mardi 14 avril 2015

Mon cancer de l’âme, une intention divine

Entre vie et mort?
Ce que Dieu veut et non ce que je veux !
Vivre pour deux au lieu de mourir à deux !


Ces deux phrases résonnent en moi. Les dire est une chose et pourtant il n’est pas si simple de les vivre. Entre dire et vivre : un monde !
Je vais tenter de partager avec vous 15 jours, 15 jours au cours desquels j’ai cru que mon mari allait mourir. Et je n’étais pas encore prête à son départ.
Tout d’abord je dois vous confier que je me suis rebellée quand il m’a annoncé ce cancer. Après un accident de moto, un cancer. Alors là, Dieu exagère ! Et puis ces phrases montent en moi : « Pourquoi accuser Dieu ? As-tu envie de souffrir avec le cancer de ton mari ? N’as-tu rien d’autre à faire que de te rebeller ? »
Une certitude vient de mon cœur : tout est juste, que vais-je apprendre ?

Une nuit, alors que mon mari était dans le cirage, assise à son chevet et cependant face à moi-même, je me suis posé des questions sur ce qui nous arrivait. De question en question, j’ai compris que nous étions tous les deux malades, pas seulement mon mari mais moi aussi : lui dans son corps et moi dans mon âme. J’ai compris que ce cancer était dans notre couple et que je voulais vraiment profiter de sa maladie au lieu de la subir. En moi j’entendais : « Il a besoin de tes rayons ». Quels seront mes rayons ?

Il est amaigri, 20 kilos en moins...
J’ai commencé à m’occuper de lui avec une infinie tendresse en le massant. Un corps alité aime tellement qu’on le touche, qu’on le masse... Tous les jours, à chaque instant où il avait mal quelque part, je le massais. Par ces massages je me suis rééduquée à une plus grande tendresse, tant envers moi qu’envers lui.
Et même encore plus.
Oui encore plus, car après 40 ans de vie commune j’avais oublié que je pouvais lui dire « je t’aime ».
Oui encore plus, car des souvenirs me revenaient où j’avais été en pétard contre lui, des instants où je m’étais emportée contre lui. Ce fut le moment de lui dire « pardon, je n'ai pas su t’aimer ». Comme cette miséricorde m’a soulagée et rendue plus légère. Ce cancer était là pour me faire grandir en amour et rendre encore plus juste ma vie. Ce cancer fut vraiment une « intention divine ». Une journée, une nuit : est-ce la fin ???

Difficile pour moi de saisir tout ce qui se passe chez lui.
Je sais qu’il a accepté cette chimio et pourtant son corps la refuse. Et son corps se révolte. Il est dans le cirage. Il a de fortes fièvres. Il est pris de tremblements et claque des dents. Il me dit : «Je suis perdu, je ne sais plus où j’en suis ». Alors je m’occupe de son corps. Je mets mes mains sur son ventre. Incroyable ce qui passe dans mes mains. Tout mon corps respire dans mes mains tellement je suis totalement tournée vers lui et vers le meilleur de moi-même... 
Petit à petit, les tremblements s’estompent. Je lui lis un passage des Dialogues avec l’ange - notre livre de chevet à tous les deux. Les médecins lui changent ses antibiotiques pour essayer d’enrayer cette fièvre qui est toujours là. Toute la journée je me suis occupée de son corps. Nous ne nous sommes pas dit grand-chose. Le soir arrive : que fais-je ? Est-ce que je reste avec lui toute la nuit ? Il est encore si mal !


Alors je n’ai plus qu’un seul refuge : prier. Je commence par une prière que je connais : le Notre Père. Et je la répète. Je continue avec celle du Père Charles de Foucauld « Je m’abandonne à toi »... Un sentiment m’envahit tout à coup. Et la question surgit : es-tu sûre de t’abandonner ? La nuque droite je m’entends dire : tu es sur terre pour LE servir. Uniquement pour Le servir. Ta vie ne t’appartient plus, comme la sienne.
Cette réponse me prend. C’est fort et pourtant je ne suis pas certaine de TOUT avoir compris. Cela me donne une intime conviction : je ne resterai pas au bord de son lit.
Alors Christian me murmure : « Dieu est juste avec moi. Il est en train de m’apprendre pour la suite ».

Je l’ai embrassé, et je suis partie. Une évidence s’imposait : tout est juste, nous sommes tous les deux à la place où Il nous a mis.
Le lendemain matin lorsque j’arrive à son chevet : un sourire illumine son visage. Il me dit : « J’ai encore à être utile sur terre ».
Au cours de ces quinze jours, j’ai réalisé combien il était important de prendre soin de moi et non pas de m’oublier dans un activisme à ses côtés. En prenant soin de moi. je prenais également soin de lui. En étant à ma juste place, je l’aidais aussi à vivre... 
Là étaient mes nouveaux rayons.

Thérèse
(source :revue Reflets n°15)

lundi 13 avril 2015

Le miel qui soigne...


