vendredi 4 août 2017

La petite Castafiore capricieuse


Ouf ! Les courses de la semaine sont terminées.
Mon mari, ma fille et moi sortons de l'un de ces immenses supermarchés.

Mais, après l'effort, le réconfort ! De quoi j'ai envie ?
Qu’on se fasse un resto en famille. Tout le monde est d’accord à l’unanimité, parfait ! Il y en a un. juste là.

Nous voilà attablés, prêts à déguster ce moment tous les trois. Quand, tout à coup, des hurlements d'enfant envahissent mes oreilles! Des cris, des pleurs... Bref, un caprice comme on les aime bien! Les cris s'amplifient, et j’ai la très désagréable impression que ce n'est que le début de l’opéra de la petite Castafiore capricieuse !

Aux cris de « l’emmerdeuse ». je sens monter en moi une grande violence, car, à ce niveau sonore, ce n’est plus d’une enfant dont il s’agit, mais bien d’une « emmerdeuse » ! Dans les coulisses de ma tête, en apparence plus ou moins contenu, se trame un meurtre : « Elle va la fermer ou quoi ! Ce n’est pas croyable, ça ! Et sa mère, qu’est-ce quelle fout ? Elle ne voit pas que sa gamine gêne tout le monde ! Pas moyen d’être tranquilles » !

Cette mélodie secrète de haine prend corps en moi et, de la pensée aux gestes, les kilomètres se font courts !
À ce moment-là, j’entends la maman hurler à son tour: « Th veux rester là ? OK. Nous, on part. Je te laisse ici, je t’abandonne. Reste toute seule ! ».

À ces mots « je t’abandonne », les commentaires tueurs qui se déroulaient dans ma tête cessent immédiatement. Un point de la situation se fait en moi.
Quoi ? Je suis prête à tuer un enfant du regard, juste parce qu'il pleure, pour des cris ? Mais je ne veux pas ça, moi ! J’ai mal tout à coup d’avoir eu ces pensées !...

Mais, qui suis-je à cet instant précis ?

Quelque chose se retourne en moi ; quelque chose s’apaise, se pose.
Ce «je t’abandonne» résonne dans ma tête... Je le connais, ce goût de moi en bouche, je le reconnais !

En une seconde, je revois mes caprices d’enfant et ma pauvre maman qui menaçait de m’abandonner sur place. Je revis, dans l’instant, toute ma souffrance d’enfant qui voulait juste un câlin de sa maman et qui, pour être vue par elle, devenait la petite Castafiore capricieuse.

Je sens même ma maman, du haut de ses 19 ans, désespérée de ne savoir que faire pour que j’arrête de hurler et extrêmement gênée de ce caprice en public.
Non! Elle n’est pas capricieuse cette petite, et non, sa maman n’est pas une mauvaise maman.

Combien elle a mal, cette petite fille ! Mon Dieu, combien elle est désemparée, cette petite maman !

Mon corps pivote sur ma chaise en direction de la petite fille. Je vois ses deux petits yeux remplis de larmes de désespoir, perdue, ayant tout tenté pour attirer l’attention de sa maman.

Elle est si touchante cette petite fille ! On n’a qu’une envie, la serrer dans ses bras.

Elle tient son doudou dans sa main et là, je m’entends lui dire avec une délicatesse infinie : « Tu es fatiguée, ma chérie ? Comme il est beau, ton doudou ! ».

La petite s’arrête net de pleurer. Elle me regarde, elle me voit. Oui, on se voit toutes les deux. Plus aucun jugement dedans. Quelle tendresse !

Puis, je croise le regard soulagé de sa maman.

Sa petite copine de 2 ou 3 ans, qui a assisté à la scène, s’approche et me dit :
« T’as vu ? Z’en ai deux de doudous, moi. Ze peux te faire un bisou ? ».

Et elle me fait un bisou sur la joue.

Je suis un peu sonnée sur ce qui vient d’avoir lieu !

« Pas grand-chose en apparence » direz-vous ; mais un véritable miracle en moi a eu lieu.
Je suis lavée de ce vieux scénario.

Je me sens aimée... tellement aimée ! 

Marie
(source : Revue Reflets)

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jeudi 3 août 2017

En bonne voie !





