jeudi 1 juin 2023
mercredi 31 mai 2023
Le sentiment de séparation
La grande illusion dans laquelle nous vivons, c'est le sentiment de séparation !
Cette expérience de la séparation, nous la vivons et nous l'expérimentons comme solitude, et au cœur de celle-ci, nous revendiquons et réclamons d'être aimés, ce qui nous semble apparemment le plus logique pour sortir de cette solitude et de ce sentiment de séparation. Ce qui revient à revendiquer une appartenance, pour avoir le sentiment de ne pas être exclus. Nous vivons cela d'une manière tellement non formulée, non analysée que nous nous laissons complètement prendre par la contradiction que cette demande porte en elle.
Cette même personne qui souffre de la séparation, plutôt que de pénétrer le cœur et l'intimité, revendique immédiatement le fait d'abolir la séparation d'être aimée. Mais la personne qui veut être aimée va s'accorder l'importance suffisante et nécessaire par tous les jeux habituels que nous connaissons de l'ego pour être aimée. Mais quel est le processus sous-jacent? Nous souffrons de la séparation et cette contradiction se manifeste à notre insu. Cette même personne, cette identité séparée à laquelle nous nous identifions, cette entité veut être aimée sans se rendre compte qu'en étant aimée, elle est renforcée dans sa nature d'objet et dans sa nature de séparation.
C'est là qu'est l'ascèse.
C'est là qu'est le sacrifice.
C'est là qu'est le chercheur.
Le disciple de la voie se distingue de l'être ordinaire qui court d'amant en amant. Qui veut m'aimer ? Qui veut de moi aujourd'hui ? Qui m aime ? Nous voilà prêts à toutes les concessions, à tous les compromis pour être aimés et bien sûr nous sommes aussi prêts à aller sur les chemins de la spiritualité, voire de la religion. Et nous allons prendre Dieu au même piège de notre histoire. Nous allons prendre l'instructeur à ce même piège de notre histoire, et nous comporter devant lui de façon à être l'objet séparé digne de son amour.
Or l'instructeur authentique ne va pas nous aimer dans le sens courant du terme, il ne va pas faire de nous un objet aimé. Son souci, c'est de lever le mirage de la séparation, pas de nous perpétuer au travers de l'amour de l'objet séparé. Ce qui est important pour chacun de nous, c'est de reconnaître cela, de sentir une fois pour toutes qu'il vaut mieux ne pas être aimés et surtout qu'il ne faut pas tomber sur un instructeur qui va se mettre à nous aimer. La preuve flagrante de l'amour de Dieu, c'est qu'il ne se limite pas à un objet aimé. Quand nous crions son absence parce que nous ne nous sentons pas aimés, là est la preuve flagrante de son amour. L'amour authentique fonctionne autrement que de créer des êtres aimés, de faire des objets aimés. L'amour abolit la séparation.
L'amour amourifie.
L'amour ne rend pas aimé.
L'amour rend aimant.
Alors, derrière tout le jeu de notre ego, derrière toutes les stratégies habituelles, du manque et les multiples séductions que l'on connaît, il faut aller explorer l'illusion du besoin d'être aimé ! L'illusion de la séparation...
Yvan Amar - extrait de "Tisser le lien"
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mardi 30 mai 2023
La voie de la vie quotidienne
Concilier vie quotidienne et voie spirituelle selon les enseignements de Swâmi PRAJNÂNPAD et Arnaud DESJARDINS
La Voie de la vie quotidienne.
Les promesses de la Voie sont très attirantes : l'amour, la joie, la paix, la détente, etc. Mais notre existence est souvent faite d'émotions contrastées, de désirs et de peurs, de succès et d'échecs et d'une confiance en soi fluctuante. Comment utiliser ce champ d'expérience comme la matière première d'une véritable guérison spirituelle ?
La Voie de la vie quotidienne, c'est l'art d'utiliser notre existence telle qu'elle est pour se connaître et se transformer.
Là est la spécificité de l'enseignement de Swâmi PRAJNÂNPAD et d'Arnaud DESJARDINS dont Emmanuel DESJARDINS proposera un approfondissement durant cette journée.
L'approche ne sera pas théorique. Il s'agit de partir de l'implication des personnes présentes, avec des exemples concrets et des situations vécues, pour voir comment un chemin spirituel, réaliste et vivant, peut s'incarner dans notre quotidien.
Le but de cette journée est autant d'apporter une aide précise et concrète par rapport aux difficultés éventuelles que nous pouvons rencontrer jour après jour que de relier ces difficultés à une perspective spirituelle vaste, profonde et illimitée.