Des conseils pour utiliser le miel et découvrir ses bienfaits :


dimanche 12 avril 2015

Le poids du non-dit avec Alexandre Jollien


Une très sérieuse étude conduite par le professeur Cole de l'université de San Francisco vient nous prendre comme par la main pour briser ces silences qui peuvent tuer pour de bon. D'abord, elle nous invite à risquer une vie toujours plus à l'écart du mensonge, des non-dits, de la duplicité, bref, de la comédie sociale et de la honte. Je commence à deviner pourquoi le Christ mène une guerre sainte contre l'hypocrisie. Aujourd'hui, je comprends mieux son intransigeance salutaire.

Le chercheur américain a découvert, en observant plus de 200 hommes homosexuels, que ceux qui dissimulaient leur attirance affective à leur entourage développaient trois fois plus de cancers ou d'infections sérieuses. Il n'est pas de ma compétence d'évaluer la scientificité de ce résultat. Mais l'enseignement est lumineux : les luttes intestines qui nous dévorent, le règne du secret nous détruit. Outre le poids des non-dits et l'atrocité de ne pas pouvoir être soi au grand jour, c'est carrément l'enfer de ne pas être accepté pour qui nous sommes en vérité. Que ne doit-on pas cacher au quotidien ? Une critique, un sentiment, une déception, une attente, un fantasme, des idées politiques, un avis sur le dernier livre à la mode, ce n'est pas forcément un gros truc qui nous reste en travers de la gorge...

Sur le terrain de la vie spirituelle, il est mille enseignements à en tirer. D'abord, peut-être, une invitation à oser une authenticité, une sincère transparence. Qui, du matin au soir, part en lutte contre lui-même et, à tout instant, s'éreinte à refuser ce qui le constitue vraiment, n'a pas fini de vivre un enfer. Une chose est de renoncer à soi, briser son ego, quitter l'étroitesse de son égocentrisme, une autre est de dénigrer ses blessures, condamner sans aucune bonté ses désirs, sombrer dans une autocritique permanente qui nous rend exsangues et sans force et qui, in fine, nous interdit tout véritable progrès. Car il en faut de l'énergie pour nier les faits, pour s'aveugler soi-même, pour se mentir et pour enfiler chaque matin un costume mal ajusté ! Non qu'il s'agisse de vider ses poubelles et de déverser sur le premier venu tout ce qui charge un coeur, mais simplement être qui on est. En compagnie de son directeur comme aux côtés d'un proche, pourquoi devrions-nous forcément changer radicalement d'attitude ? Mais c'est surtout à l'amour inconditionnel que cette recherche m'invite. D'abord, oser le non-jugement, n'enfermer ni soi ni personne dans des rôles et des attentes.


Je n'ai pas pu m'empêcher, en découvrant la nocivité de nos conflits intérieurs et du mensonge réitéré chaque jour, de penser au propos de Jésus : « Je suis le chemin, la vérité et la vie. » Ce verset convertit comme un koan. Et nous invite à quitter la tendance à tout justifier pour être, progresser dans la vérité. D'ailleurs, même les adversaires de Jésus lui adressent ce magnifique compliment qui constitue une route à suivre, un exemple à imiter : « Maître, nous savons que tu es franc et que tu enseignes les chemins de Dieu en toute vérité, sans te laisser influencer par qui que ce soit, car tu ne tiens pas compte de la condition des gens. » Comment mieux dire qu'il ne faut pas faire de courbettes ni juger d'après les apparences mais regarder de coeur à coeur et ne pas réduire ni réifier l'autre à ses blessures. Pour progresser, tout le monde a le droit d'être aimé et accueilli comme il se présente en cet instant. Et pour l'heure, qu'est-ce qu'à mes yeux, concrètement, ici et maintenant, être vrai ?

Alexandre Jollien est un philosophe et écrivain né en 1975 à Savièse, en Suisse. Son dernier livre, Vivre sans pourquoi, est paru au Seuil. 
(source : La Vie)


samedi 11 avril 2015

Une seule eau, une seule respiration...

« N’y a-t-il pas grand bonheur à savoir que toutes les eaux de la terre sont reliées par le jeu subtil des infiltrations et des nappes ? N’y a-t-il pas grand bonheur à savoir que les vivants, bêtes et gens, sont reliés par d’invisibles rhizomes : une seule respiration pour tous sous le soleil. 

Il n’y a que les sots qui ne veulent être que pour soi et ne se réjouissent pas d’un si vaste lignage ! » […]

 « Le monde n’est-il pas empli de ces âmes mortes guidées par la peur et l’envie, ignorant tout, pillant et profanant puisque personne jamais n’a pris soin d’elles ? Une meute féroce d’âmes mortes à qui toute tendresse a été refusée !

 Christiane Singer 
Seul ce qui brûle


vendredi 10 avril 2015

Armelle Six : rencontre sans préjugés et pleine conscience (3)

Armelle Six
 (un extrait d'une émission au Québec)
21 min.
 

"Je sors et des larmes coulent, mon coeur brûle ... Waw... La vie! Le soleil, les gens qui vont au boulot...
Je me sens vraiment toute neuve... 
Belle journée dans la simplicité d'un merveilleux sourire échangé avec un ouvrier tout étonné! "



jeudi 9 avril 2015

Armelle Six : Rire... et moment présent (2)


Armelle Six
 (un extrait d'une émission au Québec)
3 min.
 
