samedi 29 août 2015

Danis Bois et "La vie entre les mains" (1)



...Un autre événement rapporté également dans La vie entre les mains allait m'interpeller. J'y raconte un épisode qui m'était arrivé en 1973, alors que j'étais jeune kinésithérapeute : «j'eus à m'occuper d'un malade en état de coma profond nouvellement arrivé en service de réanimation. J'allais lui apporter des soins, et m'aperçus en entrant, que je le connaissais : ‘si vous me reconnaissez, serrez-moi trois fois la main', lui dis-je. Il le fit, des larmes coulaient sur son visage. Cette rencontre fut bouleversante : et si le coma profond laissait intact une certaine forme de perception ? S'il existait une autre perception ?... »

Je découvrais étourdi, l'existence d'une conscience qui se cache dans l'ombre et je soupçonnais la présence d'une perception qu'il fallait redécouvrir en plongeant dans soi. En vue de pénétrer ce mystère, je commençais à me familiariser avec une pratique d'intériorisation. Chaque jour, je m'offrais un moment de silence où je fermais les yeux et vivais à l'intérieur de mon corps, ce qui était jusqu'alors inaccessible à ma conscience. C'est ainsi qu'à l'âge de vingt-sept ans j'écrivais dans mon journal : « Un vent nouveau m'amène plus loin : l'exploration du silence interne. Sans technique orientée, sans influence d'aucune sorte. Je m'installe dans une chambre isolée, dans une position de mon choix, et je ferme les yeux. Il y a dans ces rendez-vous un goût d'insolite. Chaque moment, est source de nouvelles découvertes, ne ressemblant jamais à aucune attente. Ces sensations éphémères continuent de résonner dans mon corps » (journal intime, 1976). 

Ce que je rencontrais était plus étrange que ce que mon entendement était capable de concevoir, c'est pourquoi j'écrivais à l'époque : « J'ai décidé de soigner ma surdité à l'inaudible, non pas en ouvrant grand mes oreilles, mais en débridant la partie trop rationnelle de moi-même. (...) Je me sens au bord de quelque chose de nouveau. mais un mur invisible m'en sépare encore.» (Journal intime, 1976). 

Jusqu'alors, je faisais l'expérience de l’intimité du corps en me sondant moi-même dans mes faces à face quotidiens avec le silence. La pratique de la kinésithérapie ne répondait plus à ma quête de profondeur, c'est pourquoi j'entrepris dans les années 1975, des études d'ostéopathie, discipline qui me paraissait plus en adéquation avec ma quête existentielle. Avec cette pratique, je rencontrais la vie subjective mais cette fois-ci à travers le corps d'autrui et non plus seulement à travers mon propre corps...


"Rien n'est plus proche de l'absolu que le silence. 
Il n'y a rien de plus proche de l´être que le silence habité de la présence en soi"


vendredi 28 août 2015

Imploration...





photos prises près de Bondigoux, au nord de Toulouse, dans un petit carrefour perdu en campagne...



mercredi 26 août 2015

Mudras : le yoga des doigts


L'origine des mudras remonte à la tradition védique où les hymnes étaient récités à l'aide de mouvements de doigts.

Dans la doctrine du yoga, une mudra est un geste de la main ou une position corporelle symbolique. Il existait au départ neuf mudras de Bouddha, destinées à accompagner la méditation. Aujourd’hui, les danseurs indiens en ont inventé plusieurs dizaines, lesquelles auraient des effets bénéfiques sur le corps et l’esprit grâce à une stimulation des zones réflexes de la main et des doigts. Parmi les différentes mudras, en voici une que vous pouvez effectuer chez vous afin de vaincre le stress. Commencez par mettre dos à dos les doigts de chaque main puis frottez-les doucement les uns contre les autres. Ensuite, mettez les pouces en contact et rabattez les autres doigts sur la paume des mains. Celles-ci sont à hauteur d’estomac et les avant-bras à l’horizontale. La thyroïde sera alors régulée et vous retrouverez un rythme respiratoire adéquat. Cinq à sept minutes suffisent généralement pour faire disparaître la tension.





lundi 24 août 2015

Profitez des 1000 vertus de la lavande

S'il ne vous fallait qu'une huile essentielle, ce serait celle-ci tant son usage est polyvalent. Entre autres, elle combat l'anxiété. Grâce à elle est née l'aromathérapie.

