samedi 24 août 2019

Ecologie intérieure avec Annick de Souzenelle


La crise écologique est intrinsèquement liée à la transgression des lois ontologiques, assure la théologienne Annick de Souzenelle. Sans travail spirituel, pour retrouver et harmoniser racines terrestres et racines célestes de l’humain, il serait impossible de la stopper.  ....

Comment voir le corps dans cette perspective ?

Le corps de l’Homme est inséparable du corps du cosmos. Ce sont les deux pôles d’une même réalité. Nous ne connaissons de notre corps que ce qui est étudié en médecine, en faculté. Mais notre corps physique n’est que l’expression qu’un corps divin, profond, ontologique, et c’est celui-ci qui est malade. Lorsque l’on veut traiter un malade, la médecine officielle ne traite que l’extérieur, le côté concret. Elle est en train en ce moment d’éradiquer l’homéopathie, qui travaille au contraire sur la cause profonde, car quand un organe est malade, c’est qu’il y a un court-circuit dans la cause profonde, dans l’organe ontologique de l’Homme, dont l’organe que nous connaissons n’est que l’expression. Si l’on ne va pas toucher à ce très subtil, il n’est pas suffisant de travailler sur la seule dimension extérieure.
Il arrive que des personnes racontent leur traversée de la maladie comme une initiation. Toute épreuve peut être la source d’une évolution énorme. L’épreuve n’est pas la même chose que la souffrance. 


Cela peut-il qualifier ce que la Terre vit actuellement ? 

Nous l’avons rendue malade, oui. Nous avons détourné les cours d’eau, trafiqué des éléments naturels. On trafique la Terre comme si elle était une chose. On n’a plus aucune conscience qu’elle est ce corps divin de l’Homme. Le traitement qu’on fait aux arbres, à toute la culture, est diabolique dans le sens que cela « sépare ».
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vendredi 23 août 2019

Cela se fait...



Question :
" Quand je vous entends, j’ai envie de ne rien faire. Pourquoi agir, pourquoi faire une chose plutôt qu’une autre, puisque après tout il n’y a aucune raison à rien ? "
Eric Baret :
" Tout ce qui vient du manque, du désarroi, ramène au désarroi. Tout ce que l’on fait pour se tranquilliser, pour se calmer, porte en soi le germe du désarroi, de l’agitation. Quand je fais corps avec cette intuition qu'il n’y a plus rien que je veuille parce que je sais que tout ce que je pourrais vouloir me ramènera à mon désarroi, un espace de disponibilité se crée. Dans cette disponibilité, la nature des choses – qui est dynamisme-, la nature de la vie entre en action. On fait, on agit, on pense sans plus d’intention. Là, le sens sacré, le sens profond des choses devient vivant. On s’investit dans des projets qui, d’un certain point de vue, peuvent sembler absurdes, mais on le fait totalement, on le fait pour le faire. L’instant d’après, on fait autre chose. Ce ne sont plus des projets pour se trouver, mais des projets par amour. "

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jeudi 22 août 2019

Retour au centre et à la terre



Les sagesses anciennes ne peuvent pas nous aider à comprendre les impasses dans lesquelles nous ont engagé les systèmes économiques modernes et à les déconstruire.
En revanche, les grandes traditions et les sociétés traditionnelles peuvent nous enseigner un certain art de vivre, le « bien-vivre » latino-américain. Elles peuvent nous aider à rompre avec notre modèle de développement, à revoir notre façon de penser le développement et le progrès. Le bien-vivre concerne tous les aspects de la vie : réapprendre à bien s’alimenter, à mieux communiquer, à partager, travailler, se soigner, mais aussi danser, dormir et respirer. Il s'agit de remettre au centre les conditions de reproduction de la vie, et non plus celles du capital.
Mes expériences de vie dans des sociétés traditionnelles, au Ladakh particulièrement, m'ont permis de comprendre qu'il est possible de vivre une vie sociale, culturelle, spirituelle et même matérielle plus riche. J’ai vu un peuple pour qui la paix de l’esprit, la joie de vivre, sont réelles. J’ai vu comment une vie communautaire et une relation étroite avec la terre peuvent favoriser un enrichissement de l’existence sans commune mesure avec ce qu’apportent la richesse matérielle et le progrès technologique. J’ai appris qu’une autre voie était possible.
Helena Norberg-Hodge
(source : revue Alliance n°28)

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mercredi 21 août 2019

Se renouveler sans cesse...

 Clés - Octobre 2011
Par Marc de Smedt

Et si chaque geste que nous faisions était le dernier de notre vie ? Quelques deuils récents, dont ceux de David Servan-Schreiber et Arnaud Desjardins (que l'on meure de longue maladie ou de façon accidentelle, le choc de l’absence est toujours aussi fort), m’ont fait méditer sur notre propre façon de vivre : sommes-nous assez conscients que tout peut s’arrêter d’un coup, au moment où l’on s’y attend le moins ?

Loin d’être désespérante, cette pensée devrait nous amener à nous forger une philosophie de l’existence basée sur la lucidité de l’instant qui passe et sur le bonheur de le vivre, Chacun porte son propre labyrinthe intérieur, engagé dans une foule d’activités plus ou moins voulues, dont le déferlement nous abrutit souvent plus qu’il ne nous éveille - cette période de rentrée le prouve amplement.