"Je n'ai plus de mot pour parler de ce que je vis, de ce qu'est la vie... Ils sont tous trop courts et ne font jamais un véritable hommage à la simplicité et la beauté de ce qu'est la vie, le bonheur dans toutes ces expressions....
Je voudrais tant vous dire, vous crier cette simplicité, et je me sens aujourd'hui presque muette..."



mercredi 8 avril 2015

Armelle Six : Chante la Vie... (1)


Armelle Six 
(un extrait d'une émission au Québec)
12 min. 





Suite au décès de son fils en avril 2001, et face à la surprise et l’intensité de l’événement et du vide rencontré, une brêche s’ouvre en Armelle et elle redécouvre alors depuis celle qu’elle avait toujours senti être mais qu’elle ne vivait pas. Une question surgit très fréquemment : "qui suis-je ?" 
Au cœur des larmes et du désarroi, surgissent aussi des rires et une joie spontanée. 
Elle s’émerveille à nouveau des petites choses du quotidien et vit et voit l’extraordinaire dans l’ordinaire. Très vite, elle se rend compte qu’elle ne vit pas la vie qu’elle sent en elle et décide alors de tout changer, et de se mettre à l’écoute de ses élans intérieurs. 
Confrontée à des gens qui doutent autour d’elle et la croyent motivée dans ses actes par la souffrance, elle, elle sent plutôt un désir de vivre pleinement, un renouveau et une reconnexion de plus en plus forte avec elle-même. Elle voit ses doutes reflétés par les autres et choisit de se faire confiance... de là une toute nouvelle aventure commence et de plus en plus d'harmonie dans ses relations. Elle dit d’ailleurs de cet événement "Gauthier et moi, nous sommes mutuellement donnés naissance. Ma grossesse m’avait déjà reconnectée à moi, me faisant me découvrir sous un jour nouveau. Sa mort a donné naissance à ce que je connaissais de moi intuitivement, qui ne pouvait plus être retenu." 

Elle vit, les années qui suivent, un profond retournement sur elle-même, et une écoute de plus en plus authentique de ses élans intérieurs, de toutes les inspirations qui la traversent qu'elle suit, sans compromis. De cela, se révèle plus forte et plus présente, une joie et une fluidité au-delà des expériences vécues. Aujourd’hui, elle est invitée aux quatre coins du monde pour partager cette joie et cette vie sans effort... Au travers d’un message d’une grande simplicité et clarté, elle rend accessible à tous l’inévitabilité du bonheur que nous sommes et invite tout qui elle rencontre à la rejoindre là... à juste se laisser être et s’arrêter un moment pour voir que tout est déjà là, qu’il n’y a rien d’autre à chercher. Et dans cette prise de conscience, tout change. La joie, c’est moi !...


mardi 7 avril 2015

Christiane Singer : Récit de notre visite à l'hôpital de Vienne par Marie Millis

En ce jour anniversaire (il y a trois jours), j'ai envie de partager avec tous ceux et toutes celles qui aiment Christiane Singer, cette magnifique lettre qui relate une visite à Christiane lors de ses derniers jours, avant son grand départ.....je la trouve infiniment émouvante et vraiment proche de ce que j'ai moi-même ressenti lors de sa rencontre.... 
" Récit de notre visite à l'hôpital de Vienne"
"Nous rentrons d'une fête, magique, généreuse, de pure grâce.
C'est tout clair que le corps de Christiane la lâche mais comme sa présence est intense, vibrante, généreuse !

Par chance ce mardi elle était en pleine forme. Je l'ai vue seule d'abord.
En entrant dans sa chambre elle a tout de suite sorti une liasse de papier de son armoire : j'écris, mon livre est bientôt prêt. Ses yeux pétillaient.
Plus tard dans la conversation elle m'expliquera que le 28 février est la date donnée pour fatidique par le jeune médecin qui le 28 août en brandissant ses radios lui a dit « Madame, vous n'avez plus que 6 mois à vivre ». L'envoi de son manuscrit à la date où elle devrait être morte avait dans ses yeux une étincelle de bon tour. Elle se joue du sort, elle entre dans la vie et dans la mort en même temps. Son livre en est témoin, et nous le serons tous d'ici peu en lisant ses textes.
Elle a brandi comme un trophée son « accident de travail », son coude décharné et écorché d'avoir trop frotté sur le drap pour écrire. Qu'importe elle continue.
Elle m'a dit l'implacable, insoutenable douleur de ces derniers jours et le miracle de la transfiguration, la vibration de toutes ses cellules qui en a été le fruit.
Dans un geste puissant de ses bras décharnés elle s'est tapé le front en disant : Et dire que j'ai osé parlé de la souffrance !
Je lui ai répété ce que je t'ai écrit : qu'elle effectue pour nous tous l'aventure de la résurrection. Elle a très bien compris l'ampleur de ce constat : passer de l'autre côté porteuse d'un flambeau et revenir avec des mots à nous offrir. Elle a acquiescé des yeux puis elle a eu son regard espiègle : mais ne me mettez pas sur un piédestal. J'ai aussi mes colères.
Elle a expressément demandé que Léonard nous rejoigne, alors que discret il marchait au bord de l'eau pour me laisser avec Christiane. Nous sommes remontés ensemble dans sa chambre et y sommes restés pour une immersion infinie dans le bonheur de vivre et la littérature. Elle nous a raconté l'enfance de Hans Peter Dürr et nous a confié 4 pages de son carnet bleu : « Le monde a besoin de notre vénération ». Pour nous c'est un cadeau superbe, immérité comme Christiane aime à le dire.