Qui est Emmanuel DESJARDINS ?
Emmanuel DESJARDINS est né en 1964. Après des études de sciences politiques et de sociologie, il commence à travailler dans le milieu de la culture à Paris. Depuis 1995, il travaille dans le centre spirituel Hauteville, fondé par Arnaud DESJARDINS, dont il assume aujourd'hui la direction.
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lundi 29 mai 2023
Esprit tendu
Détendre son esprit par la bienveillance
Il nous arrive à tous d'avoir l'esprit un peu tendu et ce n'est pas quelque chose d'agréable. Nous souhaitons tous avoir un esprit détendu. C'est à partir d'un esprit tendu que nous risquons d'avoir des paroles qui "dépassent notre pensée" et de réaliser des actes dont nous n'avons plus le contrôle dont les conséquences nous échappent complètement, notamment par la souffrance qu'ils pourraient engendrer.
Remédier à cette tension nous demande d'apprendre à orienter notre esprit d'une certaine façon.
D'abord en mettant notre corps, notre parole et notre esprit en harmonie, ou peut-être plus simplement en prenant conscience qu'ils ne sont pas toujours en harmonie. Cette dysharmonie est un refus d'une part de nous-mêmes, on veut être autrement qu'on est et cela crée une tension. C'est un manque de bienveillance envers soi. Donc commençons déjà par cette bienveillance pour nous-même, en acceptant d'être maintenant ce que nous sommes.
Ensuite nous prenons conscience que tous les phénomènes étant impermanent, il n'y a aucun refuge stable dans le monde phénoménal. Le seul véritable refuge que je peux trouver est dans ma véritable nature, ce plus grand que moi qui est moi, ma nature de Bouddha.
C'est de nouveau une profonde bienveillance envers moi-même, d'avoir l'humilité d'accepter ma grandeur.
Et le troisième point est d'ouvrir son cœur aux autres, de réaliser qu'il n'y a pas de plus grand bonheur que d'apporter du bonheur à l'autre et de le libérer de sa souffrance. Que nous pouvons trouver un profond bien être à souhaiter et à voir que les autres sont dans la joie.
Nous réalisons alors que si notre esprit est orienté de cette manière, il est détendu, bien plus détendu que si nous souhaitons le malheur de l'autre, ou notre propre bonheur au détriment de l'autre.
Je vous souhaite à tous une belle journée dans la détente.
Philippe
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dimanche 28 mai 2023
Parole portée
Quand l'homme oublie qu'il est porteur de la parole, il ne parle plus. C'est bien en effet ce qu'il se passe. La plupart des gens ne parlent pas, ils répètent, ce n'est pas tout à fait la même chose.
Quand l'homme ne parle plus, il est parlé.
Jacques Lacan / Le mythe individuel du névrosé
Phoenix : dans la pensée taoïste, le phoenix est lié au Feu et à la parole authentique et transformatrice.
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samedi 27 mai 2023
vendredi 26 mai 2023
jeudi 25 mai 2023
Etre aux niveaux...
mercredi 24 mai 2023
L'art des nuages.
Voir le texte de Sabine Dewulf
Un seul monde
en ce monde, autant
de seuils que de nuages.
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Aimer sans frontières
la houle, les nuages,
la mémoire et l‘adieu.
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Rien, les nuages
ne sont rien par eux-mêmes,
le vent leur est fidèle.
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Prendre un caillou,
suivre un nuage, pourquoi,
pourquoi choisir ?
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mardi 23 mai 2023
Amour inconnu
lundi 22 mai 2023
Le geste en sens
Un geste vers le bas
ne trouve pas toujours
un geste vers le haut.
Mais lorsqu'il le trouve
ils vont tous deux vers le haut
ou tous deux vers le bas.
Ou peut-être les directions disparaissent
et inaugurent dans le point de rencontre
la transfiguration qui les dispense
d'un mouvement quelconque.
Tout geste est une épiphanie
lorsqu'il n'y a plus de différences
entre le haut et le bas .
Roberto Juarroz, 14ème Poésie Verticale
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dimanche 21 mai 2023
L'étoile à genoux
samedi 20 mai 2023
Ami spirituel ?
L'AMI SPIRITUEL, VRAIMENT ?
En Occident, le terme "ami spirituel" a été utilisé dès les années 70, probablement popularisé par Chögyam Trungpa Rinpoché, pour désigner le ou la maitre spirituel.le.
