vendredi 9 juin 2023

Goûter la saveur de chaque instant

 Mes chers amis,


Lors de la méditation dans notre jardin à Saint Maxire, nous avons essayé de goûter la saveur de chaque instant. 

Nous avons commencé par  goûter avec nos papilles gustatives de la moutarde, du chocolat puis de l'eau. Cela nous a mis dans le concret et vous pouvez préparer les ingrédients si vous voulez faire la méditation.

Nous avons ensuite essayé de goûter chaque instant. Chaque instant a sa propre saveur, une saveur insaisissable, toujours changeante, unique, jamais semblable à un autre instant.

Ce n'est bien sûr pas sucré, salé ou amer, quoique ne dit-on pas que l'amour est comme du miel et que la colère est un peu amère...

Le fait de goûter l'instant est un moyen d'être présent à ce qui est là, d'y être vraiment attentif, de réaliser que chaque événement nous fait quelque chose et c'est ce que l'événement nous fait qui lui donne sa saveur. Un événement semblable pouvant avoir une saveur très différente suivant l'état émotionnel, l'état mental, dans lequel nous sommes.

Il y a bien sûr des saveurs que nous préférons à d'autres.

Pouvons-nous goûter la saveur de l'instant du plaisir gustatif, du plaisir sexuel, de la possession, de la fin du plaisir, de la perte, de la souffrance, du compliment, du blâme, du jugement, de l'amour et du désamour

Tous ces instant ont un goût et une saveur particulière, osons les visiter, les explorer avant d'y réagir.

Je vous souhaite à tous une belle journée pleine de saveurs que je vous invite à découvrir, ainsi vous apprendrez peut-être à mieux les apprécier.

Philippe Fabri

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Emotion et "Possession"

 EMOTION ET « POSSESSION » (extrait du "carnet")

« L’émotion n’est jamais justifiée »  - Swami Prajnanpad

NB : le terme « émotion » est ici employé selon le sens spécifique que lui donne Swami Prajnanpad qui distingue l’émotion du sentiment. 


La puissance de l’émotion …

Ce fait, ce simple fait, évident, et cependant rarement vu, à la portée si peu mesurée : l’émotion, quand elle prend possession de nous, est si impérieuse, si dictatoriale …

A la vérité, sa force de persuasion est immense, donc d’autant plus redoutable. 

Il n’est pas exagéré dès lors qu’on prend toute la mesure de ce phénomène si banal, de parler de « possession » car c’est exactement de cela dont il s’agit. 

Dans le cas bien entendu de  « l’émotion » au sens très précis et spécifique que donne Swami Prajnanpad à ce terme. 

Dès l’instant, donc, où une émotion, quelle qu’elle soit, de quelque nature qu’elle soit, sur quelque sujet et thème qu’elle porte, quel que soit son ou ses déclencheurs « à l’extérieur » -  c’est à dire dans le courant des « conditions et circonstances » de l’existence- , dès l’instant, donc, où l’émotion survient en moi, en ma personne, je suis littéralement « possédé ». Un démon prend possession de moi, de mes facultés. 

Mon intelligence, mon cœur et jusqu’à mon corps physique sont « pris », réquisitionnés pour ainsi dire, mobilisés au service d’une force aveugle et mensongère qui m’ordonne de réagir : intérieurement, en entretenant des pensées inutiles et fausses, même si basées sur des fragments de « vrai » , extérieurement,  extérieurement en posant des pseudo actions que je ne pourrai que regretter ensuite, ; avec les conséquences desquelles, en tout cas, je ne serai pas en paix. 

Tout cela étant, il n’est donc pas excessif de parler de « possession », de puissance « démoniaque ». 

Il ne s’agit pas du tout de diaboliser l’émotion, de se juger en tant que sujet susceptible d’être possédé par elle, d’entretenir l’idée fausse (elle même relevant de l’émotion) que ce serait « mal » d’être pris par ce phénomène psycho- physique … Au final, le diable lui même n’a pas à être diabolisé ! Il fait son job et le fait très bien, voilà tout. 

Et quelle puissance, quelle emprise … dont l’immense majorité des humains n’est tout bonnement pas consciente  ! 

C’est bien là la force du diable :  il est le « prince de ce monde » mais presque personne ne le sait, ne prend la mesure de son règne … "Ne nous induis pas en  tentation"  … 

Si ce que j’écris s’applique à un être humain sérieusement investi sur ce que nous appelons la voie, enraciné dans une  pratique solide et soutenue, qu’en est il, d’abord de toutes celles et ceux qui se veulent « sur la voie » mais dont la pratique est encore faible, peu solide, occasionnelle et partielle ?  Et ensuite de l’immense masse des humains qui n’ont même pas idée de la nature et du rôle de "l’émotion"  ? 

