mardi 12 novembre 2024
Entrée dans l'hiver
lundi 11 novembre 2024
Sauvegarder...
dimanche 10 novembre 2024
Recherche en pause
Nous sommes tous en permanence à la recherche de quelque chose : le bonheur, la sagesse, le bien-être, l'amour, la beauté, le passé, un avenir meilleur, des biens matériels, une promotion, la connaissance, des amis, l'inspiration, de l'aide, la santé, une jeunesse éternelle, une perfection illusoire....
Mais quand nous arrêtons-nous pour simplement ressentir ces milliards de cellules qui nous constituent et sans relâche s'activent, pour entendre battre ce métronome infatigable: notre cœur, pour prendre conscience de tout ce que nos yeux nous permettent de voir et de faire nôtre, du brin d'herbe au cosmos infini, de tout ce que nos mains peuvent prendre, toucher, donner, créer, caresser?
Quand comprendrons nous que nous possédons Tout, par le simple fait d'être en Vie ...
Elisabeth Kuhn
peinture Sylvestro Lega 1826-1895 - La donna curiosa
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samedi 9 novembre 2024
Retournement
Q : J'ai besoin que Trump disparaisse, se retire, qu'il meure, ou qu'il se réveille au plus vite !
Byron Katie : D'accord. Et s'il faisait toutes ces choses, serais-tu vraiment heureux ? Étais-tu vraiment heureux avant même qu'il se présente à la présidence ?
Q : [long silence] J'étais plus heureux que maintenant.
K : Oh vraiment ?
Q : Il me semble que oui...
K : Comme par exemple ?
Q : Eh bien, maintenant je pleure à cause de ça, je ne dors pas de la nuit.
K : Tu n'as jamais pleuré et passé des nuits blanches avant ça ?
Q : Oui, pour d'autres raisons. Mais jamais à cause d'un président.
[Rires]
K : Alors, "J'ai besoin que Trump disparaisse, se retire, qu'il meure, ou qu'il se réveille au plus vite"...
Retourne-le : "J'ai besoin que mes pensées concernant Trump – son administration et ses supporteurs – j'ai besoin que mes pensées..."
Q : J'ai besoin que mes pensées disparaissent, se retirent, meurent, ou qu'elles se réveillent au plus vite...
K : Oui ! Se réveiller ! C'est la seule issue que je connaisse. Je ne connais pas d'autre issue. Même la mort n'est pas une issue, parce que si tu es mort, tu ne sais pas que tu es sorti (réveillé). Il n'y a pas d'autre issue que d'aller à l'intérieur. Et c'est tout.
Alors nous allons être poussés vers cela encore et encore et encore, de la manière voulue par l'amour.
~ Byron Katie (extrait d'une vidéo)
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vendredi 8 novembre 2024
Tout faire un peu plus lentement
Dans sa lettre d’octobre, Jacques nous invite à ne pas séparer dans notre quotidien « l’action, reliée aux intentions de l’être, et l’activité, orientée vers un but extérieur » ou encore « l’infaisable et le faire ». Pour ne pas se laisser emporter par l’activisme journalier, une indication est précieuse dans le zen : tout faire un peu plus lentement.
Indication donnée par K.G. Dürckheim à Jacques à la fin de l’une de leur première rencontre : « si vous voulez pénétrer le monde du zen, je vous invite, les jours à venir, à tout faire un peu plus lentement ». Il n’échappe à personne que la mode actuelle est à la performance, la vitesse et l’efficacité, quelle que soit l’activité.
Tout faire un peu plus lentement, avant de devenir un acte sacré, est un sacré apprentissage !
Je m’en suis rendu compte dans le domaine de la montagne que je connais bien ; j’ai pu sentir combien cette indication était finalement bien plus difficile à mettre en œuvre qu’une pratique habituelle, bien réglée et mécanique, basée sur la vitesse et la performance.
La montagne, lieu de contemplation par excellence, n’échappe pas à la règle. Trails, ultra-trails et courses diverses et variées fleurissent un peu partout dans les Alpes. Les yeux rivés sur le chronomètre ou la montre connectée, nous nous fions à ce que nous disent les instruments, et faisons peu de fi de ce que nous ressentons et de ce qui nous entoure.
Seuls comptent les chiffres que nous indique l’écran : gagner quelques minutes, quelques secondes, quelques mètres. Ces activités se situent principalement dans une optique crispée et volontariste, s’appuyant sur un instrument supplémentaire que l’on appelle « mon corps », au service des attentes et des objectifs du mental.
