vendredi 14 janvier 2022

Georges Colleuil et le Référentiel de naissance


 J'ai eu la chance aujourd'hui de pouvoir découvrir mon référentiel de naissance réalisé par Georges Colleuil, lui-même. Je peux témoigner de la justesse des propos qui m'ont été rapportés sur mon chemin de vie et du bien que cela m'a fait. L'hermite est revenu plusieurs fois dans mon thème...

Je vous propose ci-dessous le texte de Sabine Dewulf sur Georges Colleuil qui a écrit la préface de l'Oracle Alphamythique.

"Cela fait un bon moment que j’avais envie d’évoquer les deux personnalités qui ont si gentiment accepté d’écrire en exergue de notre oracle alphamytique (L'Oracle alphamythique - Sabine Dewulf et Antoine Charlet) : Georges Colleuil et Muriel Rojas.


Je commence, aujourd'hui, par Georges Colleuil, qui a rédigé pour notre oracle une très belle préface, dont voici un petit extrait : « L’oracle a par nature une fonction psychothérapeutique. Dans les processus proposés par ce jeu les lettres forment la chrysalide de l’être et nous enveloppent de chaleur et de force. Un sentiment de verticalité nous saisit. Les perceptions, sensations et émotions sont appelées à se développer dans notre corps et notre cœur à la manière d’une calligraphie qu’une main subtile viendrait tracer sur la peau tendue de notre âme. Voilà l’alpha et l’oméga de L’Oracle alphamythique. Tout commence par une trace de pas sur le sable et s’achève par un festin à la table des dieux. » 

Pourquoi avoir fait appel à Georges Colleuil ? Je ne l’ai jamais rencontré mais j’ai découvert un jour, aux éditions Arkhana Vox, « La Fonction thérapeutique des symboles - J'ai vu de la lumière noire...», qui est devenu l’un de mes livres de chevet. (Si je devais n'en garder que cinq sur une île déserte, je prendrais celui-là !) Alors impuissante à surmonter un passage douloureux, j’avais cependant le pressentiment que les symboles pouvaient m’aider. La lecture de cet ouvrage a été pour moi une véritable révélation. L’auteur y décrit d’une manière précise et approfondie la nature et les différents rôles du symbole dans le processus de guérison. Je puis affirmer que je ne serais pas devenue ce que je suis sans cette lecture qui m’a procuré tant de bienfaits. 


Si vous allez naviguer sur le web, vous verrez que Georges Colleuil n’est pas seulement le créateur très connu de la méthode du Référentiel de Naissance. Cet écrivain a bien plus d’une corde à son arc ! Né en 1950, il a rencontré Jacques Prévert, a fait du théâtre et du cinéma, a réalisé des courts-métrages, a écrit un grand nombre de chansons, a suivi des études universitaires de psychologie, de philosophie et de linguistique,  a enseigné les lettres et la philosophie, est également devenu psychothérapeute et formateur en communication, conférencier, directeur de stages.... Il s’est aussi beaucoup engagé en faveur de la solidarité entre les peuples, de l’alphabétisation, des enfants en souffrance et du handicap mental… Comme si cela ne suffisait pas, il a aussi créé le Festival du cinéma et du sacré et a lancé la revue "Expériences". 

voir son site

Qui plus est, il est l’auteur de son propre tarot, "Le Tarot de Marrakech", créé avec l’artiste Jean-Baptiste Valadié. 

Non seulement c'est un éminent spécialiste des symboles mais il est également l'un des rares connaisseurs de l'histoire et de la symbolique de nos lettres latines.       

Enfin, je peux enfin témoigner du fait que, malgré toute cette impressionnante carrière, toutes ces compétences et connaissances, Georges Colleuil a su demeurer profondément simple, respectueux de la parole donnée et généreux. 

MERCI."