Calmante, sédative, antiseptique, antidouleur et cicatrisante : la lavande possède de nombreuses propriétés et convient à toute la famille, jeunes enfants comme personnes âgées. Au début du XXe siècle, le négociant de parfum lyonnais René-Maurice Gattefossé, atteint de gangrène suite à une grave brûlure, décide de se soigner avec l'huile essentielle de lavande, dont il fait négoce. Suite à ses résultats stupéfiants, la précieuse fragrance fut alors introduite dans de nombreux soins médicaux et hôpitaux. De fait, s'il ne vous fallait qu'une huile essentielle, ce serait celle-ci, tant elle est d'usage facile et polyvalent. On l'appelle lavande vraie, fine ou officinale et c'est avec elle qu'est née l'aromathérapie. Il ne faut pas la confondre avec les lavandins (bien moins chers) ou la lavande aspic (Lavandula spica) : plus efficace contre les piqûres et venins d'insectes ou animaux, elle ne convient pas aux jeunes enfants, femmes enceintes et allaitantes et n'a pas les vertus apaisantes et sédatives de la lavande officinale.

Propriétés

« De nombreuses études rapportent son efficacité sur le stress, le sommeil et les palpitations cardiaques », dit Françoise Couic-Marinier, pharmacienne, aromathérapeute et formatrice au sein de plusieurs hôpitaux. « Elle agit si efficacement sur l'anxiété qu'elle a donné lieu à un médicament en Allemagne, qui offre les mêmes performances que le Témesta ou le Valium, des anxiolytiques aux lourds effets secondaires ». D'autres études ont montré son effet antiseptique et son action sur le sommeil lent, profond des bébés et la diminution de leurs pleurs.

Mode d'emploi

C'est une des seules huiles essentielles que l'on peut utiliser pure sur la peau (une à deux gouttes) : sur les poignets en cas de stress, de problème de sommeil ou de palpitations cardiaques (difficulté à respirer) ; ou sur une brûlure, associée ensuite à un tulle gras ou du gel d'aloe vera. Elle convient aussi aux femmes enceintes et aux nourrissons : diluez-la par exemple dans une huile d'amande douce (2 à 5 % d'huile essentielle) pour masser les bébés le soir. Contre l'eczéma, on peut aussi la mélanger à de l'huile de calophylle inophylle (ou autre huile ou crème). Pour une qualité optimale, choisissez-la bio ou AOC (Haute-Provence).

Relaxation et rhumatismes :

Tisane : si vous appréciez son goût, voici un moyen efficace pour retrouver le calme et le sommeil à moindre coût : une cuillère à café de fleurs dans 20 cl d'eau frémissante infusée de 10 à 15 minutes, une à trois fois par jour (soir et coucher pour le sommeil).
Bain relaxant : pour les troubles du sommeil, la peur du noir chez les enfants ou les problèmes de peau, plongez dans l'eau du bain 50 à 100 g de lavande contenus dans un sachet de tissu fin, ou diluez trois gouttes d'huile essentielle (HE) dans deux cuillères à soupe de crème ou de lait (les HE ne se dissolvent pas dans l'eau, il leur faut un corps gras au préalable).
Huile antirhumatismale : laissez macérer 15 jours au soleil 50 g de fleurs dans une bouteille de 500 ml d'huile d'olive, d'amande ou de jojoba. Filtrez, conservez à l'abri de la lumière et utilisez cette huile en friction sur les zones douloureuses (courbatures, tensions, rhumatismes...).

dimanche 23 août 2015

Détendez-vous avec la mélisse


Elle est réputée pour calmer, soulager les tensions nerveuses et les spasmes. Cette plante qui fleure bon la citronnelle apporte elle aussi la joie.

