dimanche 5 janvier 2014

Pour la venue des rois mages...

Pour la venue des rois mages, voici un des tirages du Jeu des Miroirs qui avait été réalisé sur un célèbre réseau social. 

Il vous permet d'aller à votre rencontre à travers les trois personnages, Gaspard, Melchior et Balthazar.


Suivez les consignes et votre bonne étoile :




vendredi 3 janvier 2014

Love is calculation. L’amour, c’est du calcul.


L’amour, c’est du calcul? Impossible ! 
 Voilà bien un langage de mathématicien. 
Cela paraît cynique de parler ainsi et pourtant la vérité n’est pas ailleurs. La vérité se situe bien au-delà de nos rêves, de notre idéalisme, de celui des autres qui ne correspond pas toujours au nôtre et des conflits d idéaux qui en résultent. 
Je calcule : « Si je fais cela, qu’est-ce que l'autre va recevoir ? » Comment vais-je utiliser mon temps, mon énergie et mes moyens financiers pour le meilleur rendement possible de mes manifestations d’amour ? Dire «je t aime » n’est pas une manifestation suffisante en elle-même. Comment faire sentir à l’autre qu’il est aimé et qu’il reçoit? Alors je calcule. À chacun de le faire réalistement, dans le relatif, avec les facteurs qui lui sont propres. L amour est calcul, l’amour est habileté. 

Cette habileté est une forme d’intelligence, une intelligence de la tête, bien sûr, mais surtout l’indispensable intelligence du cœur et même du corps qui peut nous faire sentir : ce dont l’autre a le plus besoin, c’est d’un peu de repos! «Allez, allonge-toi et repose-toi un instant. » — « Mais la vaisselle n’est pas faite. » — « Eh bien, je m’occupe de la vaisselle. »Vous avez donné à l’autre le repos dont il avait précisément besoin. 

Si vous avez un peu conscience de votre corps, si vous êtes attentifs à vos propres besoins, vous comprendrez les nécessités du corps de l’autre. Rien n’est parfois plus bouleversant que d’être deviné, compris, sans avoir formulé la moindre demande. Mais la tête n’est pas assez intelligente pour sentir ces choses toutes simples qui peuvent tellement toucher l’autre. 

Oui, cette parole de Swâmiji m’a surpris : « Quel langage terre à terre pour parler d'amour ! » Maintenant, je comprends très bien ce qu’il voulait dire après m’être rendu compte qu’il y avait tant d’amour derrière cette terminologie abrupte. 
Swâmiji m’a montré, manifesté un amour infini, un amour absolu. Je vous livre la clef : l’homme qui m’a enseigné love is calculation est celui par qui je me suis senti non seulement le plus, mais le mieux aimé, le plus intelligemment aimé. 





Arnaud Desjardins
LaVoie du cœur, chap. « L’amour est habile ».
 Extrait de "Les formules de Swami Prajnanpad"

jeudi 2 janvier 2014

mercredi 1 janvier 2014

Passage de 2013 à 2014... un nouvel an

L’Année 2013, qui s’achève, était marquée par la rupture salutaire de la faux de Saturne, dieu du Temps qui s’achève et des Moissons à récolter... Avez-vous vécu de telles ruptures qui ont commencé à vous détacher d’illusions trop confortables ?


L’Année 2014, qui commence, peut être introduite par un Ange pacifique, celui de la TEMPERANCE. Après la rupture du nombre Treize, c’est un réel EQUILIBRE qui s’annonce à nous si nous nous rendons sensibles à la symbolique de ce nouveau nombre. Le grand espace ouvert par la faux du Sans-Nom, sobrement désigné par le chiffre Treize, peut à présent s’emplir du flux harmonieux des énergies de notre vie.



Dans le mythe d’Osiris, en Egypte, Isis se met en quête des quatorze morceaux de son divin époux, dont le corps a été découpé par son frère Seth et jeté dans le Nil, afin de le ramener à la vie. 

