mercredi 22 mai 2013
mardi 21 mai 2013
Un petit secret... avec Henri Brunel (2)
Vous ne croyez pas aux contes de fées ? Pourtant ce secret je le connais, il vient du fond des âges, et peut vous apporter le bonheur. Une chiquenaude infime incline parfois en mal ou en bien le fléau instable de notre destin. Ce secret, le voici : on peut se reposer en faisant la queue à la Sécurité sociale, à la caisse du supermarché, dans le métro, en attendant l'autobus, n'importe où.
On peut se reposer, parce que l'on peut se relaxer debout !
EXERCICE
Le nom sanskrit de cet exercice est Samashtiti. Ce qui signifie littéralement : se tenir debout de façon égale.
1. Posture
Debout, les pieds parallèles distants de 20 centimètres environ (un peu plus, un peu moins selon votre taille), vous vous tenez droit. Imaginez qu'avec le sommet du crâne vous essayez de toucher le ciel ou le plafond. Redressez encore le dos, décontractez les épaules, laissez les bras pendre mollement le long du corps, les mains sans force. Pour vérifier la relaxation des mains, j'ai l'habitude de saisir au hasard par l'index la main de l'un de mes élèves en Samashtiti, je soulève la main délicatement et la laisse retomber. La main doit s'affaisser contre la hanche comme un objet inerte, sans force aucune.
Maintenant vous organisez votre équilibre autour du « Hara ». Ce terme est d'origine japonaise mais la notion est commune à toutes les philosophies orientales. Le « Hara » est considéré comme le centre de l'énergie vitale. Plus simplement il correspond à notre centre de gravité. Il est situé dans le ventre, quatre doigts en largeur au-dessous du nombril. Prenez conscience de ce point du « Hara » Imaginez que vous êtes un arbre, le torse et la tête sont les hautes branches et le feuillage, les jambes sont les racines, le « Hara » est le tronc, le coeur du chêne.
L'image est approximative mais elle peut conforter votre équilibre, ce qui est l'essentiel. Vérifiez une dernière fois la posture, droit, les épaules bien décontractées, la tête légère, le menton parallèle au sol, la poitrine et le ventre bien dégagés offerts à la libre respiration.
Respirez régulièrement, calmement, profondément en affectant un temps égal à l'inspir et à l'expir.
2. Mental
Votre attitude est celle de l'équilibre, de la confiance en soi. Vous alliez la solidité et la disponibilité. Pour conforter cette sensation vous répétez mentalement :
Je suis :
debout sans effort
redressé sans orgueil
vigilant sans crainte
attentif à tout sans avidité
disponible sans lâcheté
ferme et relaxé
(D'après Le Yoga, premiers pas, Bernard Bouanchaud et René Racapé, Paris, Solar, 1977.)
Alors se dissolvent les tensions inutiles, vous vous relaxez debout. Pensez-y quand vous serez en train de râler, de vous énerver un jour de soldes aux magasins Farfouille. Construisez-vous autour du « Hara », obstinément.
Vous serez bousculé, désuni, emporté par la foule, retrouvez avec entêtement une attitude de moindre tension et d'équilibre : « Juste une attitude, mais l'attitude juste », c'est la vieille antienne de la sagesse millénaire du yoga.
Songez, si vous voulez, à la « jeune fille aux yeux gris » quand vous attendrez l'autobus un jour de pluie. Il y a des vérités cachées dans les contes. Le bonheur n'est pas uniquement dans le pré, il est dans la rue, au bureau, partout autour de vous. Il suffit de presque rien pour le cueillir et le garder : un cœur attentif, une âme paisible et un corps relaxé.
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lundi 20 mai 2013
Un petit secret... avec Henri Brunel (1)
Il était une fois, vers les années 1900, une jeune fille très pauvre et très sage qui attendait l'autobus. Ce soir-là il pleuvait. Son manteau élimé ruisselait, ses cheveux blonds collaient à ses tempes, et ses doux yeux gris étaient résignés. Vendeuse au rayon des soieries au grand magasin du Bon Marché elle était debout depuis l'aube. La pauvrette était épuisée.
Passe par là un vieux mendiant qui lui demande la charité Elle lui tend spontanément quelques piécettes, tout ce qui restait dans son porte-monnaie. – Je vois que votre cœur est bon, dit alors le mendiant aussi en récompense je vais vous confier un secret ! Il lui glisse quelques mots à l'oreille, chuchote encore un moment, puis disparaît. Depuis cette rencontre, la jeune fille très pauvre et très sage n'était plus aussi fatiguée. Et quand elle attendait l'autobus ses beaux yeux gris souriaient.
