vendredi 2 août 2019
jeudi 1 août 2019
Conscience dans l'instant et rire...
J'aime particulièrement cette image car elle explique la maladie du monde et on voit pourtant que l'homme n'expérimente pas vraiment ce qu'est une vie de chien...
Alors voici un rappel avec Tim van der Vliet :
Rions !!!
source : "L'éveil spirituel" (la méthode simplifiée) de Tim van der Vliet
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Tim van der Vliet
mercredi 31 juillet 2019
Cellule de la totalité...
Cette matière grossière ou subtile que votre expérience ordinaire vous fait voir comme compartimentée, discontinue, est en fait une totalité dont tous les éléments réagissent les uns sur les autres. Physiquement, vous êtes beaucoup trop identifiés à votre corps physique pour réaliser combien ce corps physique est moins indépendant que vous le pensez et combien il n’est, en vérité, qu’une cellule de l’univers entier. De même que chaque cellule de notre corps humain, microcosme à l’image du macrocosme, est liée à toutes les autres et qu’il y a interdépendance entre les cellules de celles du foie et celles du muscle cardiaque, pour faire une totalité qui est un être humain, de même au plan physique, nous sommes une cellule de la totalité de l’univers.
Notre corps physique n’est produit que des matières de l’univers absorbées par notre mère puis absorbées par nous ; nous échangeons avec l’univers à travers l’alimentation, l’excrétion, l’inspiration, l’expiration et d’autres communications plus subtiles qui sont des échanges d’énergie et qui commencent d’ailleurs à être étudiés aussi selon les méthodes de la recherche scientifique contemporaine. Si nous parlons du plan physique ou du corps physique, nous devons donc nous souvenir que l’homme est une cellule de cet Univers.
Mais chaque homme, chacune de ces cellules, résume la totalité, l’univers entier. Il y a un corps physique universel, c’est celui que les Grecs appelaient physis, la nature, et celui que notre physique ou notre chimie étudient. Regardez.
Tout ce que vous voyez, les nuages, les sapins, les montagnes, c’est ce corps physique universel et notre corps en fait partie ; il est composé des mêmes éléments, des mêmes substances. On trouve tout dans le corps humain, fût-ce en très petite quantité, fût-ce à l’état de trace.
De la même façon, si nous franchissons un échelon, le corps subtil d’un être humain fait intimement partie du corps subtil universel. Et le corps causal, encore plus intérieur, de l’être humain, est une cellule aussi du corps causal universel. Ce corps causal correspond à la réalité suprême quand elle devient créatrice.
Arnaud Desjardins
Au-delà du moi
À la recherche du soi II
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mardi 30 juillet 2019
Impact de la croissance... vers un retour au centre.
C’est un point essentiel. L’idéologie de la croissance repose sur l’idée que, pour développer la richesse matérielle, il faut sans cesse accroître la productivité qui, aux yeux de la majorité des économistes, concerne essentiellement le travail. On prête peu d’attention, en revanche, à la productivité énergétique et à la productivité écologique, c'est-à-dire à l’impact que l'activité productive a sur l’environnement. Il faut raisonner en termes de productivité globale, c’est-à-dire envisager toutes les dimensions de la productivité, tous les facteurs qui entrent en jeu dans la production, en prenant en compte en priorité l’impact écologique. Prenons pour exemple le secteur agricole. L’agriculture industrielle, basée sur l’utilisation massive d’OGM, de lourds tracteurs, de pesticides et d’engrais, permet de développer la productivité du travail. Mais, parallèlement à cette productivité en apparence très élevée, les productivités écologique et énergétique sont très faibles. Cheminer vers une agriculture bio plus protectrice de l’environnement engendrerait une productivité du travail plus faible, qui permettrait de créer de nombreux emplois dans l’agriculture. Tout en consommant moins d’énergie et en ayant un impact sur l’environnement et sur la santé beaucoup plus faible...