De même, dans les Evangiles, le Christ suit un chemin de quatorze stations avant de parvenir au mont Golgotha, lieu du Crâne – le chakra coronal - et de la Résurrection. Et c’est à quatorze ans que certains héros de Contes traditionnels européens épousent la fille du roi…


Le nombre Quatorze est donc un Passage de choix ! Il se situe dans la zone intermédiaire entre le Sept, où surgit l’âge de Raison, et le Vingt-et-un, âge de la Maturité. Entre l’apogée de l’Enfance réussie et l’accomplissement de l’Age adulte, c’est le nombre d’une Adolescence pleinement vécue qui se propose à nous. Et si nous renouions avec le meilleur de notre adolescence ?… Qu’avons-nous fait des richesses de cet âge qui fut le nôtre et qui nous fit grandir ?

Quatorze est également lié au nombre Cinq : 14 = 1 + 4 = 5, donc à la quintessence  qui unit et réconcilie nos quatre dimensions – physique, émotionnelle, intellectuelle et spirituelle. Il nous invite à nous réunifier intérieurement et à ne rejeter aucun aspect de nous-mêmes, à condition, évidemment, d’être prêts à transmuer nos zones de plomb en gerbes d’or…

Quel bel équilibre à chercher au cœur de notre existence ! Ce Nombre unit par un même flux le vase bleu de la paisible sagesse, réceptive, et le vase rouge de la vive ardeur, active. Dans la symbolique chrétienne, le Violet, union du rouge et du bleu, est la couleur de la Tempérance, de la modération et du passage (lié au deuil de l'inutile). Il relie ainsi nos parts Féminine et Masculine, et nous invite à vivre en toute quiétude, armés de cette quatrième vertu cardinale, après la Justice (bleue), la Force (jaune) et la Prudence (verte)… Il favorise la circulation de la Vie et l’échange entre les êtres. Il nous montre une voie de conciliation et d’apaisement, nous pousse à nous imprégner des grandes lois de l’interdépendance. Il nous invite à agir d’une manière plus fluide et sereine que nous ne l’avons fait jusqu’à présent.



L’Ange de la Tempérance, nous dit Jodorowsky, est aussi celui de la Protection et de la Guérison. Alors, profitons-en pour poser des baumes sur nos blessures et celles des autres !      
                                                                     








Au seuil de l’Année nouvelle, réfléchissez un peu : dans quels domaines de votre vie avez-vous envie d’introduire cette Tempérance salutaire ? Vous pouvez d’ores et déjà en dresser une petite liste avant, très vite, de passer à l’Action.


Bonne et heureuse Année 2014 ! 
Soyons bienveillants et communicatifs ! 
Réconcilions-nous avec les autres et avec nous-même !



Sabine

Meilleurs voeux en images


Le Jeu des Miroirs vous invite à regarder le reflet de 2013 
et à entrer dans le jeu de cette année 2014.


« Nous qui buvons nuit et jour à la fraîche source du monde Et qui sommes familiers du pur compas des étoiles, Traçons ensemble un arc-en-ciel avec ses couleurs scrupuleuses ». 
 (Jules Supervielle) .

mardi 31 décembre 2013

Bols chantants pour faire résonner la nouvelle année...


L'origine des bols chantant tibétains aux 7 métaux remonteraient en Asie dès 5000 avant J-C. 
Un bol est fait avec sept métaux qui sont associés aux 7 planètes. L’utilisation des bols dans le bouddhisme vient de l’influence du chamanisme Bôn (Bôn Po) qui a suivi les routes des caravanes et a rencontré le bouddhisme au Tibet pour donner le mouvement animiste-chamaniste de Bôn. 

 Le bol chantant était utilisé comme objet de culte avec des dorjes et vajras dans des cérémonies bouddhistes. Ils étaient aussi donnés comme cadeau ou pouvait servir comme récipient pour cuisiner car les métaux étaient rares. Encore que cette dernière affirmation fait débat. 

Les bols chantants sont maintenant aussi utilisés comme instrument de musique, pour la relaxation. Il y a des massages sonores aux sons des bols tibétains. On utilise les bols chantants pour le Feng Shui ou pour la méditation. Dans certain Yoga aussi, on utilise un bol ou des bols chantants tibétains.

Je les utilise de plus en plus lors de séances de shiatsu :


Jouer en frappant :







Jouer en frottant :







Dernières lumières de 2013...