L’obsession du chronomètre, d’une distance à parcourir, d’une altitude à dépasser, c’est la toute-puissance du temps pensé et de l’espace pensé, ce qui se mesure, se contrôle, sur le temps vécu et l’espace vécu, insaisissable moment qui ne se goûte qu’au présent.
C’est la toute-puissance du mental et du corps outil sur la sensorialité du corps vivant.
Toujours ailleurs et plus tard, quand j’aurai accompli ceci ou cela … enfin la paix ? Rien n’est moins sûr.
Apprendre à ralentir, ce n’est pas s’engager dans une lenteur, mais juste ralentir un peu, très légèrement, changer ses habitudes, transformer sa mécanicité en acte plus conscient.
Cela ne se remarque pas de l’extérieur, ou à peine, mais intérieurement, il se passe quelque chose de très riche : l’initiation, l’invitation à la Présence.
Tout faire un peu plus lentement demande une grande attention, non plus aux instruments de mesure divers et variés, mais au corps, à ses rythmes et ses gestes vitaux.
Plus vigilant, plus à l’écoute de ma manière d’être, suis-je vraiment en train d’habiter ce que je suis en train de faire ? Etant présent à tout ce qui vient de l’extérieur, suis-je vraiment en train de répondre à ce que la situation propose, exige ?
Dans toute action, il est possible de redécouvrir et de nourrir une autre manière d’être, une autre relation au corps et au monde.
Par un retour attentif aux actions vitales, spontanées, naturelles du corps vivant, je peux commencer à sentir ce qui m’anime, me nourrit, me porte et me met en relation à ce qui m’entoure. Le corps n’est plus l’instrument du mental, mais devient le centre vital de l’action et donne sens, richesse et profondeur au geste pratiqué de manière plus juste ; plus juste parce que plus en accord avec les lois du vivant. Paradoxalement, cette démarche intime et intérieure me plonge au cœur de la relation au monde.
Quelles sont ces actions naturelles, spontanées qui n’ont rien à voir avec mon désir de performance ? Va-et-vient du souffle, rythme cardiaque ... Forme et tenue corporelles plus justes (les 4 attitudes dignes), actions sensorielles : ce que je sens, ressens, vois, entends …
Cette présence vitale est la source de ma vraie nature, en même temps que le lien qui m’ouvre à un regard neuf sur le monde, comme l’illustre ce dialogue rapporté par Jacques lors d’une promenade en forêt avec Dürckheim :
« - Jacques que voyez-vous là ?
- Je vois un arbre, un très bel arbre !
- C’est curieux, là où vous voyez un arbre, je vois un geste de la vie. »
Cela demande une grande vigilance de sentir que, quelle que soit l’action, je ne satisfais pas seulement une volonté d’utilité ou de mainmise sur le monde, que je ne maitrise pas qu’un savoir-faire, mais que l’activité engagée ouvre sur un savoir-être, une transparence à ma vraie nature. C’est ce que nous appelons dans le zen la pratique de la voie intérieure.
« L’exercice du savoir-faire est terminé lorsque le résultat extérieur est acquis, satisfaisant. L’exercice sur la voie commence seulement au moment où l’on sait faire ce que l’on a appris en pratiquant régulièrement ; l’exercice consiste alors en une répétition perpétuelle du même geste… » nous dit Dürckheim.
Cette indication peut nous sembler bien ennuyante, mais le mot -répétition- prend une tout autre signification si nous l’entendons dans le sens de renouvellement. L’épanouissement de l’être humain peut alors se trouver dans les activités les plus banales, et la libération du savoir-être se découvre au cœur même de la contrainte existentielle ; c’est la voie du zen.
Indubitablement et quotidiennement, nous sommes effectivement dans l’obligation de répéter des activités ayant un but extérieur certain, mais nous en oublions la plupart du temps le sens sacré : le contact avec la source de toute activité. C'est-à-dire la présence et la soumission aux actions corporelles vitales, impermanentes et infaisables, qui réactualisent notre manière d’être, nos gestes, à chaque instant, et nous maintiennent au contact de l’essentiel.
Seulement ainsi, soumis à un changement permanent, voulu par la vie, nous sommes une
Personne en devenir, interagissant avec l’Ensemble, un être « divinement humain ».