(...) Elle a beaucoup écrit et lu en notre présence : l'agenda d'Initiations, son manuscrit, l'annonce de la nouvelle revue : Itinéraires, la présentation des rencontres sur ses textes. A la troisième fois où elle chaussait ses grandes lunettes pour lire où écrire je lui ai dit que je la prendrais bien en photo ! Notre élégante a réagi comme tu t'en doutes : non pas sans mes cheveux. Nous avons souri. Comme elle était de face la photo n'aurait pas signalé cette absence mais au contraire l'incroyable force de sa passion dans la fragilité de son corps lumineux. Ma rétine en gardera pour toujours l'image : une des plus belles photos de mon album intérieur. Une très grande dame.
Comme nous parlions des stages sur ses textes, elle me dit que l'éditeur canadien aurait bien aimé enregistrer tous ses livres. Elle aussi. « Peut-être encore un », m'a-t-elle confié. Faut-il s'activer pour réaliser ce souhait ?
Comme elle reparlait de son livre actuel, je lui ai rappelé qu'elle disait en conférence: La littérature c'est prendre sa vie infiniment au sérieux.
Oh c'est beau ça, dit elle. Et elle reprend son carnet n° 13 pour l'écrire…en me demandant de lui dicter sa propre parole :
« La littérature c'est prendre sa vie passionnément au sérieux", dit-elle.
Oui, mais pour te citer comme tu l'as dit, c'est prendre sa vie infiniment au sérieux.
Ah ! dit elle derrière ses grandes lunettes, et en corrigeant ce qu'elle écrivait, une citation est une citation. Je me trouvais donc un instant à être plus Christiane que Christiane, à lui rendre ce qu'elle a donné. Clin d'œil.
Nous étions venus avec plein de messages comme celui-ci dans le cœur :
Merci, Léonard et Marie, de m'avoir offert ce texte-témoignage de Christiane.
Apportez lui l'amour et la reconnaissance de tous ceux pour lesquels elle a été un phare. Tout en silence, emplissez sa chambre d'une bulle de tendresse.... de notre tendresse infinie, pour la bercer et la baigner de paix.
Elle a tout reçu, lisant les cœurs, accueillant les messages, rendant les enveloppes.
A la fin de notre visite, elle a fait circuler la tendresse qui l'entoure, acceptant nos cadeaux et puisant dans son tiroir deux cadeaux pour les enfants. Elle a eu une intensité de dernière volonté en regardant Léonard.
En sortant de sa chambre nous n'avions goût à rien d'autre qu'à marcher, déambuler, le regard vide sur la ville qui ne se souciait pas de nous. Dans l'avion au retour nous avons pris la mesure : s'extraire de notre quotidien en avion, en voiture, entrer dans l'énorme ville de Vienne où vivent plusieurs millions de personnes et se diriger vers une seule, et puis revenir sans rencontrer personne d'autre, comblés. Au-dessus des nuages, dans l'avion, nous étions conscients de l'ampleur de cette rencontre pour nous trois. Comme Christiane qui tient sur son cœur les lettres auxquelles elle ne peut plus répondre en mots, nous la tenons sur notre cœur, au plus intime de nos vies. Le temps est suspendu, l'intensité infinie. Maintenant je sais, que je vive ou que je meurs, je vis.
Elle me l'a redit émerveillée de cette certitude qui lui est venue comme une de ces voyances où le sens ouvre une brèche vers cet au-delà qui nous côtoie.
J'hésite à t'envoyer ce message car j'ai le sentiment qu'il est incomplet : nous avons tant reçu ! Nous nous regardions Léonard et moi comblés, émus, bouleversés et heureux, tellement heureux.
Je t'embrasse de tout cœur"
Marie

lundi 6 avril 2015

Bonne semaine du Renouveau !

La fête de Pâques se déroule, depuis les tout premiers siècles, pendant toute la semaine qui suit le dimanche de la Résurrection. Cette semaine porte les noms de semaine de Pâques ou octave de Pâques en Occident, semaine Radieuse ou semaine du Renouveau en Orient. 

Qu’a-t-il donc de spécial, ce lundi? 

La réponse est à chercher du côté du Moyen-Âge. A l’époque, la semaine qui suivait le dimanche de Pâques était appelée "Octave de Pâques" et était entièrement fériée. Elle permettait aux pèlerins de faire l’aller-retour jusqu’à Rome, un trajet généralement long en ces temps marqués par une certaine faiblesse du secteur du transport aérien. 
 Mais en 1801, la signature du Concordat vient tout changer. L’organisation des pratiques religieuses en France sort du giron de Rome et l’Eglise catholique française passe sous l’autorité de Napoléon Bonaparte, alors Premier Consul. Entre autres décisions, Bonaparte décide de réduire l’Octave de Pâques à sa portion congrue: seul le lundi de Pâques conserve le statut de jour férié.

