lundi 23 janvier 2012

Le silence de la neige

« Si éclairants soient les grands textes, 
ils donnent moins de lumière que les premiers flocons de neige. »
Christian Bobin



dimanche 22 janvier 2012

Un jour comme ça... avec Joshin Luce Bachoux


Il y a des jours comme ça où l’on a juste envie de se mettre à sa fenêtre et de regarder tomber la neige ; ou bien d’aller s’asseoir dans la salle de méditation, loin des journaux, du tumulte et des nouvelles. Des jours où le monde est simplement trop lourd, et où l’on n’a plus que le désir de se retirer, de dire : « Je ne veux pas être là, ni être témoin, ni être partie prenante de ce qui se passe. Continuez sans moi ; je veux juste compter les nuages, remonter la rivière à sa source, m’envoler avec les oiseaux. Je ne peux ni faire, ni défaire, mais je ne veux plus regarder, ni entendre. Il est vrai que je fais partie du monde, de ce monde, comme le flocon qui tourbillonne et disparaît, comme la graine qui germe dans l’obscurité en ce moment même, comme la mouche qui se cogne, encore et encore, contre la vitre, ou comme le souriceau – ah ! – qui m’épie de dessous le placard… mais moi, dois-je absolument prendre conscience de ce qui m’entoure, de la douleur, des guerres, de l’insatiable violence, de la cruauté sans fin ? Dois-je toujours soupirer du plus profond du cœur devant la souffrance, l’errance, le deuil, la mort ? »

Aujourd’hui, je veux rêver, rêver de blancheur et de calme, rêver de ré­conciliation et de pardon ; rêver que le cri est de joie, et les gestes de tendresse. J’aimerais que le monde fasse une pause, qu’il nous offre un instant où s’essouffle la violence, cesse la folie ; une heure où l’impatience de l’amour prendrait le pas sur l’urgence de la colère. Un monde qui se réveillerait dans un éclat de rire…

Je sais, je sais : je n’ai pas raison. On ne peut pas, on ne doit pas fuir ce monde que nous partageons tous, pour le meilleur et pour le pire. Le laisserons-nous aux plus violents, l’abandonnerons-nous aux porteurs de haine ? Notre place est là, en plein milieu, j’en suis convaincue, mais aujourd’hui, je m’absente. C’est juste un de ces jours où est tombée la fameuse goutte qui fait déborder le cœur : un autre massacre, une autre horreur, une autre victime.

Je sais : ce monde est aussi ­généreux, et à chaque instant, un sourire, un don, une main tendue transforment une vie lui donnant espoir et courage. N’avons-nous pas, chacun, reçu et donné plus que nous ne pensions possible ? N’avons-nous pas été accueillis quand nous étions seuls, soutenus quand nous étions trop faibles parfois pour continuer ? Et la beauté de ce monde ! Je vois la grâce dans le sapin qui ploie sous l’étreinte de la neige, l’harmonie dans la courbe de la colline qui se détache sur le gris du ciel ; j’aime la douceur potelée du nuage et la plénitude du soir, quand l’ombre voile peu à peu la lumière ; sans oublier la beauté de l’arc de pierre au-­dessus du porche et des lauzes grises de cette maison qui sait si bien se ­blottir entre prés et forêt.

Je sais : après cette longue ­journée, doucement triste, demain je vais refaire un pas en avant, revenir avec tous les autres, reprendre ma place. Parce que je l’aime, ce monde qui nous est donné, que nous avons façonné, dans son imperfection, avec son chaos, ses limites ; ce monde qui contient aussi mon chaos et mes limites. Parce que je suis sûre que nous pouvons, même un peu, même imperceptiblement, le changer, l’enrichir, le rendre plus aimant. Et que si l’on ne peut pas, il faut quand même essayer – même s’il y a des jours comme ça…


Joshin Luce Bachoux
Nonne bouddhiste, Joshin Luce Bachoux anime la Demeure sans limites, temple zen et lieu de retraite à Saint-Agrève, en Ardèche.

Source : La Vie

samedi 21 janvier 2012

vendredi 20 janvier 2012

Comme les cinq doigts de la main...

Je ne sais si vous me recevez cinq sur cinq. Je ne fais pas encore cinq colonnes à la Une mais je chemine en votre compagnie et vous en remercie.
Je souhaite vous faire entrer dans la grande roue des cinq éléments, pour sentir, cette année, l'énergie du Dragon qui est le cinquième signe du zodiaque chinois...

En attendant, voici quelques mots associés au chiffre cinq. 
Quel est celui qui vous attire le plus en ce moment ?
Célébrez le mot choisi (s'il est est négatif, cherchez sa partie positive) 
et envoyez-moi un petit retour sur la manière dont résonne ce mot dans votre existence.
Merci d'avance !