Si les lois du mental nous enferment dans un besoin de normes et de mesures, dans un savoir figé et limité à notre besoin de compréhension et de maîtrise de notre existence, les lois du corps vivant nous ouvrent à une connaissance illimitée ; illimitée parce que sans cesse renouvelée par l’acte d’être. Sortir de la banalité demande à prendre au sérieux l’instruction de tout faire un peu plus lentement, afin de faire l’expérience que « Le zen n’est pas un art de vivre, c’est devenir un artiste de la vie » D.T. Suzuki
Joël PAUL
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jeudi 7 novembre 2024
Une vie de ronces et de cours d’eau
Mais, tout d’abord, laissez-moi vous conter l’histoire de Zhongli Quan, l’un des plus célèbres des 8 Immortels…
Zhongli Quan : l’Immortel qui changea de voie
Enfant, Zhongli Quan était connu dans sa région natale pour les miracles qui se produisaient sur son chemin. Il était déjà apprécié, dès son plus jeune âge, pour sa sagesse extraordinaire. L’enfant grandit, et décida de suivre davantage une vie de militaire plutôt que ses aspirations spirituelles, tout comme son père l’avait fait avant lui. Rapidement, Zhongli Quan fut recruté par la cour de l’empereur, et nommé général. Il fut envoyé sur le champ de bataille par l’empereur Han, afin de combattre les Qiang. Au cours de ce combat, Zhongli Quan fut lâchement trahi par son supérieur, et subit une terrible défaite. Blessé, humilié, il se réfugia dans une montagne enneigée pour s’y laisser mourir.
C’est alors qu’une maisonnette de bois lui apparut, au milieu de la forêt. Sur son seuil se tenait un vieillard, vêtu d’une peau de cerf blanc. L’homme accueillit le soldat blessé, et lui offrit l’hospitalité. Leurs discussions, profondes et empreintes de sagesse, réveillèrent l’aspiration de Zhongli Quan pour la spiritualité. Il supplia le vieillard de l’aider à renouer avec cette part de lui-même, qu’il avait si longtemps négligée. L’homme accepta, et se chargea de l’initiation de Zhongli Quan au Tao.
Bien des jours plus tard, le vieillard poussa Zhongli Quan à quitter les bois pour réintégrer la société, en lui faisant promettre d’utiliser ses nouvelles connaissances pour le bien de l’humanité. Après avoir quitté la maisonnette et fait quelques pas dans la neige, Zhongli Quan se souvint qu’il n’avait pas remercié son hôte comme il l’aurait dû. Il fit demi-tour. La maisonnette avait disparu.
Zhongli Quan réintégra la société, comme il l’avait promis, et se consacra corps et âme à sa quête spirituelle. Il multiplia les miracles et les bienfaits sur son passage, changeant le cuivre en argent, afin de permettre aux paysans miséreux de s’acheter de la nourriture. Entre autres faits, Zhongli Quan fut celui qui montra la voie de l’illumination à Lu Dongbin, l’un des 8 Immortels.
Un jour, alors que Zhongli Quan méditait dans sa chambre, un mur de la pièce s’effondra, laissant apparaître une boîte en jade. Lorsqu’il l’ouvrit, Zhongli Quan y découvrit le secret de l’Immortalité.
Il devint ainsi Immortel à son tour, et rejoignit les cieux.
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| Une peinture de Zhongli Quan à la recherche de la voie du Tao, 15e siècle |
Lorsque les évènements nous soufflent la voie à prendre
Comme nous tous, certainement, Zhongli Quan a essuyé au cours de sa vie une terrible défaite. Je suis certain que nous avons tous et toutes déjà vécu un événement similaire. Un licenciement. Une trahison amoureuse ou amicale. Un projet qui nous tenait à cœur, mais qui n’a pas fonctionné.
Dans le cas de Zhongli Quan, l’Immortel a dû vivre une terrible trahison, suivie d’un échec cuisant, pour se rendre compte que la voie qu’il avait empruntée n’était pas la bonne. L’échec, vous en conviendrez tout comme moi, n’est pas agréable. Rare est celui qui parvient à se réjouir d’une défaite. Mais échouer, se tromper, qu’est-ce que cela veut vraiment dire ?
Est-ce une fatalité, un événement contre lequel lutter de toutes ses forces ? Ou, au contraire, une main tendue par la voie du Tao ? N’oublions pas, chers amis, le principe de non-agir. Principe contraire à notre envie de lutter contre les échecs. À nous battre, toujours plus fort, contre les évènements.Lorsque nous luttons contre ce qui nous arrive de plus malheureux, nous nous épuisons inutilement. Nous nageons à contre-courant, dans un torrent vif et impétueux. Au lieu de nous laisser porter par l’eau.
