mardi 31 mars 2020

Interdépendance et partages


"C'est vraiment le moment ou jamais de faire preuve de sollicitude, de fraternité, de prendre conscience de l'interdépendance qui lie tous les êtres vivants"
Matthieu Ricard vous a enregistré une vidéo en direct du Népal 🙏
Merci à tous pour vos partages et surtout faisons tout ce qui est nécessaire et possible pour améliorer les conditions extérieures.


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Confinement : les conseils des moines (2)

Conseil n°1 : Prendre le rythme

Chez les moines : « Au début, j’avais l’impression d’être dans un train qui roule où rien n’est laissé au hasard », se souvient frère Antoine. Offices, temps de travail, d’étude, d’oraison et de repos s’enchaînent inlassablement. « Il est capital d’avoir des repères objectifs concernant les horaires et la répartition des tâches. Cela nous libère ! », estime sœur Bénédicte, qui partage sa vie avec 46 autres moniales. Autre vertu d’une journée cadencée : la lutte contre l’ennui et la mélancolie.
Chez nous : Nous pouvons commencer par fixer des horaires de repas, puis définir des plages de temps pour le travail, l’école, la lecture, l’exercice, etc.

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lundi 30 mars 2020

Statégie de survie


Gilles Farcet : Etre confiné avec des proches peut, si on le veut, s'avérer propice à se voir soi même...
Allez un peu de nourriture fort "solide" en provenance de Monsieur Gurdjieff qui s'y connaissait...
LE TRAIT PRINCIPAL
« Un jour, après les mouvements, Monsieur Gurdjieff commença à nous parler de la confession, de la vraie confession et de la manière dont elle était pratiquée dans les écoles ésotériques. La vraie confession n’a rien à voir avec la confession dans les églises car son essence consiste en la ,nécessité pour l’homme de voir ses propres défauts non comme des péchés mais comme des obstacles à son développement.
Dans les écoles ésotériques, il y avait des hommes hautement accomplis qui étudient la nature de l’être humain dans son ensemble. Leurs élèves étaient des personnes qui voulaient développer leur être. Ils parlaient ouvertement et sincèrement de leur recherche intérieure, comment arriver à leur but comment s’en rapprocher , ainsi que des caractéristiques qui y faisaient obstacle. Pour aller ainsi à confesse il fallait prendre une décision majeure: voir ses propres défauts réels et en parler. Monsieur Gurdjieff nous dit que c’était absolument essentiel , et particulièrement de voir son propre trait principal, celui autour duquel tournent (comme autour d’un axe) toutes nos faiblesses secondaires, stupides et comiques.
Dès les premières jours, Monsieur Gurdjieff nous avait parlé de ce trait principal. Le voir et le réaliser est très douloureux, parfois insupportable. Dans les écoles ésotériques.. quand son trait principal est révélé à quelqu’un , c’est fait avec beaucoup de soin, car la vérité sur elle même peut parfois amener une personne à un désespoir tel qu’elle pourrait décider d’en finir. C’est le lien spirituel avec le maître qui prévient une telle tragédie. La Sainte Ecriture parle du moment où l’on réalise son propre défaut central quand elle dit que, frappé sur la joue droite il faut tendre la joue gauche. La douleur de découvrir votre défaut principal équivaut au choc de recevoir une gifle en pleine face. Un être humain doit trouver en lui-même la force de ne pas fuir cette douleur mais de courageusement tendre l’autre joue, c’est à dire d’écouter et d’accepter encore davantage de vérité sur son propre compte.
Thomas de Hartmann, 
Our life with Mr Gurdjieff

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Confinement : les conseils des moines (1)

Nous voici confinés seuls ou à plusieurs dans un espace clos pour lutter contre la pandémie liée au coronavirus. Notre repli forcé peut s'apparenter à celui des moines et moniales retirés dans leurs monastères. Comment se repérer et vivre au mieux cette situation ? Les conseils de ceux qui ont choisi cette vie.