Le cheminement vers une réduction de la consommation matérielle et énergétique suppose une mutation culturelle qui conduira les hommes à s’intéresser davantage aux liens qu’ils noueront entre eux et avec la nature et le monde dans sa splendeur et son étrangeté, qu’aux biens matériels.
S'intéresser aux choses de l’esprit suscite de nouvelles interrogations religieuses ou métaphysiques. L’esprit et le cœur se tournent alors vers d’autres centres d’intérêts que la consommation.
Hervé Kempf
Alliance n°31
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lundi 29 juillet 2019
Véhicule intérieur
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dimanche 28 juillet 2019
Comment ouvrir son coeur ?
N'essayez pas d'ouvrir votre cœur maintenant. Ce serait un mouvement subtil d'agression envers votre expérience immédiate. Ne dites jamais à un cœur fermé qu'il doit être plus ouvert ; il se fermera encore plus pour se protéger et sentir votre résistance. Un cœur ne se déploie que lorsque les conditions sont réunies ; votre demande d'ouverture invite à la fermeture. C'est l'intelligence suprême du cœur.
Au lieu de cela, inclinez-vous devant le cœur dans son état actuel. S'il est fermé, qu'il soit fermé ; sanctifiez la fermeture. Faites en sorte qu'il se sente en sécurité, même pour ne pas se sentir en sécurité. Croyez que lorsque le cœur sera prêt, et non pas un instant avant, il s'ouvrira, comme une fleur dans la chaleur du soleil. Il n'y a pas d'urgence pour le cœur.
Faites confiance à l'ouverture et à la fermeture aussi ; à l'expansion et à la contraction ; c'est la façon de respirer du cœur ; sûre, insécure, insécure, sûre, insécure, insécure ; la belle fragilité d'être humain ; et tout cela tenu dans le plus parfait amour.
Jeff Foster
(cité par Fabrice Jordan)
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samedi 27 juillet 2019
Nourrir de rire...
vendredi 26 juillet 2019
Rencontre avec René Chapus, un « amoureux » de Ramdas
A la lecture de sa vie, ses écrits et ses carnets de pèlerinage, j'ai visité cette délicatesse de la sagesse de l’Inde dans sa simplicité : accepter, se réjouir, et voir la beauté du monde et aimer. J’ai rencontré un « amoureux » de Ramdas : René Chapus. René m’a livré son ressenti de RAMDAS et les expériences vécues lors de son passage dans l’ashram Anandashram en Inde dans lequel il a séjourné plusieurs jours. René explique sa rencontre avec celui qu’il nomme ‘Papa Ramdas’ par la découverte d’un livre : ‘Carnet de pèlerinage’.
À l’âge de 35 ans alors que sa vie est totalement engagée dans la politique et le matérialisme, il tombe sur ‘les Carnets’ en furetant un jour chez un bouquiniste lyonnais. Il est bouleversé par la photo de Ramdas. Il achète le livre, dont il ne se séparera plus jamais. Il entame une recherche spirituelle au sein de la voie Art’As, et durant cet apprentissage vers la sagesse, René se rend 6 mois en Inde. Il séjourne pendant deux semaines à Anandashram. Il était parti en Inde dans l’objectif de cette Rencontre. Il considère aujourd'hui quelle a eu lieu. Il parle de Ramdas comme d’un sage, un être qui n’a renoncé à rien. « Il se remplit de tout, il dit OUI à tout. Son message est très simple : le cœur en Dieu et les mains à l’ouvrage. »
De son séjour à l’ashram il conserve des souvenirs forts, comme des expériences fondatrices qui construisent progressivement le socle d’une intériorité.
Il a d’abord été touché par l’Accueil sur ce lieu, l’attention à l’autre. Cet accueil, cette ouverture l’ont frappé dans cette résonance avec l’enseignement : le OUI à tout et à tout le monde, le OUI à la Vie.