Voilà bien l’un des secrets les mieux gardés au monde…  L’une des dimensions les plus « ésotériques » de ce que nous appelons la voie, et qui cependant est là, exposée à la vue de tous. Un « secret » si flagrant, si « public », qui saute tellement aux yeux … qu’on ne le voit pas !  Et donc qu’on n’en tient pas compte, ou si peu …

Si ce n’est pas de la « diablerie » ….

Eh oui, la vérité, si simple et effrayante, c’est que quasiment tout le monde vit, existe, fonctionne, travaille, aime, « décide »…  en proie à l’émotion, autrement dit sous l’emprise d’une force à la fois immense et insoupçonnée. 

Papa et maman sont dans l’émotion, mes petits camarades sont dans l’émotion, mon chef est dans l’émotion, mes subordonnés sont dans l’émotion, mon conjoint, ma conjointe est dans l’émotion, mes enfants sont dans l’émotion, mes frères et sœurs sont dans l’émotion, mon député est dans l’émotion, mon président et mon premier ministre sont dans l’émotion, le tyran psychotique qui joue avec le bouton nucléaire est dans l’émotion, le curé est dans l’émotion, l’imam aussi, et le rabbin et le swami hindou plein de zèle et le moine bouddhiste gonflé au calme … Même le néo védantin qui serine à longueur de journée qu’ « il n’y a personne » est dans l’émotion. 

L’Histoire (la « grande ») comme mon histoire (ma « petite » histoire) est pour l’essentiel une succession d’émotions et donc de réactions, bien entendu justifiées, argumentées jusqu’à plus soif … « Un conte plein de bruit et de fureur, raconté par un idiot et qui n’a aucun sens », comme l’a si bien et une fois pour toutes dit l’ami William (Shakespeare). 

Vue depuis le point « neutre » , il n’y a pas de « petite » et de « grosse » émotion.  Tout au plus des degrés. 

Oui, le malheureux ou la malheureuse qui cèdent à la  violence, le tyran persécuteur, le criminel endurci,  sont possédés par une « émotion » a priori plus « grosse » et aux conséquences plus dommageables que celle qui m’étreint quand j’en veux bien banalement à mon conjoint, à mon ami, à mon voisin et nourris quelques pensées négatives à leur égard … Oui.

Et l’émotion est l’émotion. 

Sachant que comme le dit si bien le proverbe, les petits ruisseaux font les grandes rivières. Au fond du bourreau, du tyran, du criminel, du « méchant », il y a, au départ, des émotions toutes ordinaires, certes récurrentes,  ressenties jusqu’au traumatisme irréparable à l’échelle d’une existence. 

 Chaque fois que je collabore avec l’émotion prenant possession de ma personne - étant entendu que, pendant longtemps, je n’ai pas le choix et c’est bien là un aspect de la tragédie - «Life, what a tragedy ! - Swami Prajnanpad »- je participe activement, que je le « veuille » ou non à la maladie de l’ensemble. 

Chaque fois que, me réveillant - mais par quelle grâce ? De par quel travail ayant cristallisé en moi ?- je cesse de collaborer, je participe à la guérison. 

Oui, il est possible, peu à peu, par une pratique soutenue, rigoureuse, bienveillante et fervente , d'émerger de la toute puissance de l'émotion, autrement dit de "mon" monde. Là réside l'authentique "sagesse", la réelle "liberté", l'"éveil" digne de ce nom - autre chose qu'une expérience, fût elle bouleversante. 

Et, voyons le en face  : l’immense majorité d’entre nous, y compris gagné aux "idées" spirituelles,  aime, mange, prie (allusion à un beau titre d’un joli film) possédé par l’émotion …

Gilles Farcet

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jeudi 8 juin 2023

Le trésor de la vie


Ne vous laissez pas leurrer par des techniques ! Il n'y a pas de techniques de démontage de l'ego. Il n'y a pas de techniques pour faire de Dieu la victime de votre avidité. Il n'y a pas de techniques pour s'emparer du réel. Il y a la possibilité d'une vie de rigueur, de discipline, de conscience. Mais n'attendez pas de quelque technique qu'elle fasse de vous des êtres conscients.

Peut-être y a-t-il des différences à constater entre les disciplines de conscience. Mais si nous restons dans le rêve et le sommeil, nous serons continuellement les victimes de nos mécanismes, de nos automatismes, et opposer à cela la mentalité moderne de la technique efficace serait une autre façon de perpétuer le rêve. 

Depuis toujours, il y a la même base à toute discipline. Si la finalité de l'existence c'est aimer, avant que de pouvoir aimer il faut être conscient, et ne peut être conscient que celui qui s'oblige à la conscience

De la même façon que le rêve, le sommeil semble être devenu notre nature, il faut s'obliger de telle façon que la conscience soit notre nature. Personne ne peut nous rendre conscients, aucun événement, aucune situation en particulier. Pourquoi ? Parce que tout veut nous rendre conscients, parce que tout aspire à la conscience, ce qui vit aspire à la conscience. C'est pourquoi ce n'est ni un événement ni une situation en particulier que l'on doit favoriser ou privilégier : tout est conscience.

