dimanche 1 avril 2018
samedi 31 mars 2018
Qui meurt?
Je vous partage l'article du blog de Yannick David
A quoi aboutit une démarche spirituelle?
C'est tellement merveilleux de répondre par
des mots aussi forts que libération, amour sans condition, paix
inébranlable, bonheur infini et autre nirvana... Cela fait miroiter un
goût de paradis, comme une publicité mensongère : "Achetez cette voiture
et vous connaîtrez le grand bonheur (avec une femme merveilleuse à vos
côtés)", ou "Buvez telle boisson et vous pétillerez d'énergie!"
C'est faire croire que l'ego peut connaître cela, peut envisager la chose! Cela semble très attirant, mais je m'insurge en faux.
Celui qui s'engage sur la voie dite spirituelle ne connaîtra jamais ce dont parlent tous les livres de sagesse. Pourquoi? Parce qu'il y a un passage obligatoire qui est la mort de l'ego.
L'ego peut croire, rêver, espérer tout ce
qu'il veut, mais il ne connaîtra jamais le grand but qui est justement
sa disparition. C'est, par définition, impossible. Celui qui désire par
dessus tout la libération devra réaliser un jour que tout ce qui est
désir, même subtil, est un effet de l'ego, d'une volonté déguisée, et
par là même un empêchement.
On ne peut pas arrêter de vouloir non
plus, ce qui est aussi une forme de volonté, et donc d'ego. Mais alors
que faire, me direz-vous, ou sans doute quelques uns? Rien, juste voir
cela qui se trame en nous, observer ce qui se passe sans prendre parti.
Voir, c'est prendre du recul, c'est apprendre le détachement, c'est ne
plus alimenter son tempérament de base avec tous ses mécanismes. C'est
le début d'un lâcher prise. La mort de l'ego, ou la mort à soi-même,
c'est le lâcher prise total et permanent, l'abandon sans discussion
aucune à la vie. Ce que l'ego ne peut concevoir bien sûr, et ce qui ne
se décide pas non plus. Dire : "Je lâche prise" témoigne encore d'une
certaine prétention. Le détachement vise l'impersonnel, il ne peut en
être autrement.
En tout cas il faut apprendre ou se préparer à mourir, plutôt que de rêver d'une libération. Peut-être certains goûteront à cette expérience, même si elle n'est pas définitive, qui laissera un goût indicible dans leur être. Nous ne décidons de rien, de rien du tout, ni de vouloir quoique ce soit, ni de s'abandonner. C'est une histoire d'usure, de confrontation à l'inéluctable, jour après jour...
![]() |
| Arnaud Beltrame |
Dans notre période troublée, c'est assez
extraordinaire qu'un homme ait donné sa vie pour en sauver d'autres lors
de cette histoire sanglante il y a quelques jours à Trèbes. Curieuse
coïncidence que cela arrive une semaine avant le vendredi saint que nous
sommes aujourd'hui pour la tradition catholique... L'église catholique
dit que Jésus a donné sa vie pour sauver l'humanité, je ne soutiendrai
pas cette version, très peu de gens l'ont suivi en fait, et l'église
encore moins. Sa mort n'a de sens que par la résurrection, mais pas une
résurrection de la chair, non, celle de l'esprit. Toutes les traditions,
toutes les sagesses disent la même chose malgré des mots différents.
Message incompréhensible s'il n'est pas déjà là en nous, me semble t-il.
Yannick David
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Yannick David
Samedi saint : Poids d’éternité
Dans les films, il y a souvent un moment où le héros risque sa vie pour porter quelqu’un : une femme évanouie, un enfant choqué, un soldat blessé… Je sais : c’est un cliché. Eh bien ! Ce cliché, je ne suis pas sûr qu’il aurait du succès s’il ne trouvait en nous aucune prise. Dans la « vraie » vie, en effet, nous avons tous été portés. Ça a d’ailleurs commencé très tôt. Au berceau, et même avant. Portés pendant neuf mois. Portés dans les bras, sur les genoux, sur les épaules. Portés, jusqu’au jour où nous avons pu tenir debout et avancer tout seuls. De cette époque lointaine, qui sait si nous n’avons pas gardé une certaine nostalgie ? Parce qu’en étant portés, au fond, nous faisions l’expérience d’être aimés...