La mélisse était déjà chère à Hippocrate (Ve-IVe siècle av. J.-C.) ou Avicenne (Xe-XIe siècle apr. J.-C.) pour soulager les maux de ventre, mais on connaissait aussi sa capacité à apporter la joie. Le célèbre médecin perse Rhazès (IXe-Xe siècle) la prescrivait contre le chagrin et la mélancolie. Cet héritage arabe fut transmis aux monastères, avec la célèbre Eau de mélisse des Carmes, dont la formule initiale développée par les moines du couvent des Carmes déchaux date de 1611. Fabriqué à partir de 23 plantes, c'est aujourd'hui le plus vieux remède encore vendu en pharmacie.

Mode d'emploi

La mélisse ressemble à la menthe, mais son odeur se rapproche de celle de la citronnelle. Fraîche, elle est très agréable dans les salades ou en tisane. Vous pouvez aussi la faire sécher pour profiter de ses vertus toute l'année en tisane. Il faut alors la récolter avant la floraison et par temps sec. Son goût est plus neutre une fois séchée. On l'associe souvent à la délicieuse verveine, aux propriétés proches. En infusion, comptez une à deux cuillères à café par tasse et laissez infuser cinq à dix minutes. Elle est parfaite le soir après le repas et/ou avant le coucher. L'huile essentielle de mélisse s'utilise plus spécifiquement en inhalation (ou en déposant une goutte sur l'intérieur du poignet, à respirer). Elle améliore les états d'agitation importants (démence, Alzheimer, fin de vie...). Soyez prudent si vous prenez le volant, car la mélisse peut induire une baisse de la vigilance. Elle pourrait aussi augmenter les effets de plusieurs classes de médicaments tels les somnifères ou les antidépresseurs. Évitez également de la prendre en même temps que des compléments de fer.

Propriétés

Bien qu'elle possède une activité antimicrobienne contre de nombreuses bactéries et certains virus (grippe et herpès labial), c'est surtout son action apaisante et antispasmodique qui est connue. La mélisse est en effet une grande plante sédative (calmante). Son action, proche de celle des anxiolytiques, réduit l'anxiété, agit sur la dépression légère et soulage les tensions nerveuses, les problèmes d'endormissement, l'agitation et l'irritabilité. Des vertus reconnues par diverses autorités de santé. Parallèlement, elle soulage les maux de ventre, souvent liés au stress. À fortes doses, elle aurait même un effet antalgique comparable à celui de l'aspirine. Alliée de la femme, elle calme les règles douloureuses et tempère les thyroïdes en excès.

L'eau de mélisse :

Voici une préparation qui, même si elle ne saurait remplacer la célèbre Eau de mélisse des Carmes, est intéressante en cas de troubles gastriques, refroidissement ou difficulté à trouver le sommeil (une à trois fois par jour, 5 ml dans une tisane ou sur une cuillère à café de sucre ou de miel). En cas de courbatures, maux de tête ou rhumatisme, on peut la frictionner pure sur la peau. D'après la Santé par les plantes, mes meilleures recettes pour toute la famille (Delachaux et Niestlé, 2015), de Mélanie Wenzel, naturopathe et homéopathe. 
Placer 200 g de feuilles de mélisse fraîche (ou 10 g de feuilles séchées) dans un bocal.
Recouvrir complètement d'alcool (un litre d'alcool de fruits bio).
Fermez le bocal et placez-le dix jours dans un endroit chaud en agitant de temps en temps.
Filtrez et déposez ce contenu dans une bouteille teintée.

samedi 22 août 2015

Digérez mieux grâce à la menthe

Elle apaise le système digestif et soigne les maux de tête. En salade ou avec des fruits, c'est un régal. En huile essentielle, suivez les recommandations d'usage.