Sabine Dewulf

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jeudi 13 janvier 2022

Bonne année par Gilles farcet

 

j’ai toujours aimé

entrer tranquillement

dans une nouvelle année



à l’abri

du bruit

des groupes

si aimables soient ils

 

à l’écart du tumulte

des vœux vociférés

de la gaieté

vraie ou forcée

des embrassades

des confettis en pluie

 

presque l ‘ignorer

ce passage convenu

 

presque faire

comme si de rien n’était

 

pas par snobisme

singularité affectée

 

je me réjouis

que d’autres

trinquent

dansent

soient ensemble

 

l’ensemble

je ne l’oublie pas

je lui paie mon tribut

toute l’année

et

à vie

 

alors au nouvel an

juste à deux

au coin du feu

 

endormi

bien avant minuit

dans le silence

des champs transis

 

rien de particulier

sinon l’amour ordinaire

en sa stupéfiante nouveauté


bonne année bonne année


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mercredi 12 janvier 2022

Porté par le fleuve


 Depuis mon réveil, je suis à genoux devant le Silence, le précieux silence du petit matin qui nait de la nuit profonde où toutes les lumières du temple d'argile se sont éteintes.

Le Fleuve spacieux, vivant, sacré, témoin de l’expérience de vivre, libre sans les ancrages du passé, coule gaiement dans mes veines. Je ne l’entends pas; je le sais, le sens; il me saisit, me guide vers des terres inconnues et fraiches loin des histoires du monde, sans peur, sans lutte, sans vanité, sans espoir, sans le jacassage incessant des êtres humains qui s’échangent leurs histoires. 

Le Fleuve gronde, s’étend, s’ouvre au ciel et éclaire l’aube rose. Je me donne à ce Fleuve qui me trace une route dorée vers le soleil rayonnant. Ses rayons dessinent mille images qui tracent une voie royale. Je suis la fiancée du fleuve qui m'aime.

- Betty

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mardi 11 janvier 2022

Vaincre la peur

Extrait de "Pour une mort sans peur" de Arnaud Desjardins - Le chapitre Vaincre la peur.


Après que Swamiji m'eut donné cet enseignement, j’ai regardé mes peurs d'une tout autre manière : mais comment est-il possible que je souhaite ce dont j'ai si peur et dont je voudrais tellement que cela ne se produise pas ? Et pourtant, si j'ai confiance en Swamiji, je dois penser que s'il est aussi affirmatif c'est qu'il sait ce qu'il dit. Qu'est-ce que je souhaite ? J'ai vu notamment monter en moi la peur de la mort de certains êtres. Ah! Alors je la souhaite cette mort ? Bien sûr qu'à la surface une voix crie: « Non, non, ce n'est pas vrai. » C’est la façon dont la surface essaie de nier, de réprimer encore plus la profondeur. Cela m'est arrivé, cela arrivera. J'ai eu peur de la mort de certaines personnes et il me semblait qu'elle serait terrible pour moi mais je me suis souvenu de l’enseignement de Swamiji. Alors, Courage !

Ouvrons-nous à notre propre vérité; et chaque fois, c’est monté comme une révélation extraordinaire - oui, une découverte pareille n'est pas une petite chose : C'est vrai ; j’ai peur de cette mort comme d'une chose terrible et au plus profond de moi, une part de moi la souhaite, est attirée. Cela me fascine, d'une manière ou d'une autre, quelle que soit la cause pour laquelle je veux que ce phénomène se produise. Je ne suis pas unifié, une part de moi refuse, je refuse mon refus et il se transforme en peur.

Pouvez-vous essayer d'avoir cette honnêteté, ce goût de la vérité et, disons-le, ce courage vis-à-vis de vos différentes peurs ? En quoi cette éventualité me concerne-t-elle, pourquoi est-ce que cela m'intéresse tellement ? Nous pouvons employer aussi le mot « intéressé ». Nous disons de quelqu'un qu'il est très désintéressé dans le bon sens du mot, c'est-à-dire qu'il n'introduit pas de motivation égoïste ou égocentrique dans une situation donnée. Il agit sans chercher aucun profit. Mais nous disons aussi qu'une chose nous intéresse quand elle nous passionne, quand elle nous attire particulièrement. En quoi suis-je intéressé? « Non, non, ça ne m'intéresse pas, au contraire, ça me fait horreur. » Mensonge !