Les choses n’ont pas pour autant été faciles durant les premiers jours. Ce fut une initiation puissante dans laquelle il s’est engagé fortement sans mesurer tout de suite l’intensité de ce qu’il vivait. Il décrit s’être investi totalement dans la pratique du mantra, jusqu’à ressentir une profonde violence, une colère... Une résistance extrême. Une partie en lui voulait y aller, vivre l’expérience, la partie qui résistait venait le narguer. Ce tiraillement intérieur fut comme un miroir à accepter, jusqu’à trouver le juste rythme de sa pratique au sein même de l’ashram. «J’avais plongé trop vite, trop fort. On ne peut pas forcer le rythme, c’est la Vie qui en décide. Ceci dit, la partie qui résiste en nous n’est pas l’ennemi, mais l’adversaire à connaître et qui va te permettre de découvrir ta force ».
De tout cela, il garde dans ses cellules l’importance de trouver toujours le rythme juste. Et surtout il en retire l’essentiel de ce qu’il transmet dans l’association d’entraide spirituelle qu’il a fondée depuis : un OUI qui grandit et s’incarne.
Oui à la situation,
Oui à ce que je suis, à ce que JE SUIS,
Oui à ce que j’ai à faire. ■
René Chapus, Fondateur de l’association ACT www.asso-act.net« Ramdas se rendit partout où il était porté à aller, églises, mosquées, etc. Il va partout, non pour retirer de l'inspiration mais parce qu’il ne ressent aucune différence. Ramdas n’appartient à aucune croyance, église ou secte. S’il avait appartenu à quelque croyance ou secte particulière, sa liberté aurait été limitée. Maintenant il peut embrasser l’univers entier, si ses mains sont assez grandes. Mentalement c’est ce qu’il fait. Il voit les Hindous, les Musulmans, les Chrétiens, les Zoroastriens, les Bouddhistes et les autres comme des enfants de Dieu. Pourquoi devrait-il se confiner dans une religion, une croyance ou une secte particulière ? Tel est le centre de la foi de Ramdas. »
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Reflets n°16 - 2015
jeudi 25 juillet 2019
Swami Ramdas, le pèlerin de l'amour
Né en 1884 dans l’une des plus prestigieuses familles brahmaniques, à
trente-huit ans, il décide de se vouer entièrement au Seigneur Râm.
Laissant femme et enfant, vêtu de deux pièces de coton, avec pour seules
possessions vingt-cinq roupies et trois livres, la Bhagavad Gitâ, le
Nouveau Testament et une biographie de Bouddha, il part en Sannyasin sur
les routes de l'Inde,
Il va suivre la voie d’amour. Voyant le Divin partout et en chacun il devient Swâmi Râmdas, « le serviteur de Râm ». Au bout du chemin, il fondera Anandashram, « l’ashram de la joie », qui accueille encore aujourd’hui de nombreux pèlerins.
Le destin de Ramdas
Sa biographie révèle un homme avec une vie, au départ, ordinaire : des études aux Beaux-Arts, un mariage, un enfant... Au demeurant, très jeune il se passionne pour des lectures spirituelles et au contact de la Bible il se laisse enchanter par la définition chrétienne « Dieu est amour ». Il va approfondir les enseignements du Christ et de Bouddha avec ce grand idéal de l’amour divin qui enflamme son cœur. Son cœur bat pour une foi fertile ; il voit Dieu comme le père de tous les membres de la race humaine, principe universel, source de tout ce qui existe. Son cœur se prosterne devant un tel Dieu. Il n’éprouve pas une grande attirance pour les religions, les rites et les cérémonies.
Un mariage le lie à Rukmabaï, une femme cultivée avec un penchant fortement religieux. Elle est pour lui « une partenaire digne et dévouée » comme le notent ses biographes indiens. Ils auront ensemble une fille qu'il affectionne particulièrement.
A ce moment de sa vie, il s’investit dans une entreprise de teinture et d’impression de saris qui prend vite de l’envergure. En même temps son esprit s’oriente de plus en plus vers le Divin et il répète constamment le nom de Dieu. Il se prive de repas le soir et de confort domestique.