Alors réagissons. Dès le petit matin, mettons le cap sur la gratitude : je me réveille angoissé par ce que j’ai à faire ? Eh bien, je respire un bon coup, content de pouvoir le faire, et remercie ce nouveau jour qui m’est donné,., pour la première fois de mon existence, par définition ! Ai-je le corps perclus de lourdeurs, voire de douleurs diffuses ? Je ne m’enferme pas dans mon armure caractérielle mais secoue tout cela en faisant quelques exercices de gym, du jogging, du tai-chi, ce qui me fait du bien. Les habitudes du quotidien me pèsent, toujours les mêmes choses à accomplir, les mêmes têtes, les mêmes petites histoires, les tâches sempiternelles dans leur ronde lassante ? Je métamorphose tout cela en m’intéressant aux gens et aux faits, en essayant de faire progresser les situations et les mentalités.

Mère Teresa disait : « Ne laissez personne venir à vous et repartir sans être plus heureux ! » Au lieu de nous engluer dans les racontars, essayons donc de nourrir des conversations qui vont plus loin en approfondissant notre écoute et en proférant des mots bienveillants. Et trouvons du plaisir et de la nouveauté dans la moindre de nos activités, que cela soit en appuyant sur un bouton électrique ou en regardant le ciel ou un visage. Au lieu de faire la tête, sourire. Au lieu de voir les choses en noir, les colorier. Au lieu de se perdre dans ses pensées en boucle, entrer dans la pleine présence. Au lieu de se laisser déborder par des courriels, faire le ménage et ne pas hésiter à nous aérer souvent pour reprendre souffle, au sens propre comme au figuré. Et si chaque geste que nous faisions était en fait le premier de notre vie  ?


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dimanche 18 août 2019

Parents mode d'emploi...



 « Et je citais il y a quelques jours seulement cette définition de la libération par Swâmiji, une de ces petites définitions qui, chaque fois, m’atteignaient au bon endroit : « Être libre, c’est être libre de papa et maman. » J’avoue que, cette fois-là, j’ai refusé ! Ramener la définition de moksha, c’est-à-dire la libération suprême, métaphysique, à une notion de psychologie comme celle-ci, m’a fait réagir. Tant mieux ! Cela m’a obligé à me battre avec cette affirmation de Swâmiji. Je suis aujourd’hui convaincu, aussi déroutante qu’elle puisse être pour certains d’entre nous, de sa vérité absolue. La suprême libération consiste à être totalement libre de papa et maman – de papa et maman de cette vie-ci, de papa et maman de toutes les vies antérieures enfouies, enfouies, au plus profond de l’inconscient.
Si vous comprenez, sans le sentir comme une insulte de ma part, que vous êtes plus ou moins infantiles, le chemin va devenir très clair pour vous. Pour moi, ceci a été l’aspect le plus efficace de l’enseignement de Swâmi Prajnânpad. [...]
Arnaud Desjardins, A la recherche du Soi 4 - Tu es Cela, Chapitre 5, "De l'enfant au sage"

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vendredi 16 août 2019

Oracle bénéfique...


J'ai inauguré la maquette du nouveau jeu de connaissance de soi de Sabine Dewulf et d'Antoine Charlet. Un oracle en recherche de publication prochaine. En attendant, il m'a apporté une précieuse révélation, une phrase inconsciente enfouie dans mon enfance.

J'ai tiré la carte de Cérès pour le tirage de "la graine de joie" qui a pour but de mettre en lumière un blocage conscient ou inconscient pour s'en libérer facilement. 
J'ai suivi l'exercice qui m'a amené le mot "connerie" et le message familial suivant : 
"Arrête de perdre ton temps".

 Cela a fort résonné en moi car je me suis rendu compte que cette phrase a ponctué mon existence jusqu'à aujourd'hui avec l'injonction de prévoir sans arrêt des choses à faire sans pouvoir un instant ou presque goûter l'instant.
La graine de joie a fait pousser en moi l'image d'un arbre et la phrase : 
"j'ai le droit de perdre mon temps". 
Après ce tirage,  je suis tombé "par hasard" sur le texte présenté hier et sur l'image suivante :





Ma phrase s'est transformée en :
"J'ai le droit de laisser couler le temps..."

Il était temps !...


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jeudi 15 août 2019

Ne rien faire...

Un texte qui me touche beaucoup à la suite du tirage réalisé avec le nouveau jeu de développement personnel de Sabine Dewulf dont je vous parlerai prochainement.


"Aujourd’hui je n’ai rien fait.
Mais beaucoup de choses se sont faites en moi.
Des oiseaux qui n’existent pas
ont trouvé leur nid.
Des ombres qui peut-être existent
ont rencontré leurs corps.
Des paroles qui existent
ont recouvré leur silence.
Ne rien faire
sauve parfois l’équilibre du monde,
en obtenant que quelque chose aussi pèse
sur le plateau vide de la balance."


Robert Juarroz, 
treizième poésie verticale, 
traduction Roger Munier, José Corti 1993


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