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS
« Notre vie n’est pas un confinement, mais un élargissement du cœur ! », prévient d’emblée sœur Anne-Samuel, moniale dominicaine de Notre-Dame de Beaufort (Ille-et-Vilaine). « La clôture est la réponse à un appel. Elle nous permet de donner de l’espace et du temps à la recherche exclusive de Dieu », abonde sœur Bénédicte, bénédictine à l’abbaye Notre-Dame-du-Pesquié (Ariège), qui reprend la formule de François de Sales : « Nous ne sommes pas une compagnie de prisonnières ! »
Pourtant, notre repli forcé a certains traits communs avec la vie des moines. 
« Il arrive que nous ne sortions pas de l’enclos du monastère pendant des mois », relate frère Antoine, cistercien de l’abbaye de Sept-Fons (Allier). Et si les religieux ont choisi leur mode de vie, ils n’ont pas choisi leurs compagnons d’aventure. « Il y a dans notre vie une part de contrainte et une part de choix qu’il ne faut pas opposer, explique sœur Mireille, prieure de la communauté protestante des Diaconesses de Reuilly , à Versailles (Yvelines). Si ce temps de confinement est contraint, nous pouvons en partie choisir comment le vivre. » Voici quelques pistes...    (A suivre...)

dimanche 29 mars 2020

Le ciel au bout des doigts



Je reviens d’Inde du Sud. Si j’y ai vu l’Inde spirituelle que je voulais voir, la spiritualité ne s’est pas simplement révélée au travers de grands temples comme celui de Maduraï, où la vie religieuse est intense, mais au travers de massages ayurvédiques. Ce à quoi je ne m’attendais pas. L’ayurvéda, qui signifie “la connaissance de la vie”, est une voie thérapeutique millénaire pratiquée dans le sud de l’Inde et qui, combinant méditation, régime et massages, stoppe les maladies, soigne et rééquilibre les énergies. Bien qu’un pays comme la France ne soit pas hostile aux massages (témoin la considération accordée à la kinésithérapie, aux massages pratiqués en thalassothérapie. ..), ceux-ci sont davantage vécus comme un moyen de confort qui ne fait pas de mal que comme un moyen thérapeutique capable de vraiment faire du bien. Notre rationalisme en est la cause. Aimant pouvoir contrôler les choses mentalement dans le cadre d’une autorité scientifique reconnue, nous nous sentons démunis quand survient une thérapeutique dépassant nos cadres mentaux et sociaux habituels.

Le massage ayurvédique passe pour être brutal. Ce qu’il n’est pas, ce massage toujours tonique s’adaptant avec respect à ce que chacun peut endurer. Original en raison de sa prise en main singulière, il l’est surtout en raison des huiles utilisées, toutes à base d’herbes qui, afin d’être vraiment efficaces, sont associées à un bain de vapeur donné après le massage. De sorte que l’on a l’impression étonnante d’avoir été massé sous la peau avec une sensation de purification surprenante. C’est en voyant le maître de massage prier afin que les huiles prennent toute leur efficacité grâce à une relation au plan divin, que j’ai eu vraiment conscience non seulement d’être en Inde mais d’avoir affaire à un autre niveau de réalité. Qui, dans nos contrées, prie quand il dépose une huile sur un corps avant de masser? L’Inde est un pays où les masseurs sont encore des prêtres et les prêtres encore des masseurs. Ce n’est plus notre cas. Notre religion, quand elle existe, ne se fait plus avec les mains et nos mains ne sont plus religieuses. Il y a pourtant un pouvoir des mains. Le Christ, l’oint de Dieu comme le dit son nom, enveloppé par Dieu comme une huile enveloppe un corps, soignait en appliquant ses mains sur les corps malades. Par ces applications, il rétablissait le lien avec le Père, source ineffable de vie, matrice de tous les possibles et de toutes les énergies. 


Le monde occidental s’est coupé du lien avec le Père. D’où sa difficulté à soigner. Si la médecine fait des prouesses quand elle aborde le corps comme une machine, elle est démunie quand il s’agit d’envisager celui-ci sur le plan de l’être. L’être étant lié au fait miraculeux de la vie, on est dans l’être à chaque fois que l’on est dans une sensation profonde d’existence, seule une telle sensation étant en mesure de nous faire sentir le miracle d’exister. 
Quand on est heureux et en pleine santé, se sentant exister, notre corps comme notre existence sont un miracle en acte. Ils sont l’être-fait chair. Quand on perd son lien avec l’être et la sensation miraculeuse qui va avec lui, l’être entier connaît les affres de la souffrance psychique et physique à travers un exil ontologique. Les maîtres de l’ayurvéda sont dans l’esprit du Christ. “Ce n’est pas nous qui soignons, m’a dit un maître de massage. Ce sont nos mains qui nous disent où soigner, Quand on laisse la vie agir, on a le ciel au bout des doigts.”