On m'a rapporté qu'un soir de pluie un jeune homme riche et aimable lui offrit l'abri de son parapluie. Ils se plurent, ils se marièrent. Ils eurent beaucoup d'enfants, et ils vécurent heureux longtemps, longtemps...
A suivre...
Passe par là un vieux mendiant qui lui demande la charité Elle lui tend spontanément quelques piécettes, tout ce qui restait dans son porte-monnaie. – Je vois que votre cœur est bon, dit alors le mendiant aussi en récompense je vais vous confier un secret ! Il lui glisse quelques mots à l'oreille, chuchote encore un moment, puis disparaît. Depuis cette rencontre, la jeune fille très pauvre et très sage n'était plus aussi fatiguée. Et quand elle attendait l'autobus ses beaux yeux gris souriaient.
On m'a rapporté qu'un soir de pluie un jeune homme riche et aimable lui offrit l'abri de son parapluie. Ils se plurent, ils se marièrent. Ils eurent beaucoup d'enfants, et ils vécurent heureux longtemps, longtemps...
dimanche 19 mai 2013
A la grand-messe des faux dieux avec Alexandre Jollien
Mille et un chemins conduisent aux petits et grands esclavages quotidiens. Un péril sous-estimé et, cependant, des plus pernicieux se cache derrière l'idolâtrie. Le mot sonne comme désuet et d'un temps reculé. Pourtant, plus d'un tombe encore dans le panneau. L'un vénérera sa voiture, l'autre, telle vedette de cinéma. Celui-ci adorera une caricature d'un Tout-Puissant conçu par lui de toutes pièces. Bref, il n'est pas inutile de se demander, très simplement, devant quoi je suis enclin à plier le genou. Quelles fausses divinités peuplent le ciel de ma vie et m'empêchent d'embrasser l'existence sans perdre ma liberté devant quiconque, Père céleste, femme, homme ou objet ?
Le mot « idolâtrie » vient du grec eidôlo-latri: culte des images. Idolâtrer, c'est aussi réduire Dieu, refuser sa transcendance. Le Très-Haut est toujours plus haut que nos représentations et très loin de nos préjugés. Mais une société comme un individu peuvent inventer leurs dieux et rendre des cultes singuliers aux dernières idoles à la mode. Le sexe, l'argent, le pouvoir, le bien-être à tout prix, tels sont sans doute les autels qui accueillent pas mal de fidèles à leurs grands-messes. Il faut un certain courage pour s'en détourner, tranquillement. Le confort d'une existence bien rangée et sans problèmes, les sous, le plaisir, la réussite sociale, voilà qui risque aussi de devenir plus important que la vie, que l'essentiel !
Plus profondément, les faux dieux qui nous asservissent et nous aliènent sont sans conteste les convictions, les doctrines, les croyances auxquelles je m'accroche sans lâcher. Un manque d'humilité pousse très souvent à se prosterner devant le moi, à vouer un culte à ses propres idées en rejetant par là ce que je suis de grand sous ce fatras d'étiquettes et d'images vieillies.
Lorsque j'étais petit, on me mettait durement en garde contre l'idolâtrie sans pour autant me montrer qu'en sortir c'est pleinement entrer dans une liberté inestimable. Je me souviens de cette religieuse qui, à chaque fois que je disais : « J'adore ce dessert ! », me rétorquait sèchement: «On n'adore que Dieu. » Un enfant adore une pomme et, dans son innocent plaisir, toute la Création est louée. Par contre, avoir un trop grand souci de soi, vouer un culte inconsidéré à l'approbation des autres ou, à l'inverse, demeurer indifférent à l'opinion d'autrui, c'est tout sacrifier sur l'autel d'un ego affamé et s'adorer dangereusement.
A présent, je reçois la mise en garde biblique comme un hymne à une authentique liberté intérieure, celle qui ne s'accroche à rien, qui ne fait pas de ses représentations une prison étriquée pour ce qui est. Un exercice spirituel m'appelle dès lors à me demander quelles sont les idoles de mon existence. Ce ne sont certes pas les vedettes, ni les stars, mais bien plus précisément une image de soi, mon veau d'or. En parlant de veau, je me souviens du sermon 16b de Maître Eckhart qui enjoint de ne pas considérer Dieu comme une vache à lait dont on jouit de la production sans l'aimer gratuitement. Se libérer, ici, c'est se détacher de ses projections. Délivrance qui est l'une des vocations d'une vie spirituelle qui vise à nous aider à accomplir par amour ce que nous étions sommés de faire par devoir. Adorer l'Éternel, c'est habiter librement toute sa Création, contempler sa beauté sans jamais en faire une idole. Le Dieu vivant est toujours transcendant, il transcende tout, même sa transcendance, pour se rendre tout proche de nous, là où aucune idole ne subsiste.