Grand classique de la phytothérapie depuis l'Antiquité, la menthe est connue pour accompagner les digestions difficiles, les nausées et les infections pulmonaires ainsi que pour ses propriétés antalgiques. C'est également un bon tonique en cas de fatigue psychique. Ces usages traditionnels sont aujourd'hui validés par la science, plus particulièrement en ce qui concerne la menthe poivrée. Il existe en effet de nombreuses variétés de cette plante, avec des propriétés proches. La menthe verte  (mentha spicata)  est l'aromate classique que l'on connaît, tandis que la menthe poivrée  (mentha x piperita)  est utilisée en phytothérapie.

Propriétés

Les études scientifiques ont surtout évalué les propriétés de l'huile essentielle (HE) de menthe poivrée, démontrant des propriétés sur le syndrome de l'intestin irritable (inflammation chronique de l'intestin), les spasmes intestinaux et les nausées. Les agences de santé européennes et l'OMS reconnaissent son action sur les douleurs intestinales, les flatulences, les gastrites et par voie externe contre les maux de tête, les douleurs musculaires et les démangeaisons ou encore en inhalation contre les toux et rhumes. « Elle est si puissante qu'avec 50 gouttes on atteint la dose létale, c'est-à-dire mortelle », prévient Françoise Couic-Marinier (voir encadré ci-contre).Puissante, l'HE de menthe poivrée est à manier avec précaution et formellement interdite aux femmes enceintes (pour son effet abortif), allaitantes, aux jeunes enfants (de moins de 8 ans), aux épileptiques, ainsi qu'aux personnes polymédicamentées, car elle interagit avec certains médicaments.

Mode d'emploi

Quelques feuilles glissées dans la salade verte ou avec des fruits (melon, fraises...) ou bien une tisane en fin de repas ont une action digestive réelle, et leur utilisation est sans risques. En tisane, la menthe aurait une action légèrement sédative, ce qui permet de l'utiliser le soir, contrairement à l'HE, qui a des vertus toniques : en cas de fatigue, il suffit de respirer celle-ci régulièrement pendant la journée.

Quatre utilisations phares de l'HE de menthe poivrée :

Les conseils de Françoise Couic-Marinier, pharmacienne aromathérapeute et auteure de Se soigner avec les huiles essentielles (Solar).
Brûlure d'estomac et colite. Une à deux gouttes sur un comprimé neutre (en pharmacie), une boulette de pain ou dans du miel, à la fin du repas (jusqu'à trois fois par jour).
Digestion, lendemain de fête. Troubles de la digestion, spasmes, flatulences ? Cinq à dix gouttes maximum réparties dans la journée sur un comprimé neutre (ou dans du miel). Pour limiter les effets d'un repas copieux et arrosé, prendre une goutte d'HE de menthe poivrée et une autre d'HE de citron avec un peu de miel avant et après le repas, puis le lendemain si besoin.
Mal de tête, vertige (sauf migraine de tension) : une goutte à masser sur chaque tempe et les sinus frontaux, en évitant les yeux.
Nausée, vomissements (mal des transports, chimiothérapie...) : une goutte sur un comprimé neutre en prévention, à renouveler après 30 minutes, si besoin. L'olfaction est aussi efficace, surtout quand elle est associée à l'HE de gingembre (dans un stick inhalateur vierge).


vendredi 21 août 2015

Retrouvez la joie grâce au millepertuis

L'herbe de la Saint-Jean est traditionnellement utilisée pour les affections de la peau. Son efficacité sur les états dépressifs légers est avérée et serait aussi probante que les antidépresseurs de synthèse.

Plante phare du soleil, l'herbe de la Saint-Jean est réputée depuis l'Antiquité. Traditionnellement, on suspendait ses bouquets dans les demeures pour les protéger ou on se l'offrait le 24 juin pour porter bonheur. On l'utilise sous forme d'huile rouge depuis le XIXe siècle contre les brûlures. Depuis 30 ans, ses propriétés antidépressives sont connues, ce qui en fait un des médicaments à base de plantes les plus vendus, en Allemagne notamment.