Si l'un d'entre vous me dit: «Arnaud, j'ai peur de la maladie et de la mort. »-«Ah! en quoi et pourquoi cela vous intéresse-t-il donc tellement ? Cela vous passionne-t-il à ce point-là que vous en ayez peur ?» Oui. 


Personne avant Swâmiji n'était allé pour moi aussi loin dans les détails. Les 
réponses que j'avais obtenues ailleurs étaient toujours les réponses spirituelles classiques: * N'ayez pas peur, Dieu veut votre bien ; abandonnez votre destin entre les mains de Dieu ; vous ne savez pas ce qui est bien et ce qui est mal, d'un mal peut sortir un bien ; faites confiance absolument ; celui qui veut sauver sa vie la perdra, qu'importe de mourir physiquement si vous sauvez votre âme. » Certes les explications religieuses chrétiennes ou hindoues sont vraies et peuvent transformer radicalement une existence mais elles sont moins claires, moins percutantes, moins profondes que l'enseignement que j'ai reçu de Swâmiji.

Entendez-le : ce dont vous avez peur, c'est ce qui vous fait horreur ? NON, C'est ce qui vous passionne, c'est ce qui vous intéresse particulièrement, c'est ce par quoi vous vous sentez particulièrement concerné.

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lundi 10 janvier 2022

2022 : Ah… cueillir le bonheur !

 extraits de l'article 


"La joie fait entièrement partie de la vie, pas moins que la peine. Et chanter « quand même » est loin d’être une faute. C’est un devoir. C’est un devoir envers les autres, car si l’on s’enfonce dans le malheur, on ne répand que du malheur. Mais c’est aussi un devoir envers la vie tout court que nous avons reçue. S’il faut que la vie soit complète, pleine et entière, l’on ne peut pas, lorsqu’on en a les moyens, ne faire que pleurer ou se laisser happer par la misère tout court. Il faut tout autant s’essayer à rehausser les beautés de la vie, et la possibilité donnée absolument à tout le monde, quelle que soit sa condition, de la joie de vivre. Elle appartient à tous."

"Si l’on ne fait jamais l’effort de voir que la vie est tout aussi belle, heureuse, féconde, mélodieuse que laide, malheureuse, stérile, disharmonieuse, alors on joue le jeu de la laideur, du malheur, de l’avancée du désert, et du manque général de musique. On est « méchant » au sens fort. C’est-à-dire, suivant l’étymologie, qu’on ne sait pas – ni ne veut ? – saisir sa chance. "

"Cela ne revient pas à dire qu’il ne faut que chanter. La vraie vie, la vie pleine, est la vie où l’on sait qu’il y a tour à tour des pleurs et des rires. Où l’on fait tout pour pleurer avec ceux dont c’est le moment des pleurs, et pour rire avec ceux dont c’est celui de rire. Nous « blessons » sinon l’ordre des choses, en l’empirant à ne plus jamais rire, et en le perdant à croire qu’on peut ne faire que rire. Rires et pleurs, comédies et tragédies sont les deux faces d’une même médaille : la vie."

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dimanche 9 janvier 2022

Bonne santé !

 

Quand je bois le thé, je ne bois que le thé, et pas les idées, car le thé est une vérité merveilleuse, et moi aussi je suis une réalité merveilleuse. Je suis là, en contact avec le thé ; ces deux merveilles se rencontrent : la vie est là, l’amour aussi, la paix aussi. Si je sais comment boire mon thé, je suis vraiment présent et le thé devient réel, non plus un fantôme. Alors vous savez comment vous préserver, préserver le thé, préserver la planète. C’est l’amour, la pleine conscience, la liberté. 