La Bible, elle aussi, raconte l’histoire d’un peuple porté. Porté par Dieu – et souvent à bout de bras. Tu te souviens sans doute de la brebis perdue, ramenée au bercail sur les épaules du berger… En Jésus portant sa croix, Dieu donne chair à cette attitude. Notre misère, il se penche sur elle et il la prend à bras-le-corps. « En fait, c’étaient nos souffrances qu’il portait, nos douleurs dont il était chargé. »*
Soyons francs. Suivre Jésus dans sa passion ne te dispense pas de porter tes propres fardeaux ni ceux des autres. Mais tu n’es pas seul. Sa présence t’assure que rien n’est un poids mort, tout a un poids d’éternité. Voilà pourquoi je te porte, tu me portes, il nous porte – avec tout ce que nous portons. Ce n’est pas un film ; c’est la réalité.
Portez les fardeaux les uns des autres.Épître de saint Paul aux Galates, chapitre 6, verset 2
Frère Sylvain Detoc
* Livre d'Isaïe ch. 53, v. 4Peinture à l'huile sur bois de Raphaël- Le portement de croix - 1516-1517
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vendredi 30 mars 2018
Le visage du stress...
Je ne sais pas si vous avez déjà vu les choses ainsi, mais chaque
fois qu’on cultive du stress, c’est comme si on affirmait :
«le résultat que je souhaite obtenir est plus important que ma
paix d’esprit». Oui, pendant cette seconde où l’on
accepte d’être tendu – cette seconde, qui est en fait notre
vie, je nous le rappelle –, on établit qu’on est moins
important que l’objet de notre anxiété, que notre
bien-être a moins de valeur que ce dernier. Oh, on se raconte parfois
toutes sortes d’histoires, ou on tente de se convaincre que notre
état est justifié, mais ça revient toujours
essentiellement à cela, en réalité.
N’est-ce pas bouleversant, quand on prend le temps d’y penser?
C’est une perspective à laquelle je me ramène souvent,
quand je commence à me contracter. Car je ne sais pas si c’est
également votre expérience, mais on dirait qu’il suffit
parfois de prendre conscience du mal qu’on se fait pour arrêter.
Oui, plus on voit le vrai visage de notre stress, moins on est prêt
à l’accepter. Plus on voit la raideur sous-jacente à nos
choix d’actions ou de pensées, plus on réveille la partie
de nous qui refuse d’être écrasée.
Votre mantra du jour (si, bien sûr, vous l’acceptez) : «je
suis plus important que le résultat».
Marie Pier Charron
Matin Magique
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Vendredi Saint : « Tiens, tant que t’es debout… »
« Tiens, tant que t’es debout… » Cette phrase, on l’a tous entendue. En couple, en famille, entre amis. C’est le coup classique quand tu es à table et que quelqu’un d’autre s’est levé. S’il y a un service à rendre, évidemment, ça va tomber sur lui. Dans ce genre de situation, je l’avoue, j’aime autant être assis. Pas Jésus. Au cours de son dernier repas, il se lève ; il enfile un tablier et passe parmi ses disciples. Eux sont étendus, selon la coutume orientale de l’époque. « Seigneur, tant que t’es debout… »
Mais Jésus ne subit rien du tout. Debout, il l’est de son plein gré, pour se donner et pour servir. Pourquoi agit-il ainsi ? Afin de nous apprendre, sans doute, que Dieu n’a pas besoin d’être servi. Il n’a pas besoin, non plus, qu’on lui donne à manger. Spontanément, les hommes imaginent des dieux « ogres », avides d’adoration et de sacrifices. Par ces gestes, au contraire, Jésus révèle un Dieu qui s’offre en nourriture et fait lui-même le service. Il l’avait déjà annoncé en racontant l’histoire des serviteurs vigilants : dans son Royaume, c’est Dieu qui sert ses amis. Cette parabole, ce soir-là, Jésus la réalise. Depuis lors, elle s’accomplit en chacune de nos eucharisties.
Suivre le Christ a quelque chose de déroutant. Parfois, néanmoins, c’est jubilatoire. Dans ma vie de prêtre, il m’arrive de ressentir cela. L’allégresse de servir ! C’est peut-être même l’une des plus grandes joies de ceux que Dieu a relevés. Alors, tant que t’es debout…
Frère Sylvain Detoc,
Couvent du Saint-Nom-de-Jésus à Lyon
Heureux les serviteurs vigilants… Le Seigneur se ceindra, les fera mettre à table et, passant de l’un à l’autre, il les servira.
Évangile selon saint Luc, chapitre 12, verset 37
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jeudi 29 mars 2018
Jeudi Saint... Debout pour embrasser
La messe du soir du Jeudi saint annonce la fin du Carême. Tous les chrétiens sont invités à participer à cette cérémonie qui rappelle le jour où Jésus institua l’eucharistie : » le Seigneur Jésus, dans la nuit où il fut livré, prit du pain, » dit l’épitre aux Corinthiens, (11-23). En bénissant le pain et le vin pour la première fois, Jésus fait don de sa personne et rend grâce, signification du mot eucharistie en grec.