Aujourd'hui, la plupart des pays a suivi le modèle français, ne conservant que le Lundi de Pâques comme vestige de l'octave pascale. Le jour est ainsi férié dans la quasi-totalité des pays européens, exception faite de la Russie, du Portugal et de certaines régions d'Espagne. 
 Il fait la joie des professionnels du tourisme, s'imposant dans l'imaginaire collectif comme le lancement officiel de la saison bénie des week-ends prolongés. 


Joyeuses Pâques à tous!


Après le jour du sabbat, comme le premier jour de la semaine commençait à poindre, Marie de Magdala et l'autre Marie vinrent visiter le sépulcre.
Et voilà qu'il se fit un grand tremblement de terre : l'Ange du Seigneur descendit du ciel et vint rouler la pierre, sur laquelle il s'assit.
Il avait l'aspect de l'éclair, et sa robe était blanche comme neige.
A sa vue, les gardes tressaillirent d'effroi et devinrent comme morts.
Mais l'ange prit la parole et dit aux femmes : "Ne craignez point, vous : je sais bien que vous cherchez Jésus, le Crucifié.
Il n'est pas ici, car il est ressuscité comme il l'avait dit. Venez voir le lieu où il gisait,
et vite allez dire à ses disciples : Il est ressuscité d'entre les morts, et voilà qu'il vous précède en Galilée ; c'est là que vous le verrez. Voilà, je vous l'ai dit."
Quittant vite le tombeau, tout émues et pleines de joie, elles coururent porter la nouvelle à ses disciples.
Et voici que Jésus vint à leur rencontre : "Je vous salue", dit-il. Et elles de s'approcher et d'étreindre ses pieds en se prosternant devant lui.  Alors jésus leur dit : "ne craignez point ; allez annoncer à mes frères qu'ils doivent partir pour la Galilée, et là ils me verront."

Evangile de Matthieu au Chapitre 28, versets 1 à 10


dimanche 5 avril 2015

L'homme nouveau avec Philippe Mac Leod


« C’est un exemple que je vous donne » (Jean 13,15), telle est la parole que Jésus veut ajouter au geste qu’il vient d’accomplir à genoux, aux pieds de ses disciples déconcertés, leur lavant les pieds un à un. Mais toute sa vie a été et reste un exemple, et dans ce geste donné en exemple, toute sa vie se trouve condensée, ramassée, comme elle le sera sur la Croix, tout ce qu’il a été et ce qu’il veut que nous soyons. « Faites de même » : par ce geste je vous signifie ce qu’a été ma présence parmi vous, ce que devra être la vôtre parmi vos frères.

Et c’est à nous, aujourd'hui, sans le moindre recul, que ce geste s’adresse, comme un lumineux et déchirant raccourci, l’essence même de la sainteté, à nous qui malgré 20 siècles d’Évangile sommes encore attachés par la vanité aux petites reconnaissances, à des honneurs que nous savons pourtant dérisoires, à nous qui nous effondrons dès que notre moi se trouve quelque peu égratigné, à nous qui sommes d’abord et sans cesse notre image, dans la crainte d’une blessure ou l’attente d’une flatterie, cette image toujours pour soi à travers les autres, qu’aucune pratique ne parvient à chasser au profit du cœur détaché tout entier pour les autres, invisiblement, silencieusement, tout entier donné et sans repli possible, sans miroir, perdu littéralement dans ce pur mouvement de transparence.

Dès lors nous ne pouvons plus vivre dans le simulacre, nous réclamant de la volonté toute abstraite du Père sans rien lâcher de notre volonté propre. À vrai dire, on ne « fait » pas la volonté du Père, on s’y plonge, comme dans un milieu nouveau, comme on entre en religion, et en vérité il n’y en a pas d’autre. On s’y dépouille, on s’y acclimate peu à peu. C’est un autre monde, le monde de la grâce, la vie enfouie de Nazareth, l’heure sombre de la Passion où il n’y a place ni pour le ressentiment, qui projetterait son ombre sur les événements, ni pour la déception, qui accablerait de reproches son entourage, ni pour cette attente anxieuse, cette sorte d’avidité maladive que l’on retrouve jusque dans notre prière. Vivre dans la volonté de Dieu nous oblige à rompre avec l’immédiateté naturelle que sont les apparences, dans une sorte de sphère élargie où paradoxalement l’on se sent à la fois nu, vulnérable à l’extrême, et jamais seul, solidement ancré dans une confiance à toute épreuve en un dessein plus large que l’impatience de nos courtes vues.

Cependant, nous n’en aurons jamais fini avec le vieil homme. Et ce n’est pas en nous débattant avec lui que nous cesserons d’y retourner, mais en nous laissant saisir jour après jour par la lumière du Ressuscité. Tout est devant nous. Dans une tension souvent douloureuse, mais en découvrant que la flamme fragile tient tête à la nuit immense, où l’espérance se révèle plus forte que l’inévitable découragement, la joie plus grande que la prégnance de la peine, la vie toujours victorieuse de la mort.