Si vous êtes emporté par l’anxiété, la peur, la colère, vous n’êtes pas libre pour boire votre thé. Alors vous inspirez, vous ramenez votre esprit à votre corps, et vous savez que vous avez un corps merveilleux. Votre corps et votre esprit sont en harmonie, vous êtes en contact profond avec vous et autour de vous. Ce n’est pas une théorie ni une philosophie, c’est une pratique. Vous pouvez chérir cette vie : alors vous savez comment protéger votre vie et celle des autres. La liberté, la fraternité, la joie, naissent de la pleine conscience.

- Thich Nhat Hanh

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samedi 8 janvier 2022

Cheminement de transformation


Le cheminement intérieur que vous proposez unit psychothérapie et spiritualité. En quoi cela consiste-t-il?


Depuis plus de trente ans, je reçois des personnes engagées dans une démarche de transformation personnelle. Certaines viennent à la spiritualité au cours de leur thérapie, alors que d’autres décident d’entamer un travail sur les émotions car elles se sentent freinées dans leur cheminement spirituel par des blocages psychologiques. 


Le maître indien Swami Prajnanpad, qui avait constaté ce phénomène chez ses disciples, insistait sur le fait que pour aller plus loin il était essentiel d’entrer en contact avec notre vérité émotionnelle. Si toute pratique spirituelle mène à l’ouverture du cœur, il arrive le plus souvent que des émotions réprimées nous ferment le cœur. Pour vivre une transformation authentique, il est nécessaire de plonger en soi-même, d’entrer en contact avec nos émotions et nos peurs, de les accepter pour s’en libérer. Il ne suffit pas d’analyser nos émotions uniquement à la lumière de notre histoire, mais de voir comment notre sensibilité a été touchée, affectée s'est refermée à la suite d’une blessure, d’une déception, d’une violence, d’un abus... 


Il est essentiel de vraiment comprendre cela dans tout son être et pas seulement dans sa tête.


Christophe Massin - Revue Sources n°37


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Pour information : séminaire avec Christophe Massin, le 15 et 16 janvier





vendredi 7 janvier 2022

Simplicité

 


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"Rendez les choses aussi simples que possible, mais pas plus simples."

Albert Einstein

Dessin de Mark Addison Kershaw

jeudi 6 janvier 2022

Etre là


 "Pour être là, pour être écume à ce rivage

Rivage à cet endroit, soleil à ce matin

Cet ordre ou ce néant, racine ou vague ou pierre

Ou cette ortie encore au bas du mur, ce mur

Pour être ce qu’ils sont - rencontre, état, présence

Et signe avec l’espace et preuve avec le temps

Il faut que je m’arrête et que je les rassemble

Et que d’abord je sois et que je sois présent"


Claude Sernet 1902-1968  Les pas recomptés

Peinture : James MacKeown


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mercredi 5 janvier 2022

Une vie spirituelle

Le célèbre moine publie ses mémoires, Carnets d'un moine errant (Allary éditions). Il nous explique la nature profonde de sa spiritualité et le sens qu'elle a donné à sa vie.

Écrit par Pierre Morel (source Femme actuelle)


Écrire ses mémoires n’est-il pas en contradiction avec les préceptes du bouddhisme qui prônent la modestie et la lutte contre l’ego ?

Ce dont je voulais témoigner, c’est tout ce que j’ai vécu en orient auprès de mes maîtres. Je n’aurais jamais pu écrire des mémoires pour me raconter. J’ai voulu partager cette incroyable expérience de vivre en leur présence, d’écouter leurs enseignements, montrer qui ils étaient et ce que ça représente par rapport à nos critères occidentaux, aux gens qu’on admire habituellement, hommes d’État, millionnaires ou chanteurs. Mes maîtres peuvent-ils produire une autre source d’inspiration, et la partager peut-il avoir une utilité ? C’est mon espoir.