Propriétés

De nombreuses études ont montré que le millepertuis atténue les symptômes de la dépression (troubles de la concentration, du sommeil, de l'humeur, perte d'intérêt...) sans entraîner les effets secondaires des antidépresseurs. En voie externe, la célèbre huile rouge de millepertuis est un vrai trésor pour la peau : elle soulage et cicatrise les brûlures, coups de soleil, irritations diverses, piqûres d'insecte, tout en apaisant aussi les douleurs, ce qui en fait une bonne huile de massage de base pour les contusions sportives, courbatures, douleurs articulaires ou rhumatismales. Soyez vigilant en cas de traitement, car cette plante interagit avec plusieurs médicaments (contraceptifs, antidépresseurs, anticoagulants...). Évitez aussi de vous exposer au soleil après avoir l'avoir utilisée.

Mode d'emploi

En cas de déprime passagère, procurez-vous de la teinture mère de millepertuis en pharmacie ou des gélules (une matin et soir). Si vous en cueillez, faites-la sécher soigneusement (un bouquet attaché tête en bas dans un lieu sec, aéré et à l'abri du soleil), puis récupérez les fleurs et utilisez-les en tisane en cas de blues hivernal ou de migraine hépatique. En début d'été, fabriquez la magnifique huile rouge de millepertuis. Pour des brûlures, coups de soleil, petites cicatrices, associez-la à l'HE de lavande (quelques gouttes) et à du gel d'aloe vera. Pour les contusions sportives ou douleurs articulaires, rhumatismales, ajoutez de l'HE de gaulthérie odorante (deux gouttes).

Faire son huile de millepertuis

Avec Claudine Luu, docteure en pharmacie et directrice de l'Imderplam (Institut méditerranéen et documentation, d'enseignement et de recherches sur les plantes médicinales).
Remplir un bocal non teinté bien propre avec les fleurs fraîches, puis recouvrir de l'huile de votre choix (huile d'olive, par exemple). Placer le bocal dans un endroit bien ensoleillé (rebords de fenêtre) pendant trois à six semaines en remuant tous les jours.
Quand l'huile est bien rouge, filtrer et conserver le tout à l'abri de la lumière et dans un endroit assez frais (se conserve un an).

jeudi 20 août 2015

Jean-Marie Pelt : "Les plantes nous enseignent la sagesse"

Santé, solidarité, coopération et partage : le monde végétal est une source d'inspiration et d'enseignement sans fin pour Jean-Marie Pelt, pharmacien agrégé et botaniste, universitaire et fondateur de l'Institut européen d'écologie, à Metz.