La résurrection qui nous est offerte nous est en même temps demandée : offerte comme une libération inespérée, mais demandée dans le premier mouvement de mort à soi-même. Certes, la résurrection appartient à Dieu seul, mais la croix reste attachée à la liberté de l'homme qui peut la fuir ou l’embrasser. Le don des dons passe par cette porte étroite de notre abandon à la volonté du Père, le fil d’or qui cherche le chas de l’aiguille pour une vie vraiment nouvelle, comme l’herbe jeune surgie du noir de la terre, l’herbe neuve qui partout nous réjouit de son éclat d’une pureté céleste.



samedi 4 avril 2015

Veillée Pascale...


La Pâque juive est une veille où l'on fait mémoire de Dieu qui, le premier, a veillé pour faire passer son peuple des ténèbres à la lumière; la Pâque chrétienne, elle aussi, est une veille où les chrétiens ravivent leur mémoire : en cette nuit, Dieu fait passer son Fils de la mort à la vie ... 


 La sortie d’Égypte fait entrer le peuple dans la Première Alliance; le matin de Pâques fait entrer les disciples du Christ dans la Nouvelle Alliance ... 


Avec Moïse, le peuple juif passait de l'esclavage à la liberté; en Jésus, qui nous libère de la nuit du péché, nous passons à une vie nouvelle ... 


 Cette nuit où nous veillons dit que notre vie entière doit être veille : rester en tenue de travail, garder les lampes allumées, être comme des gens qui attendent leur maître à son retour des noces afin de lui ouvrir dès qu'il arrivera et frappera (Luc 12, 35-36)...



source : croire.com


vendredi 3 avril 2015

Méditer le chemin de croix avec Timothy Radcliffe

Prier chacune de des étapes qui conduisent à la crucifixion du Christ ouvre paradoxalement à l'espoir. C'est la vision du dominicain anglais Timothy Radcliffe, qui relit pour nous les souffrances du monde dans ce chemin vers Pâques.

Une fois l'an, dans les églises, la lecture exhaustive du récit de la Passion pour le dimanche des Rameaux a quelque chose de théâtral et de poignant. Ce déroulé implacable et détaillé d'un procès expéditif, d'une exécution publique, quand on prend le temps de l'écouter de bout en bout, nous renvoie à la tragédie du monde. Un drame non plus antique, mais étonnamment contemporain et perpétuellement rejoué sur toutes les places en guerre de la planète. L'injustice, la lâcheté, la trahison, la cruauté, tout y est ! Comme un coup d'oeil dans le miroir de notre nature humaine, une prise de conscience nécessaire... mais pas désespérante. Car c'est aussi le moment pour l'auditeur de réaliser toute l'audace du christianisme. L'inouï d'un Dieu qui ose se livrer aux mains des hommes. Paradoxe ! La croix, ce symbole du christianisme, s'il a pu nous paraître vieillot et exagérément doloriste lorsqu'il ornait par trop les murs de nos maisons, cette croix emblème des supplices inventés par les hommes est aussi le creuset de l'espérance et d'une confiance inégalée. Car c'est là même, au fond du gouffre, que Dieu en Jésus rejoint l'homme, prouvant qu'il ne l'abandonnera jamais au coeur du mal. La liturgie de la Passion comme le chemin de croix, relu ici pour nous par Timothy Radcliffe, sont non seulement d'actualité, mais ouvrent à l'humanité un nouvel avenir et un sens possible.
Elisabeth Marshall, rédactrice en chef de La Vie


Dans les bidonvilles d'Amérique latine, à Bagdad, en Irak, ou au coeur des cités asiatiques, Timothy Radcliffe a parcouru de nombreux chemins de croix avec ses frères chrétiens. Ancien maître de l'ordre des Prêcheurs, il s'est fait connaître par sa liberté de ton sur les questions de société. Vivant actuellement au couvent dominicain d'Oxford, en Angleterre, il continue de visiter le monde entier pour enseigner. Dans son dernier livre, Chemin de croix, paru aux éditions du Cerf, il nous présente une méditation née de toutes ses rencontres avec la pauvreté et l'exclusion.


Comment lire le chemin de croix, en méditant étape par étape ou en choisissant celles qui nous touchent ?

Chacun est libre de prier comme il le souhaite. Toutefois, je préconise de lire les stations les unes après les autres. Jésus accomplit un voyage complet, de sa condamnation jusqu'à sa mise au tombeau. Nous comprenons mieux ce drame si nous l'accompagnons tout au long de ce chemin.

Comment comprenez-vous l'affirmation selon laquelle « le Christ a souffert pour nous » ?

Pour ma part, j'invite plutôt à penser qu'il souffre « avec » nous. Lorsque notre existence est difficile, nous pouvons nous sentir seuls, mais Jésus demeure toujours à nos côtés. Sur la croix, il partage même l'expérience de l'absence de Dieu que nous pouvons connaître parfois.