La paix profonde. 

Certains évènements de notre vie, certaines émotions sont pensés et perçus comme étant des freins et des entraves à l'Unité, à la Complétude, au bonheur. 
Est-ce vraiment vrai ? et si le bonheur, celui qui ne s'altère jamais, ne dépendait pas de ce que nous vivions. Et si le bonheur n'était pas plutôt au cœur même de chaque expérience ? 
Et si l'Unité, la complétude n'était pas plutôt l'intégration totale de tous les aspects de notre vie ? 
Unité veut dire Un sans exclusion aucune. Tout, absolument tout ce que nous vivons est déjà pleinement accepté, accueilli même ce qui nous semble intolérable, même ce que nous voulons éviter à tout prix. 
Parce qu'il est est Vu clairement que tout est déjà là, dans une parfaite perfection qui, parfois, échappe totalement à la compréhension. Et pourtant cette Perfection est Confiance absolue en tout ce qui se vit, parce que c'est cela qui est donné, là, en cet instant. C'est le secret dévoilé. C'est l'Amour révélé. C'est la Paix profonde. Gratitude 

Marion Renault
cequiest.org

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mercredi 2 août 2017

En prendre de la graine !



extrait du documentaire de Linda Bendali et Sophie Le Gall 
« Que mangeons-nous vraiment ? De la terre à l'assiette » diffusé sur France 3 fin juin 2015 où est présent Éric Marchand, artisan semencier de Jardin'envie, adhérent des « croqueurs de carottes » et de Minga.

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mardi 1 août 2017

Joyaux...



La simple vie de chaque jour nous donne toute sa lumière puis s'en va, comme une invisible fiancée portant à son doigt une bague d'air, incrustée de silences scintillants...

Christian Bobin 

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lundi 31 juillet 2017

Intensité d'être



Ce ne sont pas des contenus qu’il faut transmettre. 
Les Dieux se rient de nos théories. 
C’est une manière intense d’être. 
Ce qui manque le plus à notre vie d’aujourd’hui, 
c’est cette intensité surgie de l’intérieur. 
C’est dans la rencontre de personnes vivantes qu’on en donne le goût. 
Chacun est dans une telle richesse ! 
Mais il faut que cette richesse soit réveillée. 
La transmission, c’est cette attention portée à un autre 
qui fait qu’en lui surgit le meilleur de lui-même. 

Christiane Singer

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dimanche 30 juillet 2017

Trois conseils pour emprunter le chemin de la liberté



1 Devenez qui vous êtes

Dans la tradition juive, Rabbi Zousia, un rabbin hassidique du XVIIIe siècle dit: « Dans le monde qui vient, lorsque je me présenterai devant le tribunal céleste, on ne me demandera pas pourquoi je n'ai pas été Abraham, Jacob ou Moïse ; la question qu'on me posera c'est : "Pourquoi n'as-tu pas été Zousia ?" » Le « Deviens qui tu es » passe forcément par un chemin d'acceptation de soi. Nous sommes désir de Dieu, chacun dans notre singularité. Il est vain de nous fantasmer autres. Ainsi, devenir véritablement qui l'on est, c'est faire place au divin en nous.

2 Comprenez qui vous êtes

Je suis habitée par la nécessité du sujet. Par le « Je suis » du Christ. Qui parle quand on parle ? À quel moment est-on vraiment soi en train de parler ? Nous sommes sans cesse agis par des choses : sans cesse objet, de nous-même, de nos émotions, de la pensée collective. Donnez-vous l'espace intérieur pour comprendre par quoi vous êtes mus et pour revenir au plus près de votre vérité. Il se déploie dans ma vie dans la solitude, par une heure de silence le matin, et par l'écriture quotidienne. Écrire peut être en effet un canal pour déposer, pour faire clair (« La vérité vous rendra libre », Jean 8, 32). Proust dit que « La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue, c'est la littérature. »