Bertrand VERGELY
Professeur de philosophie à Orléans, Bertrand Vergely a publié plusieurs ouvrages sur la diffusion de la philosophie ainsi que sur les questions touchant au bonheur, à l'émerveillement, au sens de la vie, mais également au mal, à la souffrance et à la mort.

samedi 28 mars 2020

Nota bene



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Moins d'ego, plus de joie (4)


Ne pas chercher à éliminer l’ego

« Tout ce à quoi vous essayez de renoncer vous poursuivra... L'idée même de renoncement, c'est à cela qu'il convient de renoncer. »


Combattre l’ego, afin de le faire disparaître, renforce la conviction qu’il existe - le serpent se mord la queue. Il se manifeste par un flux de pensées, distillant en continu ses opinions sur lui-même et sur le reste. Vouloir endiguer ce flot intarissable se heurte à une impossibilité, sauf temporairement. Nous pouvons constater son instabilité, l’irréalité de la séparation qu’il établit entre nous et le reste, son inconsistance.
Plutôt que d’établir un barrage illusoire, laissons ses commentaires traverser la conscience et attachons-nous à reconnaître son chant : « Et moi, et moi, et moi. » Nous savons il quoi nous en tenir, il ne connaît pas d’autre rengaine... Et si nous tentions de l’observer, sans nous engager, en nous tournant vers ce qui ne change pas, vers la conscience ? 
« Vous êtes un courant continu de changements, c'est vous et ce n'est pas vous. Celui qui voit le courant continu de changements ne change pas. Il est immuable. Il est Absolu. Et c'est vous. » 
La vision suffit : ne plus lutter contre l’ego le laisse choir dans le vide.


Christophe Massin
Extrait de "Moins d'ego... Plus de joie !"
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vendredi 27 mars 2020

Juste Chat !


Moins d'ego, plus de joie (3)

J'ai pu tester cela hier et ça a marché ! Une détente et quelques larmes émues de cette unification.
Je vous le conseille !

Sortir de la logique binaire : la coïncidence des opposés

Dans mon cheminement, l’opinion que, moi, j’ai de moi-même, face aux différents domaines de la vie, a accaparé beaucoup de mon attention. Mes jugements ont fluctué de la dévalorisation aux prétentions de supériorité. J’observais comment je pouvais osciller d’une seconde à l’autre, m’enorgueillir de certaines facilités puis me trouver nul, peu sympathique.
Où se situe la vérité ? Puis-je trouver une objectivité pour définir ma valeur, ou ma cote dépend-elle uniquement de mon humeur du moment ? Ainsi je peux tergiverser entre « Suis-je beau ou laid ? » et en arriver à « Ni l’un ni l’autre », rien de fixe. Puis j’ai découvert qu’en prenant la formulation opposée : « Je suis beau et laid en même temps », « Intelligent et pas si intelligent que ça », une sidération de ma pensée se produisait, amenant la paix et le silence.

Dans le Relatif, je peux être beau comme être laid, les deux ont leur part de vérité. Laisser ces opinions coexister dans mon esprit, sans chercher à trancher, les neutralise. Je peux penser tout et son contraire à propos de moi, il s’y trouvera du vrai et du faux, mais rien ne me définira entièrement, toute formulation restera relative et fondamentalement réductrice. Quelle détente ! La coïncidence des opposés tétanise l’ego, il ne peut penser dans ces termes, et aussitôt il « bugue » !


Christophe Massin
Extrait de "Moins d'ego... Plus de joie !"
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jeudi 26 mars 2020

Vision partielle


La plupart du temps, nous ne voyons qu'une partie des choses et nous pensons qu'elles sont séparées. Mais si nous prenons du recul, si nous nous laissons flotter sur l'instant, nous pouvons voir que tout est lié et nous prenons alors goût à ce que nous vivons...