Il est frappant de constater combien ils sont drôles, blagueurs... à mille lieues de l’image qu’on se fait du moine, un peu solennelle.

Les Tibétains, en général, sont des gens très joyeux. Quand on demandait au dalaï-lama pourquoi il riait tout le temps, il disait qu’il contemplait le monde ordinaire, du gain, de la perte, de la renommée comme des jeux d’enfants. Ça le fait rire, parce que ce sont des choses un peu dérisoires par rapport au fait de devenir un meilleur être humain, de se mettre au service des autres, de remédier à la souffrance. Dans les textes tibétains, on utilise le mot « enfant » pour désigner ceux qui sont pris uniquement par les préoccupations mondaines. Rire n’empêche pas la gravité et la profondeur par rapport à ce qui mérite qu’on s’y consacre.

Vous dites être vraiment venu à la vie à 21 ans en rencontrant votre maître Kangyour Rinpoché. Étiez-vous déjà en recherche de spiritualité ?

Je m’intéressais beaucoup à la spiritualité de façon livresque. Le déclic, ça a été de trouver une tradition vivante. Avec une pratique vieille de 2000 ans. Cela a été au-delà de mes espérances, mais j’ai bien mûri ma décision de m’installer dans l’Himalaya. J’ai fait sept voyages avant de décider. On ne peut pas faire confiance à n’importe qui, n’importe quand, il existe de faux maîtres.

Qu’est-ce que vous avez découvert là-bas ? En quoi cette expérience a changé votre existence ?

C’est un chemin pour remédier aux causes de la souffrance, éliminer les poisons mentaux, l’animosité, l’obsession, l’arrogance, la jalousie, le manque de discernement. J’ai aussi approfondi mes connaissances, comblé le fossé entre les apparences et la réalité. Si on tente d’atteindre l’état d’Éveil, l’état de Bouddha, c’est pour pouvoir mieux aider les êtres à sortir de la souffrance. Je suis encore bien loin du but mais chaque étape vaut son pesant d’or et les progrès accomplis nous aident à mieux aider les autres.

Où pensez-vous vous situer par rapport à votre maître, que vous décrivez comme un homme d’une bonté et d’une bienveillance extraordinaires ?

Je me considère toujours comme un disciple. L’esprit du débutant est une attitude extrêmement salutaire. Je mesure tout ce que je dois à mes maîtres pour avoir donné du sens à ma vie, c’est déjà un progrès. Je mesure aussi que le chemin est long, mais ce n’est pas tellement la longueur du chemin qui est un problème. L’essentiel est d’être dans la bonne direction. Il ne faut pas faire preuve d’impatience, il faut être persévérant.

En tant que photographe, vous estimez aussi avoir un rôle de témoin ?

Oui, pour ce qui est des portraits de mes maîtres et des photos qui montrent la vie spirituelle. L’autre aspect de la photo, c’est de susciter l’émerveillement. Il y a beaucoup de photographes qui montrent la guerre, les famines. Ils sont nécessaires mais on finit par crouler sous l’horreur. Ce n’est pas cela qui fait la totalité de la nature humaine. Ce que j’appelle la banalité du bien, c’est que la majeure partie de l’humanité se comporte décemment. Je veux montrer la part de beauté de la nature humaine et celle du monde sauvage, pour susciter l’émerveillement vis-à-vis de notre monde.

Ce qui paraît paradoxal dans le bouddhisme, c’est l’isolement dû à la méditation et le lien avec les autres. Comment l’expliquer ?

C’est très mal compris. Il y a une image que j’aime beaucoup, c’est celle du cerf blessé qui se cache dans la forêt pour panser ses blessures avant de partir gambader avec les autres. Nos blessures sont l’ignorance, le renfermement sur soi-même, l’égoïsme. Avant de faire quelque chose pour les autres, il faut se transformer soi-même. Le but de la solitude n’est ni de fuir la société, ni d’être indifférent, c’est un temps de mûrissement et de formation pour mieux se mettre au service des autres. La méditation sert à se débarrasser de l’ego.