Tout est conscience, tout aspire à sa propre reconnaissance. Et nous faisons partie de ce mouvement-là : tout doit être occasion de travail, tout doit être occasion de conscience pour  nous.

C'est le manque de conscience qui engendre la souffrance, qui engendre la destruction. Parce que c'est dans le manque de conscience qu'il y a l'irrespect de ce qui est, le manque de souci, de soin de ce qui est.

C'est pourquoi celui qui vit dans la conscience, on doit voir dans sa vie, dans ses actes, dans ses relations le souci constant du bien. Aujourd'hui plus que jamais des êtres conscients sont nécessaires, je ne donnerai aucune technique, je ne peux que rappeler l'obligation de conscience.

La vie est très courte, vous ne savez pas ce qu'il y avait avant votre naissance, vous ne savez pas ce qu'il y aura après votre mort. Ce que vous pouvez savoir aujourd'hui, vous le savez par le biais de l'existence, de ce qui n'était pas avant votre naissance et de ce qui ne sera plus après votre mort. Ce que vous savez aujourd'hui, vous le savez au travers de votre corps. Alors qui peut dire ce qu'il y a quand il n'y a plus de corps ? Mais au moment de partir, quand vous serez devant la dernière porte à laquelle nul ne peut échapper, c'est la vie tout entière qui vous posera une question : « Comment as-tu aimé ? » Vous saurez à ce moment-là ce que vaut votre existence. Vous saurez à ce moment-là si vous avez vécu. Vous saurez si vous appartenez au club des AA, les Amoureux Anonymes.

Seule une ouverture dans la conscience peut nous faire accéder à une qualité désintéressée de vie où nous n'aurons pas le souci de ce que nous allons récolter de notre vie après la mort.

Vous connaissez la fable du laboureur et ses enfants : il y a un trésor dans le champ, et on laboure, on laboure, et le trésor c'est le labourage. De la même façon il y a des gourous, des maîtres, des saints qui vous parlent d'un trésor, et vous labourez, vous labourez, vous labourez avec des tas de techniques, mais le trésor est dans le labourage.

Dans le zen, maître Dogen dit : « La pratique est l'éveil, et l'éveil est la pratique. » Et en français découvrir un trésor se dit « inventer un trésor ». Alors si vous voulez trouver le trésor de la vie, inventez la vie. Seule une conscience libre de l'ego et libre de l'intérêt personnel peut inventer sa vie.

Yvan Amar - Tisser le lien

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mardi 6 juin 2023

Entretien avec Hubert Reeves par Gilles Farcet


Poétique de l’astrophysique - 

(je continue à poster de précieux entretiens, parfois très anciens dans le temps comme celui-ci - voir la photo  !)

 Si Hubert Reeves ressemble aux astronomes barbus des bandes dessinées, son discours n’a rien de caricatural : ses propos séduisent par leur prudence, leur mesure et leur rare éloquence. A l’heure où science et conscience aspirent à se réconcilier, la démarche d’Hubert Reeves s’impose d’elle-même.


Gilles Farcet : Comme probablement la plupart de vos lecteurs, je ne possède que peu de connaissances scientifiques, et pourtant vos livres me fascinent. Leur succès ne proviendrait-il pas, entre autres, de notre désir de renouer avec le monde ?