A 38 ans, il choisit cette vie de Sannyasin* : « Maintenant l’heure est venue où je dois quitter cette prison d’or où mon cœur vit encagé. Pour trouver la vérité, dorénavant je la chercherai pour l’amour des hommes, et je la trouverai ». Son choix de vie de Sannyasin l’engage à se consacrer entièrement à la méditation et au service de Sri Râm, à observer la chasteté absolue et à nourrir son corps au moyen d’aliments recueillis par Bhiksha (aumône que recueillent les moines mendiants).
Durant 2 ans il va cheminer sur les routes de l’Inde sacrée se laissant porter et voyant le Divin partout, en tout et en tous. C’est le témoignage de son parcours spirituel qui est décrit dans « Carnet de pèlerinage », où, de jour en jour, il s’en remet à Dieu pour le guider. La voie d’amour que suit Ramdas est faite de renonciations à soi-même qui se transforment en une adoration du cœur tournée vers Dieu : le servir passionnément, lui donner la place essentielle dans sa vie, obligeant son Dieu à devenir son maître et à l’accepter comme esclave. Toute la première partie de ce témoignage est l’histoire de cette obéissance progressive. La deuxième partie nous guide au cœur de l’expérience spirituelle, et révèle tout cet humour, cette joie, cette trace d’être qui inspire les hommes.
Quand le pèlerin achève ses pérégrinations, il s’établit dans un ashram, l’ashram de la joie. Les premiers disciples viennent à lui. Il meurt en 1963. Il est toujours possible de visiter Anandashram pour y séjourner et recevoir l’enseignement de RAMDAS.
L’enseignement dispensé dans cet ashram repose sur 4 piliers :
le pouvoir du mantra
l’appel du maître
la pratique de la méditation assise
l’amour, le service.
par Maryline Hubaud
Revue Reflets 2015
*Sannyasin : Le sannyasin mène une vie errante, renonçant à l’action et consacrant sa vie à ia réalisation de Soi.
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Il va suivre la voie d’amour. Voyant le Divin partout et en chacun il devient Swâmi Râmdas, « le serviteur de Râm ». Au bout du chemin, il fondera Anandashram, « l’ashram de la joie », qui accueille encore aujourd’hui de nombreux pèlerins.
Le destin de Ramdas
Sa biographie révèle un homme avec une vie, au départ, ordinaire : des études aux Beaux-Arts, un mariage, un enfant... Au demeurant, très jeune il se passionne pour des lectures spirituelles et au contact de la Bible il se laisse enchanter par la définition chrétienne « Dieu est amour ». Il va approfondir les enseignements du Christ et de Bouddha avec ce grand idéal de l’amour divin qui enflamme son cœur. Son cœur bat pour une foi fertile ; il voit Dieu comme le père de tous les membres de la race humaine, principe universel, source de tout ce qui existe. Son cœur se prosterne devant un tel Dieu. Il n’éprouve pas une grande attirance pour les religions, les rites et les cérémonies.
Un mariage le lie à Rukmabaï, une femme cultivée avec un penchant fortement religieux. Elle est pour lui « une partenaire digne et dévouée » comme le notent ses biographes indiens. Ils auront ensemble une fille qu'il affectionne particulièrement.
A ce moment de sa vie, il s’investit dans une entreprise de teinture et d’impression de saris qui prend vite de l’envergure. En même temps son esprit s’oriente de plus en plus vers le Divin et il répète constamment le nom de Dieu. Il se prive de repas le soir et de confort domestique.
A 38 ans, il choisit cette vie de Sannyasin* : « Maintenant l’heure est venue où je dois quitter cette prison d’or où mon cœur vit encagé. Pour trouver la vérité, dorénavant je la chercherai pour l’amour des hommes, et je la trouverai ». Son choix de vie de Sannyasin l’engage à se consacrer entièrement à la méditation et au service de Sri Râm, à observer la chasteté absolue et à nourrir son corps au moyen d’aliments recueillis par Bhiksha (aumône que recueillent les moines mendiants).