Jean-Marie Pelt est un ardent défenseur de l'écologie. Ambassadeur européen de l'environnement et fondateur de l'Institut européen d'écologie, il est l'auteur d'une cinquantaine d'ouvrages retraçant le rapport de l'homme à la nature. Inlassablement, il nous invite à aimer et respecter le génie des plantes.
Vous avez consacré votre vie aux plantes. Que vous ont-elles enseigné ?
Saint Bernard disait avoir plus appris des arbres que des livres. Pour ma part, les plantes m'inspirent humilité et respect. Fruits, légumes, céréales, pain, viande, mais aussi papier, charbon, pétrole, oxygène... sans les plantes, nous n'existerions pas. Nous ne pouvons vivre sans elles, contrairement à elles, qui peuvent très bien se passer de nous. Plus simplement, après avoir appréhendé l'univers végétal d'un point de vue scientifique, je tisse aujourd'hui une relation plus affectueuse avec les plantes : leur seule présence me réjouit, les contempler me comble.
Vous avez montré le rôle des savoirs traditionnels des guérisseurs via l'ethnopharmacologie. En quoi consiste cette approche ?
Avec mon ami Jacques Fleurentin, nous sommes allés à la rencontre de tradipraticiens du monde entier afin de découvrir leurs plantes médicinales puis de les évaluer en laboratoire. Ces rencontres marquantes avec des guérisseurs m'ont amené à être humble. Par des approches à mille lieues de nos raisonnements rationnels et scientifiques, leurs connaissances sont néanmoins étonnantes et souvent validées par les études ! Des guérisseurs du Yémen nous avaient ainsi expliqué les vertus pour le foie de deux plantes endémiques agissant à condition d'être utilisées ensemble. De retour en laboratoire, tout s'est passé comme ils l'avaient dit : isolées, les plantes n'avaient aucune action, mais conjointes, même à dose très faible, elles fonctionnaient admirablement. Ces résultats forcent le respect et nous interrogent sur la vision spirituelle des peuples premiers : conscients que le sort de l'homme et de la nature sont étroitement liés, ils ont su conserver cette relation intime.
Quel est l'apport des plantes dans la recherche ?
L'approche des molécules de synthèse s'épuise : pour une molécule active vendue en pharmacie, il faut en explorer 20 000. On cherche donc d'autres pistes et on revient vers les plantes. Ces dernières répondent très bien là où les médicaments classiques échouent, surtout pour toutes les pathologies globales, ou aux contours flous, typiques de notre société (effets du stress, de la pollution, fibromyalgie...). Ainsi la valériane, l'aubépine ou la passiflore offrent des aides incomparables et douces pour vaincre l'anxiété ou l'insomnie. On n'explique cependant pas toujours bien leur mode d'action de par leur composition complexe. Il s'est même avéré impossible de rapporter les propriétés pharmacologiques de la passiflore à une ou l'autre de ses nombreuses substances actives, car c'est leur action combinée qui expliquerait son action. Il faut donc parfois s'incliner devant l'intelligence et la complexité des plantes, parfaites illustrations de la célèbre phrase de Pascal : « Le tout est plus que la somme des parties. »
Les plantes sont-elles la solution à nos erreurs et nos problèmes ?
Outre les soins médicaux prodigués à l'homme, aux animaux et à la terre (via des pesticides naturels), les recherches menées par la Nasa ont montré leur rôle dépolluant de l'air sur des toxiques comme les solvants, les encres, les carburants ou le formaldéhyde. Les plantes peuvent aussi dépolluer les eaux et les sols grâce à la phytoremédiation, qui consiste à cultiver sur des sols pollués des variétés de végétaux aptes à aspirer des toxiques (nickel, cadmium, nitrates). Sur le même principe, l'épuration des eaux usées se développe avec des jardins filtrants, permettant d'éviter l'enfouissement ou l'incinération de déchets encombrants, comme les boues d'épuration. Oui, c'est dans les 3 milliards d'années de génie écologique des plantes – comparé aux 200.000 ans de l'être humain – que résident la plupart des réponses à nos problèmes.
On dit que les plantes entendent, sentent, communiquent. Sont-elles douées d'intelligence ?
Il y a une vraie sorte d'intelligence dans la nature. Elles sont capables de mouvements spontanés, parfois très rapides, savent se camoufler, comme ces plantes-cailloux des déserts sud-africains, et sont sensibles aux contacts : touchées fréquemment, elles freinent leur croissance comme si elles se recroquevillaient ; agressées ou fouettées, elles sécrètent des tanins pour se protéger. Elles ont par ailleurs une mémoire des traumatismes subis, jusqu'à quatre générations ! Enfin, elles sont sensibles à la musique, qui accélère leur croissance de manière significative.
Pourraient-elles aussi nous inspirer des comportements plus coopératifs ?
La conception hyper darwinienne a imposé le postulat de la loi de la jungle, mais a complètement omis la coopération, qui régule la compétition dans la nature. Les végétaux ont des stratégies d'alliance et de complémentarité bien connues des jardiniers et sont aussi capables en cas d'attaque de s'entraider. Ainsi, un arbre blessé prévient-il du danger ses voisins et amis, afin qu'ils puissent secréter des molécules répulsives. Sous terre, un vaste réseau de filaments de champignons, digne d'Internet, relie les végétaux entre eux et offre un système de partage de nourriture très élaboré, tout naturellement, des plus nantis vers les plus démunis. Certains grands arbres alimentent sous leur ombrage des herbes qu'ils privent de lumière. Et il existe une forme de solidarité familiale chez les végétaux : certaines plantes parentes limitent la croissance de leurs racines pour ne pas empiéter sur celles de leurs soeurs. D'autres ont même la délicatesse d'adapter leur feuillage afin d'éviter de faire de l'ombre aux membres de leur famille !
> A lire :
L'Homme renaturé, Robert Laffont.
Les Plantes qui guérissent, qui nourrissent, qui décorent, Le Chêne.


