avec six entretiens entre Daniel et Swamiji


Quatrième de couverture :

 Daniel Roumanoff a suivi Svâmi Prajnânpad dès 1959 et l’a fait connaître par de nombreuses publications. Colette Roumanoff nous livre ici un document inédit, l’intégrale de six entretiens enregistrés en 1972. C’est un témoignage pratique, applicable au quotidien, auquel le lecteur pourra s’identifier pour agir, comprendre ses motivations, rétablir son unité intérieure, développer des relations fécondes, faire de ses désirs un chemin vers l’unité.

La voie de Svâmi Prajnânpad est une voie de découverte personnelle inséparable du quotidien. Questionner ses croyances, ses désirs, son savoir-faire, goûter et ressentir la richesse de ses sensations, de ses impressions, de ses satisfactions, de ses dépits et frustrations, permet de grandir et de s’accomplir. Le système est rigoureux, pourtant il ouvre des portes : « Tout est différent, et tout est relié ». On passe ainsi naturellement du matérialisme à la spiritualité : « Tout est Un, tout est neutre. »

A travers ce dialogue entre le sage et le disciple, le lecteur est invité à revisiter son espace intérieur et son rapport au monde. Chacun de ces six entretiens montre comment dénouer ses croyances, se défaire des obligations que l’on s’impose, pour découvrir la source de ce qui nous fait vivre. En se déliant des pesanteurs mémorielles et émotives, des conflits internes, de la répression des désirs incompris, on peut faire du Présent, ici et maintenant, une porte vers le Soi.

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Le chemin peut se résumer en trois mots : 
- Différence, changement, action-réaction 
ou
- Voir, sentir, agir.

En deux mots :
- Non-séparation
ou
- Non-dualité.

En un mot : 
- OUI.

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jeudi 11 janvier 2024

mercredi 10 janvier 2024

Souriez, la vie vous filme.

"Le sourire est le pont.

Pas le rictus, ni le rire. Le sourire.

Le rire est le contraire des pleurs.

Le sourire n'a pas de contraire."

- Dialogues avec l'ange, recueillis par Gitta Mallasz



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mardi 9 janvier 2024

Non connaissance.


 Betty Quirion : Dans un total abandon, comme une fiancée promise à un inconnu, j'ai accueilli la non-connaissance : ne pas savoir intellectuellement, ne pas comprendre le processus et ne pas marchander le temps ; plonger dans le vide, seule...

Un sage qu'elle a rencontré : Tu sais Betty, la souffrance que tu as vécue, et que tu vis encore, ressemble à un voltage électrique qui ajuste ton corps graduellement pour ce que j'appelle "le grand rendez-vous avec la vérité". Cette énergie, qui sera ta demeure, est d'une telle force que si tu y avais accès maintenant, ton corps brûlerait ! Sois patiente ! Tu ne le sais pas encore, mais un évènement, interprété comme spirituel et exceptionnel, semblera t'arriver. Mais toi, Betty, telle que tu te conçois actuellement, tu ne seras même pas là pour t'en rendre compte.

Betty : Si le temps n'existe pas, pourquoi attendre qu'il arrive je ne sais trop quoi ?

Sage : Tu poses la question à partir de ta demeure actuelle : le temps. C'est ta volonté personnelle qui parle, car tu te crois un être de volonté qui a un pouvoir personnel, et c'est à partir de ce point de vue là que tu poses une question. Tu crois encore en ta personne. Et c'est parfait ! Ton corps n'est pas encore prêt. Des ouvertures se font depuis ton enfance, et ta volonté personnelle les referme aussitôt. Actuellement tu souffres, car tu prends tout personnellement ; mais ce n'est rien cette souffrance, ne t'en soucie pas. 

(La Fraîcheur de l'instant, la fin d'un rêve d'individualité)

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lundi 8 janvier 2024

Le chemin continue...

 


Voici une belle entrée sur le chemin spirituel en 2024.

Les Films de la Table 10 sont heureux de vous informer que l'épisode 1 de la toute nouvelle série intitulée SUR LES ROUTES SPIRITUELLES est maintenant disponible gratuitement (sur viméo).

Ce premier épisode est consacré à Jacques Castermane, Joël Paul et Line Castermane au Centre de retraite Zen Durckheim situé à Mirmande. 

Sur une idée originale de Nicolas Lavroff - Réalisation : Franck Terlin - Interviews réalisés par : Arnaud Laroche et Nicolas Lavroff - Consultant : Guillaume Darcq


Quelques mots de Nicolas Lavroff au sujet de cette série: 

Cette série se fait l’écho des paroles d’Arnaud Desjardins, lors d’une interview de Marc de Smedt : « On ne peut imaginer un sage d’une tradition entrant en conflit avec celui d’une autre, représentant un monde culturel et religieux différent du sien. » 

  Cette série se propose de partir à la rencontre de traditions spirituelles et authentiques toujours vivantes et de leurs représentants qu’ils soient investis ou non d’une fonction de transmission. Elle ne vise pas à dresser le portrait d’une personne mais plutôt celui d’une voie vécue aujourd’hui. Il s’agit de saisir, au travers d’un témoignage singulier, la réalité d’une pratique ancrée au cœur du quotidien.