Hubert Reeves : Oui, absolument. Il y a chez les êtres humains un besoin d’unité, un besoin d’appartenance qui est à l’origine de toutes les religions. Dans toutes les civilisations, on constate l’existence d’un certain système religieux. On pourrait, je crois, définir l’homme comme un « animal religieux ». Au XIXème siècle, un certain discours scientifique, le discours positiviste, a prétendu que les phénomènes religieux étaient des phénomènes d’infantilisme. Vous connaissez la fameuse pyramide d’Auguste Comte qui distingue l’âge de la religion (l’enfance), l’âge de la philosophie (l’adolescence) et l’âge adulte qui est celui de la science. Il fallait donc, comme on sort de l’enfance, sortir de l’optique religieuse, relationnelle, pour s’en tenir à une connaissance purement factuelle et nier ce que l’on appelait autrefois « l’ancienne alliance ». Cela n’a pas marché. Il est évident que la religion n’est pas morte. Il suffit pour s’en convaincre d’observer le renouveau religieux partout dans le monde ; renouveau qui se manifeste par les sectes, l’ésotérisme, le retour à l’Orient… Cette réaction vient, je crois, du fait que l’être humain avait l’impression que la science ne lui parlait plus de lui et de l’univers, sinon d’une manière tout à fait impersonnelle. Or, ce que la science moderne redécouvre et que j’ai essayé d’exprimer dans mes livres, c’est qu’elle nous parle aussi de nous : elle nous raconte notre histoire. La réalité, que l’on croyait éternelle, est en fait en changement et le scientifique se retrouve donc historien. C’est ce qui est arrivé aux biologistes qui ont découvert l’évolution : le chercheur s’aperçoit que c’est sa propre histoire qu’il est en train de découvrir. Il existe donc un discours scientifique qui redonne à l’homme sa place dans l’univers. On pourrait appeler cela une nouvelle astrologie : l’astronomie relie à nouveau l’homme aux étoiles, non pas en lui disant qu’elles déterminent sa vie mais en lui montrant que c’est à cause d’elles qu’il est apparu. L’homme descend des étoiles. C’est en ce sens que la science nous parle de nous. Je crois que c’est en partie cela qui a fait le succès non seulement de mes livres mais de beaucoup d’autres ouvrages, comme ceux de Carl Sagan. Je pense – c’est en tout cas ce que me disent mes lecteurs – que ce succès provient également du fait que je m’efforce de ne pas dissocier deux visions différentes de la réalité, la vision poétique et la vision scientifique. J’ai voulu montrer que ces deux regards ne sont pas incompatibles mais au contraire s’associent et qu’il est même très agréable de les associer ; on peut être rêveur, contemplatif, et ce sont là des dimensions importantes de l’être humain, tout en demeurant critique et scientifique, ce qui n’est pas moins important. L’intelligence y trouve son compte, mais aussi la sensibilité. Enfin, les gens me disent souvent qu’en lisant mes livres, ils se sentent intelligents, capables d’accéder à des domaines qu’ils pensaient ne jamais pouvoir aborder. Et cela fait en même temps le procès de l’éducation : il est curieux que l’éducation ait pour résultat que la grande majorité des gens ne se sentent pas intelligents… Un grand nombre de gens se jugent incapables de comprendre la physique et la chimie, après des années et des années passées au collège. Il y avait là un manque, et brusquement , ces mêmes personnes redécouvrent leurs capacités intellectuelles.

Gilles Farcet : Je voudrais revenir sur l’aspect poétique de vos livres. Certaines des expressions scientifiques que vous employez sont en effet très poétiques : vous parlez de « grand ailleurs », de « hasard bridé », de la « transparence de l’univers »… Le charme de vos livres n’opère-t-il pas particulièrement lorsque le lecteur non initié, comme moi, cesse de comprendre sur le plan du signifié et se laisse mettre en orbite par les mots, porter par le signifiant ?

Hubert Reeves : Je ne serais pas tout à fait d’accord avec vous pour dire qu’il ne comprend plus, car il y a une compréhension qui vient de l’image des mots elle-même. Si la poésie est inutile sur le plan analytique, elle se révèle par contre extrêmement utile sur le plan synthétique ; le choc des images peut être très efficace pour donner une image d’ensemble d’une réalité, même scientifique. Par exemple, j’ai longtemps cherché le titre de Patience dans l’azur. Je trouvais des choses comme L’évolution cosmique, L’histoire de l’univers… Et je me disait : « Non, ça ne rend pas tout ce qui est contenu dans un tel sujet ». Il fallait un titre synthétique, contenant de multiples résonances ; je voulais quelque chose qui parle du temps, du ciel, qui décrive une sorte de gestation, de croissance, etc. Et lorsque je me suis souvenu de ces vers de Valéry, ils m’ont paru beaucoup plus efficaces pour une compréhension d’ensemble que n’importe quel autre titre.

Gilles Farcet : Dans vos livres, vous montrez que la science frôle souvent les limites du langage et de la logique. Longtemps déifiée, la science apparaît alors dans sa fragilité…

Hubert Reeves : Oui, la science n’épuise pas la réalité ; elle n’est qu’un regard sur la réalité, lequel se situe à l’intérieur de certaines limites qu’il ne peut, par définition, dépasser. De nombreux scientifiques pensent encore qu’un jour la science expliquera tout. Cependant, même si vous arrivez à comprendre ce qui se passe dans votre tête en termes de réactions chimiques lorsque vous écoutez les quatuors de Beethoven, vous n’en avez pas pour autant expliqué le phénomène.

Gilles Farcet : Ne craignez-vous pas de voir votre livre accommodé à toutes les sauces ? Des gens pourraient utiliser certains de vos propos, se prévaloir de la caution scientifique de vos livres pour tenter de justifier les théories les plus fumeuses…

