lundi 12 avril 2021

Anagramme existentielle

 


Le réel est silencieux,

enseigne Clément Rosset. Seulement le silence n’est pas l’absence de bruit mais l’absence de parole… Et tout ce qui met le silence en sourdine témoigne de lui. Dès qu'on le meuble, on le donne à entendre. Plus on le conjure, plus il est criant. C’est de lui que sont extraits les mots, et c’est à lui qu’ils retournent. Que dit donc le silence? Que le monde n’est pas là pour nous faire plaisir et qu’aux rêveries de l'imaginaire il faut substituer le talent de

lire l’existence seule.


extrait de "Anagrammes pour lire les pensées"
De Raphaël Enthoven
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dimanche 11 avril 2021

La saveur de l'existence

 

Aujourd'hui, nous vivons dans une culture de l'immédiat. On s'emballe, on se passionne, on s'enthousiasme ; on se désole, on dégringole. On vit dans l'émotion : cela peut nous jouer de bien vilains tours. Au risque de passer à côté de notre authenticité.

œuvre de Philippe Ramette


 Prendre un peu de hauteur, regarder les choses avec un peu de distance, laisser plus de place au raisonnement nous fait grandir. Les pas de côté que d'autres nous suggèrent, la prise de hauteur que la vie nous impose quelquefois, ou la descente dans notre profondeur nous permettent d'accueillir ce qui se dessine dans nos vies avec plus de légèreté. Et se précise alors le choix de continuer le chemin entamé ou de décider de changer de route, si elle ne nous convient pas.

Mystérieusement, les pas de côté, la prise d'un peu de hauteur ou de profondeur, qui peuvent parfois nous donner le sentiment d'avoir un pied dans le vide, nous recentrent, nous alignent, nous remettent dans notre vraie nature, apportent de plus en plus de vie et de saveur à l'existence. Changer de point de vue, c'est bien souvent changer de point de vie.

Raphaël Buyse (source : La Vie)

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samedi 10 avril 2021

A la découverte de François Couplan et des plantes sauvages

 


Pour avoir reçu François Couplan, avoir eu la chance de lui montrer mon jardin, et avoir le plaisir, grâce à lui, de me nourrir de plantes sauvages, je tenais à vous informer de son passage dans l'émission qui aura lieu demain dimanche.

"Demain dimanche 11 avril à 13h20, je parlerai de ma relation avec les plantes dans l’émission CO2 MON AMOUR sur France Inter : On cueille des plantes sauvages avec François Couplan !

Elle a été réalisée l’été dernier par Denis Cheissoux qui nous a rendu visite sur notre terrain du Haut Ourgeas à Barrême dans les Alpes de Haute Provence.

Vous allez sentir la chaleur de l'été, humer le parfum de la lavande sauvage et découvrir Ce que les Plantes ont à nous dire (l'un des derniers livres de François Couplan, réédité en poche cette année ).

Nous vous souhaitons une bonne écoute, et de belles découvertes !"

Photos de l'émission avec François Couplan


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L'empreinte du printemps

 


Le printemps!
Saison magnifique du retour à la vie. Partout on ressent ce frémissement qui signe cette éternelle renaissance. Les oiseaux chantent à nouveau dès le lever du soleil, les premiers bourgeons apparaissent et la durée des jours augmente de façon tangible. C’est le printemps de la nature et de la vie, pas celui du calendrier occidental. C’est celui qui se dessine dès le début février, avec la remontée progressive de la sève. Dans les profondeurs du sol, la graine se réveille et le loir endormi commence à s’étirer un peu. C’est la saison de la pulsion et de l’impulsion de vie. Elle commence, selon le calendrier solaire chinois, entre le 4 et le 10 février de chaque année. C’est la date véritable parce qu’observée dans son essence même et non par la simple vision de ses manifestations. L’équinoxe n’est donc pas son début mais son apogée. Lorsque le jour est égal à la nuit, le printemps est à son expression maximale. Cela fait déjà un mois et demi qu’il a démarré et que la sève a commencé à monter.