As-tu déjà essayé d’embrasser quelqu’un en restant assis ? Pas commode, n’est-ce pas ? Pour une vague poignée de main ou une bise machinale, passe encore. Mais pour embrasser – je veux dire pour « prendre dans ses bras » – une personne à laquelle tu veux montrer toute ton affection, pas de doute, il vaut mieux être debout.
C’est justement ce à quoi ressemble le Dieu dont nous parle Jésus. Quelqu’un qui se lève et qui tend les bras. Dans la parabole du « fils prodigue », par exemple, le père « court se jeter au cou de son fils et le couvre de baisers »*. Cet accueil inconditionnel, nous avons du mal à le concevoir, parce que nous faisons rarement l’expérience d’une telle générosité. De l’amour, au fond, nous ne connaissons qu’une réalisation très imparfaite, entravée par bien des obstacles. Mais ce langage amoureux que nous balbutions maladroitement, c’est la langue même de Dieu. Touché par tous les contresens que nous faisons, son Verbe – sa Parole – s’est fait chair pour traduire cette langue dans l’épaisseur de notre humanité. En mots, bien sûr, mais aussi en actes. Et cela, Jésus l’a fait au plus haut point lorsque, du sommet du calvaire, il a ouvert les bras au monde entier.
On ne fait plus le signe de croix machinalement quand on découvre que par ce simple geste, on se jette dans des bras ouverts sans réserve. Ni quand on comprend que ce signe engage à être soi-même cette paire de bras démesurée. Pour étreindre ses enfants aujourd’hui, Dieu n’a pas d’autres mains que les tiennes.
Frère Sylvain Detoc,
Couvent du Saint-Nom-de-Jésus à Lyon
* Évangile selon saint Luc, chapitre 15, verset 20
Détail de l'Icône écrite par Alain Chenal- Le fils prodigue
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mercredi 28 mars 2018
Sur la terre comme au ciel...
mardi 27 mars 2018
Pensée de la semaine (par Matthieu Ricard)
Tel un vieux parchemin qui s'enroule sur lui-même,
Les mauvais penchants tendent à revenir, et les nouvelles habitudes
Sont facilement détruites par les circonstances.
Vous ne trancherez pas l'illusion en un instant ;
Vous tous qui vous prenez pour de grands méditants,
Consacrez-vous longtemps encore à la méditation !
Les mauvais penchants tendent à revenir, et les nouvelles habitudes
Sont facilement détruites par les circonstances.
Vous ne trancherez pas l'illusion en un instant ;
Vous tous qui vous prenez pour de grands méditants,
Consacrez-vous longtemps encore à la méditation !
Guialwa Yangonpa (rgyal ba yang dgon pa, 1213-1287),
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lundi 26 mars 2018
Pardonner, de l'effort psychologique à la libération
Alors qu'il était en train de se réjouir sur la pelouse, juste après la finale de la Coupe du monde de football gagnée par la France, en 1998, Aimé Jacquet, entraîneur de l'équipe, fut interrogé à chaud par un journaliste télé. Ce dernier lui posa la question de savoir s'il avait pardonné aux journalistes de L'Équipe, qui avaient toujours douté de ses capacités. Son visage heureux se transforma soudainement, et un rictus de haine déforma brièvement ses traits : « Ils m'ont pris pour un petit ajusteur... Parce qu'ils maîtrisent la langue, ils se sont crus tout permis... Je ne leur pardonnerai jamais. Jamais ! » Et il tourna le dos aux caméras, rejoignant la liesse et ses joueurs. L'image m'avait beaucoup impressionné à l'époque : comment l'immense bonheur de la victoire n'avait-il pu effacer le ressentiment ?
Le pardon est présent au cœur de toutes les grandes religions ; pour les chrétiens, il est, d'une part, ce qui atteste de la puissance divine (Dieu seul peut décider de nous pardonner nos péchés) et il est, d'autre part, cet effort que nous devons conduire (car Dieu nous le demande) pour pardonner les offenses reçues de nos semblables. Mais au-delà de l'acte de foi, le pardon est aussi l'un des efforts psychologiques parmi les plus difficiles que nous ayons à accomplir dans une vie humaine. Il est pourtant une libération, et une élévation.