(Merci à Lysa)

Juste "ça"... avec Mooji

Témoignage d'une Ouverture :




lundi 30 décembre 2013

Unis pour la diversité...


La diversité, c'est dire le principe primordial du vivant, est menacée. Peu à peu, semblable au mazout échappé à la soute des cargos, l’uniformité étale sur le monde sa marée noire. Partout la réduction, le nivellement, le mélange contraint, l'infâme melting-pot-en un mot l’entropie - poursuit son œuvre de mort. De même qu’ont disparu déjà des milliers d’espèces — insectes, mammifères, plantes - disparaissent peu à peu les innombrables façons qu’il y a pour l’homme d’être au monde.


Les cultures et les ethnies qui ont survécu au centralisme, à la colonisation et à l’unitarisme économique sont désormais exposées à la mort sous anesthésie de l'assimilation. Les corps de métiers ont été fondus aux hauts fourneaux de l’industrialisation, les régions gobées par les nations, les nations par le stratégisme planétaire. Partout, une « normalité » despotique aplanit le relief mouvementé du paysage humain — et jusqu’aux deux principes qui tenaient le monde en balance : le yin et le yang — féminin/masculin — dont la compression en un avatar unique et pitoyable est en oeuvre. 

Les Ages de la vie 
Par Christiane Singer

dimanche 29 décembre 2013

Au coeur des derviches tourneurs ...


À Istanbul, Philippe Charlier nous fait découvrir l’ordre musulman mystique des derviches tourneurs, accompagné de Julien Jalaleddin Weiss Kanun, musicologue spécialiste de la musique ottomane et Turc d’adoption. 

Caractérisé par une danse semblable à une transe, dont le tournoiement continu rapproche l’homme du divin, l’ordre a été créé par Jalal Al-Din Rumi, un mystique soufi du XIIIe siècle. 

Un voyage initiatique à la rencontre d’un islam voué à la beauté et à la contemplation.





samedi 28 décembre 2013

Les bonheurs de Sophie (2)

Tout d’abord, ce « rêve de Sophie » est bien à prendre, littéralement, comme un « rêve de sagesse » ! L’inconscient de la jeune héroïne lui présente deux chemins de vie possibles. Chacun sait que le rêve est porteur de messages profonds et passionnants ! Je vous propose de les déchiffrer ainsi…
                                          Jérôme BOSCH, Le Jardin des délices (XVe siècle)

Le premier chemin – dans le jardin de l’Enfer - est une voie très facile à emprunter : Sophie en est « tout près » ; une frêle barrière l’en sépare à peine, elle n’a qu’un pas à faire pour la franchir et suivre un sentier de « sable fin, doux aux pieds »…
Qu’est-ce que ce jardin, sinon l’espace où nous cherchons à satisfaire nos désirs immédiats, qui ne sont que le masque trompeur de nos peurs ?

Dans ce champ d’expérience que nous fréquentons souvent, les fruits et les fleurs, « qui semblaient délicieux » parmi les « allées sablées et ombragées », sont à la portée de la main qui cherche à les cueillir. C’est l’espace où s’exercent nos impulsions premières : celles qui nous persuadent que nous avons raison de les suivre, qu’elles vont nous apporter le bonheur. En réalité, c’est le royaume des illusions, de cet imaginaire flamboyant qui nous attire à chaque instant et nous détourne du réel en nous faisant miroiter une réalité idéale… Sans trêve, nous « cherch[ons] à y entrer ». Une petite voix en nous (celle du « bon ange ») a beau nous souffler continuellement que là ne se trouve pas la clef de notre bonheur, nous persistons à ne pas l’écouter, comme le fait Sophie ici. Ces impulsions incessantes nous tirent en réalité hors du champ de la conscience de nous-mêmes : nous nous laissons « arrach[er] » ou déraciner du monde réel par ces désirs immédiats, accomplis sans conscience d’être et d’agir…

Pensons à la toute dernière fois où nous avons succombé ne serait-ce qu’au plus minuscule de ces désirs : un léger glissement vers une pensée de trop, vers un jugement factice, vers l’espoir d’une existence meilleure que la nôtre, un de ces pâles mirages où nous avons cru découvrir une foisonnante promesse de fruits et de fleurs… Cherchons-en un seul exemple, concret et récent, et flairons-le attentivement : ce simple souvenir ne répand-il pas encore en nous son « odeur infecte et empoisonnée » ? 