C’est ici que l’on peut constater combien les visions de l’Orient et de l’Occident sont parfois différentes. L’un observe les phénomènes dans leur nature alors que l’autre dans ce qu’il en voit. L’un se préoccupe de l’équilibre et l’autre de s’opposer au déséquilibre.
La crise actuelle, à laquelle personne ne peut échapper, en est la démonstration flagrante, dans la manière de la voir, de la percevoir et de la concevoir. Cela fait un an que l’on déploie une énergie folle, à vouloir contrôler l’incontrôlable. Toutes les stratégies de « lutte contre », échouent. Pourtant aucun effort n’a été ménagé pour confiner, interdire, empêcher, restreindre, etc. Pour quel résultat tout en se persuadant que sinon, cela aurait été pire.

Dans cette vision occidentale, nous avons perdu de vue ce qu’est la vie, c'est-à-dire un risque à prendre. Par besoin de prétendue préservation, on a étouffé toute pulsion. On a étouffé les deux franges extrêmes de la population, les anciens et les jeunes. On a exilé les anciens et désespéré les jeunes. Alors les anciens se laissent partir et les jeunes n’ont plus l’envie de démarrer. Pourtant ces deux populations sont l’essence même de la survie d’une société. Les anciens sont les racines, les références et les jeunes sont le devenir. Les anciens sont l’énergie de l’Eau, essence même de vie par excellence et les jeunes, l’énergie du Bois, essence même de la créativité et du dynamisme.


Ces énergies sont puissantes dans le corps. L’énergie de l’Eau est celle de la résistance à la fatigue et au stress. C’est aussi celle des références et de la culture… L’énergie du Bois c’est celle de l’impulsion, du démarrage, de la mise en route. C’est elle qui fait que l’on se redresse comme la tige qui sort de terre pour grandir vers le ciel. C’est aussi celle qui a la charge de l’immunité acquise, parce qu’elle se nourrit de la rencontre… Faut-il développer pour se rendre compte combien tout cela a été mis à mal, pour ne pas dire plus?
Mon propos ici n’est ni politique, ni sociétal. Il est un constat de ce qui nous attend. Il est destiné à nous faire comprendre combien la place de tous ceux qui « restent droits », va être majeure dans les temps qui viennent. Il nous faut garder confiance et persévérer car nombreux sont ceux qui ont ou auront besoin d’une présence forte, pour pouvoir tenir.

Les énergies du printemps, au niveau macrocosmique, sont inaltérables. Elles dépasseront toujours les blocages et nuisances que notre monde fabrique. Alors servons-nous en. Appuyons nous sur cette puissance qui fait que la plus petite racine d’arbre est capable de soulever tous les murs et les bétonnages que nous faisons. Nos enfants et nos parents attendent cela de nous, comme nos patients ou tous les êtres en souffrance que nous croisons. Ils attendent que nous libérions leurs blocages, mais aussi leur parole et leur droit à être. Ils attendent que nous les libérions de la peur qui fait courber l’échine et effondre les défenses.
Michel Odoul.

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vendredi 9 avril 2021

Les 3 fractures

 

Cet article vous présente la vision d'Otto Scharmer, enseignant chercheur au MIT. 

Le MIT, pour ceux qui ne connaissent pas, c'est le Massachusetts Institute of Technology, un institut de recherche américain et une université, spécialisé dans les domaines de la science et de la technologie.
Le U Lab du MIT, cofondé par Otto Scharmer, est un MOOC qui a produit l'émergence d'un écosystème global d'innovation sociétal et de renouveau individuel.

Cette vision va vous aider à mettre du sens dans les profondeurs des structures systémiques à l’œuvre dans les champs économique, social et sociétal, ainsi que sur les angles morts qui nous font obtenir des résultats collectifs dont plus personne ne souhaite.

« Imaginez un iceberg : 10% (visibles) se situent au-dessus du niveau de la mer, 90% sont en dessous. »
Si nous regardons la partie visible, nous constatons trois fractures : écologique, sociale et spirituelle.