Le chemin de croix semble avoir pour effet de culpabiliser les croyants en les accusant d'être comme ceux qui ont rejeté le Christ...

Au contraire, méditer ces stations devrait nous procurer de l'espoir. Si nous tombons, nous savons que Jésus a également chuté. Si nous nous sentons faibles, nous comprenons que Jésus a aussi éprouvé ce sentiment. Rien de ce que nous vivons de difficile ne doit nous faire sentir loin de Dieu.

À la deuxième station, vous écrivez que « Jésus supporte le poids de la croix, afin de nous libérer d'une gravité accablante et que nous connaissions une joie spontanée ». N'est-il pas surprenant de parler de joie dans ces moments-là ?

Je rentre de Bagdad où j'ai effectué une visite à mes frères et soeurs. C'est au quotidien qu'ils vivent chaque station de la croix. Et pourtant, au milieu de la souffrance, ils éprouvent souvent une joie, même si elle peut être souterraine, comme une rivière qui disparaît pendant un certain temps avant de refaire surface. Notre foi ne nie pas la souffrance humaine, nous devons reconnaître sa présence honnêtement. Mais l'histoire de Jésus est toujours nourrie de l'espoir, de celui qui « en vue de la joie qui lui était réservée, endura la croix, sans tenir compte de la honte, s'est assis à la droite du trône de Dieu », pour reprendre le passage de l'épître aux Hébreux (12, 2).

Quand Jésus tombe pour la première fois, vous expliquez que « nos premières chutes font vaciller l'image que nous avons de nous ». Existe-t-il de « bonnes » chutes ?

Oui, elles peuvent devenir des moments de grâce. C'est pourquoi saint Augustin a parlé de la chute comme une felix culpa, une « heureuse faute ». Dieu est si créatif que même nos échecs peuvent se révéler fructueux. Une fois, alors que je me confessais, le prêtre m'a dit : « Soyez reconnaissant pour vos péchés. » J'ai été choqué, mais j'ai compris plus tard ce qu'il voulait exprimer. Parce que j'ai été faible et que je suis tombé, je peux probablement mieux soutenir les personnes qui sont impliquées dans la « même galère » !

Puis Jésus est aidé par Simon de Cyrène à porter sa croix et vous notez que « Dieu a voulu nous rendre dépendants les uns des autres ». Pourtant, il n'est pas si facile d'accepter l'aide d'un inconnu.

Mais cela arrive tout le temps ! Lorsque j'ai été hospitalisé, j'ai bénéficié des soins des infirmières et des médecins que je ne connaissais pas. Parfois, il est même plus difficile de recevoir l'appui d'un proche. Dans ces cas-là, nous pouvons être plus embarrassés !

Quand Véronique essuie le visage de Jésus, vous vous réjouissez que Jésus trouve « au milieu d'une foule de visages hostiles une femme qui le regardait avec pitié ». N'est-ce pas « naïf » de valoriser ainsi un simple regard ?

Pas du tout, souvent cette attention correspond précisément à ce dont nous avons besoin. C'est le commencement de tout ministère chrétien. Quand je donne une conférence, il y a régulièrement une personne dont le sourire m'encourage à continuer. Si nous ne sourions à personne, alors nos efforts pour aider les autres constituent une perte de temps.

Jésus tombe une seconde fois et vous écrivez : « Jésus a partagé notre faiblesse afin que nous arrivions à partager sa force ». Quelle est cette force ?

Les théologiens des premiers siècles avaient l'habitude de dire que Dieu s'est fait homme pour que nous puissions devenir Dieu. Jésus a expérimenté notre faiblesse, nos luttes humaines, nos douleurs, afin que nous puissions nous nourrir de cette vie irrépressible qu'est Dieu. C'est pourquoi les chemins de croix tiennent une place centrale en Amérique latine où il y a tant de pauvreté. Je me souviens à Montevideo, en Uruguay, d'avoir accompagné les gens de station en station : tout ce qui était survenu à Jésus leur était arrivé !

Quand Jésus est dépouillé de ses vêtements, vous dites qu'Il « se dénude pour lutter contre la honte, l'humiliation ». En quoi consiste cette nudité « positive » ?

Observez David qui s'est dénudé pour lutter contre Goliath. Nu, il est plus rapide et plus difficile à attraper. Nous sommes souvent accablés par l'armure que nous endossons, mais qui ne nous correspond pas. Nous estimons devoir maintenir notre dignité en dissimulant notre faiblesse et en prétendant que nous sommes des personnes très importantes. Mais cette attitude nous oblige à vérifier en permanence que les autres ne nous manquent pas de respect. Quelle libération que de laisser tout cela et être simplement nous-mêmes !

Puis le Christ est crucifié. Vous notez que les quatre Évangiles adoptent alors un regard différent, lequel ?

Matthieu et Marc nous montrent un homme subissant un abandon radical sur la croix. En lui, Dieu prend en charge quiconque se croit abandonné ou trahi. Chez Jean, la crucifixion décrit un couronnement dans la gloire. Enfin chez Luc, Jésus s'en remet au Père. Il est allé jusqu'au bout.

De quelle attitude vous sentez-vous le plus proche ?