mercredi 19 août 2015

Bien utiliser les huiles végétales (1)

Les huiles végétales sont les ingrédients indispensables de toutes vos recettes de beauté et de bien-être. Du masque capillaire à l’huile de jour, voici comment les utiliser...

Nous sommes de plus en plus nombreuses à apprécier les qualités de la cosmétique maison. D’abord, parce que c’est là la meilleure façon de maîtriser les ingrédients de ces produits qui entrent en contact direct avec notre peau ; ensuite parce que c’est aussi une manière de profiter de cosmétiques d’excellente qualité et entièrement personnalisés pour un prix abordable. Si les huiles essentielles (HE) sont les ingrédients qui viennent immédiatement à l’esprit de l’apprenti cosmétologue, il faut savoir que celles-ci, en raison de leur concentration élevée, ne s’appliquent pas directement sur la peau et que, par ailleurs, elles ne sont pas miscibles dans l’eau. De ces deux données, il résulte qu’elles doivent, pour entrer dans la recette d’un produit de beauté, être mélangées au préalable à une base neutre comme le lait ou nos fameuses huiles végétales. .. Mais là ne s’arrêtent pas leurs pouvoirs, car elles ont elles aussi, des qualités intrinsèques qui, combinées à celles des HE ou recherchées pour elles-mêmes, en font de super alliées beauté ! Voici les treize huiles de base à glisser dans votre armoire de salle de bains...


Jojoba

L’huile végétale de jojoba est plus exactement une cire liquide très appréciée en aromathérapie. Connue pour ses propriétés capillaires, elle rééquilibre les cheveux gras en régulant leur production de sébum et nourrit les cheveux secs et cassants. Elle redonne souplesse et brillance à tous les types de cheveux. Son action est également double au niveau de la peau. Sa composition proche de celle du sébum la rend idéale pour renforcer le film hydrolipidique et réguler le flux de sébum des peaux grasses. Ses propriétés hydratantes, revitalisantes, antirides et assouplissantes en font l'alliée des peaux sèches et matures. Enfin, elle freine les pertes d’eau et favorise la synthèse de l’élastine pour régénérer la peau en profondeur.
Astuce : pour un masque capillaire, appliquer l’huile sur l’ensemble de la chevelure, ou juste sur les pointes et laisser agir 30 minutes avant de faire le shampooing.

Macadamia

L’huile végétale de macadamia est riche en acides oléique et palmitoléique, deux acides gras mono-insatu-rés, dont le second est un constituant du sébum et joue un rôle protecteur auprès des cellules. Sa composition lui confère une activité anti-oxydante. Elle est très utilisée dans la prévention du vieillissement cutané.
Astuce : sa texture fluide permet une pénétration rapide et une utilisation comme huile de jour. Elle ne laisse pas de trace grasse.

Bourrache
L’huile végétale de bourrache est une huile anti-âge d’exception pour ses propriétés régénérantes. Elle convient particulièrement aux peaux desséchées ou pour combattre les signes de l’âge. Elle rend toutes les peaux plus souples et plus élastiques. Dotée de vertus adoucissantes et diurétiques, sa fleur est également utilisée en tisane.




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mardi 18 août 2015

Bien utiliser les huiles végétales (2)

Calendula
Le macérât huileux de calendula allie à la fois les propriétés de l’huile d’olive et celles de la fleur de souci. Idéal pour les peaux fragiles et délicates, comme celle du bébé, mais aussi pour les peaux sècheset irritées, le macérât huileux de calendula est régénérant, reconstituant et adoucissant. Il apaise les irritations ou les coups de soleil.