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credits : espace-sciences.org

La fracture écologique


J'entends par là une déconnexion entre nous-mêmes en tant qu'individus et les éléments naturels. Cela se voit de nombreuses manières : destruction des écosystèmes, raréfaction des ressources naturelles, diminution des volumes d'eau douce dans les fleuves et les nappes phréatiques, changement climatique et érosion des sols à l'œuvre dans le monde entier.
Si vous voulez mettre un chiffre sur cette séparation, le voici : 1,5. La manière dont fonctionne l'économie mondiale aujourd'hui consomme 1,5 fois plus vite nos ressources environnementales que les écosystèmes ne sont capables de les régénérer. Et nous savons que cela ne va pas changer du jour au lendemain et que nous devons nous atteler à améliorer la situation collectivement.
(Note du traducteur : c'est probablement pour cela que vous êtes sur ce MOOC !)

La fracture sociale


J'entends par là une déconnexion entre nous-mêmes et les autres. Celle-ci prend de nombreuses formes : polarisation sociale, fragmentation de la société, conflits, violence, inégalité et pauvreté. Aujourd'hui, les 50 personnes les plus riches du monde possèdent plus de la moitié de la richesse mondiale. Et à travers le monde entier, nous vivons dans une situation où le maintien de l'ordre est une fine couche fragile qui pourrait casser à tout moment. En fait, elle est en train de se fendre à une vitesse grandissante à la fois dans l'hémisphère sud et dans l'hémisphère nord.

La fracture spirituelle


J'entends par là une déconnexion entre nous-mêmes… et nous-mêmes : une division entre qui je suis aujourd'hui, mon moi actuel, et le moi que je pourrais être demain, mon moi essentiel. Si ces deux « moi » ne sont plus en interaction, ne sont plus en lien, que voyons-nous ? Un taux d'épuisement professionnel (note du traducteur : burn out en anglais), de dépressions et de suicides en augmentation constante. En 2010, dans le monde entier, le nombre de morts par suicide est supérieur au nombre total de morts dues aux guerres, aux meurtres ou aux catastrophes naturelles. Ainsi, malgré toute la violence actuelle dans le monde, plus de gens se sont violentés eux-mêmes en se suicidant qu'en étant tués par quelqu'un d'autre.
C'est ce nombre choquant que nous mettons en avant dans cette fracture, et bien que nous en parlions très peu dans les actualités, elle est aussi importante et signifiante que les deux autres divisions qui sont plus visibles.

Et les 90% restants ?


Nous avons donc ces trois divisions dans le monde. Il ne s'agit pas de problèmes nouveaux. Ils durent depuis plus de cent ans. Regardons au XXe siècle comment nous y avons fait face.
À l'échelle mondiale, nous avons mis en place une ou plusieurs organisations au sein des Nations Unies pour répondre à chacune de ces divisions.
Dans les gouvernements, nous avons créé un ou plusieurs ministères pour répondre à ces divisions.
Au sein des ONGs (organisation non gouvernementale), nous avons créé des secteurs pour répondre à une partie spécifique de chacune des divisions écologique, sociale et spirituelle.
Et au sein de nos systèmes éducatifs, nous avons un ou plusieurs départements dédiés à chacune d'entre elles.
Nous avons conservé une approche de type « silos », enfermée dans des réponses au niveau des symptômes, et non des causes profondes. Nous ne considérons pas ainsi les interdépendances entre ces divisions.

Mais qu'est-ce qui est présent en dessous de la ligne de flottaison de l'iceberg ? Quelles sont les racines, les 90% de l'iceberg que nous ne voyons pas ? Quelles sont les interactions systémiques enfouies que nos réponses ont ignorées ? En soignant les conséquences, et non les symptômes, ces derniers continuent d'émerger, encore et encore, malgré tous nos efforts.

Je pense qu'il existe trois forces :

  • la première est une séparation structurelle et systémique ;
  • la seconde est un changement nécessaire de conscience, de la manière dont nous pensons, et qui influence la manière dont nous agissons ;
  • la dernière, et la plus profonde, est en lien avec notre créativité, la source de qui nous sommes et de qui nous voulons être demain, qui a une grande influence sur les niveaux supérieurs.