Alexandre Jollien
source : La Vie
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samedi 18 mai 2013
Pierre Rabhi, un engrais vital pour l'humanité
"Il nous faudra répondre à notre véritable vocation, qui n'est pas de produire et de consommer jusqu'à la fin de nos vies, mais d'aimer, d'admirer et de prendre soin de la vie sous toutes ses formes."
"En même temps que le réenchantement du monde que nous aurons à accomplir, la beauté étant à l'évidence une nourriture immatérielle absolument indispensable à notre évolution vers un humanisme authentique, nous devons également et impérativement trouver une façon juste d'habiter la planète et d'y inscrire notre destin d'une manière satisfaisante pour le cœur, l'esprit et l'intelligence. J'entends par beauté celle qui s'épanouit en générosité, équité et respect. Celle là seule est capable de changer le monde, car elle est plus puissantes que toutes les beautés créées de la main de l'homme, qui, pour foisonnantes qu'elles soient, n'ont pas sauvé le monde et ne le sauveront jamais. En réalité, il y va de notre survie. Le choix d'un art de vivre fondé sur l'autolimitation individuelle et collective est des plus déterminants; cela est une évidence."
Pierre Rabhi
vendredi 17 mai 2013
Le bonheur d'être soi avec Sarah Serievic
jeudi 16 mai 2013
Javad Nurbakhsh, un maître de la confrérie soufie nématollahi.
Celui qui connaît Dieu
Celui qui connaît Dieu est libéré
du souvenir de tout autre que Lui.
Celui qui devient son patient
sait que Sa douleur n'a d'autre remède que Dieu.
L'adoration de soi n'est pas l'adoration de Dieu
cette vérité est notre parole.
Deviens néant pour que tu Sois,
c'est une évidence que l'Etre absolu, c'est Dieu.
La goutte ne s'est pas regardée elle-même et elle est devenue l'océan,
le premier c'est l'annihilation et le deuxième c'est la permanence.
Aucune querelle n'existe entres les espiègles de Dieu,
celui qui est devenu un espiègle de Dieu devient aimable.
Donateur de lumière de toutes les créatures,
tu es la seule et unique personne, même si il existe des milliers de miroirs.
Extrait du Divan du Dr. Javad Nurbakhsh. - Traduit du persan.
A travers l’amour, J’ai atteint un lieu
Où nulle trace d’amour ne subsiste,
Où Je et Nous et le tableau de l’existence
Ont été oubliés et mis de côté.
Dr Javad Nurbakhsh
1926-2008
mercredi 15 mai 2013
Sentir la vie de la Vie... avec Albert Schweitzer
« Je suis vie qui veut vivre, entouré de vie qui veut vivre. Chaque jour et à chaque heure cette conviction m’accompagne. Le bien, c’est de maintenir et de favoriser la vie ; le mal, c’est de détruire la vie et de l’entraver. »
« Chaque fois que je suis sur le point d'abîmer une vie quelconque, il faut que je me pose clairement la question de savoir si c'est nécessaire. Jamais je ne devrai m'autoriser à aller au-delà de l'indispensable, même dans des cas apparemment insignifiants. »
(La civilisation et l’éthique)
« La seule possibilité de donner un sens à son existence, c'est d'élever sa relation naturelle avec le monde à la hauteur d'une relation spirituelle. »
(Ma vie et ma pensée)
Albert Schweitzer
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mardi 14 mai 2013
La mort des pensées avec Eckhart Tolle
lundi 13 mai 2013
L'agroforesterie, une agriculture d'avenir
Pour un retour aux arbres...