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Moins d'ego, plus de joie (2)


Revenir à ce que je veux

source : "Equinoxe Infinity" de J-M Jarre
Nous avons intérêt à revenir inlassablement à la question « Qu’est-ce que je veux ? », non seulement sur l’axe du Relatif mais surtout sur l’axe vertical. Quelle est mon aspiration ? La paix ? La liberté ? La joie ? Aimer ? L’unité ? Nous poser cette question nous réoriente, d’instant en instant, et dissipe la confusion. C’est notre repère central : vérifier la cohérence avec Ce-que-je-veux, maintenant.

Si je veux la paix, est-ce le désir qu’on me fiche la paix ou bien être en paix ? Immense différence. Pour être en paix, j'ai à détecter alors avec quoi, avec qui, je suis en guerre pour cesser le combat : Est-ce avec mon émotion ? Avec l’autre ? Avec mes pensées ? C’est un aspect crucial de la vigilance : Ma manière de prendre les choses est-elle conforme à ce que je veux ou bien est-ce que je lui tourne le dos ?

Si je veux l’Amour, au moment où je suis mécontent de mon conjoint, vais-je l’agresser par des reproches ? Revenir à mon but fondamental m’inspire une tout autre approche. Quand je suis tendu, énervé, reconnaître déjà un manque d’amour envers moi-même. Puis-je me pencher sur ma contrariété avec bienveillance ? M’étant moi-même entendu, je serai mieux disposé à m’adresser à mon partenaire sans hostilité. Que puis-je lui dire de moi sans le heurter, sans le blesser et sans farder ma vérité ? Qu’est-ce qui, de ma part, va contribuer à établir entre nous un climat ouvert, aimant, pour nous parler ? La détermination à rester fidèles à notre aspiration empêche l’ego de prendre les commandes.


Christophe Massin
Extrait de "Moins d'ego... Plus de joie !"
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mercredi 25 mars 2020

Lumière naturelle


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Moins d'ego, plus de joie (1)


Ce qu’il convient alors de faire cesser, c’est le fonctionnement du mental, qui est l’expression directe de mon personnage à chaque instant. Ce n’est pas à mes préférences et aversions que je dois m’attaquer mais à mes refus, quand le monde ne coïncide pas avec mon monde. Ce mécanisme de refus, à la différence de l’ego, peut et doit être éliminé, sans compromis : la tradition indienne emploie l’expression « destruction du mental », qui ne laisse aucune 
équivoque.

Avoir un temps d’avance

Mieux je connais mon personnage, ses ficelles, ses pensées habituelles, ses réactions émotionnelles, mieux je le vois venir. C’est justement l’esprit des arts martiaux : voir venir. Le Moi ne se fatigue jamais, ses mécanismes se déclenchent à la vitesse de l’éclair, ce qui exige d’avoir un temps d’avance sur lui. Je dois m’attendre à ce qu’il ramène la couverture à lui, qu’il se pavane, qu’il se plaigne ou proteste, et qu’il calcule. Rien ne sert de lui faire des leçons de morale. Ce qui ébranle l’ego, c’est de le démasquer sur le vif plutôt que vouloir le changer.

Que puis-je faire, ici et maintenant ?

« Et maintenant que puis-je faire ? Accepter, c'est être actif et non passif. »

L’ego, avec son infantilisme, marche au tout ou rien. S'il n’accède pas à ce qu’il réclame, il se ferme, boude, se désespère. Reconnaître le caractère capricieux de son exigence (sans la juger !) aide à s’en détacher. Peu à peu, admettons que nous ne sommes pas aux commandes... 
Qu’est-ce qui m’est possible maintenant ? 
Car, à tout moment, quelque chose nous est possible, ne fût-ce que d’admettre qu'ici et maintenant nous sommes submergés d’émotion. C'est cela une attitude positive : prendre comme point de départ une affirmation plutôt qu’une négation : « Ce qui m'est possible » plutôt que « Je n’y arriverai pas ». Accepter, c est cesser de subir, c’est ce qui conduit à l’action : face à une situation qui ne nous convient pas, une fois que nous l’avons admise telle qu’elle se présente, faire tout ce qui est en notre pouvoir pour qu’elle évolue dans un sens plus favorable. L’action réduit l’ego au silence.


Christophe Massin
Extrait de "Moins d'ego... Plus de joie !"

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