samedi 30 octobre 2021

Tout se reçoit...


 


Si j’aspire si fort au détachement, comme un naufragé agrippé à une bouée, c’est que je sens que le cœur est assoiffé. Le matériel ne lui offre que de courts répits. Vanité des vanités, tout est vanité ! Vanité de croire qu’un magasin, aussi vaste soit-il, puisse nous rassasier. Illusion de penser qu’il suffit de prendre l’avion et de méditer une heure par jour pour que les traumatismes et les émotions perturbatrices s’envolent. 

Alors, qu’est-ce qui sauve ? 

Rien, peut-être ! À part accueillir, désarmé, ce vide. Impossible de bricoler à la va-vite des solutions palliatives au manque. Je me surprends à vouloir acheter la guérison et je visite le Bouddha ou le Christ comme on se rendrait chez un concessionnaire : « Bonjour, vous n’auriez pas un truc pour moi ? » 

Tout ne se donne pas… Tout se reçoit. 

Alexandre Jollien, Vivre sans pourquoi

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vendredi 29 octobre 2021

Mélodie intérieure


"Que tu sois environné par le chant d'une lampe ou la voix de la tempête, par le souffle du soir ou le gémissement de la mer, toujours veille derrière toi une vaste mélodie, tissée de mille voix, où de temps à autre seulement ton solo trouve place. 

Savoir quand tu dois intervenir dans le chœur, c'est le secret de ta solitude : de même que c'est l'art de la relation véritable : se laisser tomber de la hauteur des mots dans l'unique et commune mélodie."

Rainer Maria Rilke  1875-1926, Notes sur la mélodie des choses

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jeudi 28 octobre 2021

Saveur de fondre

 


Je suis 

vivante comme jamais 

et je suis morte, en même temps. 

C'est une absence 

étonnamment présente. 

À tout vivre dans la paix

je suis tombée dans un étonnement profond 

et je me suis laissée faire.

de plus en plus

de plus en plus profondément. 

Il y a 

cette saveur du Silence...

Une douceur

qui est là, en continu

C'est ce silence qui sait

C'est ce silence qui fait

Tu laisses cette fluidité agir

La vie s'occupe de toi

Tu n'as pas à porter ta vie

...

Yolande Duran


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mercredi 27 octobre 2021

Un banc de réflexions

 

S'étendre sur le dos par une belle nuit étoilée. De préférence en un lieu où l'horizon est bien dégagé, comme dans un désert ou sur la mer. Se voir et se sentir dans l'espace, parmi les étoiles qui nous entourent de partout. Et se dire: " je suis un habitant du cosmos"

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mardi 26 octobre 2021

Une pratique disponible...


"Quand les nombreuses empreintes mémorielles se réactivent, je reviens toujours à l’instant, sans aucune interprétation. Calmement, j’accueille l’instant, peu importe comment je l’interprète. L’instant est d’une parfaite précision, car, tel un miroir, il reflète qui je crois être.
Si les émotions me brûlent, je reste là, dans l’instant, sans bouger, sachant qu’elles sont passagères. Si j’ai l’impression que rien ne semble arriver, je reste là, de la même manière! Si tout semble évoluer ou se détériorer, je reste toujours là. Tout est vu comme passager. Habituée à gérer des excès d’agitation et de crispation, quand je ressens une impression d’ennui, je reviens à l’instant présent, où toute possibilité d’identifier un état vole en mille éclats.
Je reste là sans rien attendre, détendue, sans fuir, sans retour dans le passé, sans cette habitude de toujours puiser dans des références apaisantes, sans imaginer un futur réconfortant. En même temps, le corps me donne parfois un message de forte tension, provoquée par l’opposition entre mon ancien mode de fonctionnement (croire) et celui-ci (voir).
Me remettre continuellement dans l’instant désencombre le mental et me rend disponible pour voir."
Extrait du livre de Betty "La Fraîcheur de l'instant, la fin d'un rêve d'individualité".

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lundi 25 octobre 2021

La force tranquille du YIN

 Il est évident que l'accueil du moment, la présence et l'intériorité sont essentiels dans notre société actuelle frénétique et sans arrêt happée par les mouvements extérieurs.


L'hexagramme (2), dont le titre original est «La Terre», est l'opposé et le complément du précédent (Le Ciel). Tout comme lui, il est exclusivement formé de traits du même type, mais cette fois il s’agit de traits Yin. Grande réceptivité célèbre les vertus du «féminin-maternel» au sens large : entre autres, l’ouverture, la disponibilité, la discrétion, la stabilité, l’endurance, la souplesse. Cet hexagramme hautement favorable concerne les femmes, mais aussi tous les hommes suffisamment évolués pour comprendre que la souplesse et la douceur sont souvent préférables à la rigidité et à l’agressivité, et que le plus grand pouvoir de ce monde n’est rien si on le confronte aux forces qui régissent l’Univers et notre vie à tous. 