Durant 2 ans il va cheminer sur les routes de l’Inde sacrée se laissant porter et voyant le Divin partout, en tout et en tous. C’est le témoignage de son parcours spirituel qui est décrit dans « Carnet de pèlerinage », où, de jour en jour, il s’en remet à Dieu pour le guider. La voie d’amour que suit Ramdas est faite de renonciations à soi-même qui se transforment en une adoration du cœur tournée vers Dieu : le servir passionnément, lui donner la place essentielle dans sa vie, obligeant son Dieu à devenir son maître et à l’accepter comme esclave. Toute la première partie de ce témoignage est l’histoire de cette obéissance progressive. La deuxième partie nous guide au cœur de l’expérience spirituelle, et révèle tout cet humour, cette joie, cette trace d’être qui inspire les hommes.
Quand le pèlerin achève ses pérégrinations, il s’établit dans un ashram, l’ashram de la joie. Les premiers disciples viennent à lui. Il meurt en 1963. Il est toujours possible de visiter Anandashram pour y séjourner et recevoir l’enseignement de RAMDAS.
L’enseignement dispensé dans cet ashram repose sur 4 piliers :
le pouvoir du mantra
l’appel du maître
la pratique de la méditation assise
l’amour, le service.
par Maryline Hubaud
Revue Reflets 2015
*Sannyasin : Le sannyasin mène une vie errante, renonçant à l’action et consacrant sa vie à ia réalisation de Soi.
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mercredi 24 juillet 2019
L'Art du bonheur. (4)
Ce voyageur est revenu voir la mer. Il a marché pour cela, non pas au hasard, mais en sachant exactement ce qu'il cherchait. Il n’est pas surpris par ce qu’il voit, et c'est, visiblement, encore plus fort. Nous assistons au bonheur sobre et contenu de ces retrouvailles [...].
![]() |
| Gustave Courbet (1819-1877) Le Bord de mer à Palavas, 1854. |
LA LEÇON DE COURBET : « CET INSTANT EST UN INSTANT DE BONHEUR...»
Je connais cette plage de Palavas, peinte par Courbet [...] j'y ai passé tous les étés de mon enfance. Lorsque nous arrivions, le premier jour des vacances, je courais jusqu'aux dunes et les escaladais pour voir la mer. [...] Tout de même, il est sublime, ce petit salut de Courbet à la mer! Ce geste qui dit :« Je t'ai reconnu, je t’adore, je t'honore... Et je suis si heureux! » Comme Courbet a eu raison de célébrer cet instant !: De le montrer, de lui donner vie avec ses pinceaux. Et comme nous avons raison à chaque fois, de prendre conscience de nos moments heureux, et de les nommer. Il y a une phrase magique comme en inventent les enfants, une seule phrase, à se dire chaque fois qu'un bonheur passe. Cette phrase, c’est simplement : « Cet instant est un instant de bonheur. » Conscience puis reconnaissance du bonheur.
En faisant cela, nous accédons à une forme d'éternité [...] Certains diront : pourquoi ces efforts de conscience pour ressentir le bonheur ?
Ne vont-ils pas gâcher son essence, qui est d'être immatériel et insaisissable? Pourquoi mettre des mots, forcément maladroits et trompeurs, sur des sensations aussi subtiles et volatiles ? La réponse est simple : parce que vivre, ce n'est pas seulement éprouver mais créer son propre monde.
À Lire
De l’art du bonheur de Christophe André :
Pour le psychiatre Christophe André, la contemplation d'une toile de maître est, en soi, une expérience du bonheur. Dans cet ouvrage, le comportementaliste se fait poète et tire « vingt-cinq leçons pour vivre heureux » de vingt-cinq chefs-d'œuvre (L'Iconoclaste, 2014).