Hubert Reeves : Je prends les gens pour des grandes personnes et je n’essaie pas de les ménager. Le mieux que je puisse faire, c’est de leur dire les choses telles que je les vois. Ils en feront ce qu’ils voudront. En fait, Patience dans l’azur a été utilisé par des gens totalement différents. Les lecteurs ont tendance à trouver dans un livre ce qu’ils désirent y lire. Un jour, j’ai reçu une critique d’un groupe maoïste : ils trouvaient le livre fabuleux, y voyaient presque l’ouvrage qui fondait l’idéologie communiste et ils ajoutaient : « le seul tort de l’auteur, c’est de ne pas avoir cité Lénine » ! Évidemment, je reçois des lettres de quantité de curés, d’hindous, qui me disent que « cela prouve le christianisme » ou que « cela prouve le shivaïsme », etc. Tout cela m’est égal. Mais il y a par contre des choses que je refuse. Par exemple, il existe une ligue pour la défense de l’athéisme, du genre de celles qui fleurissaient au XIXème siècle. Ils se baladent en brandissant de grandes pancartes et organisent des expositions à la gloire de l’athéisme. Ils m’ont demandé la permission de citer des pages entières de Patience dans l’azur qu’ils considéraient comme un excellent plaidoyer en faveur de l’athéisme ! Je leur ai dit : « Non, je ne suis pas d’accord, car vous voudriez utiliser mon livre à des fins idéologiques et bien que je ne sois personnellement pas croyant, au sens traditionnel du terme, je respecte les croyances des autres et n’ai aucune raison de m’inscrire dans un tel courant, si virulent, si passionnel. »

Gilles Farcet : A propos de religion, Fritjof Capra a écrit Le Tao de la physique, un best-seller où il établit des parallèles entre certaines écritures orientales et les découvertes de la science contemporaine. Vous-même citez à plusieurs reprises quelques textes bouddhistes ou hindouistes. Croyez-vous comme Capra et certains de vos collègues que la science redécouvre actuellement des données autrefois perçues intuitivement et exprimées par les auteurs des Upanishads ou du Tao Tö King ?

Hubert Reeves : Sur ce point, je suis assez méfiant. Je prends beaucoup de distance par rapport à Capra ou à d’autres physiciens qui se situent dans ce courant, car je vois là une confusion dangereuse. A chacun sa religion, mais il me paraît excessif de considérer tout cela fondé sur la science. Pour moi, Les Upanishads, comme les traités de zen ou la Bible, ne sont pas des livres de science mais des ouvrages de sagesse. Ils n’ont pas été composés pour nous apprendre comment les choses se sont passées mais pour nous aider à vivre. Contrairement à ce qu’affirme la Bible, nous savons que le monde n’est pas né en sept jours ; mais cela n’a pas grande importance et les valeurs du christianisme ne s’en trouvent pas diminuées. L’erreur consiste à prendre ces textes pour des traités scientifiques. Capra a perçu avec raison l’existence d’une certaine sensibilité commune à la physique moderne et à la pensée orientale. Il n’est d’ailleurs pas le premier à le faire : Heisenberg, Niels Bohr, Oppenheimer ont remarqué cela avant lui. Mais Capra s’aventure plus loin en optant pour la sagesse orientale contre le cartésianisme occidental. Or, chaque civilisation me paraît avoir apporté des choses valables et aucune ne détient le monopole de la vérité ou de la sensibilité adapté à la réalité. Certains aspects de la physique sont effectivement proches de la vision orientale. D’autres, par contre, sont tout à fait occidentaux et rejoignent la pensée cartésienne ainsi que la pensée platonicienne qui demeurent très importantes pour ce que nous appelons la physique à notre échelle. J’éprouve donc une certaine sympathie à l’égard de ces points de vue, mais je trouve que Capra va trop loin et préfère m’en tenir aux propos de Heisenberg, Bohr ou Oppenheimer.

Gilles Farcet : Contrairement à Jacques Monod, vous attribuez à la nature un certain dessein, une certaine intelligence, tout en prenant soin de préciser que nous entrons là dans le domaine de l’interprétation, laquelle varie suivant le tempérament, la sensibilité…

Hubert Reeves : Tout le monde se pose effectivement cette question de l’intention dans la nature, mais les réponses apportées ne peuvent être que personnelles dans la mesure où deux personnes confrontées aux mêmes faits parviendront à des conclusions totalement différentes. Si vous possédez une sensibilité de type lyrique, poétique, mystique ou religieuse, vous serez porté à lire derrière tout cela une certaine intention et vous aurez raison de le faire : il s’agit de votre interprétation, en accord avec votre sensibilité. Mais cela ne vous autorise pas à ériger un bûcher afin de brûler votre collègue qui ne pense pas comme vous, car se serait retomber dans ce vieux dualisme du « vrai » et du « faux »… Cette notion de la « Vérité » constitue un défaut largement occidental et fait bien rire les Orientaux, surtout les adeptes du zen pour lesquels il s’agit d’une illusion. L’Église y est d’ailleurs pour beaucoup car la tradition scolastique a entretenu ce dualisme du « vrai » et du « faux » et les scientifiques n'ont fait qu’adopter cet héritage. Aujourd’hui, il arrive que des savants prennent en quelque sorte la place des scolastiques et jettent l’anathème sur tel ou tel… N’oublions pas que l’interprétation reste toujours personnelle.

Gilles Farcet : A la fin de Poussières d’étoiles, vous écrivez que le subjectif est bien plus important que l’objectif. Croyez-vous que l’intuition joue un grand rôle dans la carrière d’un physicien ?