3 Prenez des risques

Dans un de mes livres, un de mes personnages dit que sauter dans le vide sans parachute est la seule façon de savoir que l'on peut voler. Comment connaître qui l'on est si l'on ne va pas à la rencontre de l'inconnu, si l'on ne prend pas de risques ? L'inconnu ce n'est pas forcément le voyage à l'autre bout du monde, mais le courage d'affronter des endroits et des situations qui nous bousculent, le courage d'aller regarder notre ombre, ou celui de s'engager dans l'amour. Le courage d'être créateur de sa propre vie. Le plus grand voyage qu'un homme puisse accomplir mesure 33 cm. C'est celui qui va de la tête au coeur.


source : La Vie
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samedi 29 juillet 2017

Le don comme accomplissement



« Et, finalement, soi, qu'est-ce que l'on aura accompli ? Qu'est-ce qui aura fait sens ? Avoir mis au monde des enfants, les avoir accompagnés, avoir planté quelques arbres, construit une maison, écrit quelques livres. Ce sont des choses qui importent, il est vrai, mais il me semble qu'il n'y a d'accomplissement que dans le don, et je me sens encore si loin de ce don. Le mot "pardon" vient du latin per-donare, la "perfection du don". 

Peut-être n'y a-t-il pas de plus grand don à autrui que ce pardon à soi-même. Se pardonner de s'être laissé blesser ; d'avoir blessé à son tour ; et de ce que nos existences honorent si peu l'infini des royaumes qu'elles contiennent. 
Ce n'est pas que la vie n'ait désormais aucun sens, c'est qu'elle n'a plus aucun sens connu. Qu'est-ce qui compte ? 

Dignité, manifestation, élévation. »

Extrait de Lorette, 
de Laurence Nobécourt,

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vendredi 28 juillet 2017

transmission d'un témoignage : Laurence Nobécourt

Longtemps, elle a écrit pour survivre. Pour nettoyer un passé marqué par la violence psychique. En 2013, au terme d'une longue errance spirituelle, elle connaît une véritable renaissance en retrouvant son prénom de baptême.