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mardi 23 juillet 2019
L'Art du bonheur. (3)
Le bonheur est-il un état d’esprit ? Une opération mentale ? Une décision ? Un effort ? Une volonté ? Une construction intérieure ? Il est tout cela, le plus souvent, une fois réunies les conditions matérielles minimales nécessaires à sa présence. C’est à la fois une bonne nouvelle : notre bonheur dépend de nous-mêmes.
Et une mauvaise : nous en sommes donc responsables. Et cela va nous demander travail et efforts. Ce personnage à l’apparence tourmentée, au corps sommaire, sans bras ni jambes, au visage ingrat mais rayonnant est une sorte de miroir malicieux que son auteur, Gaston Chaissac, se tend à lui-même. Ce grand mélancolique à la santé fragile nous rappelle que le bonheur ne nous est jamais - ou pas souvent - donné ni offert. Mais qu’il est en revanche toujours accessible à l’immense intelligence humaine. Avec son grand sourire, plein de force et de confiance généreuse, cet œil narquois, attentif, émerveillé, et surtout grand ouvert sur le monde, ce bonhomme me fait penser à mon ami Alexandre Jollien, philosophe au corps meurtri, chantre du «joyeux combat » pour une existence lucide et heureuse. Et nous rappelle l’essentiel : l’intelligence du bonheur existe ; elle relève chez certains d’un talent, chez d’autres d’une lutte ; elle nous est accessible...
Nous seuls pouvons conduire ce combat vers plus de lumière émotionnelle, nous seuls pouvons préférer le bonheur au malheur”
![]() |
| Gaston Chaissac (1910-1964) - Personnage sur fond bleu (1959) |
LA LEÇON DE CHAISSAC : TRAVAILLER A SON BONHEUR
D’où vient cette étrange idée reçue que le bonheur doit être spontané? Et que les efforts pour s'en rapprocher seraient improductifs, voire contre-productifs ? Pourquoi toutes ces critiques contre la recherche de bonheur? [...]
La punition divine lancée à nos ancêtres Adam et Ève : « Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front », c'était aussi : « Tu gagneras une partie de tes bonheurs à la sueur de ton front. » Que cela soit le fait d'une malédiction divine ou de la condition humaine. Le bonheur n'est pas une chance, mais une intelligence. Qui peut s'apprendre et se développer.
On dit souvent que la vie est un combat. Le bonheur aussi, surtout pour ceux que la vie n'a pas gâtés au départ. Que nos handicaps soient visibles, comme ceux qui nous touchent dans notre chair, ou qu’ils ne le soient pas, comme ceux qui proviennent de notre passé, de nos angoisses, de notre spleen, ils nous fournissent toujours de nombreuses raisons de ne pas être heureux.
Mais une fois établi cet éternel constat - il existe des gens plus heureux que nous, et d'autres plus malheureux -, quels prétextes nous reste-t-il pour continuer de ruminer notre mal de vivre?
Cette position de victime de l’existence est d'autant plus dangereuse quelle peut faire de nous des intouchables que plus personne n’osera approcher, guider ou conseiller. Cela aggravera notre solitude et notre handicap. Et cela nous renverra finalement à nous-même. [...] On ne peut pas être toujours heureux. Mais il est possible, aussi souvent que possible, de penser à laisser la voie libre au retour du bonheur.
Christophe André
Psychologies magazine
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lundi 22 juillet 2019
L'Art du bonheur. (2)
Envol vers l’azur. Des fleurs d’amandier s’élancent vers le ciel. Rien d’autre que le blanc des pétales et le bleu de l’azur. Comme une incarnation du bonheur : fort et fragile comme la vie. Dans un raccourci magnifique et fulgurant, épuisé par le chaos intérieur et sa lutte contre la maladie psychique, Van Gogh se concentre sur l’essentiel : l’élan de la vie vers la transcendance et les cieux. Il a peint le tableau tête levée vers le ciel, sans rien voir d’autre autour de lui. Il en a écarté toute forme de paysage ou d’information annexe, jusqu’au tronc de l’arbre, pour se concentrer sur l’union de ces extrêmes : les fleurs et le ciel, le bleu et le blanc, le périssable et l’éternel, le terrien et le céleste... Comme il a écarté, sans les effacer, ses souffrances du moment, pour nous transmettre à tout jamais son bonheur face aux fleurs de l’amandier. [...]
