vendredi 29 avril 2022

Au fond de ma poche



 " Moi j'ai très peu de choses au fond de ma poche: un ou deux sourires, deux ou trois phrases glanées dans quelques livres.

J'ai une petite boite avec moi, qui n'existe pas mais qui ne me quitte jamais.

Elle ressemble à ces petites boites dans lesquels les enfants s'amusent à mettre des perles.

Dedans, j'ai mis quelques sourires et parfois je les regarde et ils sont aussi beaux et neufs qu'autrefois.

C'est l'amour qui est dans cette petite boite.

Ce qui existe de manière plus forte que le monde entier.

Je peux tout perdre mais pas ça.

Quand je l'ouvre, je retrouve le vrai sens, la vraie direction, l'unique certitude que je peux avoir.

C'est quelque chose de minuscule mais d'indestructible.

Je n'ouvre pas souvent cette petite boite.

Je ne l'ouvre que de temps en temps pour que rien ne s'évente mais le regard que j'y jette a cette durée très longue des éclairs et j'en ramène un sentiment d'éternité." 

Christian Bobin - La lumière du monde.


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mercredi 27 avril 2022

Comme un alcool fort...

 


Loin du temps de sa jeunesse où il s’évertuait à tenir le tragique à distance à grands renfort de méditations, de croyances et d’espérances, il cohabitait désormais avec lui.

Il ne se protégeait plus de la violence intrinsèque de la vie. Il la goûtait, la savourait, comme le palais apprécie un alcool fort dont les arômes subtils se révèlent à l’intérieur d’une brûlure.

Vers la moitié du chemin de sa vie, il avait entendu son ami spirituel, cet émetteur-récepteur qu’une confondante grâce lui avait permis de détecter pour ne plus jamais s’en éloigner, prononcer une parole : « si vous vous libérez de votre propre souffrance, vous héritez de celle du monde entier ». Plus il avait avancé en âge et en maturité, plus cette phrase lui était apparue comme vertigineuse de vérité.

Telle était donc désormais sa situation. Au fait de l’être-heureux, mais d’un être-heureux non dénaturé, non travesti en facilité et recettes d’un bien-être sourd et aveugle, il s’affranchissait peu à peu. Non de la souffrance mais ce qu’il y avait d’égocentrique et inutile dans sa souffrance. S’affranchissant de la sorte, il commençait à veiller, d’une veille modeste, presque insignifiante et pourtant combien cruciale, à l’écoute, poitrine nue, de la douleur ambiante.

C’était un insigne privilège, une terre de solitude aussi où l’on n’avait guère plus d’amis tout en étant très entouré. Et dans cette solitude, une sorte de ligne directe avec la source le maintenait debout.



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Ecouter le groupe de Gilles :
Ouais, tu es, bien coincée
Ouais tu es bien blindée
Ouais tu est bien shooté
Ouais tu es bien allumé.
M’entends tu donc frapper contre ta porte
M’entends tu donc frapper comme un damné.
M’entends tu donc frapper dans ta sale allée.
Tend moi la main laisse moi entrer
Je ne suis pas un étranger
Ne me traite pas en pariah
M’entends tu donc frapper ? Es tu endormie
M’entends tu donc cogner sur ton parvis
M’entends tu donc frapper ? Balance moi les clés.
Je te supplie à grand cris
Sors de ton lit je t’en prie
je suis par terre à genoux
Moi je me traine dans la boue
Entends mon cri
Qui te hante
Prends donc ma vie
Si ça te chante
Je suis à bout Je déjante
Je suis cramé, oui à cran. M’entends tu donc frapper contre ta porte
JE TE SUPPLIE A GRAND CRIS ...

M’entends tu donc frapper comme un damné
M’entends tu donc frapper dans ta sale allée

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mardi 26 avril 2022

Le sentiment « d’être moi-même » (2)


 Lorsque nous permettons à notre être essentiel de se mélanger ou de s’identifier aux qualités de l’expérience, son état naturel de paix et de bonheur se voile ou s’obscurcit.

De même que l’eau n’a pas de goût en soi mais acquiert le goût de l’ingrédient auquel il est mélangé pour sembler devenir, par exemple, du thé ou du café, notre être ou soi essentiel ne possède aucun attribut propre mais assume les qualités de l’expérience, paraissant ainsi devenir une personne, un soi ou ego fini.