Pour le premier niveau de profondeur, la fracture structurelle, voici différents éléments :

  • la bulle écologique : la fracture entre une planète aux ressources limitées et le paradigme de la croissance économique infinie ;
  • la bulle des revenus : la fracture entre les revenus des plus riches et ceux des plus pauvres. Selon Thomas Piketty, elle est due à l'accélération de l'écart entre la rétribution du capital et la croissance réelle sur le long terme. Cela se traduit par l'écart entre les plus riches, 0,1% de la population, et les 99,9% restant ;
  • la bulle financière : l'écart entre la finance et l'économie réelle. Aujourd'hui, la finance représente 98% des transactions financières, dégradant l'économie réelle plutôt que la servant.

Nous avons aussi quatre autres séparations structurelles qui sont toutes aussi importantes que les trois premières citées : séparations entre la bulle technologique et nos besoins réels, entre la bulle de leadership et la paralysie collective, entre la bulle de gouvernance et celles et ceux qui n'ont pas de voix, entre la bulle foncière et l'utilisation de la terre pour le bien commun de tou·te·s.

Mais répondre à chacune d'entre elles, ou même à toutes en même temps, n'atteint pas les deux derniers niveaux de fracture qui sont sous-jacents et qui sont bien plus importants.


Schéma récapitulatif

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mercredi 7 avril 2021

Christophe Massin et le virus de la peur

 


Christophe Massin, que je surnomme mon père adoptif, nous propose un rendez-vous :

Garder son cap intérieur au sein des turbulences actuelles

Conférence avec Christophe Massin

Le 19 avril 2021 à 20:00

De nombreux éléments concourent ces derniers mois à ébranler notre équilibre : qu’il s’agisse de perte d’emploi et de précarité économique, des tensions engendrées par le confinement, par les contraintes du télétravail, par les informations contradictoires, par l’imprévisibilité totale du futur, par une méfiance générale croissante.

Comment garder notre axe dans ce climat déstabilisant, et ne pas nous laisser contaminer par le virus de la peur ?


Extrait de "Souffrir ou aimer"


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Dissoudre la peur de la mort

 


Et si le sens de notre vie était de comprendre notre mort, de lui donner sens ?

 Nous avons la chance en tant qu’être humain d’avoir la faculté de méditer sur cette échéance inéluctable. Alors, ne la remettons pas au lendemain ! La méditation qui nous permet de nous mettre à l’écoute de notre âme peut nous en  donner des compréhensions fulgurantes. La lecture des anciens textes, certaines initiations et l’aide de maîtres peuvent nous être d’une très grande aide.

En MTC, la peur de la mort est la cause émotionnelle première de l’apparition de quasiment toutes les maladies internes. Que nous lui donnions le nom de peur de la maladie, peur de la souffrance, peur de vieillir, cela revient au même.

N’oublions pas que l’énergie de la peur vidange littéralement notre batterie du Rein qui est à la source de notre vitalité. 

Et si l'un des grands sens de la vie était de nous mettre à l’écoute de notre âme, celle qui sait tout, qui est à même de nous donner les intuitions de vie au travers de nos pratiques méditatives, de relaxation, de qi gong, de culture de l’instant présent. Et si le sens de la vie était de nourrir notre âme par cette envie intuitive d'apprend comprendre, de lire, d’écrire, et ce, jusqu’à notre dernier jour. En donnant ce sens à notre vie, petit à petit le concept de la mort se dissout pour donner naissance à celui d'un passage. Ce passage, où le corps physique, les émotions, notre ego, les attachement-répulsion disparaîtront plus ou moins rapidement, mais où l'âme suivra son chemin.

Ce sont les enseignements princeps du taoïsme, mais aussi de toutes les philosophies et religions. Alors, attachons-nous a aimer la vie, pour, lorsque notre temps sera terminé sur cette terre, aimer la mort. 