J'ai toujours parlé à Dieu. C'est à Lui que j'ai adressé mon premier texte abouti, une lettre. J'avais 17 ans, souffrais d'un chagrin d'amour, et estimais qu'Il était le seul interlocuteur raisonnable. Enfant, bien que je ne le nomme pas, je me sentais en lien avec autre chose, en toutes choses. Avec naturel, je m'adressais aux arbres, imaginais des mondes, me pensais en mission sur terre. J'ai même envisagé la vie religieuse. Mais cette soif d'absolu s'est vite cognée à une autre réalité. Ce que je voyais dans le monde des adultes ne concordait pas avec ma perception du divin. Cette distorsion a créé en moi une soif de vérité du verbe, un besoin viscéral que les choses qui soient dites soient ce qu'elles sont. Et que les choses qui sont soient dites.
Chez les soeurs ursulines, où j'étais scolarisée, je notais un écart entre l'amour exprimé dans les mots, et les actes. Même chose dans ma famille : lorsqu'un père se rend à la messe le dimanche, affirme qu'il n'y a rien de plus important pour lui au monde que sa femme et ses trois filles, tout en tenant dans le même temps des discours de haine, alors il y a distorsion. Et lorsqu'on sent que le regard posé sur soi n'est pas celui d'un père vous reconnaissant comme une personne, sa fille, mais celui d'un homme manquant de clarté, alors il y a distorsion. Quand une mère stipule qu'elle ne voudrait surtout pas être intrusive mais qui, en réalité, se place sans cesse dans le commentaire destructeur, alors il y a distorsion.
Je n'étais pas sujet, mais objet. Et c'est seulement des années plus tard que j'ai pris la mesure de ce qui s'était passé dans mon enfance et mon adolescence. Ces rapports incestuels sont comme des taches de mercure entre elles : tout s'amalgame et il est très difficile de parvenir à devenir qui l'on est. À se séparer. 
Mon choix de changer de prénom à l'adolescence n'est pas anodin. « Laurence » était peu à peu devenue « Laurette », surnom familial qui m'avait été donné et que j'ai décidé d'adopter par fascination pour les « lorettes », ces femmes dites de mauvaise vie, admirables pour mon jeune esprit rebelle. Choix qui fut sans doute aussi une manière de rendre hommage à Ève, une prostituée qui vivait en bas de chez mes parents, à Paris. Je descendais souvent voir cette femme au grand coeur. Ève me considérait comme j'étais. M'aimait vraiment. Ce chaos identitaire m'a entraînée dans une longue nuit qui a duré presque 30 ans, où je me suis brûlé les ailes. Consumée.
Pendant toutes ces années, j'allais très mal tout en l'ignorant. Je ne trouvais guère de sens à la vie, mais quelque chose me tenait de manière irrépressible : dans mes plongées obscures, je devinais qu'à la noirceur endurée correspondait un équivalent de lumière. Qu'elle brillait quelque part. Ce « relève-toi » battant au plus profond de moi a pris différents visages. La maternité en a fait partie. Quand l'idée du suicide assiégeait mon esprit, ma fille me ramenait à la vie : « Tu ne peux pas ne pas être là pour son biberon demain matin. » La littérature aussi a été salvatrice : il fallait que je vive pour continuer à écrire, pour aller au plus profond de mon expérience humaine en essayant de répondre à la question : qu'est-ce qu'un homme vivant ?
Mon eczéma est apparu lorsque j'ai été nommée « Laurette ». Il a duré plus de 40 ans ; s'est arrêté lorsque je suis retournée vers Laurence. Cette affection de la peau, criant ce qui était tu, a été un maître, puisqu'elle m'a incitée à chercher des réponses dans diverses traditions spirituelles. Je me suis tournée vers le soufisme, l'ésotérisme, le bouddhisme, la kabbale... J'en retiens aujourd'hui qu'elles nous mènent toutes à un même essentiel : l'Amour est essence et l'expérience majeure de l'existence. Aujourd'hui, mon rapport au monde n'est pas religieux. Il est spirituel. Le divin relève pour moi de l'évidence. Ce n'est pas que je crois, j'éprouve que Cela est.
Le jour où, en 2013, j'ai appris que Laurence, signifiait « l'or en soi » dans la langue des oiseaux, j'ai été bouleversée. Cette découverte a lavé « l'eau rance », stagnante, où m'avait enfermée mon passé. Dès lors, je me suis à nouveau présentée sous mon véritable prénom, avec cette sensation que des racines me poussaient des pieds. L'étymologie d'exister est ex-sistere : « se placer hors de », c'est-à-dire naître, mais aussi « se montrer, se manifester ». J'étais enfin à ma place. Depuis, je n'écris plus pour survivre mais pour transmettre. J'ai observé avec quelle puissance l'écriture sauve et guérit. Désormais, je la transmets aux autres à travers mes livres et les ateliers que j'ai créés.
Seul celui qui a été nommé peut commencer à aimer. Après plusieurs échecs amoureux, j'ai décidé de vivre seule. C'est une fois que j'ai été apaisée et que j'ai commencé à me fréquenter avec joie, que j'ai rencontré J., mon bien-aimé, à peu près au moment où je me suis réapproprié mon prénom. Pour la première fois, j'ai reconnu un masculin susceptible de « fixer » mon féminin. En me regardant comme sujet à part entière, cet homme m'a aussi aidée à me séparer de ma famille. Il m'a offert de découvrir l'amour authentique, qui est harmonie et vérité.
Récupérer mon prénom a provoqué une seconde naissance. Ma part intacte, inaltérable, sacrée, celle qui habite tout être vivant a retrouvé une place. La parole. Mon âme n'a jamais souffert d'eczéma ni de mélancolie. Je vais avoir 48 ans, j'ai beaucoup écrit pour nettoyer mon passé, et je peux enfin commencer à faire ce pour quoi je suis venue : me laisser entièrement habiter par le Verbe. Je ne vois pas de distinction entre le verbe écriture et le Verbe qui s'est fait chair. Tout mon cheminement spirituel s'est accompli par ce verbe qui engendre la séparation.
Plus le moi disparaît, plus je suis qui je suis, plus il y a de la place pour le divin. J'aspire à arriver jusqu'à cet endroit de la langue où le silence peut enfin se dire. Car dans le silence, Dieu se tient.