Par exemple, lorsqu’un sentiment tel que la tristesse, la solitude ou l’anxiété apparaît, nous ne nous connaissons plus tel que nous sommes essentiellement : transparent, silencieux, paisible, comblé. Notre connaissance de nous-mêmes est mêlée à ce sentiment et s’en trouve modifiée. Nous faisons abstraction de notre être en faveur du sentiment.

En fait, nous paraissons devenir le sentiment en question. « Je ressens de la tristesse » devient « je suis triste ». Nous nous perdons dans l’expérience. Nous nous oublions. Toutefois, cet oubli n’éclipse jamais totalement le sentiment « d’être moi-même ». Celui-ci se voile partiellement car même les sentiments les plus sombres ne parviennent jamais à occulter l’expérience « d’être moi-même ».

Lors d’une dépression, par exemple, notre expérience est tellement entachée de noirceur que les qualités de paix et de bonheur qui nous sont innées se retrouvent presque totalement obscurcies. Notre soi semble terni ou enténébré.

Cependant, de même que la nature de l’eau ne bouge pas même lorsqu’elle est mélangée à du thé ou à du café, notre soi essentiel conserve son état de pureté même lorsqu’il est mélangé au contenu de l’expérience. Il suffit tout simplement de ne pas perdre de vue son être ou soi essentiel dans chaque expérience.

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Se sentant limité, le soi séparé ou ego est enclin à la vulnérabilité et à l’insécurité et va donc chercher à se défendre. C’est l’impulsion qui se cache derrière toute réactivité émotionnelle : une tentative de restaurer l’équilibre qui constitue l’état naturel de notre soi ou être essentiel.

Étant vulnérable, le soi séparé ou ego a tendance à se sentir peu sûr de lui, inférieur ou mal aimé, et pour tenter de rétablir la dignité inhérente à notre véritable nature, il chercher à se magnifier. C’est l’impulsion qui se dissimule dans la plupart des plaintes, des critiques et des jugements.

Enfin, se sentant incomplet, le soi séparé ou ego verse dans un sentiment d’insuffisance, d’insatisfaction ou d’inadéquation. Et pour retrouver son état naturel de complétude, il cherche la plénitude dans l’acquisition d’objets, dans les drogues et l’alcool, dans des états mentaux spéciaux et dans une frénésie de relations.

Le soi séparé ou ego vit ainsi un sentiment de manque constant : un sentiment d’insuffisance chronique et insidieux, entrecoupé de périodes de détresse aiguë. Cette souffrance est l’inéluctable rançon de l’oubli ou de la méconnaissance de notre véritable nature.

La profondeur de notre souffrance dépend de notre degré d’amnésie. Jusqu’à quel point avons-nous permis au sentiment ou à l’expérience du moment de voiler la paix et le bonheur qui se trouvent au cœur de notre être ?

De même que la souffrance est inévitable pour le soi apparemment séparé ou ego, la résistance et la recherche constituent les deux activités qui régissent ses pensées, ses sentiments, ses activités et ses relations dans sa tentative de retrouver sa paix et son bonheur innés.

Le soi séparé ne réalise pas que sa véritable aspiration ne consiste pas à défendre ou à combler l’entité qu’il s’imagine être mais bien plutôt à se délivrer de ses apparentes limitations et de retourner à son état naturel.

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Cette perte de la paix et du bonheur amorce une recherche acharnée dans la sphère de l’expérience objective, recherche qui est tôt ou tard vouée à l’échec. D’ailleurs, aucun de nous ne serait en train de lire ce livre si notre quête n’avait pas, dans une plus ou moins grande mesure, échoué.

Lorsque nous sommes suffisamment revenus de nos illusions quant à la capacité de l’expérience objective à nous procurer la paix et le bonheur auxquels nous aspirons, beaucoup d’entre nous se tournent vers les traditions religieuses ou spirituelles qui semblent nous offrir une promesse de plénitude.

À cette fin, nous nous consacrons à des pratiques de méditation, de prière, de yoga, de visualisation, nous nous livrons à des régimes alimentaires spéciaux, à des régimes régis par la discipline et à des enseignements spirituels. Et tout cela peut, dans une certaine mesure, apaiser la souffrance provoquée par notre aspiration, et rétablir un certain degré d’équilibre et d’harmonie dans nos vies.