Argan
L’huile végétale d’argan est très fluide et exhale un léger parfum de noisette. Elle contient des acides gras restructurants et de la vitamine E antioxydante. Cette association en fait une huile de référence dans le domaine des produits tenseurs et antirides. Elle redonne élasticité et souplesse à la peau et possède également une action régénératrice et réparatrice. Elle est également excellente pour les cheveux secs et ternes qu'elle fortifie en leur redonnant éclat et brillance.
Astuce : pour un masque capillaire, appliquer l’huile sur l’ensemble de la chevelure, ou juste sur les pointes et laisser agir 30 minutes avant de faire le shampooing. Elle fortifie également les ongles cassants.

Pépins de raisin
L'huile végétale de pépins de raisin est une huile fine et riche en vitamine E qui aide l'épiderme à lutter contre le vieillissement cutané et les agressions extérieures. Elle adoucit et nourrit la peau grâce à sa richesse en acides gras poly-insaturés, qui maintiennent une bonne hydratation tout au long de la journée.
Astuce : cette huile est très facilement absorbée par la peau et convient aussi bien aux soins du corps qu’à ceux du visage.

Millepertuis 

L’huile végétale de millepertuis allie à la fois les propriétés de l’huile végétale d'olive et celle de la fleur de millepertuis. Ce macérât huileux est idéal pour les peaux sensibles et irritées, même celle du nourrisson, à condition de la diluer dans une autre huile végétale. Astuce : ses propriétés régénérantes et restructurantes en font la meilleure huile pour calmer les coups de soleil. Mais attention, elle est également photosensibilisante et donc déconseillée en cas d’exposition.

Sésame
L’huile végétale de sésame est riche en acides gras mono-insaturés et poly-insaturés, qui lui confèrent des propriétés nourrissantes et anti-radicalaires. Très pénétrante, elle est parfaite pour régénérer, assouplir et protéger l’épiderme. Riche en vitamine E, elle aide la peau à lutter contre les agressions extérieures et le vieillissement cutané.

Amande douce
L’huile d’amande douce contient des acides gras ainsi que des vitamines A et E. Elle possède des propriétés adoucissantes et hydratantes, nourrit la peau et l’assouplit. Elle est particulièrement recommandée pour les peaux sèches et fragiles, les irritations et les rougeurs. Astuces : idéale pour les peaux sensibles, elle l’est tout particulièrement pour celle des bébés. Très onctueuse, elle permet un bon démaquillage. Enfin, elle est également conseillée pour le soin des cheveux secs et dévitalisés.

Onagre
L’huile végétale d’onagre est très riche en vitamine E et en acides gras poly-insaturés qui lui permettent de reconstruire les membranes cellulaires et de lutter contre le vieillissement cutané. Elle offre des propriétés adoucissantes, revitalisantes, restructurantes et antirides. Elle hydrate et protège également tous les types de peaux contre les agressions extérieures. Enfin, elle redonne vitalité et beauté aux cheveux et ongles.

Noisette
L’huile végétale de noisette est riche en acides gras mono-insaturés (acide oléique) et en vitamines A et E. Elle est recommandée pour les peaux sensibles car elle nourrissante et régénératrice. Sa texture extrêmement fluide pénètre très rapidement sans laisser de sensation de gras.
Astuce : ses propriétés en font une excellente huile de jour pour les peaux à tendance grasse.

Noyaux d’abricot
L’huile végétale de noyaux d’abricot est riche en acides gras mono-insaturés (acide oléique), poly-insaturés (acide linoléique) ainsi qu’en vitamines A et E. Elle convient pour les peaux sèches et ridées lors des soins du visage. Son action régénératrice permet de retarder le vieillissement cutané.
Astuce : elle se substitue parfaitement aux crèmes pour les peaux fatiguées et ternes, sans laisser de trace grasse.




lundi 17 août 2015

Compréhension des émotions (2)

Deuxième partie de l'émission sur les émotions 
avec le Dr Christophe André et Jean-Marc Falcombello.