Hubert Reeves : Absolument. Dans la recherche scientifique, l’intuition est fondamentale. La science se fait surtout avec des « flashes ». A un moment donné, on a une intuition, on comprend quelque chose. Après coup, on essaie de vérifier son intuition. C’est là qu’interviennent les tests, le laboratoire, mais on procède rarement de manière déductive. Au contraire, face à un problème, on se trouve complètement coincé, sans la moindre idée de la réponse et on essaie n’importe quoi. C’est exactement l’art d’Einstein qui s’y entendait à merveille pour mettre en question les choses à première vue les plus fondées, les plus logiques. Il faut beaucoup tâtonner, viser à l’aveuglette… L’intuition me paraît essentielle pour le progrès de la science, mais il ne suffit évidemment pas d’avoir des idées. Encore faut-il les soumettre aux tests…


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lundi 5 juin 2023

Ecriture centrée

 Après une première visite (enfin) au Louvre Lens, je vous partage quelques photo-montages de la galerie du temps.

La main a des yeux qui écoutent. C'est écrit dans ses lignes.

Bras-reliquaire de Saint Luc


Les 4 gardiens des 4 directions pour retrouver votre centre.

Haut-relief du socle d’un obélisque du temple de Louxor : babouins



Faire attention à la recherche du centre commun.

Écran de fenêtre (jali) à décor géométrique



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dimanche 4 juin 2023

Hommage au plus beau métier du monde

Je vous propose de passer un entretien d'embauche ! :


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samedi 3 juin 2023

Aller jusqu'au bout...

 Vivre délibérément - Vie non délibérée et passoire énergétique 

(extrait du "carnet" - Gilles Farcet )


« J’ai fait ce que j’avais à faire, reçu ce que j’avais à recevoir, donné ce que j’avais à donner »

Quantité de personnes que nous connaissons et aimons ne prennent pas du tout au sérieux la dimension de ce que Swami Prajnanpad appelait « deliberate living ». Elles n’en voient pas le caractère vital, crucial, ne font pas le lien avec la voie, alors même qu’elles s’y veulent sincèrement investies. 

Cette lacune se manifeste de bien des manières, la plus évidente étant qu’elles ne vont pas au bout de leurs « petites » actions quotidiennes. Elles ne font pas les choses attentivement, tranquillement et surtout jusqu’au bout, avec le souci du travail pleinement accompli, lequel, du coup, laisse en paix, unifié. Par exemple, elles ne lisent pas complètement les courriels mais les survolent. Du coup, elles commettent quantité de « petites" erreurs , certes pas « graves » mais qui consomment temps et énergie (le leur et celui des autres) en pure perte.

Par une implacable logique, les gens se disent « débordés ». Ils "n’ont pas le temps", courent, s’agitent… Comme ils ne vont pas au bout, ils ne sont jamais complètement unifiés, en paix, car au fond d’eux mêmes ils savent : je n’ai pas fait ce que j’avais à faire, donné ce que j’avais à donner, reçu ce que j’avais à recevoir ». 

Cette formule de Swamiji ne concerne pas seulement les « grands » désirs, accomplissements … Comment ne pas être une « passoire énergétique » quand on ne va pas au bout de ce qui nous est demandé instant après instant ? Et si on est une passoire énergétique, comment disposer de l’énergie subtile nécessaire à la maturation intérieure, à la transformation ? 

C’est un cercle proprement vicieux. 

Je me sens débordé, donc je vais vite, donc je ne prends pas le temps, donc je ne suis pas en paix, donc je suis fatigué, donc je veux que ce soit fini, donc … 

Quand je me souviens d’Arnaud sur cet aspect … Je le revois me disant « je suis en paix », après avoir été jusqu’au bout d’une action, même de détail. Là dessus comme sur pas mal d’autres aspects, il était impeccable. 

Bien sûr, personne - ni lui ni quiconque- n'est à l'abri d'un oubli ou erreur occasionnels. Par contre, quand la vie non délibérée est de fait systémique, la personne se voulant investie sur la voie se trouve dans la situation énergétique d'une réserve d'eau trouée par temps de sécheresse.

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vendredi 2 juin 2023

Bébé zazen

 Zazen ?


" C'est être assis comme un bébé est allongé dans son berceau !" (Michiko Nojiri)

C'est avec Michiko Nojiri San que j'ai appris et exercé la cérémonie du thé (ChaDo).

Cette indication - qu’elle énonçait à chaque leçon, lors du zazen inaugural - nous met à l'abri des représentations conceptuelles par lesquelles nous instituons mentalement ce qu'est le Zen et ce que peut bien être l'exercice appelé zazen (ce que des personnes qui ne pratiquent pas zazen s'autorisent à faire !).

Le zen, qui a influencé profondément toute la culture japonaise à partir du douzième siècle, est une recherche de l'appréhension directe du réel et de l'appréhension directe de notre propre essence.