Source : La médecine traditionnelle chinoise pour les Nuls 

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lundi 5 avril 2021

Mystère de l'omniprésence

 

"Quel besoin de vouloir toujours tout comprendre et tout expliquer !
L'explication se substitue à la chose et elle perd immédiatement de sa saveur.
Croyant regarder la nature, les paysages, les êtres … on lit, on écoute, on formule des explications sur la nature, les paysages et les êtres.
Réduire tout à une explication fait qu'il n'y a plus de mystère … alors que le mystère est omniprésent.
Tout est mystère,
Il n'y a que le mystère
Et le mystère ne s'explique pas".
Stephen Jourdain ❤


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dimanche 4 avril 2021

Faites une fleur à votre cerveau

 Leurs odeurs et leurs couleurs stimulent notre cerveau et déclenchent le circuit de la récompense. Les fleurs nous rendent heureux, c'est ce que de nombreux scientifiques mettent en avant pour expliquer notre attrait pour ces végétaux.

Pourquoi aimons-nous tant les fleurs ? Pourquoi nous séduisent-elles ? Dahlias et hémérocalles, roses et narcisses n’ont pas vraiment d’utilité. Elles ne se mangent pas (enfin, pas toutes…) et ne durent parfois que le temps d’une journée. Et pourtant, nous les cultivons depuis 5 000 ans ! Une absurdité du point de vue de l’évolution. Quoique…

Un vrai « sourire de Duchenne »


Et si les fleurs nous apportaient bien davantage que ce que nous pensons ? Et si elles nous rendaient tout simplement… heureux ? C’est ce qu’a démontré l’expérience de la professeure de psychologie Jeannette Haviland-Jones (en anglais) de l’université de Rutgers dans le New Jersey.

En 2005, avec son équipe, la chercheuse a envoyé un cadeau différent à 147 femmes pour les remercier d’avoir participé à une enquête pour son université. Celles-ci recevaient une bougie, une corbeille de fruits ou… un bouquet de fleurs. Mais l’enquête n’était qu’un prétexte : le livreur de cadeaux, complice, avait pour mission de décrire précisément l’expression du visage de la personne recevant le présent.

Résultat : toutes les femmes ayant reçu le bouquet de fleurs ont souri ! Attention, il ne s’agissait pas d’une simple expression de politesse mais d’une réaction spontanée. Un sourire dit « de Duchenne », du nom de ce psychologue qui a décrit le sourire authentique : lorsque les yeux deviennent pétillants et étroits et que les pommettes se soulèvent.

« Des effets immédiats sur l’humeur »

Intriguée, la psychologue a alors mené une autre étude, mais cette fois-ci avec un public mixte, hommes et femmes, avec lesquels elle a testé d’autres comportements sociaux. Elle les a conviés à un rendez-vous fictif à un étage élevé d’une tour. Dans l’ascenseur qui les conduisait à cet endroit se trouvait une personne inconnue avec un cadeau : une fleur, un stylo ou… rien du tout.

Résultat : hommes et femmes ont réagi de la même manière (quel que soit le genre de la personne face à eux) : ils ont davantage souri lorsque la personne leur a offert une fleur qu’un stylo. Surtout, ils se sont tenus plus proches d’elle (à une distance dite sociale plutôt qu’impersonnelle) et ont eu davantage tendance à engager la conversation. « Les fleurs ont des effets immédiats et à long terme sur les réactions émotionnelles, l’humeur, les comportements sociaux et même la mémoire », constate la chercheuse.

Un shoot de dopamine et de sérotonine

Mais pourquoi nous font-elles tant d’effet ? Cela a sans doute un lien avec notre évolution. Notre amour des fleurs pourrait bien être un vestige comportemental. Selon le célèbre biologiste américain Edward Osborne Wilson, nous l’aurions hérité de nos ancêtres chasseurs-cueilleurs. Une plante en fleurs était pour eux une promesse de festin à venir. Celui qui, par exemple, repérait que le pommier à côté de sa caverne était en fleurs avant tout le monde avait davantage de chances d’être le premier sur les lieux le mois suivant pour en récolter les fruits.