Le non-agir n’est pas de la passivité. Il s’agit simplement de ne pas forcer les choses. Agir en harmonie avec le flux naturel, comme un bateau qui suit le courant plutôt que de lutter contre lui. Avez-vous déjà fait l’expérience d’essayer de nager contre le sens naturel d’une rivière ? Si oui, vous connaissez ce sentiment d’épuisement qui vous gagne. La douleur et la fatigue. Le froid qui commence à ronger votre peau. Si vous avez déjà fait cette expérience, vous savez aussi le soulagement que l’on ressent lorsque l’on cesse de se mouvoir. Lorsqu’on accepte le sens du courant. Lorsque nous nous y abandonnons pleinement. Il ne s’agit pas de résignation, non. Simplement d’un choix de suivre le juste cours des choses. D’accepter l’évidence, au lieu de tenter de plier la réalité à la seule force de notre volonté.
La rivière est le Tao. Accepter son flux naturel est un soulagement évident.
Quand les échecs guident notre chemin
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| Peinture de Zhang Lu sur Zhongli Quan, début du XVIe siècle |
J’aime voir les échecs, les trahisons et les instants difficiles de notre vie comme des buissons de ronces qui poussent le long de notre chemin de vie. Qui nous empêchent de nous tromper de sentier, et, au final, de nous perdre. Qui nous mènent, avec plus de douceur que l’on pourrait le supposer, vers ce que nous sommes et voulons profondément. Une occasion précieuse de réorienter notre chemin.
Dans le Taoïsme, les échecs et les obstacles sont vus comme des courants invisibles dans le flot de la vie. Plutôt que de les voir comme des barrages, nous pouvons les percevoir comme des signaux subtils qui nous guident vers une voie plus harmonieuse. En accord avec notre vraie nature
N’oublions jamais, ami(e)s du Tao, que la voie est celle qui apparaît sous nos pieds. Sans forcer et sans acte de résistance. Tout comme la maison du vieillard est apparue devant Zhongli, alors que les ronces de ses échecs l’avaient poussé à s’isoler dans la montagne. Les échecs, les trahisons et les déconvenues de l’existence nous indiquent que nous ne nous trouvons pas sur le bon chemin.
Alors, peut-être, nous indiquent-ils où se trouve notre réelle place dans l’univers. Celle que nous connaissons, tout au fond de nous.
Mais à laquelle nous refusons de croire...
Charles Zhang
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mercredi 6 novembre 2024
Ma maison
Il n'y a pas de mur dans ma maison
mardi 5 novembre 2024
Malades par repli envers le futur
NOUS SOMMES MALADES EN RAISON DE NOTRE FUTUR
A cet effet, il importe de noter que Jung ne voyait pas seulement des causes à une maladie. Il disait que nous étions aussi malades parce que nous n’étions pas ce que nous étions appelés à être. Le dérèglement psychique ou physique porte un sens orienté vers le futur. En somme, nous sommes malades parce que nous ne répondons pas au potentiel créateur que notre inconscient abrite. Nous bloquons l’actualisation consciente de ce potentiel dans notre vie concrète. Aujourd’hui, j’entends cela comme le fait de ne pas exprimer ou manifester son essence individuelle, celle qui correspond aux élans naturels qui nous habitent et que nous avons le goût de manifester sur le plan de l’amour ou de la création. En tout cas, il me semble qu’une telle conception complète bien la vision causale. Pour sûr, il y a des causes à nos maux, toutefois, nous souffrons aussi parce que nous ne sommes pas en train de vivre ce qui nous rendrait plus heureux. Il s’agit d’accepter que notre organisme, grâce à l’intelligence qui lui est propre, nous le manifeste spontanément.
Cela étant dit, il n’y a pas d’intérêt à voir dans ces messages des commandes ou des ordres, il est plus juste de les concevoir comme des rappels de notre nature globale. Il y a un déséquilibre et notre être entier l’exprime par la maladie, simplement, directement, sans fard. Notre rôle est d’écouter ces messages, de tenter de les interpréter et d’entreprendre de changer d’attitude ou de comportement...
lundi 4 novembre 2024
Identifications à travailler
LA DESIDENTIFICATION EST UN DESEQUILIBRE (SUITE DE LA SERIE AUTOUR DU DESEQUILIBRE SUR LA VOIE)
il ne s’agit pas de travailler sur « l’identification », mais sur les identifications, les miennes, les vôtres. Et cela s’avère bien plus déstabilisant que de prétendre dissiper « directement » l’illusion de l’ego…
Nous en arrivons ainsi à cette notion de déséquilibre volontaire sur la voie.