Un document qui nous présente tous les avantages de l'agro-sylviculture :
dimanche 12 mai 2013
Le dentier de l'abbé Pierre avec Alexandre Jollien
Peu de rencontres m'ont ébranlé aussi profondément que celle que je fis par un matin lumineux dans la chambre défraîchie d'un hôtel genevois. Ce jour-là, j'avais rendez-vous avec l'abbé Pierre. À vrai dire, je m'attendais à faire la connaissance d'un homme de Dieu, authentique, un vrai de vrai. Pourtant. la réalité du bonhomme a surpassé, et de loin, mes espérances. Dans ce regard vif, vieilli par tant d'épreuves, j'ai deviné une absolue bienveillance, l'amour fou. Souvent, je me souviens de l'abbé. En particulier lorsqu'il m'arrive de me noyer dans l'affairement, submergé de choses à faire, de réponses à donner... Tandis que je contemplais l'abbé dans sa chambre, vêtu de son traditionnel habit noir, dans la poche de mon pantalon mon portable a vibré. M'empressant de prendre l'appel, j'ai coupé la parole au saint homme, sacrilège impardonnable ! À peine eus-je reposé le maudit appareil que l'ecclésiastique me fit cette confession : « Je ne fais qu'une concession à la technique : ça ! »
Et le vénérable père de saisir son dentier dans ses mains et de me le montrer avec un air malicieux. Soudain, j'ai cru rêver tant le spectacle était inattendu ! L'humanité, l'humour et la bonté du fondateur d'Emmaüs me sont des guides. J'ai envie de lui faire un clin d'oeil à chaque fois que je sacrifie la profondeur d'une rencontre sur l'autel des choses prétendument urgentes. À propos, je note qu'aujourd'hui, on ne dit plus « À bientôt », mais «À très vite ! ». Cela sonne comme une sommation. Et il nous faut répondre à tant de courriels toute affaire cessante si l'on ne veut pas passer pour un coeur desséché, un malappris. Hâtons-nous de faire une salutaire halte et de stopper net la précipitation pour nourrir d'authentiques relations à l'autre ! Et que dire de ces amis Facebook ? Seront-ils toujours en ligne à l'heure de l'épreuve ?
Je crois que ce que j'affectionne le plus sur mon écran, c'est la petite icône "Corbeille". Incarnation du dépouillement, instrument libérateur qui permet de faire le départ entre l'accessoire, l'hypersuperflu et ce qui réjouit profondément un cœur. L'exercice consiste ici à se demander : « Qu'est-ce qui me bouffe du temps et de l'énergie ? » En somme, il s'agit d'user de tous ces dispositifs sans s'aliéner. Les outils de communication, le progrès technique, lieu suprême du « j'ai » , « je n'ai pas », « je prends », « je perds » nous vouent assurément à une insatisfaction ininterrompue. Alors il est peut-être grand temps de réaliser que les relations au rabais, le bavardage ne peuvent pas nourrir pleinement et voir que tous ces moyens sont là pour aider l'homme. Ils ne sauraient le combler. L'exercice requiert que je comprenne que certaines actions renforcent mon ego et me jettent dans les griffes de la souffrance.
Pour m'unir à Dieu, comme l'abbé Pierre, j'ai à cœur d'éviter tout gaspillage. Pour me perdre dans l'absolu, je dois me garder de m'épuiser dans l'inutile. En somme, l'abbé Pierre, fragile et puissant à la fois, m'invite à profiter du monde comme un mourant. Savoir que tout reste précaire et connaître la valeur de la vie sans m'enfermer dans quoi que ce soit. Récemment, un ami me disait que lorsque le téléphone sonne, les mots sont presque invariablement les mêmes :
« Bonjour, comment ça va ? À propos, tu ne pourrais pas me rendre un service ?... »
Je regarde mon portable, je pense à l'abbé Pierre et me propose d'y mettre un peu de gratuité. Et si, désormais, j'appelais une personne par jour juste pour lui demander comment elle va.
(source : La Vie)
J'ajoute à ce beau texte que s'éloigner de l'inutile, c'est aussi apprendre à se respecter...
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samedi 11 mai 2013
vendredi 10 mai 2013
Une autre manière d'être au monde ? avec Jacques Castermane
Lors de mon premier séjour en Forêt Noire (en 1967), je demande à Graf Dürckheim s’il peut définir le chemin de maturation qu’il propose à l’homme occidental, suite à son immersion dans le monde du zen, au Japon ?
Voici sa réponse : « M’intéresse l’homme dans sa profondeur, dans ce que j’appelle son être essentiel. L’homme est appelé à découvrir, en lui-même, cet être essentiel qui transparaît dans certaines expériences. Quand cette expérience est vraiment vécue, et non pas seulement pensée, cherchée ou pressentie, elle peut devenir le point de départ d’une nouvelle orientation pour le temps qui nous reste à vivre. Cette Voie spirituelle n’est pas un chemin "à suivre" mais un chemin "à tracer"; ce qui nécessite la pratique d’un "exercice" dont le fruit ne sera pas un état éphémère mais une autre manière d’être au monde. Etre établi dans cette autre manière d’être au monde, là est le but du zen. » (K.G. Dürckheim)
Une autre manière d’être au monde ? Oui. Une façon d’être là qui témoigne de ces qualités d’être qui manquent cruellement à l’homme contemporain : la confiance, la sérénité, la paix intérieure.
Jacques Castermane
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