Suite à une immersion dans le monde du Zen pendant une dizaine d'années, Graf Dürckheim est rentré en Europe convaincu que le Zen - dans ce que cette tradition de sagesse recèle d'universellement humain - pourrait influencer profondément la culture occidentale. À une condition : ne pas aborder cette Voie à travers notre entendement, c'est à dire la pensée, le raisonnement, l'analyse et comme c'est le cas aujourd'hui, en cherchant à objectiver ce chemin d'expérience et d'exercice par des mesures quantitatives.

Lorsque je contemple la photo de ce bébé je ne cherche pas à comprendre mais je VOIS ce que nous disait Graf Dürckheim. « Il y a deux approches du réel. L'esprit occidental PENSE le réel comme étant un ensemble d'objets ; l'esprit oriental VOIT le réel comme étant un événement, un ensemble de processus ».

Cette photo m'invite à relire ce qu'écrit Christian Bobin (1)

: « Les bébés sont les grands sages. Le vrai savoir est dans leurs yeux (...) C'est le visage même de la sagesse qui n'est pas un visage de savoir. Je comprends qu'on ait représenté le Bouddha sous des formes toutes gélatineuses de bébé.

Ils ont plusieurs vertus, ces gens qui ont très peu de jours. Une de leurs grandes vertus est de ne pas être aveuglés par un savoir. Ils regardent sans morale, sans philosophie, sans religion, sans aucune précaution. Il n'y a aucune distance entre leurs yeux et Dieu ou les anges, ou les atomes de l'air si on ne croit pas en Dieu ou aux anges. Les bébés sont à une cloison de papier de riz de la vérité. »

Quelques pages plus loin le poète qui, comme Monsieur Jourdain semble avoir pratiqué le Zen sans le savoir, ajoute : « Il y a un moment où chacun est obligé de comprendre d'une autre manière que par la compréhension analytique. Il faut peut-être comprendre par l'arrière de la tête, ou par ses yeux, ou par l'enfant qu'on était. Mais surtout ne pas comprendre par l'adulte qu'on se croit tenu d'être ».

Dans les années 1960 Graf Dürckheim écrivait :

« Si l'Occidental perçoit l'impasse à laquelle sa pensée l'a conduit, il reconnaîtra qu'il est vain d'essayer d'en sortir par les moyens mêmes qui l'ont créée. Si, par ailleurs, il renonce à la solution facile de la fuite, il sera obligé de prêter l'oreille à la voix de son être essentiel, insaisissable à la pensée objective ».

Quand et comment allons-nous arrêter de fuir l'essentiel ?

Les activités proposées au Centre Dürckheim incarnent la réponse à cette question. L'éveil de l'homme à son être essentiel, à ce que le maître zen désigne comme étant la vraie nature de l'être humain, la libération du vrai soi n'est pas dû au fait que l'homme soit bouddhiste, chrétien ou athée mais au fait qu'il est un être humain.

Jacques Castermane 

1 : Christian Bobin - "Le plâtrier siffleur" - Ed. Poesis

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mercredi 31 mai 2023

Le sentiment de séparation

La grande illusion dans laquelle nous vivons, c'est le sentiment de séparation !


Cette expérience de la séparation, nous la vivons et nous l'expérimentons comme solitude, et au cœur de celle-ci, nous revendiquons et réclamons d'être aimés, ce qui nous semble apparemment le plus logique pour sortir de cette solitude et de ce sentiment de séparation. Ce qui revient à revendiquer une appartenance, pour avoir le sentiment de ne pas être exclus. Nous vivons cela d'une manière tellement non formulée, non analysée que nous nous laissons complètement prendre par la contradiction que cette demande porte en elle.

Cette même personne qui souffre de la séparation, plutôt que de pénétrer le cœur et l'intimité, revendique immédiatement le fait d'abolir la séparation d'être aimée. Mais la personne qui veut être aimée va s'accorder l'importance suffisante et nécessaire par tous les jeux habituels que nous connaissons de l'ego pour être aimée. Mais quel est le processus sous-jacent? Nous souffrons de la séparation et cette contradiction se manifeste à notre insu. Cette même personne, cette identité séparée à laquelle nous nous identifions, cette entité veut être aimée sans se rendre compte qu'en étant aimée, elle est renforcée dans sa nature d'objet et dans sa nature de séparation.

C'est là qu'est l'ascèse.

C'est là qu'est le sacrifice.

C'est là qu'est le chercheur.


Le disciple de la voie se distingue de l'être ordinaire qui court d'amant en amant. Qui veut m'aimer ? Qui veut de moi aujourd'hui ? Qui m aime ? Nous voilà prêts à toutes les concessions, à tous les compromis pour être aimés et bien sûr nous sommes aussi prêts à aller sur les chemins de la spiritualité, voire de la religion. Et nous allons prendre Dieu au même piège de notre histoire. Nous allons prendre l'instructeur à ce même piège de notre histoire, et nous comporter devant lui de façon à être l'objet séparé digne de son amour.