Si on comprend très bien pourquoi on a voulu utiliser cette terminologie plutôt que celle, classique et traditionnelle, de maître spirituel, celle-ci participe à entretenir une certaine confusion sur la relation très particulière que constitue la relation maître-disciple.
Revenons à la définition même d'amitié : « affection entre deux personnes en dehors des liens du sang ou de l'attrait des sexes ». Rajoutons spirituel à ce lien.
On obtient une définition extraordinairement partielle de la relation maître disciple, qui "cache", selon moi, l'essence même de la transmission, qui est symboliquement générationnelle, et comporte donc obligatoirement une notion de verticalité, et donc, ô horreur aux yeux de la modernité, une notion de hiérarchisation.
Toutes les personnes en charge d'une forme de transmission spirituelle le savent bien : la principale résistance à la transmission prend la forme du "oui, MAIS". À tel point que tant que ce "oui, mais" est préférentiellement à l'œuvre dans la relation qu'entretient un ou une disciple avec son ou sa maître, on peut dire qu'il n'y a ni disciple, et par conséquent, ni maître.
Or ce "oui, mais" provient d'une vision horizontale de la relation, dans laquelle, au fond, tout est discutable et sujet à débat. Cette horizontalité est renforcée par le terme "ami spirituel", car très peu de personnes sont capables de comprendre que cette amitié est entière sur un plan ultime, mais pas complètement sur un plan relatif. Dans un tel cas, la dénomination "ami spirituel" est exactement ce qu'on appelle grammaticalement un "faux-ami" dans l'art de traduire.
Loin de moi l'idée de dire qu'une amitié n'est pas possible entre maître et disciple, sur un plan relatif aussi, c'est même peut-être la forme la plus aboutie d' amitié qui puisse exister, la plus complexe aussi.
Mais il est aussi très clair que cette terminologie ne définit pas l'essence de cette relation, et pour ma part, et dans la lignée que je représente, je prends désormais la peine d'être extrêmement précis à ce sujet. Parce que sinon, on ment inconsciemment sur la marchandise (peut-être par omission) et le ou la disciple ne peut pas prendre une décision éclairée avant de s'engager.
Dans notre lignée, nous avons donc prévu un sas d'entrée, une sorte de prise de refuge taoïste, qui ne nécessite pas d'accepter le ou la maître en tant que tel, et qui permet de bénéficier de certains enseignements spécifiques tout en continuant à "tester" le ou la maître, autant que nécessaire (dans un temps raisonnable quand même). L'idée est qu'au moment de s'engager réellement, le ou la future disciple soit au clair avec le contrat tacite qui liera les deux partis et avec le mandat remis au maître.
En chinois le problème ne se pose pas et tout est très clair :
Maître = 师父= Shifu = Enseignant-père= étymologiquement celui qui ouvre la marche en tenant le bâton et défend celles et ceux qui le ou la suivent. Il ou elle est devant, tout.e seul.e. En cas de danger, on l'écoute et on lui fait confiance. En cas d'indécision, on le suit, parce qu'il ou elle a le meilleur point de vue du groupe.
Disciple = 徒弟= Tudi = personne de la nouvelle génération, frère ou sœur cadette, en train de marcher, avec une coupe vide (et encore en prison : la sienne, soumis aux voiles de l'illusion pourrait on ajouter).
Le génie de l'idéographie chinoise c'est qu'en permettant plusieurs angles possibles de déchiffrage, elle décrit très bien la dimension verticale, hiérarchique et générationnelle de la transmission, sans nier non plus la beauté horizontale mais complexe de l'amitié présente entre maître et disciple.
Revenons à l'image archaïque de cette personne avançant devant avec son bâton et guidant une personne ou un groupe : elle ramène à l'incroyable beauté naturelle des choses qui veut que celui ou celle qui est devant se sacrifiera si nécessaire pour la survie des suivants. Qui un jour feront pareil pour les suivants. N'est-ce pas ce que ferait tout père ou mère pour ses enfants ?
Cette formidable solidarité archaïque hiérarchisée est le propre de tout ce qui est vivant, et de l'amour désintéressé qui traverse toute la création. Car oui, il y a un amour immense au sein même de cette hiérarchie.
Alors réfléchissons à deux fois avant de vouloir tout horizontaliser, par peur de faire peur (sic), et de balayer certaines notions simplement parce qu'on ne comprend plus, ou mal, le vrai sens des hiérarchies. Par contre, il faut en accepter le côté complexe et dansant.
Je reparlerai de cette danse dans un futur article.
D'ici là, observons, dehors et dedans !
Bonne pratique
Fabrice Jordan
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