Cliquer sur ce lien pour voir la vidéo sur Jacques Castermane





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dimanche 7 janvier 2024

Expérience duelle


Si vous avez fréquenté un minimum les cercles spirituels contemporains, vous savez qu’il existe un engouement pour « la non dualité ». Le concept et le rythme des mots autour de ce thème spirituel provoque quelque chose en soi, éveille une forme de distance froide, une posture surplombante qui fait planer l’esprit au-delà du monde et des contraintes de l'Incarnation. Le vague adoucissement émotionnel que l'on ressent parfois à l’écoute de cette perspective est réel mais n'est pas une confirmation que nous approchons de la vérité. 

Nous vivons une expérience de dualité. C’est tout simplement indéniable. Notre monde est animé par la relation (où il faut être au moins deux). Tout se joue dans la tentative laborieuse d’incarnation de l'amour entre deux ou plusieurs êtres. Même la relation au divin doit être personnelle aussi longtemps que nous sommes incarnés. On ne peut se dissocier de cette réalité du deux, de l'autre, humain et divin. Nous aimerions ne pas être pétris par le monde, par ses affaires, par les affres des relations mais la résolution n'est pas dans la dissolution de la dualité, dans le refus des contraintes de l'incarnation, dans le rejet de l'altérité, dans la perspective de se dissoudre dans une « unité » sans substance. 

La beauté de la relation à l’autre ne surgit qu'après un chemin de va-et-vient ou l’on réalise qu’incarner l'amour ce n'est pas le demander à tout prix, ni même l’éviter, c'est dépasser la demande d'amour infantile afin de pouvoir servir le projet d'amour divin, tissé de don de soi et de service.

Je sais qu’on peut, de façon savante, élaborer n'importe quelle vérité parallèle, comme un ange déchu qui souhaiterait entrer en compétition avec son créateur, démiurge avec des apparences de sauveur. Notre époque aime inventer des voies téméraires, des solutions d’apprenti-sorcier, en défiant les lois naturelles de ce monde. Et la spiritualité contemporaine n’est pas en reste dans cette attitude. Si bien qu'il y a quelque chose de nocif dans la posture non duelle occidentale.

Il est urgent de revenir à la simplicité, à la flagrante réalité de nos chemins de vie. Nous n’avons pas de temps à perdre. Mais surtout, au-delà de déconstruire le mythe non duel, nous pouvons restaurer le sens de la relation. Les abstractions désincarnées, sans compassion chaleureuse pour nos existences pétries à la fois par nos failles et nos fulgurances spirituelles, nous éloignent de ce qui se trame vraiment. 

Nous voulons aimer, ressentir le flux vivant de l’amour. Et même lorsqu’il s’agit de Dieu, nous ne rencontrons la reconnaissance de son amour infini que dans le lien personnel, parce que nous sommes constitués ainsi. Impossible de snober notre humanité. Le dépassement nécessaire de la demande infantile ne met pourtant pas à la poubelle la réalité du prodigieux lien interpersonnel littéralement attaché au processus de l’incarnation. Il n’y a pas de honte, ni rien de puéril, à vouloir vivre un « cœur à cœur » avec l’être aimé, fût-il divin.

L’expérience non duelle appartient à Dieu. Tout est en Lui mais, dans le mystère Créateur, nous ne sommes jamais Lui. Pour nous, il n’est question que de « communion ». La prétention à dissoudre le moi dans un « grand tout » est attrayante (plus ou moins) mais joue sur le douloureux déni du réel. Le problème de la faille humaine, c’est qu’elle produit des postures que l’on prend pour des réalités vivantes. Un peu comme quelqu’un qui dit « moi, je n’ai pas peur de la mort » (il faut vraiment toucher la perspective de la mort pour savoir ce que l’on ressent à ce sujet, quelle que soit la réalité du phénomène et de nos interprétations). 

Ne nous faisons pas de mal avec des postures déshumanisées, aussi attractives soient-elles (après tout, on sait qu’une drogue peut nous faire planer, ce qui est plaisant mais « plus dure sera la chute » !). Retrouvons, sans complexe, un chemin de vie porté par le désir de donner le meilleur de soi-même dans la relation, de respecter la création, la divine dualité, et de jouir des grâces avec gratitude. 

Thierry Vissac

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vendredi 5 janvier 2024

Présence de l'année

 


Notre avenir ? La mort ou l’éternité ?





Dire que notre avenir c’est la mort, ce n’est ni très sérieux, ni très intéressant.

Notre avenir, c’est l’éternité, le non-temps.

Certains diront que cette éternité est une illusion, une consolation.