Il importe de comprendre et constater à travers sa propre expérience que par nature , l’ego fuit tout déséquilibre et, ne pouvant l’éviter puisque le changement fait son œuvre, cherche constamment et en toutes circonstances à se rééquilibrer. C’est un réflexe immédiat , dès que survient la moindre amorce de déséquilibre, y compris des plus anodins.
Pour nous en convaincre, observons notre comportement quotidien, non seulement le nôtre mais celui de tous sauf exception.
Quelques exemples banals suffiront. Si, au volant, je commets une petite erreur qui me vaut un coup de klaxon ou un geste agacé d’un autre conducteur, vais je tout bonnement m’excuser ? La plupart du temps, je vais immédiatement réagir d’un autre coup de klaxon ou d’un autre geste agacé, ce alors même que je me sais en tort - si tant est que je puisse même être assez honnête pour le reconnaitre.
Si un proche, conjoint, enfant, me fait une réflexion , même très pertinente et bienveillante, à propos d’une maladresse ou erreur domestique, vais je immédiatement et sans broncher l’accepter et le remercier ? Non, la plupart du temps, je vais de suite me défendre, argumenter, dire que ce n’est pas grave, que je n’ai pas fait exprès, etc. etc.
L’usage des réseaux sociaux et notamment des « commentaires » met ce fonctionnement en évidence jusqu’à la caricature. X, souvent déjà sous le coup d’une réaction émotionnelle non conscientisée, poste quelques lignes exprimant son opinion ; Y, sans recul ni réelle réflexion, exprime de suite son désaccord ce à quoi, X, Z et W réagissent au quart de tour …
Autant de manifestations de cette universelle pulsion au rééquilibrage. Cette frénésie de commentaires et de polémique est d’autant plus piquante de la part de personnes se proclamant par ailleurs « éveillées » , suprêmement « détachées » …
En pratique, l’ego se tient constamment sur la défensive, prêt à bondir à la moindre des remises en question de sa perfection immuable. L’ego et le mental ne sont pas « de mauvaise foi » , ils sont la mauvaise foi. Laquelle mauvaise foi procède d’une tentative de rééquilibrage. Tentative pulsionnelle, aveugle et sourde.
Naturellement, cette pulsion de rééquilibrage à l’œuvre dans les plus insignifiantes péripéties du quotidien l’est d’autant plus que l’identification touchée s’avère plus importante, plus sensible, l’enjeu plus significatif.
Si la pulsion à me rééquilibrer suite à une remarque domestique - ou un commentaire sur Facebook- est forte, qu’en sera-t-il lorsque, à travers un échantillon plus sensible, c’est toute l’image que je me fais de moi même qui se trouve remise en cause ?
Car il s’agit bien aussi d’une question d’image. Chacun de nous avance pour ainsi dire avec un petit miroir tenu à bout de bras devant lui dans lequel il se regarde constamment afin de se rassurer. Miroir, miroir, dis moi que je suis quelqu’un de bien, dis moi que j’ai raison, dis moi que je sais, dis moi que je contrôle quand même …
Il nous est en vérité très difficile, sans travail conscient, de supporter tout écorchement de notre si chère image de nous même.
Notre obsession est de ne surtout pas perdre la face, y compris vis à vis de celui que nous considérons comme notre ami spirituel, sans parler du groupe et, au final, à y bien regarder , principalement de nous même. Le « masque » que « Swamiji arrache », c’est toujours celui de ce que nous prétendons être, d’abord à nos propres yeux.
C’est là une dimension de ce que Swami Prajnanpâd appelle « vivre dans son monde plutôt que dans le monde ». Le maintien, parfois envers et contre toute évidence, d’une certaine image de moi même parait indispensable à mon « équilibre ». Nous ne nous voyons pas a priori tel que nous sommes, c’est à dire en partie tel que ceux qui nous connaissent de près nous voient, mais tel que nous prétendons être et gare à qui prétendrait démentir cette construction à laquelle nous tenons comme à la prunelle de nos yeux.
Gilles Farcet
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dimanche 3 novembre 2024
Corps et Vedanta
Première évidence, le corps sera réduit en poussière, en cendres, décomposé. On ne peut donc pas le considérer comme une réalité ultime. Mais, deuxième évidence, ce «précieux corps humain» - ainsi que l'appellent les Tibétains - est indispensable pour progresser sur la Voie de l'Éveil. En fait, le corps est comparable au véhicule qu’on utilise pour faire la route, et qu'on abandonne quand le but a été atteint.