V



Humanisation
Développement, changement, transition. Position centrale. Individualité rayonnante.  Elévation, conscience, éveil. Inachèvement, imperfection. Inspiration.
Tiré du "Jeu des Miroirs" 

mercredi 18 janvier 2012

Poser un regard différent...

... et que nos yeux puissent transmettre la vision du coeur.

dimanche 15 janvier 2012

Au cœur du monde avec Philippe Mac Leod

Que l’Esprit t’envahisse. Qu’il devienne le fond de ta conscience, la fine pointe de ton attention, la clarté de ton regard, l’étincelle de chacune de tes pensées. Qu’il ne te quitte pas un seul instant et fasse de ta chair un membre du Fils qui grandit à travers chacun de nous. Dans l’épaisseur du monde comme en toi-même, l’Esprit avance sans visage parce qu’il veut épouser tes propres formes, ce visage humain que tu pourrais aujourd’hui lui refuser. Aussi est-il celui qui gémit (Romains 8, 26), celui qu’on oublie ou qu’on invoque à tout propos, en l’apostrophant au milieu de mille distractions. Mieux même que le chanter, je te demande de prier en lui, patiemment, de prier avec l’Esprit, de le laisser prendre la place qui lui revient : celle que tu occupes.


Chaque fois que tu sentiras se nouer la communion, l’Esprit est là, n’en doute pas. Chaque fois que naîtra d’un repli de ton cœur le don de l’un à l’autre, l’Esprit est là qui unifie de l’intérieur. Il invente des liens qui n’existaient pas avant nous, qu’il nous appartient d’affermir et de prolonger. Nous les nommons amour, mais sans bien en mesurer la portée ni l’étonnante nouveauté dans notre histoire. Lui qui instaure la paix, lui qui rassemble dans la perfection de l’unité, depuis l’origine il conduit l’univers à son terme, du Père vers le Fils et du Fils vers le Père.


As-tu remarqué, dans la Trinité, combien l’équilibre tient à l’unique Esprit qui demeure intérieur au Père et au Fils ? C’est par lui qu’ils sont un, c’est par lui qu’à notre tour nous devenons un en eux : « Père, qu’ils soient un comme nous sommes un » (Jean 17, 11). Aussi n’est-il pas bon de trop objectiver l’Esprit. La Trinité ne ressemble pas à cette association que tu imagines parfois dans un huis clos sourd à toutes les rumeurs. Parce que l’Esprit se donne et se révèle comme l’intime, il est celui qui ouvre, celui qui relie de l’intérieur, fibre à fibre, dans l’unité qui sous-tend la profusion du visible : plus qu’une personne, il fonde l’essence même de la ­personne, de toute personne, qui ne le devient que par l’intériorité qu’elle sécrète.


Recevoir l’Esprit-Saint nous consacre à notre tour comme sujet, nous introduisant dans l’unité de la Trinité par la profondeur de vie et d’esprit qui nous anime. Osons une perspective : l’Esprit, désormais, c’est nous. La troisième Personne de la Trinité veut prendre notre visage. Il doit en être ainsi. Les temps sont dirigés vers cette finalité...


Pardonne-moi ces expressions naïves ou prétentieuses, et ne retiens que la tentative passionnée d’une approche toujours fuyante, dont l’impuissance nous aide à mieux appréhender combien l’Esprit nous livre la vie dans son mystère le plus exaltant. Sa substance s’identifie à l’indicible qui nous échappe, tout ce qu’on ne peut pas limiter, ce que l’on ne saurait objectiver, le plus précieux, le plus subtil, le souffle même du vivant, ce que nous avons de plus intime, l’être de notre être, la source insaisie – l’inouï qui de l’intérieur nous déborde, l’au-delà qui nous fonde.


Tu sens bien maintenant qu’il ne s’agit pas tant de nous adresser à l’Esprit que de le reconnaître au fond de nous, au plus profond, à la racine, dans une sorte de transcendance intime, et de lui ouvrir la route, de le laisser nous envahir... Souffle, eau, feu, il ne se révèle que dans la fuite, l’insaisissable, le mouvement, qui jamais ne se prend lui-même mais entraîne tout à sa suite...


Source : La Vie

jeudi 12 janvier 2012

Accompagnons la marche... avec Pierre Rabbhi

En amont de la plus grande marche organisée dans l'histoire de l'humanité à laquelle Alter Eco participe avec des producteurs français et indiens en Inde en octobre 2012, des personnalités ont été rencontrées afin de réfléchir à un nouveau monde. Pierre Rabbhi nous parle de l'indispensable...


Source : Alter Eco