N’est-ce pas plutôt l’avenir qui est une illusion, une idolâtrie consolatrice puisqu’il est malgré tous les prolongements qu’on peut lui imaginer voué à l’impermanence et à la mort ?

L’éternel, c’est le Réel.

Se soucier de son éternité plutôt que de son avenir, n’est-ce pas du bon sens avant d’être de l’intelligence et du discernement ?

Mais dira-t-on : « le temps peut-il connaître le non-temps » ? 

Vérifiez : arrêtez trois minutes d’« avoir des pensées ». Soyez simplement, silencieusement, conscient… 

Voyez ! Écoutez ! 

Vous voyez quoi ? 

L’invisible, l’espace, qui est partout et toujours là.

Vous entendez quoi ? 

Le silence qui est partout et toujours là.

Le Réel, la vie, étaient là avant que vous y pensiez. Le Réel, la vie, seront toujours là quand vous cesserez d’y penser…

Se soucier de son avenir et de l’avenir du monde ne change rien à notre destin. Se soucier de notre éternité, n’est-ce pas devenir libre à l’égard du destin et changer de monde ? 

Pourquoi dit-on que l’éternité, cet invisible, « cet obscur et lumineux silence » est une illusion, un rêve, alors que c’est la réalité que nous avons sans cesse devant les yeux, la lumière sans laquelle nous ne pourrions rien voir, l’espace qui demeure quand tout ce qui le remplit ou l’encombre s’efface et meurt ?

N’est-ce pas plutôt ces mille et une choses que nous voyons qui sont une illusion, puisqu’elles changent sans cesse, à peine apparues, elles disparaissent ?

« L’univers tel que nous le voyons est en train de disparaître ». Tout le monde le sait et personne ne veut le savoir. 

Est-ce légitime et raisonnable de tant se préoccuper de ce qui doit disparaître et de donner si peu d’attention à ce qui demeure, cet ineffable et effrayant silence qui est partout et toujours là ?

Écoute ! Sois attentif à ce qui est là vraiment ! C'est l'exercice nécessaire pour revenir au Réel. C’est ce qu’il faut chercher « d’abord ». Tout le reste, le temps, les univers, nos plus proches et nos plus lointains, sont des êtres relatifs. Ils nous sont donnés par surcroît, non pour les mépriser, ni pour les idolâtrer, mais pour les célébrer. Les remercier comme manifestations de l’invisible infini silence.

Comment ne pas se souhaiter une nouvelle année moins soucieuse de l’avenir et de ses illusions, une année plus attentive à l’éternité, au non-temps, à cette conscience de la présence invisible et silencieuse partout et toujours là ?

Douter du soleil n’enlève rien à sa clarté, mais nous prive de sa clarté.

À toutes ces ombres annoncées, puissions-nous répondre avec un corps, un cœur et un esprit ensoleillés…
 
- Jean Yves Leloup, décembre 2023



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jeudi 4 janvier 2024

l'Amour


l’amour
est impuissant
l’amour
a les mains vides
je ne peux pas
libérer celles et ceux que j’aime
je n’ai pas la clé
de la prison où ils cachent leur lumière
je n’ai pas
les mots magiques
la formule qui délierait tout
je n’ai pas
le geste parfait
celui qui mettrait tout en ordre
je n’ai pas
ce qu’ils attendent
ce que leur geôlier les a dressé à réclamer
personne ne l’a
et surtout pas moi
je n’ai rien d’autre
que l’amour
et l’amour est démuni
on le dit habile, et c’est vrai
mais son habileté
n’est pas toute puissance
réponse infaillible à tout
l’amour
Est impuissant
l’amour
a les mains vides
et peut être défait
en apparence
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Gilles Farcet

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mercredi 3 janvier 2024

Année d'espérance

 

Qu’est-ce qu’une « bonne » année ?
 
Reflets vous souhaite une bonne année !

Le vœu est banal. Tout le monde se souhaite une bonne année.
Par politesse ? Par habitude ? Par dépit ?
Chacun essaie un moment d’oublier la folie du monde. Chacun sait au fond de lui que ce monde va à sa perdition, se leurrant avec des mesurettes dont chacun sait, par avance, l’inefficacité.
 
Alors que peut être une « bonne » année ?
C’est une année où nous (moi, vous) progressons en amour.
 
Si à la fin de l’année je constate que je suis plus bienveillant, plus souriant, plus miséricordieux, ce sera une bonne année. Je suis sûr que l’activité discrète, sincère, au quotidien, de bien faire ce que nous avons à faire, donc de faire du bien à autrui, change le destin du monde.
L’ancien monde égoïste se fissure, se désagrège ; mais qu’importe si un nouveau émerge doucement, plus vaste, plus propre, plus paisible, plus vivable.
 
Cette espérance n’est pas un vœu pieu. Elle est entre nos mains.
 
 
Christian Rœsch

source : Revue Reflets (14 euros pour 6 mois)


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