Peu à peu, au cours de l’évolution, leur vue, leurs parfums ont installé en nous un automatisme : les fleurs déclenchent en nous un shoot de dopamine, le neurotransmetteur du circuit de la récompense. Et même de sérotonine, l’hormone du lien, lorsque nous les offrons à la personne que nous aimons ! Sans doute parce qu’en faisant cela, nous inscrivons cette relation dans la durée…

Une expérience mentale dynamisante


Ce n’est pas tout. Leur beauté agit littéralement sur notre cerveau. Une étude israélienne (en anglais) a ainsi montré que leurs couleurs vives et l’arrangement harmonieux de leurs pétales nous offrent une expérience mentale dynamisante. Un massif ou un bouquet mêlent ainsi des éléments familiers et nouveaux qui stimulent le cerveau et nous procurent le ­sentiment de pouvoir donner un sens au monde.

Surtout, les fleurs ont une arme fatale pour nous plaire : le parfum. Dans une étude plus récente, ­Jeannette Haviland-Jones a ainsi montré que des fragrances naturelles de rose diffusées dans l’air à un niveau assez bas pour ne pas être détectées consciemment provoquaient des changements de comportement : les personnes testées utilisaient alors davantage de mots décrivant des émotions positives dans leurs propos.

Et elles avaient tendance, comme dans l’expérience de l’ascenseur, à réduire la distance entre leurs interlocuteurs et elles. Plus étonnant : ce n’était pas le cas lorsque le parfum diffusé était artificiel.

Des mécanismes complexes

Et si tout ceci n’était que sortilèges pour susciter chez les humains des émotions bienfaisantes ? Et si nous étions pour les roses et les pivoines les outils de leur propre survie, un peu comme de simples bourdons ? Cela vous semble tiré par les pistils ? Pas du tout, si on adopte le point de vue de la plante ! Imaginez que vous soyez incapable de vous mouvoir, planté là où on vous a mis…

« Si vous y réfléchissez, l’enracinement est une énorme contrainte évolutive », explique ainsi le généticien américain Daniel Chamovitz dans son livre la Plante et ses sens (Buchet / Chastel). « Cela signifie que les plantes ne peuvent pas échapper à un mauvais environnement ni migrer à la recherche de nourriture ou d’un compagnon. Les plantes ont donc dû développer des mécanismes sensoriels incroyablement sensibles et complexes qui leur permettent de survivre dans des environnements en constante évolution. »

Les fleurs utilisent ainsi une gamme étonnante de dispositifs – visuels, olfactifs et tactiles – pour attirer l’attention d’insectes et d’oiseaux spécifiques et même de certains mammifères ! Les fleurs de datura, une plante très toxique, produisent, par exemple, une potion hallucinogène, dont sont friands les papillons faucons.

Certaines espèces d’orchidées appâtent leurs pollinisateurs avec des parfums dont ces derniers se servent comme attractifs sexuels. Pourquoi les fleurs n’en feraient-elles pas de même pour attirer les humains ?


Un système « gagnant-gagnant »

Beaucoup de scientifiques considèrent ainsi aujourd’hui que fleurs et humains ont évolué ensemble. C’est ce qu’ils nomment la « coévolution » : lorsque deux espèces (ou davantage) évoluent en réponse aux changements de l’autre. Un système « gagnant-­gagnant » en quelque sorte.

Nous avons offert aux fleurs un moyen de se multiplier en les cultivant dans nos jardins. En échange, celles-ci nous ont offert… le plaisir ! Les fleurs se sont peu à peu transformées en des « super stimulus » pour notre cerveau, combinant au cours de l’évolution toutes les propriétés citées plus haut : parfum, beauté et promesse d’agapes.

Dans un seul objectif : nous plaire afin que nous continuions à les chérir, les soigner et les cultiver. Une histoire d’amour en perpétuelle floraison.