Les étapes de sa vie

1968 Naissance à Paris.
1994 La Démangeaison (Grasset) et naissance de sa fille Suzanne.
2002 Séjour à la Villa Médicis.
2004 Naissance de son fils Otto.
2007 Installation dans la Drôme.
2009 L'Usure des jours (Grasset).
2011 Grâce leur soit rendue (Grasset).
2012 Création des ateliers d'écriture « En vivant, en écrivant »
2013 La Clôture des merveilles. Une vie d'Hildergarde de Bingen, (Grasset).
2016 Lorette (Grasset), qu'elle signe pour la première fois de son vrai prénom.

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jeudi 27 juillet 2017

Soleil de connaissance





La connaissance de soi est une naissance à sa propre lumière, à son propre soleil. 

L'homme qui se connaît est un homme vivant.

Marie-Madeleine Davy

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mardi 25 juillet 2017

La contagion du changement avec Ilios Kotsou et Caroline Lesire


Nourrir l’espoir et s'intéresser au positif ne signifie pas avoir une vision idéalisée du monde ou ignorer les souffrances et les difficultés.




Comment donc, à partir de notre action individuelle, contribuer à mettre en place les conditions pour que la forêt grandisse et s'épanouisse ? Le changement est contagieux : diverses expériences illustrent la manière dont des spirales positives sont à même de s'enclencher à partir de petites émotions et gestes du quotidien. Lorsque nous modifions nos comportements et que nous décidons de mettre un peu plus de cohérence dans nos vies, cela a un effet sur nous mais également au-delà : nous influençons notre entourage direct ainsi que chacune des personnes avec lesquelles nous interagissons. Et cela, tant dans les grands moments de notre existence que dans chaque petite rencontre du quotidien.

Dès lors, se centrer sur les forces, les vertus, les qualités d'un individu ou d'un groupe, reconnaître les bienfaits des autres ou tout simplement nous tourner vers ce qu'il y a de mieux en chacun de nous est le ressort d'une spirale positive ascendante à même de transformer la société bien plus qu'on ne peut l'imaginer.


Prenons la gratitude : cette émotion qui renforce nos liens et nous connecte au monde est, selon le Dr Emmons qui a consacré sa vie à l'étudier, l'un des rares éléments de nature à apporter un changement mesurable dans nos vies et dans celle des autres. La gratitude naît en soi quand on réalise que l'on a reçu un bénéfice, un bienfait, grâce à l'action d'autres personnes. Nous reconnaissons par là nos liens et notre interdépendance avec les autres, nous prenons conscience que nous avons besoin les uns des autres pour exister. Comme le dit André Comte-Sponville, « remercier, c'est donner ; rendre grâce, c'est partager. » De très nombreuses recherches scientifiques montrent que la gratitude élargit les comportements positifs de celui qui a été aidé au-delà d'une simple norme de réciprocité. Par ailleurs, le bienfaiteur en bénéficie aussi : le sentiment d'utilité sociale qui voit le jour après avoir reçu des expressions de gratitude nous motive à continuer à nous engager pour aider les autres.
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lundi 24 juillet 2017

Trois pistes d'action pour être présents à nos vies


1. La détox digitale

Que peut-on faire pour améliorer cette présence à notre vie ? Pour nous affranchir, pair exemple, des dépendances digitales ?

—► Faire en sorte que notre premier geste de la journée ne soit pas d'allumer notre ordinateur et de consulter nos mails ou notre mur Facebook, mais de nous asseoir, de respirer, de méditer.

—► Prendre la décision, plusieurs fois par jour, de ne pas répondre au téléphone ou à nos mails et de simplement nous concentrer sur ce que nous sommes en train de faire au travail, avec nos proches.

—► Alors, avant de vouloir changer le monde, avant même de vouloir nous changer nous-mêmes, nous ferions peut-être mieux de commencer par revenir à notre intériorité, à observer ce qui s y passe, à choisir de nous en occuper et, à partir de là, de reprendre le cours de nos existences, en étant conscients et attentifs des choix que nous avons à faire.

C'est là que les changements commencent. En prenant seuls la décision de se rendre davantage présents à notre vie, nous nous rendons également plus présents pour nos proches, et c'est extrêmement contagieux.

2. Manger en pleine conscience

Lorsque nous sommes face à un plat ou à notre assiette, sommes-nous capables d'écouter notre corps et de nous demander : « Est-ce que j'ai vraiment envie ? Est-ce que j'ai vraiment besoin de manger ce qui m'est présenté ? » Est-ce qu'il faut que je force mes amis, mes enfants a finir ce qui est dans leur assiette ?»