Alors que la rencontre avec le Yin advient naturellement chez la femme, les hommes doivent souvent accomplir un long travail sur eux-mêmes avant de réussir à intégrer et valoriser leur partie féminine. 

Seul le «Chef accompli» évoqué dans le Jugement, qui symbolise la virilité maîtrisée, préfère suivre plutôt que de se mettre systématiquement en avant, et se faire porter par le grand courant de la vie plutôt que de s'exténuer à toujours vouloir intervenir sur le cours des choses.

Source : Prendre les bonnes décisions avec le Yi King par Nathalie Chassériau

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samedi 23 octobre 2021

Yoga du mental

 

Par Gérard beaulet

Ce n'est pas avec le mental que vous réduirez les tensions générées par le mental.

N'essayez pas d'en sortir, mais vivez intensément ce qui dérange.
Déposez-vous sur votre tapis de yoga et goûtez la substance de ce qui se propose. Si c'est une tension, écoutez la tension et laissez la vivre, si c'est une émotion, écoutez l'émotion et laissez la vivre.
Laissez-vous tranquille, soyez obsédé par la tranquillité.
Bonne pratique 🙏
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vendredi 22 octobre 2021

Hommage



Mais quel est donc cet organe, ce petit petit muscle motorisé, qui se met à fonctionner quelques semaines à peine, après la conception et ne cessera de battre qu’au dernier jour de notre vie?

Tel un métronome infatigable, il marquera de son tempo, chacune des secondes de notre existence, et sur une évaluation de quatre-vingts ans, il battra environ, tenez-vous bien :
Quatre milliards, neuf cent soixante-seize millions et six cent quarante mille fois !
Bien sûr, il aura peut-être des ratés, des accidents, des fêlures, dont il ne se remettra pas; mais dans la plupart des cas, vaille que vaille, il continuera sa mission, aspirant le sang fatigué et l’éjectant vers les poumons qui dans une synergie parfaite vont l’oxygéner, le nettoyer, le purifier.
Mais ce cœur si précieux à travers lequel s’écoule tel un fleuve perpétuel, le sang de notre vie, de nos peines et de nos joies, de nos déchirures, de nos frustrations, de nos amours et de toutes nos détestations, ce cœur, le mien, le vôtre, garde sur ses bords, les alluvions de toutes nos passions et de toutes nos lassitudes.
Si léger et rêveur dans l’enfance, si bouillonnant à l’adolescence, si passionné en jeunesse et si raisonnable avec le temps, il devient gros, il devient lourd, il porte le poids de nos ans et continue cependant d’assurer vaillamment, avec son tic-tac d’horloge compteuse, la longévité de notre parcours...

Elisabeth Kuhn

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jeudi 21 octobre 2021

Résumés !

 

Un résumé de notre époque...

Le but résumé de l'enseignement...

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mercredi 20 octobre 2021

La pensée et le ressenti.

Quand nous sommes « absorbés » par nos pensées nous ne pouvons que difficilement ressentir notre corps. En plein débat philosophique demandez à celui qui parle de vous décrire la position de ses pieds. Il lui faudra plusieurs secondes pour pouvoir y répondre et ce sera au prix d’un petit effort de concentration.


La balance entre la pensée et le ressenti fonctionne comme une véritable balance, les deux plateaux ne peuvent être en haut en même temps, ni en bas d’ailleurs. Si la pensée travaille, son plateau est en haut et, automatiquement, le ressenti est au plus bas.

C’est de là que provient probablement la « distraction » légendaire des grands esprits, comme le professeur Tournesol, emportés dans leurs pensées, ils en oublient le réel.

On ne peut pas être dans la pensée et dans le réel en même temps.

Car les mondes de la pensée sont des mondes virtuels, non réels.

Si vous êtes centré sur votre corps, vos sensations physiques, votre rythme respiratoire alors vous êtes dans le présent. 

Votre corps est dans le présent, il ne se soucie pas d’avenir ou de passé, il est le présent. Il est votre ancre, vos racines, ce qui vous maintient stable dans le réel.

A force de vouloir « comprendre », de saisir au travers de concepts la réalité, nous vivons dans un monde parallèle, virtuel, une contrefaçon du monde. Une reproduction à la misérable échelle de notre cerveau.

Les connaissances de l’esprit n’ont pas de réelle existence et, contrairement à ce que nous imaginons, n’ont rien à voir avec la réalité. Ce sont tout au plus des analogies, des évocations, des allégories.

Même au travers du langage mathématique, pourtant réputé si précis, il ne s’agit que de représentations mathématiques du réel, pas du réel. Il s’agit d’un medium, d’un moyen intermédiaire et analogique, Il ne faut pas confondre la représentation d’une réalité avec la réalité elle-même.