![]() | |
| Vincent Van Gogh (1853 - 1890) Rameau d'amandier en fleur, 1890 |
Le bonheur tout entier prend naissance dans de tels instants de grâce.
S’arrêter, se taire. Regarder, écouter, respirer, admirer”
LA LEÇON DE VAN GOGH : REGARDER VERS LE CIEL
Pour les psychologues évolutionnistes, beaucoup de nos comportements et de nos attirances sont les vestiges de nos anciens besoins animaux : si les humains apprécient tant le spectacle d’une belle nature - une rivière bordée d’arbres, un littoral sous le soleil -, c'est qu’ils y voient la promesse de ressources pour leur survie, de quoi manger, se reposer, se réparer... Pourtant, au-delà du plaisir ressenti s’éveille aussi un obscur et profond sentiment d’appartenance à un ordre qui nous englobe et nous dépasse. C’est pourquoi nous ne faisons pas qu’observer la nature, ou même l’admirer. En réalité, nous entrons en connivence avec elle, nous nous rapprochons de notre identité la plus élémentaire : celle des vivants.
Nous ne faisons que nous immerger dans la nature, revenir à elle. Lorsque nous contemplons un arbre en fleur. Lorsque nous sommes absorbés par le mouvement des vagues ou des nuages... Chaque fois que nous respirons l'odeur des champs ou de la forêt, c’est l’écho lointain du bonheur de ces « retrouvailles biologiques » qui se fait entendre en nous. Ces rencontres avec la nature font plus que nourrir notre bonheur : elles lui sont indispensables... Le tableau de Van Gogh aurait pu s'appeler Naissance du bonheur car tout est là, de l'éclosion des bonheurs humains : la fragilité et la force, l’enracinement dans la vie et l’élan vers la transcendance. Ces bonheurs naissants sont les plus importants, mais aussi les plus vulnérables. Rien de plus facile que de les piétiner ou de les négliger.
Cette peinture nous ouvre les yeux sur leur beauté, leur fragilité. Et sur leur nécessité absolue pour notre existence.
Christophe André
Psychologies
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dimanche 21 juillet 2019
L'Art du bonheur. (1)
Un enfant se love contre sa mère. Tous deux sont endormis dans une étreinte tendre et émouvante. Blotti contre la mince poitrine maternelle, le tout-petit semble s’imprégner de celle qui lui a donné la vie, de sa chaleur et de son amour. [...]
La peinture de Klimt nous permet de réfléchir au grand mystère de la naissance du bonheur, et aussi à celui de la transmission et de la préparation des bonheurs futurs : le bonheur dont parle cette scène est celui d’un héritage et d’une promesse...
![]() |
| Tableau de Gustav Klimt. Les trois âges de la femme (détails), 1905 |
" Il est toujours possible d’apprendre le bonheur,
même s’il n’a pas été notre langue maternelle...”
LA LEÇON DE KLIMT : AIMER ÊTRE HEUREUX
Trouver le bonheur, c'est peut-être tout simplement le retrouver. Dans quels lointains souvenirs prend naissance cette sensation complexe et furtive que l'on nomme « bonheur »?[...]
En psychologie, les théories de l'empreinte révèlent qu'il y a des périodes de la vie qui favorisent certains apprentissages. Les langues par exemple : si nous les avons entendues tôt et souvent, l'acquisition en sera plus facile. [...]
S'il en était de même pour le bonheur? Si les bonheurs d'enfance permettaient d'accéder plus tard à toutes les formes de bonheurs adultes? Ces empreintes précoces et indicibles, c’est donc en elles que réside le cœur battant de notre aptitude future au bonheur, de nos facilités à nous sentir heureux.
Christophe André
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