Or, si nous mettons un tant soit peu notre paix et notre bonheur à la merci de l’expérience objective, aussi raffinée ou noble soit-elle, nous pouvons être certains que le sentiment de manque continuera de couver sous le vernis de la paix. Et tôt ou tard, il nous incombera d’avoir la clarté et le courage de tourner le dos à l’aventure de l’expérience pour revenir à notre soi.

Les grandes traditions religieuses et spirituelles abritent en leur cœur un grand secret : il consiste à comprendre que l’expérience objective ne peut jamais nous apporter la paix et le bonheur auxquels nous aspirons tous. Nous ne pouvons les trouver qu’en nous-mêmes, dans les profondeurs de notre être.

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Le soi séparé ou ego est l’entité apparente qui résulte du mélange de notre soi et des limitations de l’expérience. Lorsque notre être se dépouille des caractéristiques que l’expérience semble lui avoir conférées, la littérature traditionnelle parle alors d’« illumination ». Notre être perd les limitations de l’expérience qui avaient semblé l’obscurcir ou « l’enténébrer ».

Ainsi, l’illumination ne constitue pas en soi une expérience nouvelle ou extraordinaire à atteindre ou à obtenir. Elle consiste tout simplement en la révélation de la nature originelle de notre soi ou de notre être. Rien ne pourrait être plus familier ou plus intime que notre être, raison pour laquelle nous avons le sentiment de rentrer à la maison. Dans la tradition zen, on parle de la reconnaissance de notre visage originel.

Il n’y a rien d’exotique ni de mystique dans l’éveil. Il s’agit simplement de la reconnaissance de ce que l’on a toujours connu — de ce qui est en fait toujours connu jusqu’à ce que l’expérience vienne le brouiller.

Personne ne devient illuminé. Notre être est tout simplement délivré d’une limitation imaginaire, à la suite de quoi, sa condition naturelle de paix et de bonheur rayonne.

Extrait du livre "Etre moi-même" de Rupert Spira, editions Accarias L'Originel
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lundi 25 avril 2022

Le sentiment « d’être moi-même » (1)


Tout le monde a le sentiment « d’être moi-même ». Ce sentiment, celui « d’être moi-même », est une expérience qui nous est très familière, intime et ordinaire. Il imprègne toute expérience, quel qu’en soit le contenu. Ce sentiment est l’arrière-plan de toute expérience.

Le sentiment « d’être moi-même » ne nous quitte jamais et ne peut être séparé de nous.

Si je suis seul, le sentiment d’être « moi-même » est présent bien qu’il soit temporairement coloré par le sentiment de solitude. Si je suis amoureux, le sentiment « d’être moi-même » est présent bien qu’il soit mélangé au sentiment d’être amoureux. Le sentiment « d’être moi-même » est pareillement présent dans ces deux sentiments.

Si je suis fatigué(e), excité(e), si je souffre ou si j’ai faim, le sentiment « d’être moi-même » reste présent même s’il est mêlé à ces expériences de fatigue, de faim, d’excitation ou de souffrance. En effet, toute expérience est imprégnée du sentiment « d’être moi-même ».

De même qu’un écran est coloré par les images qui y apparaissent, notre connaissance du fait « d’être moi-même » est déterminée ou conditionnée par les pensées, les sentiments, les sensations, les perceptions, les activités et les relations.

Et de même que les images changent constamment alors que l’écran demeure toujours le même, l’expérience change tout le temps alors que le fait « d’être moi-même » est toujours le même.

« Etre moi-même » est le facteur à jamais présent dans l’expérience toujours renouvelée.

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Nous avons tous le sentiment « d’être moi-même » mais tout le monde ne fait pas clairement 1 expérience de lui-même. Dans la plupart des cas, le sentiment que nous avons de nous-mêmes est mêlé aux contenus de l’expérience : les pensées, les sentiments, les sensations, les perceptions, les activités et les relations. Deux éléments composent notre expérience ordinaire de nous-mêmes : notre être immuable et à jamais présent, et les qualités qu’il tire de notre expérience continuellement changeante, lesquelles semblent le conditionner et le limiter.

Toute expérience est limitée par nature. Et le mélange du soi avec les caractéristiques de l’expérience donne naissance au sentiment d’un soi limité. Il s’agit du soi apparemment séparé ou ego au nom duquel toutes les pensées et tous les sentiments surgissent et au service duquel nous menons la plupart de nos activités et de nos relations.