Vous avez publié Le Moine et le Philosophe avec votre père Jean-François Revel. Son succès a fait de vous un personnage médiatique. Comment concilier ce statut avec celui de moine bouddhiste ?

La première leçon est que cette célébrité est très artificielle. Vous passez dans cette étrange lucarne qu’est la télé et, soudain, les gens vous parlent dans la rue. Longtemps, je venais de mon Himalaya en étant inconnu. Puis les livres se sont enchaînés, les projets humanitaires. Je me demande parfois si j’ai bien fait. On me dit que je suis très médiatisé, le moine le plus célèbre de France… C’est un peu l’overdose, je vous assure. En même temps, ça me permet de partager des idées.

Faites-vous du prosélytisme pour le bouddhisme ?

Ah, non ! Je serais même honteux d’en faire. Je ne décourage pas les gens mais je ne les encourage pas. Si on me demande de trouver quelqu’un pour l’initier au bouddhisme, je donne quelques conseils…

Peu de gens sont capables de donner une définition précise du bouddhisme. Est-ce une religion au sens propre ?

C’est un vieux débat. Les philosophes disent que c’est une religion et les religieux que c’est une philosophie. C’est quelque chose qui permet de faire le pont entre les deux. C’est une philosophie profonde, complexe, que j’ai passé des années à étudier. Ce n’est pas une religion théiste, le bouddhisme réfute la notion de créateur et de cause première. Mais il y a une forme de transcendance. C’est en tout cas une spiritualité. Est-ce qu’on peut dire que c’est une religion ? Il y a des rituels de groupe, des méditations guidées très développées qui durent toute une journée. Il existe aussi un bouddhisme populaire où les gens n’ont pas forcément approfondi les textes philosophiques. Il y a plusieurs niveaux.

Qu’est-ce que vous diriez à quelqu’un qui voudrait devenir bouddhiste ?

Réfléchissez bien. Prenez votre temps, regardez les textes pour ne pas vous mettre entre les mains de n’importe qui. Surtout, pas de précipitation. Comme on dit au Tibet, frottez le caillou pour voir si c’est de l’or.

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mardi 4 janvier 2022

Laisser des cailloux sur le chemin



 « La véritable mesure du développement spirituel tient à la capacité d’un individu à gérer ses émotions destructrices, comme la jalousie et la colère, - pas à l’obtention d’états inhabituels par la méditation, ni à l’exhibition de prouesses physiques. »

Daniel Goleman

(source : Fabrice Jordan)




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Méditation astrale féline

 



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lundi 3 janvier 2022

Prêt à cueillir


 La santé ? La réussite ? Le bonheur ? L'amour ?

Rien de ce que nous nous souhaitons par nos bons vœux n'est acquis ni assuré. Pourtant, à nous de faire comme si cela était en notre pouvoir, non pour croire que nous avons ce pouvoir, mais pour être prêt à cueillir sur l'arbre des jours ces fruits.

Comme le jardinier qui n'est ni le champ ni l'arbre, mais qui aide pourtant la nature dans son travail de développement et de recyclage, soyons là pour cultiver au  mieux les fruits que nous voudrions récolter. 

Point d'attentisme en cela, mais un curieux mélange d'action et de patience, d'écoute et de parole.  Il ne convient pas ni de rester sans rien faire, ni de s'agiter sans cesse. Ni discours, ni gesticulation, mais une  présence, à soi, aux autres, une forme d'attention qui refuse de voir  passer les jours sans y prendre garde. Comme s'il s'agissait à la fois d'être extérieur aux événements, mais intérieur à leur écoulement.

Qu'au terme de l'année, nous puissions avoir le sentiment d'avoir été là, réellement présent plutôt que distrait ou négligeant face au temps qui continue quoi qu'il se passe d'être ce courant qui soit nous porte, soit nous emporte.

Tydé (Thierry Desbonnets)

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