Mais le monde est vaste, la conscience est infinie, contrairement à notre capacité à conceptualiser.

Je peux décrire ce que je ressens lorsque je plonge dans la mer, lorsque je ressens cette légère brise de printemps sur mon visage, lorsque je me laisse bercer par le bruit d’une cascade, lorsque la musique du Requiem de Mozart emporte mon cœur dans cette cathédrale ou bien encore lorsque je réalise à quel point je suis amoureux, mais nous savons tous le gouffre qui sépare ces descriptions, du vécu réel de la chose décrite.

On ne comprend bien qu’avec le corps, le ressenti, la perception fine des énergies qui circulent en nous et tout autour de nous. On aborde la conscience avec la conscience, pas avec des concepts.

Alors bien sûr la pensée peut être utile dans la vie de tous les jours, c’est un bel outil qui permet de résoudre bien des problèmes concrets, qui nous permet de communiquer ici par exemple, mais cet usage ne devrait pas prendre le dessus sur tout comme dans nos sociétés modernes et particulièrement dans tous les métiers qui n’engagent à aucun moment le corps.

Il s’agit de replacer les choses dans l’ordre où elles ont prévalu en 200 000 ans d’existence de l’homo sapiens.

Ressentir doit être le maître et penser l’outil, jamais le contraire. 

Je vous souhaite de ressentir, d’éprouver ou, pour le dire plus simplement, de vivre afin d’aborder le monde par le vrai et dans toute sa dimension. 

Cela vous permettra d’éviter le piège de se laisser enfermer dans la cage du mental qui réduit l’immensité à sa pâle représentation dans la petite boîte de notre cerveau.

La vie dans son immensité plutôt que la médiocre contrefaçon qu’en font les représentations intellectuelles et les imitations du langage.

Je vous souhaite d’habiter votre corps inextricablement, de ne jamais perdre ce lien.

Jean Antoine Arnau


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mardi 19 octobre 2021

Pour une existence consciente

 


Vient de paraître en ce mois d’octobre « Pour une existence consciente » d’Arnaud Desjardins.

Le présent ouvrage est la suite de « En communion avec vous, Lettres d’Arnaud Desjardins à ses élèves » publiées à titre posthume.

Une des particularités de la voie proposée par Swâmi Prajnânpad puis par Arnaud est de tirer parti des situations existentielles qui sont les nôtres et des répercussions qu’elles ont en nous. Ce qui fait notre réalité d’être humain – nos désirs, nos peurs, la gamme complexe de nos émotions et des pensées qui les accompagnent – est non seulement pris en compte mais utilisé, dans un processus graduel, comme matériau de connaissance de soi et de transformation.

Mener une existence consciente traduit l’expression « deliberate living » de Swâmi Prajnânpad. Grâce à cette lucidité accrue, tout est occasion d’un changement de perspective, d’un retournement possible à chaque instant au cœur même des aléas du quotidien et des remous qu’il suscite en nous.

Si Arnaud insiste tant sur la pratique de la vigilance, c’est parce qu’elle est la clé qui nous conduira au but : découvrir en nous l’Être, la Conscience, ce qu’il appelle « la Vie au-delà du temps » - la découverte d’un autre niveau de la réalité. 

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"Etre disciple sur la Voie, c'est être à la fois celle qui comprend que tout converge vers le lâcher-prise, celle qui ne peut pas lâcher prise et celle qui rassure peu à peu les peurs, celle qui prend gentiment par la main l'égo, le pauvre égo qui espère, se trompe, souffre.

En communion avec vous."

Arnaud


Je vous mets d'autres extraits prochainement

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lundi 18 octobre 2021

Vie si précieuse...

 


”Nous aimons si peu, ou si mal, avec une moitié de nous-mêmes et nous aimons chez l’autre quelques morceaux choisis, les plus connus, ceux qui font le moins peur. C’est si rare d’aimer quelqu’un entièrement, ce qui nous plaît et ce qui ne nous plaît pas, c’est si rare d’être aimé entièrement avec nos creux d’ombre, nos torses de lumière.
J’avoue que j’ai vécu, j’avoue que je suis blessée, mais ces blessures sont aussi ma beauté. L’amour, c’est ne plus avoir besoin de se cacher, de dérober à l’autre son plus mauvais profil, pouvoir enfin se montrer nue à quelqu’un qui n’en profitera pas pour affirmer sa puissance.
Être nue dans un regard qui respecte notre force et notre fragilité, tout est si précieux, si éphémère…
Tout ce qu’on fait sans amour est du temps perdu, tout ce qu’on fait avec amour est de l’éternité retrouvée...”
Jean-Yves Leloup