J'aime la tendre humanité du récit de Luc. Jusqu'à présent, je ne me suis jamais senti totalement abandonné par Dieu. Je n'ai pas non plus connu une souffrance aussi glorieuse que le Christ. Je ressens encore de la proximité avec ce larron crucifié au côté de Jésus qui a osé lui demander de le laisser entrer dans le paradis !

Laquelle de ces attitudes est-elle la plus valorisée par notre époque ?

Cela dépend du continent où vous vivez. En Amérique latine et dans les lieux de grande souffrance, les personnes se sentent souvent très proches de Jésus qui paraît totalement abandonné. En Europe, beaucoup d'Occidentaux, comme moi, se réjouissent de la tendresse exprimée dans l'Évangile de Luc, notamment celle de Jésus envers le larron. En Asie, où la tradition est profondément contemplative, il me semble que les croyants se trouvent plus en proximité avec Jean et la gloire dissimulée sous la souffrance.

En quoi est-ce un couronnement dans la gloire ?

Pensez à ce merveilleux film Des hommes et des dieux. Notamment quand les moines de Tibéhirine célèbrent la sainte cène. Leur visage paraît comme mort avant de s'illuminer. C'est un moment de profonde tristesse, mais aussi d'une immense beauté. Peut-être peut-on percevoir dans ces images quelque chose de la splendeur de ceux qui donnent leur vie.

Quand Jésus est descendu de la croix, vous êtes particulièrement touché par le geste de tendresse de Marie.

Oui, n'attendons pas qu'une personne soit morte pour nous montrer attentionnés vis-à-vis d'elle. Souvent, nous aimons les gens, mais nous ne leur disons pas, par timidité ou par crainte que notre affection soit rejetée. Mais dans les deux cas, prenons le risque de nous exprimer !

Les orthodoxes semblent valoriser davantage la Résurrection. Que peut-on apprendre d'eux pour vivre les semaines suivantes ?

Est-il si vrai que les orthodoxes accordent plus de place à la Résurrection que nous ? J'en doute, car notre foi ne serait rien sans elle ! Notre société est tellement occupée à faire que nous pensons devoir nous remettre au travail dès le lundi. Or, nous avons besoin de temps pour célébrer cette fête de Pâques, nous reposer en Dieu et nous détendre dans cette joie pascale. Nous autres êtres humains sommes aussi faits pour jouer. Prenons régulièrement des périodes de jeu, sinon nous allons oublier pourquoi nous existons !

Finalement en quoi le chemin de croix annonce déjà la résurrection du Christ ?

Si Jésus n'était pas ressuscité d'entre les morts, nous n'aurions pas à marcher sur ce chemin de croix. Si son existence n'avait mené nulle part, il ne servirait à rien de nous souvenir de Jésus. Nous faisons mémoire de la souffrance afin de comprendre plus profondément la joie qui vient après. Se rappeler ainsi les étapes de ce chemin croix est déjà une célébration de Pâques, car tout est orienté vers la victoire de la vie.


Timothy Radcliffe :
1945 Naît à Londres.
1965 Entre chez les dominicains.
1987 Provincial chez les dominicains en Angleterre.
De 1992 à 2001 Maître de l'ordre des Prêcheurs.
2000 Publie Je vous appelle amis, Cerf.
2014 Participe au Livre noir de la condition des chrétiens dans le monde, XO Éditions.
2015 Publie Chemin de croix, Cerf.


> Une invention franciscaine :
Présents en Terre sainte depuis 1220, les Franciscains ont pris l'habitude de revivre les différentes étapes du Vendredi saint. Progressivement, ils ont transformé cette pratique en rite à Jérusalem, puis dans leurs églises en Italie. L'attrait pour cette cérémonie a été tel que le pape Clément XII a accordé en 1731 la permission de créer des chemins de croix dans d'autres églises que celles des Franciscains. De leur côté, les protestants font remarquer que certaines étapes comme la présence de Véronique n'ont pas de fondement biblique.

> À lire : Chemin de croix, de Timothy Radcliffe, Cerf.
La Logique de l'amour. Chemin de croix avec le pape François. Chaque station est accompagnée d'une courte méditation du Saint-Père, chacune fait preuve d'une grande empathie pour tous ceux qui vivent les épreuves du monde actuel. La fatigue, le découragement, la solitude. Éditions des Béatitudes.


jeudi 2 avril 2015

Une amoureuse du Mont Ventoux à découvrir... Sandrine Daubree


"Le tableau qu'il soit à l'huile, à l'eau, qu'il soit fait d'étoffes, de ciment ou de la boue des chemins, n'a qu'une seule signification : 
la qualité de celui qui l'a créé et la poésie qu'il porte en lui. 
Tout est permis, tout est possible, pourvu que derrière le tableau un homme apparaisse, 
tel qu'il est, tout nu, comme la vie." 
 Roger Bissière




"Voir, goûter le détail de la magnificence du monde, dans ses couleurs et ses formes, 
dans sa lumière, est toujours ma passion. 
Eprouver l’émotion intime de me sentir ainsi faire partie intégrante de la nature… 
 C’est ce que je tente humblement, à ma façon, de dire par ma peinture."