Source : La Vie

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samedi 3 avril 2021

En contact avec la Vie

 


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" Les oiseaux m’empêchent de penser, quel bonheur."
La nuit du cœur de Christian Bobin


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vendredi 2 avril 2021

De la sérénité : "Ananda-Amrita" de Svami Prajnanpad

 

Frederick : Bien, pour le moment, je me sens calme, presque vide. Mais je sais que ce n'est probablement qu'une réaction et j'ai encore de légers doutes et ce même sentiment : «Alors quoi ?» Et je me souviens, l'année dernière, quand je suis arrivé en Inde au début, j'ai eu le même sentiment mais plus fort et qui a duré plus longtemps. Petit à petit, je me demandais à moi-même : «Mais à quoi t'attendais-tu ? À voler dans les airs ?» Ainsi, j'ai dû dire : «Non». Et je comprends que petit à petit, je dois sortir de l'action et de la réaction.

Je dois penser de manière positive et faire quelque chose qui n'est pas dans le jeu de l'action et de la réaction. Je suis patient et j'attends. Je me sens très calme, je dors très bien, je ne prends pas de pilules. Je me sens en repos. Le seul problème, c'est que je sens mon énergie assez faible. C'est tout.

Svâmiji. Essayons de voir à partir de la fin. Vous voyez, vous dites que vous sentez votre énergie assez faible ?

F. Oui.

S. Et c'est le résultat d'une comparaison. Vous comparez cette énergie à l'énergie que vous sentiez précédemment. Et cette énergie était un peu bouillonnante, ce qui était dû à une réaction ; cette réaction entraîne aussi une réaction.

F. Oh, je vois. Parce que lorsque je me sentais calme et plutôt vide, je me demandais : «Eh bien, peut-être qu'après tout, c'est ce que l'on recherche.» Mais ensuite, je me suis souvenu de Svâmiji disant : «On doit être comme un volcan froid.» Alors je me suis dit : «Je n'ai rien d'un volcan, je suis plutôt comme un volcan mort. Mais j'attendrai.»


S. Oui, Svâmiji a dit sans doute : «On doit être comme un volcan éteint» tant qu'il y a ce besoin d'énergie en l'homme. Mais ceci n'est pas l'état suprême, et ce n'en est pas la fin. À la fin, vous devez être un volcan froid et éteint.

F. Froid ?

S. Froid et d'une certaine façon épuisé. Comme vous le dites, vous vous sentez vide. Quelle est la nature de ce vide ? Il faut le voir. Ce vide, comme vous l'appelez, par ailleurs se transforme en plénitude. C'est le stade suivant. Quand l'action et la réaction cessent, on devient positif et ce positif n'est rien d'autre que la plénitude, non pas le vide. Vous dites : «Je me sens vide», ce qui montre qu'il y a une certaine réaction.

F. Oui, parce que se sentir vide n'est pas un sentiment positif. C'est comme le manque de quelque chose d'autre. C'est exactement comparer la situation présente avec...

S. Oui. Et cette comparaison, cette comparaison chimérique et illusoire est la cause-racine de toute activité bonne ou mauvaise. Et c'est faux. Pourquoi ? Vous l'avez en fait appris et découvert la dernière fois, la comparaison est illusoire, la comparaison est fausse. Pourquoi ?

F. Parce que vous n'êtes pas dans le présent, vous n'êtes pas dans ce que vous faites, dans ce que vous êtes.

S. Vous êtes dans le présent : vous êtes ici, un autre homme est ici, les deux sont ici, vous pouvez comparer. Étant également dans le présent, vous pouvez comparer. Mais le fait même de la comparaison est faux. Pourquoi ? Parce que pour comparer, vous devez avoir une base commune. Sans base commune entre deux choses, vous ne pouvez pas comparer. Ainsi, vous dites qu'un homme mesure cinq pieds de haut, un autre quatre pieds et trois pouces de haut. Comment pouvez-vous le dire ? Quand ces deux personnes se tiennent sur la même base, vous pouvez les comparer. Mais si l'homme qui mesure quatre pieds et trois pouces de haut se trouve sur une base haute de trois pieds alors qui est le plus haut ? Ainsi la comparaison présuppose une base commune entre les deux...

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jeudi 1 avril 2021

Disparition par noyade ?


 Etonnant, pour le 1er avril, l'article prévu a disparu !

Il était peut-être trop sérieux !

Ou il voulait peut-être noyer le poisson !


Je vais essayer de le remettre à flot.

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