Une libération d'abord, car le pardon, c'est le choix que fait une personne blessée de renoncer au ressentiment et à la vengeance, envers son agresseur. Il ne s'agit ni d'effacer, ni de banaliser ce qui s'est passé : pardonner, c'est décider de s'en libérer pour ne plus en souffrir. Car le ressentiment et le désir de vengeance sont une douleur supplémentaire pour qui a du mal à pardonner : l'agression ou l'offense n'arrivent alors pas à devenir souffrance passée, mais restent souffrance actuelle. Ainsi, paradoxalement, le pardon est d'abord un acte de bienveillance envers soi-même. Avant de l'être éventuellement pour qui nous a agressé, et le libérer à son tour (s'il y a lieu) du poids du remords et de la culpabilité.
Pardonne aux autres, non parce qu’ils méritent le pardon, mais parce que toi tu mérites la paix. – Proverbe indien
Libération, le pardon est également une élévation ; élévation nécessaire, au-dessus des réflexes – compréhensibles – de ressentiment ou de vengeance, car nos idéaux et nos espérances ont été blessés, eux aussi ; notre foi, peut-être ? Les blessures reçues portent sur notre personne, corps et esprit, mais également sur notre âme, notre vision du monde. Il est alors aussi douloureux que nécessaire d'examiner nos valeurs meurtries, de ne pas céder à la tentation de renoncer à nos idéaux, de ne pas tomber dans le cynisme ou le désespoir. Même si nous avons été blessés, la vie garde encore un sens, et la plupart des humains restent nos frères et nos sœurs. C'est pourquoi le pardon est une élévation : il exige de nous que nous nous haussions au-dessus de la facilité qu'il y aurait à renoncer d'aimer le genre humain (entre les méchants qui nous font du mal, les indifférents qui laissent faire, et les égoïstes qui ne nous viennent pas en aide). Un idéal, c'est quelque chose qui n'existe pas encore, ou pas complètement, ou pas parfaitement ; mais que nous nous attachons à faire advenir ici-bas, de notre mieux. Dans le pardon, ce sont les idéaux de fraternité et d'espérance qui sont menacés. Protégeons-les, ils sont précieux, pour nous et pour les autres.
Le pardon est difficile ; ce qui est facile, c'est de ne pas pardonner. Mais pour difficile qu'il soit, ce cheminement est aussi fécond, et transforme profondément la personne qui pardonne. Si nous profitions du carême pour travailler à pardonner ?
Le pardon en psychologie
Les chercheurs en psychologie du pardon nous expliquent qu'il en existe deux formes successives : décisionnelle et émotionnelle. La première est celle dans laquelle on choisit la décision du pardon, en toute conscience. La seconde est celle dans laquelle ce choix est peu à peu intégré et accepté au plus profond de nous. Difficile ? Oui, très difficile. C'est un processus qui comporte plusieurs étapes. D'abord, accepter de revenir sur ce que nous avons subi, rouvrir la plaie pour la nettoyer. Ne le faisons que quand nous nous sentons prêts. Puis, voir ce que tout cela a déclenché, et qui reste présent en nous ; voir ce que le ressentiment nous inflige encore comme souffrances : haine, désir de vengeance ; parfois, on s'en veut d'avoir été victime, et on se dévalorise. Enfin, commencer le travail de libération : retourner vers la vie et le futur, de son mieux, en acceptant la cicatrice du passé mais en l'empêchant de dominer notre présent.
Les chercheurs en psychologie du pardon nous expliquent qu'il en existe deux formes successives : décisionnelle et émotionnelle. La première est celle dans laquelle on choisit la décision du pardon, en toute conscience. La seconde est celle dans laquelle ce choix est peu à peu intégré et accepté au plus profond de nous. Difficile ? Oui, très difficile. C'est un processus qui comporte plusieurs étapes. D'abord, accepter de revenir sur ce que nous avons subi, rouvrir la plaie pour la nettoyer. Ne le faisons que quand nous nous sentons prêts. Puis, voir ce que tout cela a déclenché, et qui reste présent en nous ; voir ce que le ressentiment nous inflige encore comme souffrances : haine, désir de vengeance ; parfois, on s'en veut d'avoir été victime, et on se dévalorise. Enfin, commencer le travail de libération : retourner vers la vie et le futur, de son mieux, en acceptant la cicatrice du passé mais en l'empêchant de dominer notre présent.
samedi 24 mars 2018
Espace de silence...
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vendredi 23 mars 2018
Cheminement en herbes...
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Swami Prajnanpad
jeudi 22 mars 2018
Matthieu Labonne : spiritualité et écologie
J'ai pu inviter Matthieu Labonne
pour une conférence lors du Marche du Végétal que j'organise mi-avril...
Et cela me fera plaisir de l'écouter comme dans cette interview.
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mercredi 21 mars 2018
Emotions ordonnées...
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