Ce "jardin du mal" est celui du mal-être, de la division intérieure, même infime. Un léger malaise n'empoisonne-t-il pas sans cesse les fruits de la vie que nous avons cherché à goûter trop précipitamment ? Un vague mal-être, un arrière-goût d’insatisfaction… Vous le reconnaissez ?Insidieusement, nous tournons en rond dans une « souffrance » et une « tristesse » dont nous soupçonnons même pas l’omniprésence et l’intensité toujours croissante…

Heureusement, il existe un autre chemin ; mais celui-là est « raboteux, plein de pierres ! » Eh oui ! Si rapide, si puissant est notre penchant à la satisfaction des désirs immédiats que la simple perspective de revenir à la conscience de soi nous fait percevoir cette autre voie comme parsemée d’obstacles, « aride »…  Comment cette montée plutôt pénible, et qui paraît « n’avoir pas de fin », pourrait-elle nous mener à un « jardin de délices » ? Comment croire que ce chemin « s’adoucira et s’embellira à mesure que » l’on y avancera ? 

Vous le voyez bien : non seulement Sophie « hésit[e] » entre les deux chemins, mais elle sent aussi qu’elle doit vérifier par elle-même que le sentier de ses impulsions est source de souffrance. Il lui est nécessaire d’expérimenter cette souffrance dans différents domaines : la relation aux autres, dépourvue d’amour (représentée par les enfants aux sourires enjôleurs) et la quête de jouissance personnelle, irréalisable (symbolisée par le goût « détestable » des fruits et « l’odeur affreuse » des fleurs). C’est à ce prix qu’elle peut enfin se convaincre que le chemin authentique du Bonheur vaut la peine d’être emprunté...

De fait, ce chemin est paradoxal : les obstacles apparents qui le jalonnent sont des fruits de la vie comme les autres, qui valent la peine d’être goûtés en conscience !

Cette pleine conscience qui ne cesse de sourdre au plus profond de nous-même comme une source toujours jaillissante est ici symbolisée par l’Ange. Vous pouvez constater que celui-ci joue un rôle infiniment rassurant : il assure Sophie qu’il l’attendra «  jusqu’à la mort »… Pas de manichéisme, malgré les apparences ! Seulement des paradoxes : c’est dans l’expérience de la déception que l’héroïne trouvera la clef de l'énigme ; et si elle entre seule dans le jardin de ses souffrances, en revanche, lorsqu'elle en sort, elle est guidée et portée par les événements de la Vie. Ceux-ci, grand ouverts comme « les bras de l’ange », l'entraînent sans effort inutile vers le Paradis.


Vous remarquerez qu’à la fin du texte, Sophie « allait entrer dans le jardin du bien »… Son rêve de sagesse ne suffit donc pas à l’y faire pénétrer. Pour se diriger vers la béatitude, il faut sortir du rêve et accepter de se réveiller pleinement, « agit[é] et baign[é] de sueur ». Il faut ensuite penser « longtemps à ce rêve », c'est-à-dire méditer sa signification : le sens profond du rêve pourra alors éclairer notre chemin de vie, pavé d’événements toujours renouvelés qui nous invitent au mouvement et à l’Action consciente. 

Ce Chemin de notre existence n’est autre que le « chemin raboteux, plein de pierres » que finit par suivre Sophie. Si nous le parcourons vraiment, en conscience, c’est-à-dire en acceptant de sentir nos pieds et notre cœur devenir vulnérables, voire s'écorcher un instant, cette voie nous emmènera immanquablement vers le pays des « délices » que nous n’avons jamais quitté, sinon… en rêve ! 