Lorsqu’il est dépouillé de toutes les qualités de l’expérience, notre soi ne présente aucune caractéristique et, par conséquent, n’est frappé d aucune limitation. Il est simplement être infini ou illimité : transparent, vacant, silencieux et tranquille.

N’embrassant pas l’agitation de nos pensées et de nos sentiments, notre soi ou être essentiel est intrinsèquement paisible. Tout comme l’espace d’une pièce ne peut être agité par les gens ou les objets qui l’occupent, rien de ce qui se produit dans l’expérience ne peut perturber notre être.

Dénué de tout sentiment de manque qui lui soit propre, notre être est, par nature, plénitude. Il n’a pas besoin d’être complété par l’expérience, de même que rien de ce qui compose un film ne peut ajouter ou enlever quelque chose à l’écran.

Ainsi, la paix et le bonheur sont les états naturels de notre être essentiel et ils infusent les pensées, les sentiments, les activités et les relations de celui qui se connaît avec clarté.

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Extraits du nouveau livre de Rupert Spira

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dimanche 24 avril 2022

Accepter l'impuissance

 

Photo de Mathieu Cugnot
pour la Vie

1. Se faire confiance

J’ai écrit Tu es la meilleure mère du monde pour cette génération que l’on culpabilise tellement pour tout aujourd’hui, qui est soumise à une pression folle pour ce qui concerne la parentalité. À chaque fois qu’un enfant est confié à une mère ou à un père, cet enfant n’arrive pas les mains vides, mais avec une valise. Et dans cette valise, il y a des grâces. Tout ce dont notre enfant a besoin est déjà en nous. Les choses nous sont données. Donc, faisons-nous confiance, écoutons nos intuitions. N’essayons pas de gérer, c’est-à-dire d’organiser en visant un résultat précis, mais soyons présents à ce que nous faisons, disons, vivons.

2. Lâcher prise

J’ai toujours laissé beaucoup de liberté à mes enfants, car Dieu nous laisse libres. Quand ils prenaient un chemin inattendu, quand des problèmes ne se réglaient pas comme on pouvait le souhaiter, je lâchais prise : « Seigneur, je ne sais pas quoi faire, je n’y arrive plus, et je suis fatiguée ! » Et, au bout du compte, chaque situation finissait par se dénouer d’elle-même. Quand nous acceptons notre impuissance, alors les choses se débloquent. « Tout passe », disait Thérèse d’Ávila.

3. Croire que tout concourt au bien

Parents, nous voulons le meilleur pour nos enfants. Nous voudrions presque balayer leur route dès qu’ils se mettent à marcher pour leur éviter les embûches. Mais n’est-ce pas leur rendre le chemin plus long encore ? Je sais, par expérience, que les épreuves de la vie sont comme des raccourcis. Même les plus difficiles peuvent les emmener beaucoup plus haut. Tout concourt toujours au bien, rien n’arrive par hasard. Il n’y a pas d’échec. La mort de Yann n’en est pas un. Quand je pleure aujourd’hui en pensant à lui, il suffit que je me dise : « Tu préfères l’avoir dans tes bras ou qu’il soit dans les bras de Dieu ? » pour que la joie revienne. « Que pas un seul de ces petits ne se perde » est mon leitmotiv pour mes enfants.

Isabelle Laurent

« Le pardon était la seule issue ». Lorsqu’elle apprend le suicide de l’un de ses fils adoptifs, l’auteure de romans pour la jeunesse et mère de famille nombreuse se met en quête de la vérité. Elle témoigne aujourd’hui de la puissance de la miséricorde que nous célébrons ce dimanche.

(source : La Vie)

À lire : Maman tu pardonnes toujours, d’Isabelle Laurent, Artège

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samedi 23 avril 2022

Plusieurs vagues pour une seule profondeur


Je pense que pour éviter la vague, il nous faut rejoindre la profondeur.



















''... ma première ambition étant de trouver les mots justes pour persuader mes contemporains, mes ''compagnons de voyage'', que le navire sur lequel nous sommes embarqués est désormais à la dérive, sans cap, sans destination, sans visibilité, sans boussole, sur une mer houleuse, et qu'il faudrait un sursaut, d'urgence, pour éviter le naufrage.