Or l'instructeur authentique ne va pas nous aimer dans le sens courant du terme, il ne va pas faire de nous un objet aimé. Son souci, c'est de lever le mirage de la séparation, pas de nous perpétuer au travers de l'amour de l'objet séparé. Ce qui est important pour chacun de nous, c'est de reconnaître cela, de sentir une fois pour toutes qu'il vaut mieux ne pas être aimés et surtout qu'il ne faut pas tomber sur un instructeur qui va se mettre à nous aimer. La preuve flagrante de l'amour de Dieu, c'est qu'il ne se limite pas à un objet aimé. Quand nous crions son absence parce que nous ne nous sentons pas aimés, là est la preuve flagrante de son amour. L'amour authentique fonctionne autrement que de créer des êtres aimés, de faire des objets aimés. L'amour abolit la séparation.

L'amour amourifie.

L'amour ne rend pas aimé.

L'amour rend aimant.

Alors, derrière tout le jeu de notre ego, derrière toutes les stratégies habituelles, du manque et les multiples séductions que l'on connaît, il faut aller explorer l'illusion du besoin d'être aimé ! L'illusion de la séparation...

Yvan Amar - extrait de "Tisser le lien"


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mardi 30 mai 2023

La voie de la vie quotidienne

Emmanuel Desjardins nous donne rendez-vous le samedi 10 juin 2023 
pour un atelier à Bruxelles.

 

Concilier vie quotidienne et voie spirituelle selon les enseignements de Swâmi PRAJNÂNPAD et Arnaud DESJARDINS

La Voie de la vie quotidienne.

Les promesses de la Voie sont très attirantes : l'amour, la joie, la paix, la détente, etc. Mais notre existence est souvent faite d'émotions contrastées, de désirs et de peurs, de succès et d'échecs et d'une confiance en soi fluctuante. Comment utiliser ce champ d'expérience comme la matière première d'une véritable guérison spirituelle ?

La Voie de la vie quotidienne, c'est l'art d'utiliser notre existence telle qu'elle est pour se connaître et se transformer.

Là est la spécificité de l'enseignement de Swâmi PRAJNÂNPAD et d'Arnaud DESJARDINS dont Emmanuel DESJARDINS proposera un approfondissement durant cette journée.

L'approche ne sera pas théorique. Il s'agit de partir de l'implication des personnes présentes, avec des exemples concrets et des situations vécues, pour voir comment un chemin spirituel, réaliste et vivant, peut s'incarner dans notre quotidien.

Le but de cette journée est autant d'apporter une aide précise et concrète par rapport aux difficultés éventuelles que nous pouvons rencontrer jour après jour que de relier ces difficultés à une perspective spirituelle vaste, profonde et illimitée.

Qui est Emmanuel DESJARDINS ?

Emmanuel DESJARDINS est né en 1964. Après des études de sciences politiques et de sociologie, il commence à travailler dans le milieu de la culture à Paris. Depuis 1995, il travaille dans le centre spirituel Hauteville, fondé par Arnaud DESJARDINS, dont il assume aujourd'hui la direction.


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lundi 29 mai 2023

Esprit tendu

 Détendre son esprit par la bienveillance

Il nous arrive à tous d'avoir l'esprit un peu tendu et ce n'est pas quelque chose d'agréable. Nous souhaitons tous avoir un esprit détendu. C'est à partir d'un esprit tendu que nous risquons d'avoir  des paroles qui "dépassent notre pensée" et de réaliser des actes dont nous n'avons plus le contrôle dont les conséquences nous échappent complètement, notamment par la souffrance qu'ils pourraient engendrer.


Remédier à cette tension nous demande d'apprendre à orienter notre esprit d'une certaine façon.

D'abord en mettant notre corps, notre parole et notre esprit en harmonie, ou peut-être plus simplement en prenant conscience qu'ils ne sont pas toujours en harmonie. Cette dysharmonie est un refus d'une part de nous-mêmes, on veut être autrement qu'on est et cela crée une tension. C'est un manque de bienveillance envers soi. Donc commençons déjà par cette bienveillance pour nous-même, en acceptant d'être maintenant ce que nous sommes.

Ensuite nous prenons conscience que tous les phénomènes étant impermanent, il n'y a aucun refuge stable dans le monde phénoménal. Le seul véritable refuge que je peux trouver est dans ma véritable nature, ce plus grand que moi qui est moi, ma nature de Bouddha. 

C'est de nouveau une profonde bienveillance envers moi-même, d'avoir l'humilité d'accepter ma grandeur.

Et le troisième point est d'ouvrir son cœur aux autres, de réaliser qu'il n'y a pas de plus grand bonheur que d'apporter du bonheur à l'autre et de le libérer de sa souffrance. Que nous pouvons trouver un profond bien être à souhaiter et à voir que les autres sont dans la joie. 

Nous réalisons alors  que si notre esprit est orienté de cette manière, il est détendu, bien plus détendu que si nous souhaitons le malheur de l'autre, ou notre propre bonheur au détriment de l'autre.

Je vous souhaite à tous une belle journée dans la détente.

Philippe

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