Mais il y a aussi beaucoup d'autres choses à faire : chaque fois que possible, demander les plus petites portions. Militer pour que la tendance malsaine à surdimensionner les parts soit dissuadée. Tout seul, c'est compliqué, nous avons besoin d'associations qui prennent le relais, militent et rouspètent pour interrompre ces gâchis. Et nous devons les soutenir dans leurs actions.

3. Cultiver la gratitude, la générosité

Chaque jour de notre vie, nous rappeler que tous nos bonheurs viennent de ce qui nous entoure : gratitude ! Alors, chaque jour :

—► faire quelque chose pour un autre humain (un sourire, un réconfort, un don, une aide, une prière);

—► et quelque chose pour la Terre (l'admirer, la remercier, la protéger) ; ...

—► puis ne pas oublier de faire quelque chose pour nous (nous accorder un moment de plaisir, de tranquillité, de sens, en pleine conscience) !

Aimez tout : la vie est belle ! Et donnez beaucoup : elle est encore plus belle lorsqu'on partage !

Christophe André


dimanche 23 juillet 2017

Trois conseils pratiques pour se réconcilier avec la nature


1. Cultiver un potager

Si vous pouvez cultiver un jardin, lancez-vous. D'abord pour le rapport aux lois de la nature qui est extraordinaire. Les saisons nous enseignent la patience. En outre, cultiver un potager, ce n'est pas simplement produire ses légumes, c'est apprendre à s'émerveiller du mystère de la vie. Personne n'est capable de réaliser cette magie sinon la vie elle-même, avec cette subtilité, comme celle du corps humain. On plante une petite graine et, dans cette graine, il y a potentiellement des tonnes de graines. C'est magique que dans une petite graine endormie, insignifiante, il y ait une puissance de vie aussi considérable.

Cultiver son jardin, c'est aussi en quelque sorte un acte politique et légitime de résistance. Soit nous laissons les multinationales et l'affairisme planétaire nous nourrir en brevetant la vie, en nous rendant dépendants et en nous confisquant notre capacité d'assurer par nous-mêmes notre propre survie, soit nous cultivons nos jardins qui, en plus du bonheur que cela nous procure, nous relient aux forces vitales sans lesquelles nous n'existerions pas.

2. Incarner l'utopie dans nos choix de consommateurs

Nos choix de consommation sont importants. Cependant, chaque fois que je fais le plein d'essence, je donne de l'argent aux multinationales contre lesquelles je fulmine. Je ne peux nier les contradictions dans lesquelles je me trouve emprisonné. Nous sommes tous pris dans un système que nous ne cessons de récuser. Celui-ci, pour perdurer, a recours à tous les stratagèmes subjectifs et symboliques afin de manipuler, avec la publicité, les consciences et de produire du consentement. On ne vend pas seulement de l'usage, mais aussi du rêve et du fantasme. Le temps est venu de sortir de l'envoûtement pour incarner les utopies créatrices d'un monde tangible fondé sur la conscience.

3. L'amour pour changer le monde

Si l'on part du principe qu'il ne peut y avoir de changement de société sans changement humain, le travail que chacun peut accomplir est celui qu'il fait sur soi-même, sur sa propre transformation. Et un travail important à mes yeux consiste en l'incarnation de l'amour dans sa relation avec ses semblables, même si c'est difficile. ]e pense également qu'il faut être tolérant à l'égard des individus et ne pas juger trop vite les personnes, parce qu'elles sont probablement en voie de transformation. Par contre, je suis intransigeant et dans une protestation sans appel contre ce qui outrage le caractère sacré de la vie.

C'est à partir de nos microcosmes que l'on construira l'apaisement planétaire, en élaborant une harmonie toujours plus grande dans nos familles et dans nos couples. Chacun de nous dispose d'un espace dans lequel il est souverain et où son libre arbitre peut s'exercer pleinement. Il n'est pas d'autre force capable de donner à la vie sa plénitude et son sens que l'amour. Rappelons-nous de cette évidence.



Pierre Rabhi

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