Il ne nous suffira pas de poursuivre sur notre lancée, vaille que vaille, en naviguant à vue, en contournant quelques obstacles, et en... laissant faire le temps.

Le temps n'est pas notre allié, c'est notre juge, et nous sommes déjà en sursis.''

''... D'une manière ou d'une autre, tous les peuples de la Terre sont dans la tourmente. Riches ou pauvres, arrogants ou soumis, occupants, occupés, ils sont -nous sommes- embarqués sur le même radeau fragile, en train de sombrer ensemble. Cependant nous continuons à nous invectiver et à nous quereller sans nous soucier de la mer qui monte.

Nous serions même capables d'applaudir la vague dévastatrice si, en montant vers nous, elle engloutissait nos ennemis d'abord.''

Amin Maalouf (Le dérèglement du monde)

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vendredi 22 avril 2022

Chemin intérieur


On court à la rencontre des autres, on vole vers des lieux inconnus, on roule vers les expériences nouvelles. 

Mais il y a un chemin qu'on ne peut faire qu'à pied. Celui vers soi-même. 

Si la vie est un voyage, j'aimerais le faire à pieds. 

Partir léger, sans objectif précis.

Partir sans carte.

Et si quelqu'un me prête un plan - je refuserai, car où irai-je avec une carte toute prête? Elle m'amènera dans le sillage des autres, dans l'histoire qui n'est pas la mienne.

Partir sans charge, sans bagage. Et pas à pas, lettre par lettre, laisser la carte se dessiner, le bagage se former avec des découvertes, qui deviendront des connaissances.

Accélérer dans la passion, ralentir dans le doute, s'autoriser des pauses pour voir le chemin réalisé et celui qui fait rêver et reste à créer; et de nouveau, marcher vers d'autres pas, vers d'autres pages.

Et comme le dit le sage, la vérité est dans les talons - apprendre à chaque pas avec son corps, avec son cœur.

Partir d'ici au plus loin pour arriver un jour vers soi-même; trouver des mots à mettre sur le parcours qui se résumera en quelques pages, quelques phrases,  

ou juste trois syllabes vont suffire - c'est  ma vie. 

Elena Venel 

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jeudi 21 avril 2022

Du secret de l'escargot à l'éveil du chat...

 


Plus l'on se connaît, plus il y a de clarté. La connaissance de soi n'a pas de limites; elle ne mène pas à un accomplissement, à une conclusion. C'est un fleuve sans fin. Plus on s'y plonge, plus grande est la paix que l'on y trouve. Ce n'est que lorsque l'esprit est tranquille grâce à la connaissance de soi (et non par l'imposition d'une discipline) qu'en cette tranquillité, en ce silence, la réalité surgit. 

J. Krishnamurti ( extrait livre : "La première et dernière liberté")

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mercredi 20 avril 2022

Silence


 "A celui qui a goûté le silence, les discussions banales, les débats et autres colloques deviennent insupportables, vite étouffants.

Le silencieux, le solitaire ont besoin d'air, d'espace, parce que dans le silence, dans la solitude, ils ont fait l'expérience de l'immense.

Dès lors, tout le reste semble étriqué et vain.

La "communication" obligatoire, l'injonction de "s'exprimer" à tout propos apparaissent grotesques: c'est toujours le moi prétentieux qui bavarde et s'expose, qui obstrue le vaste pays intérieur."

Jacqueline Kelen



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mardi 19 avril 2022

Renaissance


Pour respirer, il faut prendre du nouveau.
Je ne peux pas respirer pour hier, pour avant-hier, pour demain, pour mes parents, mes grands parents. 

Je dois être dans l'instant, dans cet axe entre Ciel et Terre, entre la verticale et l'horizontale, dans ce Tout où toute connaissance disparaît, où il n'y a plus que naissance.

Le monde nouveau crie vers nous afin de naître, il a besoin de nous, mais pas de nos vieilleries, pas de nos certitudes. Il a besoin de pouvoir capter à travers nous quelque chose qui n'a pas encore de matière, mais à qui nous devons donner matière, que nous devons incarner.

"Ce nouveau qui crie vers nous"
Marguerite Kardos


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lundi 18 avril 2022

Ingestion du jour nouveau

 Voici la fleur de Pâques qui se ferme le soir. Et comme l'ostie, elle se mange...