Sabine

vendredi 27 décembre 2013

Les bonheurs de Sophie (1)

Voici un extrait des célèbres Malheurs de Sophie, de la comtesse de Ségur. 
On a beaucoup reproché à celle-ci un manichéisme et un moralisme étroit. 
Ma lecture est différente : si je reconnais bien dans ce texte un certain vocabulaire moraliste propre au 19e siècle et un ton destiné à un public enfantin, j'y découvre aussi, plus essentiellement, un récit particulièrement riche de sens et d'une étonnante profondeur. 
Mais chut ! Pour l'instant, je ne ferai pas de commentaire. Je vous laisse entrer dans ce rêve de Sophie, la fillette dont le prénom signale la quête d'une sagesse authentique... Je vous invite à pénétrer dans l'étrangeté de ces jardins de l'Autre Monde et à laisser la narration faire son oeuvre en vous...

A suivre... 
Sabine (auteure du Jeu des Miroirs)


Sophie eut une nuit un peu agitée ; elle rêva qu’elle était près d’un jardin dont elle était séparée par une barrière ; ce jardin était rempli de fleurs et de fruits qui semblaient délicieux. Elle cherchait à y entrer ; son bon ange la tirait en arrière et lui disait d’une voix triste : « N’entre pas, Sophie ; ne goûte pas à ces fruits qui te semblent si bons, et qui sont amers et empoisonnés ; ne sens pas ces fleurs qui paraissent si belles et qui répandent une odeur infecte et empoisonnée. Ce jardin est le jardin du mal. Laisse-moi te mener dans le jardin du bien. 
– Mais, dit Sophie, le chemin pour y aller est raboteux, plein de pierres, tandis que l’autre est couvert d’un sable fin, doux aux pieds. 
– Oui, dit l’ange, mais le chemin raboteux te mènera dans un jardin de délices. L’autre chemin te mènera dans un lieu de souffrance, de tristesse ; tout y est mauvais ; les êtres qui l’habitent sont méchants et cruels ; au lieu de te consoler, ils riront de tes souffrances, ils les augmenteront en te tourmentant eux-mêmes. » 
Sophie hésita ; elle regardait le beau jardin rempli de fleurs, de fruits, les allées sablées et ombragées ; puis, jetant un coup d’œil sur le chemin raboteux et aride qui semblait n’avoir pas de fin, elle se retourna vers la barrière, qui s’ouvrit devant elle, et, s’arrachant des mains de son bon ange, elle entra dans le jardin. 
L’ange lui cria : « Reviens, reviens, Sophie, je t’attendrai à la barrière ; je t’y attendrai jusqu’à ta mort, et, si jamais tu reviens à moi, je te mènerai au jardin de délices par le chemin raboteux, qui s’adoucira et s’embellira à mesure que tu y avanceras. » 

Sophie n’écouta pas la voix de son bon ange : de jolis enfants lui faisaient signe d’avancer, elle courut à eux, ils l’entourèrent en riant, et se mirent les uns à la pincer, les autres à la tirailler, à lui jeter du sable dans les yeux. 


Sophie se débarrassa d’eux avec peine, et, s’éloignant, elle cueillit une fleur d’une apparence charmante ; elle la sentit et la rejeta loin d’elle : l’odeur en était affreuse. Elle continua à avancer, et, voyant les arbres chargés des plus beaux fruits, elle en prit un et y goûta ; mais elle le jeta avec plus d’horreur encore que la fleur : le goût en était amer et détestable. 


Sophie, un peu attristée, continua sa promenade, mais partout elle fut trompée comme pour les fleurs et les fruits. Quand elle fut restée quelque temps dans ce jardin où tout était mauvais, elle pensa à son bon ange, et, malgré les promesses et les cris des méchants, elle courut à la barrière et aperçut son bon ange, qui lui tendait les bras. Repoussant les méchants enfants, elle se jeta dans les bras de l’ange, qui l’entraîna dans le chemin raboteux. Les premiers pas lui parurent difficiles, mais plus elle avançait et plus le chemin devenait doux, plus le pays lui semblait frais et agréable. 

Elle allait entrer dans le jardin du bien, lorsqu’elle s’éveilla agitée et baignée de sueur. Elle pensa longtemps à ce rêve. [...]


Les Malheurs de Sophie
 XVI – Les fruits confits. 
Par la Comtesse de Ségur